mercredi, décembre 29, 2004

Voyager, c'est accepter d'oublier un peu d'où on vient

"Prenez les coins les plus secs d'un roti de boeuf froid et rassis, auquel vous ajoutez des morceaux de graisse d'origine douteuse, garnis de longs cheveux humains (qui s'empilent comme les perles sur un collier) et de courts poils de
boeuf, ou de chien, ou des deux; et là vous avez une imitation raisonnable de ce qu'est le pemmican"

COMTE DE SOUTHEST, Saskatchewan and the Rocky Mountains, Journal, 20 novembre 1859

Le comte, clairement peu impressionné par les traditions gastronomiques des premiers habitants des prairies, ne s'est jamais donné la peine de laisser chez lui ses préjugés ethnocentriques.

Cela l'a empêché d'apprécier toute l'ingéniosité du processus de préparation des aliments. La viande maigre séchée et broyée avec des masse de pierre jusqu'à ce qu'elle soit toute molle. On y incorpore des fruits sauvages, puis on verse du gras fondu sur la préparation de façon à la rendre plus appétissante.

Le comte n'a pas comprit que la viande séchée qui pèse six fois moins que la viande fraiche est plus facile à transporter. Surtout lorsqu'elle est placée dans des sacs de cuir cousus et applatis en les piétinant avant que le contenu refroidisse, jusqu'à ce qu'ils aient six ou sept pouces d'épaisseur. Un sac pouvait peser jusqu'à 90 livres.

C'est du contenu de ces sacs, qu'on acheminait jusqu'au poste de traite, dont devait se régaler le malheureux comte. Dommage que son écoeurement l'ait aveuglé.

Notre succès à titre de promoteur de produits tourisques dépend fortement de notre habileté à faire oublier leurs origines à nos invités l'instant de quelques secondes, quelques minutes ou quelques heures si on est chanceux. Il y a toutes sortes de façons d'accomplir ceci, mais un point commun. Nous devons faire germer une relation véritable entre nos invités et l'expérience à laquelle nous les soumettons, qui les fera passer du statut de visiteur à celui d'intervenant.

Une randonnée dans la prairie naturelle n'a pas besoin d'être une aventure qui teste les limites de l'endurance. Elle peut tout aussi bien être constituée de 5 ou 10 minutes de marche jusqu'à un lieu déterminé, suivie d'une exploratioin au sol des multiples richesses à notre portée: l'élégance délicate du "peigne" ornant le boutelou gracieux (blue grama) qui prend une apparence de cils humains dès qu'il disperse ses graines; les qualités hygroscopiques du "needle-and-thread grass" d'absorber l'humidité à même l'air; ou encore la puissance colonisatrice du "crested-wheatgrass" et la menace qu'elle constitue pour l'intégrité écologique de la prairie sauvage.

C'est fou ce qu'une heure peut passer rapidement quand on s'arrête, qu'on s'ouvre grand les yeux… et on oublie le reste.

Pour interpréter, favoriser la naissance de ce lien entre nos invités et l'environnement; quel qu'il soit (un musée, un sentier, une ferme); nous devons exploiter ce désir qui gît en nous de faire découvrir à d'autres cette destination que nous chérissons tant. Quelle est ce magnétisme que nous éprouvons? Qu'est-ce qui nous fait vibrer?

Il faut faire nos devoirs; trouver l'information inédite qui donne à l'expérience toute sa saveur. Il faut aimer fouiller.

L'industrie touristique ne devrait-elle pas être constituée que de gens curieux dans monde idéal? Il faut s'équipper pour mieux croître. Invitons ces touristes à relever le défi d'aller au delà de leurs attentes.

Vous faites peut-être déjà tout cela inconsciemment. Certains d'entre-vous incorporent aux expériences qu'ils offrent des personnes-ressources qui sont en mesure de mener vos invités sur la voie de la découverte. Votre programme d'interprétation, c'est l'élément qui donne à votre produit touristique toute se distinction.

Les membres d'un groupe de visiteurs que j'ai emmené récemment à un powwow, ont eu surprise de constater qu'ils étaient les seuls non-amérindiens sur place. Mes invités étaient tellement émerveillée par ces couleurs, chants et mouvements qu'il sont resté rivés à leur chaise, au point de ne pas poser de questions.

J'ai pris l'initiative de leur expliquer comment j'avais fait un don en leur nom au comité organisateur du powwow, un geste qui m'a valu la rituelle et cordiale poignée de main.

Je leur ai expliqué la signification des danses et des chants.

Puis je les ai invité à me suivre sur le terrain pour qu'ils voient de plus près que ces tambours et chanteurs qui entonnent leur air d'une même voix ne sont pas des enregistrements. Avant l'invention des amplificateurs, les danseurs évoluaient autour des tambours.

Sur notre parcours, je leur ai offert de goûter à une soupe au riz et au chevreuil accompagnée de bannique. Ils ont trempé leur cuillère, porté le bouillon à leurs lèvres, puis sourit de satisfaction au moment de savourer ce repas tout simple avec des papilles gustatives qui avaient retrouvé toute leur innocence.

mardi, décembre 28, 2004

Mise en Scène pour le Comité de Sélection de la Ville-Hôte des Jeux du Canada 2005


Eugène Bourgeau 1813-1877 (Archives de la Saskatchewan) Il était le botaniste de l'expédition Palisser. Sa carrière a débuté par une passion pour les fleurs des Alpes en France, alors qu'il faisait paître les moutons de son père. Eugène Bourgeau envoyait régulièrement des spécimens de plantes à Sir William Hooker, le premier conservateur des Kew Gardens de Londres. Il l'appelait le « le prince des collectionneurs botaniques ». Ce serait d'ailleurs Sir William qui aurait recommendé aux organisateurs de l'expédition Palliser de recruter Eugène Bourgeau pour cette délicate mission exploratoire. Durant l'expédition, Bourgeau aurait amassé 819 spécimens, en plus d'un nombre impressionnant de semences.

En mettant un peu d'ordre dans mes archives, je suis tombé sur ce scénario pour une petite mise-en-scène d'inspiration patrimoniale visant à attirer les Jeux du Canada à Régina, que je partage avec vous bien humblement:

« Je m’appelle Eugène Bourgeau. Je suis le botaniste qui accompagne Henry Youle Hind et John Palliser, le grand explorateur mandaté entre 1857 et 1859 par la Royal Geographical Society et le gouvernement britannique pour cueillir des données scientifiques dans la Terre de Rupert. Le but étant de mieux connaître également les amérindiens de ces contrées et d’évaluer les moyens de transports qui pourraient être utilisés dans un avenir rapproché pour profiter des richesses du pays.

J’espère pour vous que vous n’êtes pas venus en charette, parce que vous savez, les chariots de la rivière rouge, c’est pas toujours fiable. Deux de nos chariots ont les roues brisées. Mes collègues Hind et Palliser ont du retourner à Fort Garry chercher des matériaux de rechange. Parce que du bois, il n’y en a pas beaucoup par ici. Je m’y connais moi en bois et en plantes. Mais pas besoin d’être botaniste pour constater qu’il n’y a pas beaucoup d’arbres autour d’ici.

Bon, il y a bien du saule par-ci, par-là. Mais pour trouver du bois franc comme l’érable et le chêne, il faut aller loin. Ici, c’est la plaine, un des environnements les plus vastes en Amérique du Nord. Les plaines s’étendent du Manitoba… au Nord-Est de la Colombie-Britannique, et elles dominent le territoire jusqu’au sud des États-Unis. C’est une aire gigantesque au relief diversifié. Tantôt on voit des plateaux spectaculaires, et ailleurs on observe des vallées gigantesques, creusées par la fonte des derniers glaciers il y a 10000 ans, et qui atteignent 200 mètres de profondeur par endroit. Régina est située au beau milieu de la plaine, mais à 1800 pieds au-dessus du niveau de la mer tout de même.

Nous sommes au centre du continent nord-américain. Le climat sec garantit un maximum d’ensoleillement en été, avec parfois des aurores boréales renversantes lors des nuits claires et chaudes. Résultat, il pleut moins chez nous que nulle part ailleurs au Canada. Ce qui signifie que les plantes ont du s’adapter aux précipitations sporadiques, en développant des mécanismes qui leur permettent de survivre en période de sécheresse.

Par exemple la plupart des plantes herbacées qui poussent à état naturel près de Régina sont équipées de systèmes racinaux très élaborés, destinés à capter le maximum d’humidité dans le sol. Bref, pour chaque herbe que vous voyez, dites-vous bien qu’il y a deux fois plus de longueur sous terre dans les racines. Mais vous n’êtes pas venu ici pour suivre un cours de botanique.

Les gens qui habitent Regina sont très accueillants vous allez voir. Ils sont toujours prêts à vous porter secours. On dit que ce sont les plus grands bénévoles au pays. Les premières nations m’ont raconté qu’il y a quelques années, des milliers de bisons passaient régulièrement par ici. Il y en avait tellement, que quand les commerçants leur ont dit que des hommes et des femmes avaient froid, ailleurs dans le monde, ils les ont invités à chasser le bison pour habiller leurs sœurs et frères blancs en hiver… Bon, ils ont peut-être été un peu trop généreux. Malheureusement on a complètement décimé les troupeaux de bisons. Mais on me dit que des éleveurs les réintroduisent dans les plaines peu à peu.

Vous savez, Régina est entourés et parsemée d’espaces naturels. On trouve des cerfs de Virginie, des cerfs-mulets tout autour de la ville. Au sud, il y a même des antilopes d’Amérique. Au printemps et à l’automne, le ciel se couvre de milliers d’oiseaux, des oies, canards, grues, oiseaux chanteurs et de rivage qui nous saluent au passage de leur migration vers l’Amérique du sud ou vers leur aire de nidification en arctique dépendamment des saisons.

Régina est sise au cœur d’un beau et vaste pays… C’est un lieu idéal pour recevoir les délégations sportives. D’ailleurs les premières nations lançaient le javelot il y a des milliers d’années pour chasser le bison et le chevreuil… J’inviterais tout de même vos athlètes à faire preuve d’un peu de retenue avec leurs javelots. Nos bisons ne se sont pas encore remis de la dernière chasse.

Je vois que votre escorte est prête. Un dernier conseil : Méfiez-vous des terriers de chiens de prairie. Si votre cheval s’y met la patte, il risquerait de se la casser et vous seriez forcé de marcher.

Gare aux trous… et bonne route les amis! »


J'ai depuis poussé un peu plus loin la recherche initiale ayant mené à ce scénario et Eugène Bourgeau fait dorénavant partie de plusieurs de mes interprétations patrimoniales.

dimanche, décembre 26, 2004

Faire cap sur l’excellence

Il y a déjà six ans, je me suis improvisé capitaine de vaisseau, matelot, pilote, cuistot, navigateur, bref… entrepreneur. Encore mi-empêtré dans les cordages qui amarraient jusqu’à récemment mon embarcation au rivage, je mettais bravement les voiles vers une destination un peu plus floue que je ne l’aurais souhaité. J’étais bien armé tout de même, d’intégrité, de passion et d’une dose de flair; l’héritage d’une autre carrière durant laquelle j’avais fait de la houle ma compagne, et de l’expérience mon guide.

Six ans plus tard, le brouillard s’est dissipé quelque peu. L’océan sur lequel je vogue me réserve toujours des surprises de temps à autre, mais disons que j’ai appris à éviter les récifs. J’ai établi des alliances avec d’autres aventuriers de l’excellence qui partagent comme moi cette soif d’autonomie qui nous anime, ce goût du butin bien mérité et la passion surtout de gagner honnêtement notre vie, tout en contribuant à l’évolution de notre communauté.

Mes compagnons, compagnes et moi nous rejoignons dans la richesse de l’expérience que nous mettons en scène pour le bénéfice de nos invités. Cette richesse, c’est le contact individuel, la rencontre, le partage d’une connaissance essentielle, la dégustation d’un plat fin. L’expérience a autant plus de valeur quand on dévoile ses ingrédients dans toute leur splendeur. C’est comme si on la mettait sur un plateau. Il faut lui préparer un contexte, une raison d’être qui la rend inestimable.

Aussi étrange que cela puisse paraître, pour apprécier pleinement cette richesse, il faut peut-être plus que tout autre chose, un soupçon d’humilité. C’est en donnant toute sa place à cette qualité que nous créons en Saskatchewan, au moment ou j’écris ces lignes, quelques-unes des expériences touristiques les plus originales en Amériques du Nord. Nous et vous, les artisans de l’industrie touristique saskatchewannaise et les entrepreneurs qui se sentent l’âme à la distinction, sommes les nouveaux pionniers des plaines.

Les derniers 14000 ans d’exploitation humaine de ce beau et vaste territoire nous donnent toute la matière nécessaire pour nourrir l’imaginaire de nos invités présents et futurs. Déjà, les résultats se concrétisent. Les photos et films des photographes et cinéastes européens accueillis par Great Excursions circulent dans la francophonie internationale. Les grossistes d’Europe dont nous avons gagné la confiance nous contactent, attirés qu’ils sont par la possibilité d’offrir à leurs clients un brin d’inédit. Mieux encore, les relations internationales que nous bâtissons engendrent la curiosité. C’est cet élément qui plus que tout autre, peut encourager le consommateur d’expériences touristiques à miser sur l’inconnu.

Mais cette curiosité, il faut la nourrir. À mon avis, il faut créer une marque pour les plaines, un « icône » comme dirait mon ami Ernest Labrecque de la Commission canadienne du tourisme. Nous devons nous investir dans la création d’expériences véritablement issues d’ici, qui caractérisent notre milieu de vie et surtout, qui le mettent en valeur. Pour ce, chacun d’entre nous doit s’investir dans un domaine de spécialisation particulier.

Pour moi, c’est le tourisme patrimonial. J’ai entrepris des études de maîtrise internationales en archéologie et patrimoine à l’Université de Leicester en Angleterre. Je voulais m’équiper d’outils pour interpréter l’environnement culturel et naturel des plaines dans une optique patrimoniale.

Pour d’autres qui se passionnent d’histoire de la traite des fourrures, il serait peut-être plus utile d’approfondir ses connaissances de la préparation des peaux, de l’art du piégeage ou du contraste entre les déplacements traditionnels l’hiver et l’été. On peut tirer un tas d’informations des livres, de discussions avec les aînés. Quelle façon valorisante de mettre en valeur leur expérience! En faisant un peu de recherche, on peut trouver les éléments d’une histoire à mettre en scène et ainsi créer l’expérience tant convoitée.

L’expertise permet d’aller au-delà des banalités. Et pour créer une industrie touristique viable en Saskatchewan, nous devrons miser sur les qualités distinctives de notre milieu de vie. Nous vivons dans les plaines de l’Amérique du Nord, une des plus vastes régions du continent. Elles constituent un environnement d’une rare beauté, et elles sont dotées d’une histoire susceptible d’intéresser au plus haut point ces gens venus d’ailleurs en quête d’expériences inédites. C’est sur l’inédit que nous devons travailler si nous voulons que la Saskatchewan devienne une destination incontournable sur la scène nationale et internationale.

Il faudra du courage et de la persévérance, l’appui des organismes voués au développement économique et patrimonial, celui des investisseurs et bien sûr, il faudra l’appui inébranlable de nos gouvernements municipaux, provinciaux et fédéraux. Encore plus importants peut être, il faudra des gens d’action, des visionnaires; des citoyens qui sont d’attaque et qui ont soif d’apprendre. Sans eux, l’industrie touristique saskatchewannaise n’atteindra pas l’envergure à laquelle elle est vouée. À nous d’y voir.

mercredi, décembre 22, 2004

Safari archéologique pour étudiants


Régina est une ville ferrovière. Toute exploration archéologique du territoire doit toucher au rôle du chemin de fer dans la perception des lieux.

Il faut faire preuve d’un peu d’imagination pour voyager dans le temps avec des élèves de 6, 7 et 8ème année et leur faire parcourir les ruelles des villes et villages des plaines de l’Amérique du Nord. Deux enseignantes de l’école Wilfrid Walker à Regina n’ont pas hésitées à se lancer dans l’aventure mardi dernier avec soixantaine de jeunes âgés entre 10 et 13 ans, ainsi que quelques parents.

Kathleen Harel et Nicole Fortin, toutes deux des éducatrices chevronnées, cherchaient une méthode originale pour faire vivre à ces jeunes esprits qui leurs sont confiés une expérience qui soit à la fois éducative et divertissante. Elles ont approché votre humble serviteur, qui met en scène depuis 1998 des expériences de découverte anthropologique dans de nombreuses communautés de la province. Équipé d’une maîtrise en archéologie et patrimoine d’une université britannique renommée pour ses recherches sur l’industrialisation et l’archéologie publique, l’approche employée porte donc sur la morphologie des villes ferroviaires et l’adaptation humaine aux nouveaux environnements. Regina est un cas-type de ville ferroviaire qui se prête parfaitement aux randonnées d’interprétation à thème.

Il suffisait de formuler une exploration urbaine, accessible, qui transcende les époques et de planifier un itinéraire qui permette aux élèves de bien se dégourdir les jambes. Il fallait concevoir des activités assez rythmées pour soutenir leur attention; prendre les mesures de sécurité qui s’imposent en terme de visibilité dans un environnement relativement achalandé; et, prévoir des détails importants comme les points d’eau pour prévenir la déshydratation par temps chaud.

Sur le plan pédagogique, le but était de faire prendre conscience aux élèves de l’accès privilégié qu’ils auraient à l’environnement des ruelles, accompagnés par un interprète apte à leur communiquer de l’information inédite sur la perception du territoire et l’exploitation humaine des espaces urbains. Selon la conseillère pédagogique de la Commission des écoles publiques de Regina, Jacinthe Hodgson, l’expérience est concluante » :

« C’est une visite extrêmement intéressante. J’ai moi-même appris un tas de choses sur l’évolution de la ville vu par l’entremise des ruelles. Les jeunes ont tous participés. Il y a plusieurs liens entre le contenu de l’excursion et le programme d’études. Pensons seulement à l’arrivée des premiers colons, l’interdépendance entre les habitants d’une communauté, la relation entre la communauté et le chemin de fer; et, la relation entre les communautés que le chemin de fer a permis d’établir il y a plus de 100 ans maintenant ».

Vous ne serez pas surpris d’apprendre que l’évolution des toilettes à travers les âges, la présence d’écuries, de chevaux et l’abondance de fumier dans les ruelles à une certaine époque ont particulièrement retenu l’attention des élèves dont la curiosité n’a d’égal que leur appétit inlassable pour les détails scatologiques.

Les élèves en apprennent beaucoup sur l’évolution des villages : comment les cours avant et arrière des maisons, les clôtures et les bâtiments recèlent tous des messages ou des signaux que nous apprenons à lire consciemment ou inconsciemment en tant que membre d’une communauté. Ils deviennent davantage sensibilisés aux différents modes de vie comme le nomadisme et la sédentarisation. Ils explorent leurs mérites respectifs tout au long de la randonnée. « Il nous disent que c’est plus agréable pour eux de le vivre sur le terrain que de le lire dans un livre », ajoute Jacynthe Hodgson.

À différentes étapes de l’excursion, les élèves ont pu tenir entre les mains des artéfacts amérindiens vieux de plusieurs siècles, dont ils ont pu admirer la technique de fabrication. Le but étant de les inviter à évaluer les avancements technologiques dans leur contexte respectif. Après tout, une lame préhistorique taillée dans l’obsidienne peut être aussi coupante que celle d’un scalpel.

« Nous avons demandé aux élèves d’apporter papier et crayons pour prendre des notes », explique Kathleen Harel. « Ils devront préparer un compte-rendu de leur excursion dont nous discuterons en groupe de retour en classe. Ils devront comparer la qualité de vie des gens ordinaires il y a 100 ans, à celle des citoyens d’aujourd’hui. Ils auront même à dessiner ce à quoi l’environnement des ruelles ressemblait il y a un siècle. Plusieurs semblent croire que la vie était beaucoup moins compliquée à l’époque qu’aujourd’hui. C’est plutôt révélateur. »

En terminant, je vous exprimerai toute la satisfaction m’a apporté cette occasion de partager un autre regard sur un environnement que nous croyons connaître et qui cache encore bien des secrets. Cette aventure scientifique d’un après-midi à aidé à mettre en valeur une ressource abondante autour de nous, un savoir-faire aussi qui est méconnu dans notre quotidien, que les anthropologues tentent de rendre à nouveau accessible pour le bénéfice de tous. Notre sentiment d’appartenance à ce territoire magnifique que nous habitons ainsi grandira, tout comme notre appréciation pour les communautés des Plaines.

Cordialement,

Claude-Jean Harel, MA MAHI FFST
cj@greatexcursions.com