samedi, février 19, 2005

L'orme d'amérique encore menacé

C'est le gel du sol qu'attendent les équipes d'émondage pour entamer les travaux d'hiver de lutte contre la maladie hollandaise de l'orme. On procédera bientôt à l'enlèvement de quelques centaines d'arbres atteints en périphérie de Régina et de la vallée Qu'Appelle.

La maladie hollandaise de l'orme continue sa lente progression colonisatrice sans répit. Mais grâce aux mesures aggressives déployés par le Ministère provincial de l'environnement et les agences de contrôle de l'invasion municipales et provinciales, on arrive maintenant à réduire substanciellement le nombre d'ormes qui sont passés à la tronçonneuse.

Rappelons que la maladie hollandaise de l'orme est probablement née en Asie, puisque que les ormes de souche asiatiques ont développé une certaine résistance au champignon qui en est à l'origine. La maladie est apparut pour la première fois en Hollande durant les dix premières années du 20e siècle, décimant des millions d'ormes en Europe. Elle a été transportée en Amérique du Nord durant les années 30. Elle s'en est prise aux ormes de la vallée du Saint-Laurent durant les années 40. Aujourd'hui la maladie hollandaise de l'orme est répandue dans toute l'ère de distribution naturelle de l'orme d'amérique, jusqu'en Saskatchewan.

Chez nous, on retrouve des ormes dans toutes les villes. C'est l'arbre qui nous abrite, notre grand parasol naturel. Les voûtes qu'il crée le long de nos artères municipales donnent à nos paysages urbains cette chaleur, ce sens de sécurité qui nous abrite de l'immensité spatiale des plaines. Si l'orme disparaissait de notre paysage, nos parcs et nos rues sembleraient bien moins accueuillantes.

Dire que c'est un champignon pathogène minuscule qui est à l'origine de la maladie. Porté par un coléoptère, le scolyte de l'orme, il bloque le système vasculaire de l'orme. En 24 heures, tout un jeune arbre peut être infecté. Un orme centenaire peut mourir en quelques années.

À long terme, la disparituion des ormes est inévitable. Mais on peut ralentir la progression de la maladie. On élimine l'arbre et la souche dès que les symptômes sont confirmés. On établit des zones tampons de plusieurs kilomètres autour de la ville. On coupe, on brûle. On interdit le transport et l'entreposage d'orme comme bois de chauffage. On applique sur la base des arbres un insecticide de contact à faible toxicité: le méthoxychlor. Puis on se croise les doigts.

À Régina, on a une perte annuelle de deux pour cent de nos ormes. Saskatoon n'est pas encore atteinte. Régina a perdu six ormes en vingt ans, une bonne moyenne si l'on considère que la capitale compte 100,000 ormes. Si on n'avait pas le programme de contrôle actuel, on perdrait 90 % de nos ormes en dix ans. Comme moyen de prévention, on plante des espèces de remplacement comme le tilleul d'amérique. Dites-vous bien que l'orme s'adaptera et résistera à la maladie éventuellement… d'ici deux ou trois mille ans.

vendredi, février 11, 2005


Un troupeau de wapiti en bordure de la rivière Little Missouri au coeur des Badlands du Dakota du Nord. Posted by Hello

Le sain wapiti

Un troupeau de wapiti en bordure de la rivière Little Missouri au coeur des Badlands du Dakota du Nord.

L'état de santé des wapitis de la province préoccupe bien des gens depuis quelques temps. On a appris récemment que 500 wapitis d'élevage (un troupeau complet) seront exterminés après qu'un des animaux ait été déclaré porteur d'une maladie qui fait beaucoup parler d'elle chez son équivalent bovin: la maladie de la vache folle.

L'encéphalopathie spongiforme des cervidés, comme chez les bovins affecte le système nerveux des cerfs et des Wapitis. Elle a déjà contaminé jusqu'à 6 pour cent des population de chevreuils et de Wapitis au Cololado ainsi qu'au Wyoming. En Saskatchewan, le Ministère de l'environnement vient de déclencher une importante campagne de dépistage pour s'assurer que l'encéphalopathie des cervidés ne s'est pas infiltrée dans les population sauvages. Tout le monde est sur un pied d'alerte.

Quand on a introduit les fermes d'élevage de gibier dans la province, il y a quelques années, beaucoup de gens s'y opposaient. Les biologistes avaient peur des maladies. Les amateurs de chasse et les consommateurs de viande exprimaient des craintes. Mais aujourd'hui, les fermes d'élevage constituent une industrie importante dans les prairies; une industrie qui est là pour rester.

Voici donc quelques faits pour vous aider à y voir plus clair. Depuis 1996, huit cas d'encéphalopathie des cervidés ont été diagnostiqués dans la province, dans cinq fermes d'élevage. Jusqu'à maintenant, on n'a pas rapporté la présence de la maladie dans les population d'animaux sauvages.

On connait peu de chose sur le mode de transmission, mais on soupçonne que les cerfs de virginie, les cerfs-mulets et les wapitis peuvent être infectés par le contact entre animaux, par les eaux souillée ou les abreuvoirs contaminées par la salive, les excréments et l'urine. L'encéphalopathie des cervidés apparait dans les lieux où les animaux se rassemblent, comme les mangeoires installées l'hiver pour offrir une alimentation de soutien aux populations sauvages. De tous les cervidés, c'est le cerf-mulet qui semble le plus suceptible.

Les fermes d'élevages de Wapiti n'utilisent pas de farines animales; que du fourrage, de l'avoine et des minéraux. On sent le besoin d'offrir l'alimentation la plus naturelle possible, puisqu'on s'adresse à un marché haut de gamme. Autre fait à noter: la maladie n'est transmissible ni aux bovins, ni aux humains, même si on recommande aux chasseurs de se méfier d'animaux qui ont l'air malades.

On veut s'assurer que les populations sauvages de cervidés n'ont pas été infectées. Le ministère de l'environnement invite donc les chasseurs à soumettre pour fins d'analyse les têtes des cerfs de Virginie, des cerf-mulets et des wapitis qu'ils abattront cette année à l'échelle de la province.

Il y a une longue histoire de collaboration entre les differents intervenants: chasseurs, éleveurs et biologistes. On donne aux participants des coupons de $5.00, valides dans les parcs provinciaux, en vue de l'achat de permis de chasse et de pêche, ce qui fera des heureux, car leur prix vient d'augmenter cette année. Les autorités espèrent que les résultats des analyses confirmeront que l'encéphalopathie des cervidés n'a pas encore fait son entrée sur notre territoire.

dimanche, février 06, 2005

Du galon pour la hutte Quonset

Une hutte Quonset en construction durant les années 40. De toutes tailles et de fabrication toute simple, ces bâtiments à utilisation multiples son désormais partie intégrale du paysage vernaculaire des plaines de l'Ouest canadien.

Y a-t-il en Saskatchewan une municipalité qui n'ait pas sa hutte quonset? Je serais pret à parier qu'on les compte sur les doigts de la main. Les baraques en tôle ondulée préfabriquées à la forme cylindrique légendaire, font désormais partie de notre paysage rural presqu'autant que les élévateurs à grain; bien qu'ils soient moins jolis.

Il faut dire que les considérations esthétiques n'ont jamais pesé bien lourd. Si parfois on laisse tomber la tôle en faveur d'autres matériaux, la popularité de la forme du bâtiment lui assure déjà une place enviable dans les annales de l'architecture. Un quonset sert de tribunal à Stoney Rapids. A Ponteix, le quonset se fait bâtiment de ferme. Et dans les forces armées canadiennes, on loge régulièrement les soldats dans des quonset. Une utilisation qui est fidèle aux humbles origines de la modeste structure.

Il faut remonter à la Première guerre mondiale pour trouver l'ancêtre du quonset: la hutte nissen. La nationalité de l'inventeur ne fait pas l'unanimité. Certains disent qu'il était britannique, d'autres, qu'il était canadien. Le Lieutenant-colonel Peter Norman Nissen a mis au point un édifice préfabriqué de forme cylindrique, monté sur un cadre de planches 2 par 4. Les cotés ainsi que le toit étaient de tôle ondulée et le tout était porté par des arches de métal. Chaque hutte était équipée de sa trousse d'outils. Six personnes ou plus pouvait l'ériger en quelques heures. On couvrait les murs intérieurs de panneaux isolant. Même quand on les équipait de poêles au charbon, 24 hommes pouvaient se les geler cruellement l'hiver.

Il faudra attendre 1941 et la Seconde guerre mondiale pour la baraque adopte sa forme classique. La marine américaine faisait face à d'énorme problèmes de déplacement et d'hébergement de population. Les dirigeants réclamait des gîtes portatifs, légers et abordables qui pouvaient être érigés par n'importe qui. On accorde le contrat à la compagnie George E. Fuller qui doit produire la solution en deux mois. Peter Dejongh et Otto Brandenberger s'inspirent de la hutte nissen et établissent une usine près de Quonset au Rhode Island; d'où la hutte de Quonset. Elle était constituée d'une rangée d'arches métalliques recouvertes de tôle ondulée, sur une fondation d'acier avec un plancher de contreplaqué.

Au États-Unis seulement, plus de 170000 huttes quonset ont été produites durant la guerre; assez pour loger 2,5 millions de gens. Après 1945, elles se vendait pour 1000$ comme maison unifamilliale.

Certains disent que la forme générale de la hutte s'apparente à celle des longues maisons que les iroquois construisaient il y a quelques centaines d'années. C'est probablement une coincidence. Mais le simple fait que deux sociétés aux besoins en logement semblables à deux époques différentes ait trouvé une solution similaire, démontre l'ingéniosité dont l'être humain est capable dans ses élans de créativité. La prochaine fois que vous passerez au club de curling de Zénon Park, regardez avec des yeux neufs le bâtiment qui sert si bien à si peu de frais.