vendredi, juillet 22, 2005

La route des cowboys en Alberta


Photo: Donald L. Telfer

Le début de la Route des cowboys, un pittoresque itinéraire qu'on peut suivre en Alberta.

Lieu historique national du Canada Rocky Mountain House, Alberta

Photo: Travel Alberta

Le site historique de Rocky Mountain House reproduit le poste commercial construit par les compagnies de la Baie d'Hudson et North West Co., en 1799.

Le lieu historique national du Canada du Ranch-Bar U, Alberta

Photo: Travel Alberta

Bar U Ranch, un site historique national, est l'un des ranchs les plus vastes du Canada.

Parc national du lac Waterton, Alberta


Photo: Travel Alberta

En suivant la Route des cowboys, on passe par le parc national du lac Waterton, où il n'est pas rare de pouvoir admirer de magnifiques cerfs.

Région de Kananaskis, Alberta

Photo: Travel Alberta

Tout près de la Route des cowboys, on peut jouir des paysages de la région de Kananaskis en faisant un peu d'équitation, comme les cowboys d'autrefois...

En selle, cow-boy ! Alberta


Qu'on la parcoure à cheval ou en fourgonnette, la Cowboy Trail, est une route panoramique qui permet d'effectuer une passionnante incursion au pays des cow-boys, tout en découvrant certaines des plus jolies régions d'Alberta. En voiture! Et faites diligence...

PAR DONALD TELFER

Pas étonnant que Bragg Creek soit un lieu recherché par les producteurs d'Hollywood. Village branché, pétri de boutiques et de restaurants dans lequel nombre d'artisans ont élu domicile, Bragg Creek est situé en banlieue de Calgary, au confluent du ruisseau du même nom et de la rivière Elbow, en plein cœur de la Cowboy Trail. Émaillée de merveilles naturelles, cette route panoramique nord-sud se déploie en une courtepointe de panoramas saisissants, de vastes ranchs et de petites villes tranquilles, où le visiteur est accueilli par des cow-boys flamboyants au large sourire. La route relie le poste de traite des fourrures de Rocky Mountain House à la prairie ondoyante des contreforts et aux pics gelés du parc national des Lacs-Waterton.

À la pointe nord de la Cowboy Trail, Rocky Mountain House, point d'accès aux montagnes situé sur la route David Thompson, constitue une plaque tournante pour les amateurs de canot. À sept kilomètres de là, le lieu historique national du même nom relate l'histoire fascinante de la région et des premiers postes de traite des fourrures. Construit entre 1799 et 1864 par la Compagnie de la baie d'Hudson et sa rivale, la Compagnie du Nord-Ouest, Rocky Mountain House sert de poste de traite entre les colons européens et les peuples des Pieds-Noirs, qui ont d'ailleurs fait pression pour le garder ouvert jusqu'en 1878.

Le plus grand géographe canadien de son époque, David Thompson, l'utilisa comme point d'ancrage au moment où il explorait, arpentait et établissait des postes de traite en Colombie-Britannique et au nord des États-Unis. Il cartographia également les territoires du commerce des fourrures du Manitoba, de la Saskatchewan, de l'Alberta et du nord de l'Ontario.

Ourlant la Cowboy Trail, au sud de Rocky Mountain House, le Medicine River Wildlife Rehabilitation Centre accueille les animaux sauvages blessés et orphelins et, après les avoir bichonnés et s'être assuré qu'ils peuvent se débrouiller seuls, les réintègre dans leur habitat naturel. Les animaux, des minuscules colibris aux énormes grizzlis, peuvent être observés dans la zone d'accueil et l'aile d'éducation. On peut aussi admirer les oiseaux depuis une tour d'observation extérieure.

Plein sud

En filant direction sud, on arrive bientôt à Cochrane, où des artisans de talent pratiquent l'art séculaire du bronze coulé, au Studio West Bronze Foundry and Gallery. Exploitée par Don et Shirley Beggs, Studio West se spécialise dans les sculptures grandeur nature de bisons et de chevaux. Dans cette fonderie de moulage, la plus importante de l'ouest du pays, les artisans travaillent avec de l'argile et de la cire pour créer des sculptures tantôt minuscules, tantôt géantes.

À quelques pas de la Cowboy Trail, près de Bragg Creek, se trouve Kananaskis Country. Baptisée par l'explorateur John Palliser du nom du légendaire Pied-Noir qui survécut à un étonnant coup de hache à la tête, Kananaskis est une région récréative fort appréciée des amateurs de randonnée, de vélo, de pêche et de ski. Station de villégiature où les bons restaurants, les hôtels douillets et les parcours de golf sont légion, le village de Kananaskis a été érigé tout spécialement pour les Jeux olympiques d'hiver de 1988.

De retour sur la Cowboy Trail, la route zigzague entre les contreforts gazonnés et les villes rustiques de Turner Valley, Black Diamond et Longview, puis contourne le ranch Bar U. De 1882 à 1950, le Bar U (le ranch-phare de la North West Cattle Company) se taille une réputation internationale d'excellence. Ce ranch, l'un des plus grands du Canada, a accueilli sur ses prés verts jusqu'à 10 millions de bovins et 9 000 chevaux de trait Percheron. Au fil des ans, il fut la propriété de Fred Stinson, George Lane et Patrick Burns, qui a aidé au financement du premier Stampede de Calgary. Le ranch était si vaste que Burns prétendait pouvoir parcourir les 240 km séparant Calgary de la frontière américaine, sans quitter sa propriété.

Aujourd'hui lieu historique national, le ranch Bar U est une copie miniature de sa version originale mais le bétail, les chevaux et les poulets, de même que les guides en costumes d'époque, illustrent bien ce à quoi pouvait ressembler la vie - ardue - du gentil cow-boy sur le ranch.

Fidèle aux coutumes, aux habits et au style de vie simple de leurs ancêtres du XVIe siècle, la colonie huttérienne de Pincher Creek accueille les visiteurs toute l'année durant, sur sa ferme mixte. À environ une heure de voiture au sud du ranch Bar U, hommes, femmes et enfants vivent en communauté sur cette ferme autonome. Dans la ville adjacente de Pincher Creek, la vie de pionnier est recréée au Kootenia Brown Pioneer Village, où des pièces anciennes sont présentées dans des bâtiments d'époque.

Toujours vers le sud, on reprend maintenant la Cowboy Trail en direction de Cardston, histoire de visiter le magnifique Remington-Alberta Carriage Centre. On peut notamment y admirer des carrioles tirées par des chevaux, des chariots et des wagons-remorques, dont une voiture déjà utilisée par Alfred Vanderbilt pour voyager incognito dans les rues de New York.

Tout près de là, le parc national des Lacs-Waterton chevauche la frontière canado-américaine et devient, chez nos voisins du Sud, le parc national Glacier, au Montana. Des croisières sur le lac, le tourisme et le shopping comptent au nombre des activités les plus populaires qu'on peut y pratiquer, mais le Prince of Wales Hotel en est sans conteste la grande vedette. Perché au sommet d'une falaise, l'établissement au toit à pignon et à la façade couleur beurre compose, avec le lac Waterton et les montagnes, un décor saisissant.

Ouvert en 1927 pour desservir les passagers de la Great Northern Railway, le Prince of Wales domine ce paysage de livre d'images. Propriété de Parcs Canada et géré par Glacier Park Inc., cet hôtel aux murs lambrissés de bois foncé plonge les visiteurs dans l'atmosphère douillette d'un pavillon de chasse écossais.

Prendre le thé dans la Valerie's Tea Room, siroter l'apéro dans le Windsor Lounge ou goûter à des mets traditionnels écossais dans la salle à manger Royal Stewart Dining Room met un terme élégant à cette randonnée empreinte de poésie, le long de la Cowboy Trail...

Pour de plus amples renseignements sur cette destination ou sur d'autres destinations canadiennes, visitez le site de la Commission canadienne du tourisme à l'adresse www.voyagecanada.ca.

source: Commission Canadienne du tourisme

Cette reproduction n'est pas présentée à titre de version officielle du contenu reproduit, ni dans le cadre d'une affiliation et/ou avec l'appui de la Commission canadienne du tourisme.

Percé, Gaspésie, Québec


Photo: Michel Julien, ATRG

Vu du Pic de l'Aurore, le Rocher Percé ressemble à un grand vaisseau de pierre en train de mouiller au large.

jeudi, juillet 21, 2005

Vélo en Gaspésie : Tour de force

PAR ANDRÉ DÉSIRONT

« Vous faites le tour de la Gaspésie en vélo! Et vous avez grimpé la Madeleine? »

Tous les Gaspésiens connaissent « la Madeleine », cette côte de six kilomètres de long qu'on attaque en quittant le petit village de Rivière-Madeleine. Et quand on leur répond que oui, on a « grimpé la Madeleine », ils vous complimentent sur votre forme physique en vous décochant le regard méfiant habituellement réservé aux pervers, en l'occurrence aux masochistes.

La « Madeleine » est la première d'une série de montées et de descentes vertigineuses, dont le degré d'inclinaison varie de 14 à 18 %, qui se succèdent entre Rivière-Madeleine et le parc Forillon. Même si c'est la plus longue, ce n'est pas la plus pénible. Les cyclotouristes qui, comme moi, ont déjà fait le tour de la péninsule gaspésienne dans le sens des aiguilles d'une montre savent qu'en quittant Rivière-Madeleine, ils vivront deux jours d'enfer - ou de plaisir, c'est selon - et que la seconde journée sera la plus dure. Entre Saint-Yvon et Cap-des-Rosiers, à l'extrémité Est de la route 132, les côtes se succèdent à un rythme continu et on a l'impression qu'on n'en verra jamais la fin.

Pour moi, la « Madeleine », c'est aussi un repère. C'est là, alors que la route cesse de longer le littoral pour s'insinuer entre les contreforts des Chics Chocs sur une vingtaine de kilomètres, que j'arrive au bout de ma partie favorite de cette tournée à vélo de 900 kilomètres. Car le tronçon que je préfère, c'est cette portion du littoral qui s'étend sur une centaine de kilomètres entre Sainte-Anne-des-Monts et Rivière-Madeleine. Sur tout le reste du parcours, il faut souvent quitter la 132 et rentrer dans les villages pour trouver le point de vue qui réserve une vue saisissante sur les caps et les contours tourmentés de la côte.

Par contre, entre Sainte-Anne-des-Monts et Rivière-Madeleine, la route est coincée entre la mer et la falaise. Il suffit de lever la tête pour embrasser la splendeur du regard. Les villages, qui se succèdent tous les dix kilomètres, ont des noms qui chantent: Tourelle, Marsoui, Ruisseau-à-Rebours, L'Anse-Pleureuse, Gros Morne, Manche d'Épée... Tous sont blottis dans des baies, là où la falaise a laissé un peu de place pour construire deux ou trois dizaines de maisons, et la plupart sont veillés par ces sentinelles blanches et rouges, les phares, aujourd'hui automatisés et transformés en musées.

Ces villages ont été fondés voilà un peu plus d'un siècle par des pêcheurs de Montmagny, de l'Islet ou de l'Île d'Orléans, qui s'y réfugiaient pendant les grosses tempête de fin d'automne et qui s'y retrouvaient bloqués par les glaces. Certains décidaient d'y faire souche, pour se rapprocher des bancs de morues.

Leurs descendants y vivent d'autant plus modestement que l'épuisement des stocks et la surexploitation de la forêt les condamnent à une relative pauvreté. Cela confère aux lieux des airs d'austérité qui s'harmonisent particulièrement bien à la grandeur des paysages. La plupart des touristes y passent sans s'arrêter, pressés qu'ils sont d'arriver au Parc Forillon ou à Percé, où sont concentrés l'essentiel des infrastructures touristiques.

J'y reviens périodiquement, depuis 25 ans, et presque rien n'a changé. Je m'attendais au moins à ce que, au fil des années, des restaurants de charme et une ou deux auberges haut de gamme ouvrent leurs portes à Mont-Saint-Pierre qui, en tant que « capitale du deltaplane » de l'Est du Canada, est le plus fréquenté de ces villages perdus. Mais non. On y retrouve encore les trois ou quatre mêmes motels aux noms surannés - Les Délices, Les Flots Bleus... - que voici 20 ans.

Mais c'est sans doute au prix de ce sous-développement touristique que cette portion du littoral baptisée « la Haute-Gaspésie » conserve son charme sauvage.

C'est à ce charme que la grande côte de Rivière-Madeleine m'arrache en s'enfonçant dans l'arrière-pays. Mais je sais que je trouverai bientôt consolation et que, comme tous les cyclistes, je recueillerai le salaire de l'effort 20 kilomètres plus loin, à la halte routière aménagée avant la descente sur Grande-Vallée. Là, la vue plonge sur le gros bourg dont l'église et le presbytère se dressent à l'écart sur un énorme socle rocheux, comme déposés là par un décorateur de génie.

Vieil habitué de la boucle formée par la 132 autour de la péninsule - c'était la quatrième fois que je la parcourais en vélo - je sais quand il faut tourner la tête pour découvrir une vue à couper le souffle. Je connais les chemins de traverse à emprunter pour arriver au point de vue, au musée, à l'attraction ou au phare qu'il ne faut manquer à aucun prix. J'ai mes adresses, mes repères, tout au long du parcours.

À Petite-Vallée, c'est la salle d'exposition du Village en chansons qui retrace l'histoire de la chanson francophone, depuis La Bolduc. On peut passer deux heures, casque d'écoute sur la tête, à redécouvrir les succès qui ont fait vibrer plusieurs générations de Québécois.

Dans le parc Forillon, j'essaie toujours de trouver à me loger à Cap-des-Rosiers, pour aller manger une bouillabaisse Chez Mona, le meilleur restaurant de l'endroit. En sortant, avec un peu de chance, le brouillard se sera levé, conférant aux lieux une ambiance magique renforcée par les meuglements de la corne de brume.

À Gaspé, où un «Comité Centre-Ville » s'efforce de réparer les erreurs du passé (depuis les années soixante-dix, une grande route à quatre voies émascule le paysage, coupant littéralement la ville de sa superbe baie), j'aime m'attarder à une des terrasses de la rue de la Reine et dîner au Brise-Bise, le restaurant-boîte-à-chansons le plus animé de l'endroit.

À chaque voyage, je fais des découvertes. Cette année, ce fut l'Anse-à-Beaufils, près de Percé. Une poignée de passionnés y a rénové les bâtiments d'une vieille usine de transformation du poisson pour en faire un centre d'art. En bas, on trouve une salle de spectacles, une boutique de produits du terroir et un des bistros-restaurants les plus fréquentés de la péninsule. L'étage a été aménagé en grande galerie d'art où une quinzaine d'artistes - peintres, sculpteurs, céramistes... - viennent passer l'été et travailler devant les visiteurs, qui se font de plus en plus nombreux à mesure que la réputation de la Vieille Usine grandit.

Dans le même hameau, un extraordinaire conteur, Rémi Cloutier, fait revivre l'ancien magasin général de la compagnie Robin, ces marchands de morue de Jersey qui exploitaient des comptoirs de pêches tout autour de la Gaspésie. Étagères, marchandises, comptoirs, tout y est dans le même état qu'à la fin du XIXe siècle.

Puis, après l'Anse-à-Beaufils, on s'engage dans la Baie des Chaleurs, où les paysages sont moins spectaculaires. Si le parcours est relativement plat, le cycliste risque d'avoir à y affronter les vents dominants, qui soufflent de l'Ouest. Mais un dernier cadeau du ciel les attend avant de compléter la boucle: une journée à pédaler en longeant la Matapédia, l'une des plus belles rivières à saumons de l'Est du Canada...

Pour de plus amples renseignements sur cette destination ou sur toute destination canadienne, visitez le site de la Commission canadienne du tourisme à www.voyagecanada.ca.

source: Commission Canadienne du tourisme

Cette reproduction n'est pas présentée à titre de version officielle du contenu reproduit, ni dans le cadre d'une affiliation et/ou avec l'appui de la Commission canadienne du tourisme.

Paysage des badlands, Alberta

Photo: Royal Tyrrell Museum

Le vent et l'eau ont sculpté les badlands du parc provincial Dinosaur, dans le sud-est de l'Alberta.

Gens en route vers les fouilles

Photo: Chad Shier pour le Royal Tyrrell Museum
À la recherche de fossiles dans le parc provincial Dinosaur, l'un des lieux les plus riches de la planète en vestiges de dinosaures.

Des amateurs de paléontologie en Alberta

Photo: Chad Shier for the Royal Tyrrell Museum

Scientifiques et techniciens du Royal Tyrrell Museum utilisent de petits marteaux et des forets pour dénicher des fossiles de dinosaures.

Le Tyrannosaurus Rex, Royal Tyrrell Museum of palaeontology, Drumheller, Alberta

Photo: Travel Alberta
Le tyrannosaure roi est l'un des 35 squelettes de dinosaures exposés au Royal Tyrrell Museum, à Drumheller, en Alberta.

Mine de fossiles: parc provincial Dinosaur


En Alberta, dans le parc provincial Dinosaur, les paléontologues invitent les visiteurs à fouiller le sol d'une région qui fut jadis fort couru par les lézards géants.

PAR IAN CRUICKSHANK

Randy Lyons était en troisième année, lorsqu'il confia à sa maîtresse d'école qu'il voulait devenir paléontologue.

« Mais selon elle, dit Randy Lyons, tenter de dénicher des squelettes de dinosaures était une activité des plus ennuyeuses, sans compter qu'elle était persuadée qu'on avait déjà trouvé tous les restes de diplodocus et autres tyrannosaures de la planète. J'ai donc abandonné l'idée. »

Après avoir tourné le dos à l'ère jurassique, il se lance dans une brillante carrière en vente et en marketing. Mais au jour de son 50e anniversaire, son rêve d'enfant refait surface.

« Ma femme m'a offert une expédition de fouille aux dinosaures, dans les Badlands de l'Alberta », rajoute Randy Lyons, qui vit à West Chester, en Pennsylvanie, et qui renouvelle l'expérience chaque année depuis six ans maintenant. « Je suis fou de ça et d'une certaine façon, c'est ce que je fais de plus important dans l'année. »

Bien que les dinosaures aient disparu de la surface de la terre depuis 65 millions d'années, ils suscitent encore et toujours une réelle fascination. « Le grand intérêt que l'on porte aux dinosaures en a fait des créatures mythiques, un peu comme les dragons, explique Peter May, propriétaire d'une entreprise ontarienne spécialisée dans la réplique de dinosaures destinée aux musées. Il est difficile de croire que ces créatures géantes et féroces ont déjà foulé la surface de la terre. »

Au cours de la dernière décennie, le Royal Tyrrell Museum, près de Drumheller, a permis au grand public de participer à des fouilles paléontologiques. Fondé en 1985, le Tyrrell - l'un des plus importants musées du pays - abrite le fascinant Dinosaur Hall, où l'on peut admirer l'une des expositions les plus enlevantes du globe, en la matière. Situé près de certains des plus riches terrains fossilifères de la planète, le Tyrrell propose des fouilles tant quotidiennes qu'hebdomadaires au cours desquelles les visiteurs peuvent travailler de concert avec des paléontologues déjà à l'œuvre dans la région.

Les Field Experience, fouilles hebdomadaires, se déroulent principalement dans le parc provincial Dinosaur, un site du patrimoine mondial de l'Unesco situé à deux heures de route de Drumheller. Étendue aride émaillée de monolithes de grès sculptés par le vent et l'eau, le parc fut jadis fort luxuriant. Un genre de Club Med pour dinosaures, en quelque sorte....

« Il y a environ 75 millions d'années, cette région ressemblait à la Floride, explique Kevin Kruger, le coordonnateur de l'activité Field Experience. La température y était idéale et on y trouvait des rivières, des plantes et de petits animaux, bref, l'endroit rêvé pour tout dinosaure qui se respecte! » Mais en émergeant de la croûte terrestre, les Rocheuses laissèrent tomber des sédiments dans les rivières qui coulaient vers l'est. Résultat : plusieurs dinosaures périrent dans l'eau à l'emplacement actuel de l'Alberta, avant d'être enterrés et préservés dans ces sédiments.

Au fil de la semaine, les participants de la Field Experience, qui peuvent choisir entre camper sur le terrain ou dormir dans des roulottes climatisées, ont l'occasion d'expérimenter six tâches différentes. « Vous pouvez scruter les formations rocheuses pour y trouver des os, écailler et brosser les fossiles, manipuler les cordes et les poulies ou cartographier et cataloguer les trouvailles », explique M. Lyons, dont la femme a récemment commencé à l'accompagner dans ses expéditions.

Un des grands bonheurs de notre paléontologue amateur fut de pouvoir travailler, trois jours durant, auprès de Philip Currie, chef de la recherche sur les dinosaures au musée. « Je me suis défoulé et je lui ai posé l'équivalent de 40 ans de questions. Pour ajouter à l'enchantement, j'ai trouvé des dents de tyrannosaure de la taille de la paume d'une main. Des millions d'années plus tard, on peut encore sentir leur bord tranchant. Fascinant! »

Les expériences interactives que propose le musée au quotidien sont moins exigeantes, mais tout aussi excitantes. Après la visite des coulisses du musée, le groupe se dirige vers un site de fouilles, histoire d'admirer des fossiles récemment déterrés. Tout au long de la journée, les paléontologues montrent aux participants comment déterrer les fossiles, cartographier leur position et les envelopper de plâtre. Une fois ce travail passionnant terminé, il reste assez de temps pour parcourir les expositions du musée. Au cours de la dernière décennie, les participants aux fouilles quotidiennes ont excavé plus de 2 500 spécimens importants, dont LA trouvaille de l'année dernière : un fémur de dinosaure à bec de canard mesurant 1,3 mètre.

Andrew Stewart, un pédiatre d'Edmonton et son petit-fils de 14 ans, Brian Burley, participent aux activités du musée depuis quatre étés, et ils ont déjà réservé leur place pour cette année. Brian vit à Dallas et rêve de devenir un chasseur de dinosaures. Il a même troqué l'étude de l'espagnol contre celle du latin.

« Chaque année, son père et moi demandons à Brian s'il désire faire quelque chose de différent, l'été venu. Mais il choisit toujours la fouille, raconte son grand-papa, qui ne cache pas sa fierté. Les guides sont enthousiastes et nous avons l'impression d'accomplir quelque chose d'important. Pas seulement de jouer dans la terre. C'est une expérience fabuleuse! »

Pour de plus amples renseignements sur cette destination ou sur d'autres destinations canadiennes, visitez le site de la Commission canadienne du tourisme à l'adresse www.voyagecanada.ca.

source: Commission Canadienne du tourisme

Cette reproduction n'est pas présentée à titre de version officielle du contenu reproduit, ni dans le cadre d'une affiliation et/ou avec l'appui de la Commission canadienne du tourisme.

Abbaye de Saint-Benoît-du-Lac, Québec

Photo: Heiko Wittenborn, Tourisme Québec

L'abbaye de Saint-Benoît-du-Lac, dans les Cantons-de-l'Est, est aussi célèbre pour ses fromages que pour la splendeur de son site.

Maison Maurice Dufour, Charlevoix, Québec




Photo: Marc Archambault, Tourisme Québec

La Maison d'affinage Maurice Dufour, à Baie-Saint-Paul, est l'une des plus réputées du Québec. Outre le Ciel de Charlevoix, un délicieux fromage bleu au lait cru, on y fabrique le succulent Migneron, Grand prix 2002 des fromages canadiens.

La route des fromages fins du Québec

En quelques décennies à peine, le Québec est devenu la terre promise du fromage en Amérique du Nord. Si plusieurs produits s'inspirent de grands noms européens, d'autres sont tout à fait uniques. Exploration d'un phénomène du terroir qui fleurit en bouche.

PAR HUGO PARADIS

Lorsque l'on déballe un Lechevalier Mailloux, c'est toute la pièce qui embaume. Ce puissant fromage, qui peut tenir tête à certains des plus exquis produits du Vieux Continent, est un pur petit chef-d'œuvre. Quand on en dépose un morceau sur sa langue, c'est l'explosion florale. Tout juste s'il ne pétille pas; on dirait presque qu'il vit!

Élaboré à Saint-Basile, près de Québec, le Lechevalier Mailloux témoigne avec brio de l'impressionnante qualité des nombreux fromages fins qui ont vu le jour au Québec, au cours des dernières décennies. Couronné champion toutes catégories lors de la première édition du Grand prix des fromages canadiens en 1998, le Lechevalier Mailloux s'est vu de nouveau honorer de la sorte, en 1999 et 2000.

Il faut dire que son coloré producteur, Luc Mailloux, est aussi artiste que perfectionniste : avant de mettre sur le marché son Saint-Basile, une autre de ses savantes réalisations, il en a fabriqué plus de 8 000 meules. Résultat : l'illustre Bocuse lui-même n'a pu trouver d'équivalent dans les fromages français, tant le Saint-Basile brille par son unicité.

Même si les produits de la ferme de Luc Mailloux sont hors normes, une majorité de fromages québécois ont de plus en plus la cote, tant dans la Belle Province qu'au-delà de ses frontières. Qu'ils soient à base de lait de chèvre, de vache ou de brebis, on les voit apparaître dans un nombre toujours croissant d'épiceries fines, sur les menus de grands chefs d'Amérique ainsi que sur les tables des plus exigeants connaisseurs.

« Qui aurait pu dire qu'un jour, on trouverait sur les étals des marchés québécois presque autant de fromages de chez nous que de fromages importés? Que beaucoup de nos fromages, particulièrement ceux au lait cru, seraient servis dans les grands restaurants de Chicago, Los Angeles ou New York? », peut-on lire sur la jaquette du Guide complet des fromages du Québec, de Jules Roiseux.

En quelques décennies à peine, le Québec est devenu un riche terroir où ont poussé comme des champignons des fromageries artisanales, des microfromageries et des fabriques de plus ou moins grande envergure. « Un phénomène unique au monde », assurent Richard Bizier et Roch Nadeau, dans leur Répertoire des fromages du Québec. À l'instar d'autres spécialistes, ceux-ci constatent qu'aucun autre endroit d'Amérique du Nord ne produit autant d'aussi bons fromages.

Grâce à la qualité du lait de même qu'à l'inventivité et au savoir-faire des artisans, d'excellents fromages québécois furent ainsi élaborés. Si certains s'inspirent de quelques-uns des plus célèbres crus français et européens, d'autres produits tout à fait originaux ont également vu le jour. À titre d'exemple, des fromagers d'ici frottent leurs meules avec de la bière forte québécoise, les lavent à l'hydromel ou les fument au bois d'érable.

Quand ils ne font pas un clin d'oeil au proverbial sens de l'humour québécois, leurs noms chantent la beauté des lieux ou l'histoire d'où ils proviennent : Migneron de Charlevoix, Pied-De-Vent des Îles de la Madeleine, Coureur des Bois de Saint-Antoine-de-Tilly, Riopelle de l'Île aux Grues, Diable aux Vaches de Mont-Laurier, Fumirolle de la Côte de Beaupré, Sieur Corbeau des Laurentides ou Tarapatapom de Knowlton.

Le berceau de l'industrie fromagère canadienne

Ce n'est pas d'hier que l'on fabrique du fromage, au Québec. C'est même ici qu'est née l'industrie fromagère canadienne, après que Jacques Cartier ait emmené avec lui, en 1541, les premières vaches françaises en Nouvelle-France. Mais il faudra attendre au XIXe siècle pour assister à la naissance d'une industrie digne de ce nom, tant au Québec que dans le reste du Canada. Petit à petit, d'un bout à l'autre du pays, des artisans commencent alors à véritablement mettre la main à la pâte - c'est le cas de le dire.

Au Québec, en 1850, une ferme de Sault-au-Récollet entame ainsi la production du Crème de Beloeil, sorte de camembert québécois. En 1893, les moines d'Oka se mettent à leur tour à produire des fromages qui comptent aujourd'hui parmi les plus connus du Québec. Et en 1895, la fromagerie Perron - qui existe toujours et dont les anciens locaux, devenus musée, sont classés monument historique - voit le jour. Un peu plus tard, au siècle suivant, les Bénédictins de Saint-Benoît-du-Lac et les moniales de Mont-Laurier - pour ne nommer qu'eux - emboîteront également le pas.

Mais la prolifération de fromageries - et en particulier de microfromageries - demeure, elle, beaucoup plus récente. « C'est d'abord et avant tout la demande des Québécois, en hausse depuis quelques dizaines d'années, qui explique cet engouement. Ils voyagent beaucoup plus et sont toujours plus ouverts sur le monde, surtout sur la France, où ils ont découvert l'existence de produits du terroir tout en se demandant pourquoi ils en avaient si peu chez eux », explique André Fouillet, auteur de À la découverte des fromageries du Québec, un ouvrage qui recensait, déjà en 1998, plus de 70 fromageries québécoises.

Aujourd'hui, les Québécois n'ont plus de quoi se plaindre : leurs fromages se sont multipliés et une bonne centaine de fromageries jalonnent chaque région de la province. Une cinquantaine d'entre elles font même l'objet d'une fort jolie brochure baptisée La Route gourmande des fromages fins du Québec. Certaines se visitent, d'autres pas, mais toutes ouvrent les portes de leur échoppe à quiconque serait tenté par une bouchée, voire une meule. En voici un échantillonnage :

À découvrir

Fromagerie La Ferme au Village, 45, Notre-Dame Ouest, Lorrainville (Abitibi), (819) 625-2255. À goûter : le Cru du Clocher, un succulent cheddar au lait cru vieilli.
Les Fromages de l'Érablière, 1580, Eugène-Trinquier, Mont-Laurier (Laurentides), (819) 623-3459. À goûter notamment : le Cru des érables, fromage au lait cru affiné avec un acéritif (apéritif à base d'eau d'érable).
Fromagerie Oka, 1400, chemin Oka, Oka (Laurentides), (450) 479-6396. C'est dans ce monastère trappiste que sont nés les premiers fromages fins québécois, en 1893.
La Biquetterie, 470, route 315, Chénéville (Outaouais), (819) 428-3061. À goûter : des fromages de chèvre exquis moulés à la louche.
Chèvrerie les Trois Clochettes, 840, Rivière Sud, Saint-Roch-de-l'Achigan (Lanaudière), (450) 588-5080. Réputée pour son « chèvre doeuvre » affiné dans une feuille de vigne.
Fromagerie du Champ à la Meule, 3601, Principale, Notre-Dame-de-Lourdes (Lanaudière), (450) 753-9217. C'est ici qu'est fabriqué le Victor et Berthold, l'un des fromages québécois les plus réputés.
Fromagerie Fritz Kaiser, 459, 4e Concession, Noyan (Montérégie), (450) 294-2207. On y fabrique notamment la Tomme de M. Séguin, mi-chèvre, mi-vache.
Fromagerie Au gré des champs, 400, rang Saint-Édouard, Saint-Athanase (Montérégie), (450) 346-8732. À goûter : Au gré des champs et D'Iberville, des fromages au lait cru produits avec du lait de vaches nourries de plantes fleuries et aromatiques certifiées bio.
Abbaye de Saint-Benoît-du-Lac, Saint-Benoît-du-Lac (Cantons-de-l'Est), (819) 843-4336. Sans frais: 1 877 343-4336. Fromagerie historique, aussi réputée pour son site que ses nombreux fromages.
Fromage Côté, 80, rue Hôtel-de-ville, Warwick (Bois-Francs), (819) 358-3300. Spécialités à croûte lavée, dont le Cantonnier de Warwick et le Sir Laurier d'Arthabaska.
Bergerie La Moutonnière, 3690, rang no 3, Sainte-Hélène-de-Chester (Bois-Francs), (819) 382-2300. La « première et seule fromagerie fermière et artisanale de brebis installée à la ferme ».
Ferme Piluma, 150, rang Sainte-Angélique, Saint-Basile (région de Québec), (418) 329-3080. C'est ici que l'on élabore plusieurs des meilleurs fromages québécois : le Lechevalier Mailloux, le Saint-Basile, l'Ange Cornu et le Sarah-Brizou, pour ne nommer que ceux-là.
Fromagerie Île-aux-Grues, 210 chemin du Roy, Île aux Grues (Chaudière-Appalaches), (418) 248-5842. À essayer : le Mi-Carême, un pâte molle au lait cru, et le Riopelle, nommé en l'honneur du célèbre peintre qui habitait naguère dans l'île.
Maison d'affinage Maurice Dufour, 1339, Mgr de Laval, Baie-Saint-Paul (Charlevoix), (418) 435-5692. Lieu de fabrication du Migneron (Grand prix 2002 des fromages canadiens) et du Ciel de Charlevoix, un délicieux fromage bleu au lait cru.
Fromagerie Perron, 156, av. Albert-Perron, Saint-Prime (Lac-Saint-Jean), (418) 251-3164. Fabrique depuis des lustres un cheddar de renommée internationale.
Ferme Chimo, 1705, boul. de Douglas, Gaspé (Gaspésie), (418) 368-4102. Produit des « fromages de chèvre uniques ».
Fromagerie du Pied-de-Vent, 149, chemin de la Pointe-Basse, Havre-aux-Maisons, Îles de la Madeleine, (418) 969-9292. Lieu de fabrication du réputé fromage du même nom.

Pour de plus amples renseignements sur ces destinations ou sur toute destination canadienne, visitez le site de la Commission canadienne du tourisme à www.voyagecanada.ca

source: Commission Canadienne du tourisme

Cette reproduction n'est pas présentée à titre de version officielle du contenu reproduit, ni dans le cadre d'une affiliation et/ou avec l'appui de la Commission canadienne du tourisme.

samedi, juillet 09, 2005

Lieu historique de la Case-de-l'Oncle-Tom, Dresden, Ontario


Photo: Cathy Stapells

Le lieu historique de la Case-de-l'Oncle-Tom, à Dresden, en Ontario, abrite la sépulture de Josiah Henson.

Harriet Beecher Stowe s'inspira de son autobiographie pour écrire La Case de l'oncle Tom, qualifié par le président Abraham Lincoln de catalyseur de la Guerre de Sécession.

Maison de Josiah Henson à Dresden, Ontario


Photo: Cathy Stapells

Cette humble demeure à Dresden, en Ontario, devint un lieu de rencontre important pour les membres du Chemin de fer clandestin lorsque Josiah Henson, qui échappa à l'esclavage du Kentucky, s'y établit. Harriet Beecher Stowe s'inspira de son autobiographie pour écrire La Case de l'oncle Tom.

Chapelle Salem, St. Catharines, Ontario



Photo: Eva Salter

Parmi les lieux émouvants où il faut impérativement s'arrêter le long de la Niagara Freedom Trail : la chapelle Salem, de l'Église épiscopale méthodiste britannique. L'endroit servit jadis de quartier général au Chemin de fer clandestin, un réseau qui permit à des esclaves afro-américains de trouver la liberté au Canada.

Bertie Hall à Fort Erie en Ontario


Photo: Eva Salter

On dit que Bertie Hall, demeure imposante de style Greek Revival, datant des années 1830, était utilisée comme installation secrète pour les fugitifs, une fois la rivière Niagara traversée. Aujourd?hui, elle abrite la Galerie de poupées Mildred M. Mahoney. Au sous-sol, les visiteurs peuvent voir une reconstitution des anciens quartiers des esclaves.

S'aiguiller sur la voie de la liberté

Au XIXe siècle, un mouvement de réfugiés connu sous le nom de Chemin de fer clandestin a permis à des milliers d'esclaves d'emprunter la voie de la liberté. Aujourd'hui, des sites historiques ontariens rendent hommage au courage dont ont fait preuve tous ceux qui ont milité pour les droits des Noirs.

PAR CATHY STAPELLS

Si les murs pouvaient parler, une minuscule église de St. Catharines, en Ontario, aurait une grande histoire à raconter. La chapelle Salem, de l'Église épiscopale méthodiste britannique, servit jadis de quartier général au Chemin de fer clandestin, un réseau qui permit à des esclaves afro-américains de recouvrer la liberté, au Canada.

Si plusieurs esclaves trouvèrent ainsi refuge dans cette petite église, c'est grâce à Harriet Tubman, qui mena plus de 300 d'entre eux au-delà des frontières américaines, tout au long des huit années qu'elle passa à St. Catharines.

« Tubman fut la plus importante accompagnatrice du Chemin de fer clandestin, raconte Rochelle Bush, directrice historique de la chapelle Salem, construite en 1855 et désignée lieu historique national du Canada. Elle a risqué sa vie plus d'une fois pour aider les esclaves à traverser la frontière. »

Née au Maryland en 1820, madame Tubman échappa elle-même à l'esclavage, en 1849. Surnommée la « Moïse noire », elle retourna 19 fois dans le sud américain pour conduire des esclaves - dont ses propres parents, en 1857 - sur le chemin de la liberté. « Elle vécut à St. Catharines entre 1851 et 1858 et elle fit 11 voyages, malgré le fait que sa tête ait été mise à prix pour 40 000 $ », explique Bush, une descendante d'un de ces esclaves. En 1830, la famille de son père arriva de Richmond, en Virginie, pour s'installer dans la région de Oro/Collingwood. La famille de sa mère arriva de South Columbia, en Caroline du Sud, en 1844, et vécut dans les environs de St. Catharines.

Après la guerre civile américaine, madame Tubman déménagea à Auburn, New York, où elle continua à travailler pour l'avancement des droits des Noirs et des femmes. Elle mourut en 1913, âgée de plus de 90 ans.

L'histoire de cette héroïne, comme celle de tous ceux qui souhaitaient trouver la liberté et fuir les conditions brutales du Sud américain, en est une de désespoir et de sacrifice. Or, le Chemin de fer clandestin arrivait à leur redonner espoir.

Une lutte de longue dateLe mouvement prit racine dans le sud des États-Unis et traça son chemin vers les États du nord et, éventuellement, vers le Canada, où les Noirs pouvaient vivre comme des citoyens libres.

Mis sur pied au début des années 1500 par des sympathisants abolitionnistes (tant des Noirs que des Blancs), le chemin de fer atteignit un sommet entre 1780 et 1865. Enveloppé de secret, peu de faits furent répertoriés. Cependant, des historiens croient qu'environ 40 000 fugitifs arrivèrent au Canada grâce à ce mouvement. Ils s'établirent dans le Haut-Canada, appelé Ontario à la fin du XVIIIe siècle, qui était alors considéré comme un havre sécuritaire pour les Noirs.

En 1793, le lieutenant-gouverneur John Graves Simcoe établit un précédent en déposant un projet de loi pour interdire le trafic d'esclaves dans le Haut-Canada. Car à l'époque, de plus en plus de loyalistes (sujets britanniques qui restèrent loyaux à la Grande-Bretagne après la révolution américaine) venaient au Canada, accompagnés de leurs esclaves.

Après l'adoption, en 1850, de la Loi sur les esclaves fugitifs aux Etats-Unis, laquelle permettait la capture d'esclaves en fuite dans les États du Nord, on chercha plus que jamais à trouver asile dans le Haut-Canada. En 1833, le Parlement britannique adopta l'Acte d'abolition de l'esclavage, qui rendit à tous les esclaves de l'Empire britannique leur liberté.

Les localités de l'Ontario qui ont joué un rôle dans l'aventure du Chemin de fer clandestin sont dispersées dans le sud de l'Ontario, plus précisément de Windsor à Toronto et, au nord, de Fort Erié à Owen Sound, Thornbury et Barrie. En tout, 29 lieux permettent aux visiteurs d'explorer ce chapitre émouvant de l'histoire canadienne.

Vingt-neuf lieux de mémoire

Nombre de ces sites se trouvent dans la région de Niagara/St. Catharines. Le bureau de tourisme de Niagara (Tourism Niagara) a élaboré la Niagara's Freedom Trail le long de laquelle se trouvent sept endroits d'intérêt historique.

À Fort Érié, une plaque, « The Crossing », marque l'endroit où de nombreux esclaves en fuite traversèrent la rivière Niagara, depuis Buffalo et vers le Fort Érié. Certains atteignaient l'autre rive grâce au concours de capitaines abolitionnistes, d'autres attaquaient la traversée à la nage. Ces derniers n'étaient pas tous chanceux. « Les fugitifs ne voyageaient qu'une fois la nuit tombée. C'était une période extrêmement dangereuse », explique Rochelle Bush, porte-parole passionnée de l'histoire du Chemin de fer clandestin.

Toujours à Fort Érié, on peut visiter Bertie Hall, qui abrite aujourd'hui la Galerie Mahoney de maisons de poupée, une collection qui couvre une période de 200 ans. On dit que cette demeure imposante, de style Greek Revival, était utilisée comme installation secrète pour les fugitifs, une fois la rivière Niagara traversée.

Bertie Hall fut construite aux environs de 1830 par William Forsyth Sr., dont les deux fils, Brock et Nelson, étaient des abolitionnistes bien connus. Les esclaves traversaient la rivière la nuit puis ils étaient recueillis à la maison, avant d'être dispersés dans des lieux plus sécuritaires. Bien que ce ne fut jamais prouvé, on dit qu'un tunnel souterrain reliait Bertie Hall à la rivière Niagara. Au sous-sol, les visiteurs peuvent visiter les quartiers reconstitués qui baignaient dans une atmosphère sombre et clandestine.

La piste de la liberté de Niagara s'arrête également au Musée de St. Catharines, installé dans le Welland Canal's Centre. On peut y visiter l'exposition Follow The North Star, qui explore l'histoire du chemin de fer tout en soulignant le riche héritage des Afro-Canadiens.
« Il y a 27 familles noires à Niagara, la majorité se trouvant à St. Catharines, explique madame Bush. Ici, au moins 7 000 personnes peuvent retracer leurs racines jusqu'à l'époque de ces esclaves qui ont fui les États-Unis. »

À l'extérieur de la région de Niagara se trouvent un grand nombre de sites qui valent le détour, le long du chemin de fer clandestin. Le African Canadian Heritage Tour et le Central Ontario Network for Black History, de concert avec le gouvernement de l'Ontario, ont publié un livret décrivant les 29 sites de la province.

La case de l'oncle TomLe lieu historique de la Case-de-l'Oncle-Tom et la maison de Josiah Henson, à Dresden, célèbrent les accomplissements de Josiah Henson et de Harriet Beecher Stowe.

Henson échappa à l'esclavage du Kentucky, avec sa femme et ses quatre enfants, puis il s'installa dans le Haut-Canada, où il devint rapidement un membre important du Chemin de fer clandestin. En 1841, près de Dresden, en compagnie d'autres abolitionnistes, il acheta 200 acres de terre et fonda une école pour les réfugiés noirs appelée l'Institut américano-britannique. Bientôt, les résidents mirent leurs talents à profit dans les fermes, les moulins et les industries locales.

À 60 ans, Henson écrivit son autobiographie et ce furent ses mémoires qui inspirèrent Harriet Beecher Stowe pour son roman anti-esclavagiste La Case de l'oncle Tom, lequel se vendit à plus de 300 000 exemplaires au cours de sa première année de publication. Selon le président Abraham Lincoln, le tollé contre l'esclavagisme engendré par son livre fut le catalyseur de la Guerre de Sécession. Henson s'éteignit en 1883 à 94 ans, et il repose désormais au lieu historique Uncle Tom's Cabin.

Les lieux qui émaillent le Chemin de fer clandestin de l'Ontario rendent hommage aux sacrifices de ces gens qui combattirent pour les droits et les libertés des Noirs. C'est une histoire fascinante, digne de celles que l'on devrait enseigner et... que nul ne devrait oublier.
Pour de plus amples renseignements sur cette destination ou sur d'autres destinations canadiennes, visitez le site de la Commission canadienne du tourisme à l'adresse www.voyagecanada.ca.

Source: Commission Canadienne du tourisme

Cette reproduction n'est pas présentée à titre de version officielle du contenu reproduit, ni dans le cadre d'une affiliation et/ou avec l'appui de la Commission canadienne du tourisme.

Des créatures surnaturelles et des animaux fabuleux


Photo: Tourisme Vancouver

Certains sont peints. D'autres pas. Mais tous les totems présentent, sculptés dans le cèdre, des créatures surnaturelles et des animaux fabuleux qui s'enchevêtrent, s'entrelacent et inspirent l'émerveillement.

Les mâts de la mémoire de la Colombie-Britannique


Bardés de récits et de légendes, profondément imprégnés de l'existence de ceux qui les ont sculptés et érigés, les totems de Colombie-Britannique se lisent comme des livres ouverts sur l'histoire des peuples amérindiens.

PAR CAROLYNE PARENT

À Vancouver, comme à Duncan ou à Victoria, vous les voyez qui se dressent fièrement, seuls ou en bouquets. Certains sont peints. D'autres pas. Mais tous présentent, sculptés dans le cèdre, des créatures surnaturelles et des animaux fabuleux qui s'enchevêtrent, s'entrelacent et inspirent l'émerveillement. Et pour cause : c'est la mémoire des Amérindiens de la côte nord-ouest du Pacifique qui court le long de ces mâts mystérieux.

Car il était une fois des peuples autochtones dont l'histoire, la culture et les exploits s'écrivaient à même le bois. Et ce, dès la fin du 18e siècle, le commerce avec les navigateurs européens ayant procuré aux Premières Nations les outils nécessaires pour sculpter « l'arbre de vie ».

De ces échanges florissants résultèrent des potlatchs (dons rituels) de plus en plus nombreux et fastueux. Et comme, tradition oblige, ces fêtes grandioses comprenaient obligatoirement l'érection d'un mât, c'est durant cette période que l'art totémique prit son essor, explique Pat Kramer dans Totem Poles (Altitude Publishing).

Des totems-archives...

C'est aussi durant cette période que cet art se codifia. Ainsi, le mât posté à proximité de la longhouse (maison traditionnelle) du chef d'un clan ou sculpté directement à même son fût de soutènement était orné d'emblèmes héraldiques annonçant les origines et le prestige de la maisonnée.

Reconnaissable à sa plate-forme transversale, le totem mortuaire soutenait un coffre contenant les restes d'un personnage important. On raconte que tous les amis du défunt devaient le veiller et que, nuit après nuit, tous se retireraient un à un, de sorte que le dernier d'entre eux puisse communiquer avec l'esprit du disparu.

Le totem commémoratif rappelait pour sa part les épopées reliées à une famille tandis que le totem narratif affirmait le droit de son propriétaire de raconter les histoires ou de chanter les chansons ancestrales associées à sa phratrie (groupe de clans).

Des formes pleines de poésie

Des formes opulentes et stylisées qui ornent les totems, on reconnaît surtout les animaux protecteurs des clans dotés de qualités propres. Tels l'ours, qui symbolise l'esprit de sacrifice ; le renard, le génie de la terre ; la grenouille, la générosité ; le corbeau, l'honneur ; et Siskiutl, le serpent de mer, qui représente la puissance des guerriers.
Mais le personnage le plus important de tous est sans contredit Thunderbird. Car avant d'être un modèle de bagnole, c'était d'abord un aigle mythique qui faisait rouler le tonnerre sous ses ailes, jaillir l'éclair de ses yeux et tomber la pluie d'un lac sur son dos!

Thunderbird est d'ailleurs au coeur de nombreuses légendes amérindiennes. L'une d'elles raconte qu'il tira de la mer une baleine vorace, cause d'une grande famine au sein d'un village de pêcheurs, et qu'il la transforma en une montagne non loin de la ville de Duncan, sur l'île de Vancouver. Pour le remercier, un chef promit de créer un emblème à son image pour coiffer tous les mâts élevés en son honneur. Cette promesse vaut toujours, car Thunderbird est, encore aujourd'hui, l'une des figures les plus populaires...

Un art toujours vivant

Au milieu du 19e siècle, un grand nombre de totems ont été détruits à l'instigation des missionnaires, qui les méprenaient pour des objets de culte païen. Plus tard, quantité de totems ont pris le chemin des musées étrangers. Et l'on ne compte plus ceux qui se sont désagrégés (la durée de vie d'un fût de cèdre étant d'environ 85 ans) avant d'avoir été reproduits. N'empêche : il en subsiste encore plusieurs spécimens magnifiques en Colombie-Britannique, notamment à Vancouver et sur l'île de Vancouver.

Qu'il s'agisse de répliques de mâts centenaires ou d'oeuvres récentes d'artistes fiers de perpétuer cette tradition, ils ne demandent qu'une chose : vous livrer quelques pans des belles histoires des Premières Nations de ce pays. Laissez-les donc vous les raconter lors d'un prochain séjour dans ces parages...

Pour de plus amples renseignements sur cette destination ou sur d'autres destinations canadiennes, visitez le site de la Commission canadienne du tourisme à l'adresse http://www.voyagecanada.ca/.

Source: Commission Canadienne du tourisme

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Le parc national des Prairies, Saskatchewan


Photo: Tourism Saskatchewan

« La plaine, dit Daniel Lavoie, c'est l'océan à l'envers, parce que c'est dans le ciel que les choses se passent. C'est vide, la plaine, mais le ciel est extraordinairement plein. »

Le parc provincial Narrow Hills en Saskatchewan

Photo: Tourisme Saskatchewan

« J'ai connu, dans l'enfance, une grande liberté en parcourant les bois, les rivières et les lacs du nord du Manitoba », dit le multi-instrumentiste et conteur Gérald Laroche.

Les chutes Pisew, Manitoba


Photo: Voyage Manitoba

Le Manitoba est aussi un pays de lacs, de chutes et de rivières.

Musée de Saint-Boniface au Manitoba et au coeur de Winnipeg



Photo: CDEM

Au XIXe siècle, la nation Métis, dirigée par Louis Riel, était la plus importante communauté de la Plaine.

Un Champ de Canola au Manitoba


Photo: Voyage Manitoba

« La plaine est une terre de liberté? il y a tout l'espace qu'il faut pour réfléchir et inventer », dit le multi-instrumentiste et conteur Gérald Laroche.

Ce promeneur des champs semble abonder dans son sens?

La Plaine, pour l'espace et l'infini


Qu'ont en commun Daniel Lavoie, les membres de Hart Rouge et Gérald Laroche? Tous ces artistes viennent de la Plaine, au centre du pays. Ils livrent ici quelques morceaux choisis de leur terre natale, fief du vent, du vide, du ciel et de la liberté.

PAR MARIO PROULX

J'ai eu l'immense chance de parcourir le Canada pendant plusieurs mois, avec pour mission de le raconter en paroles et en chansons. J'ai été frappé de constater à quel point les paysages de l'enfance marquent et influencent, pour la vie, l'âme des artistes. Je l'ai particulièrement remarqué avec les chanteurs et musiciens originaires de la Plaine. Tous, que ce soit les Daniel Lavoie et Gérald Laroche du Manitoba, ou les frère et soeur Campagne du groupe Hart Rouge de Saskatchewan, me parlent de l'infini de la Plaine et de son ciel demesuré. Cette immensité et l'isolement qui en découlent leur ont insufflé le goût de la poésie et, dans plusieurs cas, une forme de spiritualité.

On accède rapidement à une part de leur imaginaire quand on parcourt, pour la première fois, la Plaine en automobile. La surprise est grande: les distances sont colossales, la route est droite et tout est plat sur des centaines de kilomètres. À la sortie de Winnipeg, sur la route 6, une pancarte affiche Flin Flon : 777 kilomètres. Et puis, rouler dans l'Ouest est une expérience apaisante. On ne croise que très peu de véhicules, on ne voit pas d'arbres, on file vers une ligne imaginaire d'horizon. À un certain moment, on a même l'impression qu'on n'avance plus. Le temps vient de s'arrêter. Quelle expérience!

Jours de Plaine

Le chanteur Daniel Lavoie, qui est devenu une vedette internationale grâce à ses nombreux disques et ses prestations dans les comédies musicales Notre-Dame de Paris et Le Petit Prince, vient de la Plaine. Né à Dunrae, un petit village perdu du Manitoba, il y a vécu son enfance. Il se rappelle qu'il y avait toujours du vent, ce qui était rafraîchissant l'été et très froid l'hiver, et qu'il y avait aussi du ciel, beaucoup de ciel.

« La plaine, dit-il, c'est l'océan à l'envers, parce que c'est dans le ciel que les choses se passent. C'est vide, la plaine, mais le ciel est extraordinairement plein. C'est ce que j'aime de la plaine, d'ailleurs: on oublie la terre et on ne voit que le ciel. Et la plaine, c'est aussi un endroit très secret. Les beaux souvenirs que j'en garde de mon enfance, ce sont tous les petits plis et replis, recoins et endroits cachés qu'on ne voit pas lorsqu'on regarde l'horizon. Mais quand on y regarde de près, il y a partout des petits ravins, des petites coulées, des vallées dans lesquels on peut se cacher et où il y a plein de vie: des lapins, des lièvres, des plantes, des oiseaux. C'est ce que j'aimais tellement de ma Plaine: disparaître dans les ravins et les coulées... »

Daniel Lavoie raconte cette enfance dans la magnifique chanson Jour de Plaine :
Y'a des jours de plaine on voit jusqu'à la mer
Y'a des jours de plaine on voit plus loin que la terre

Paysages sonores

Le Manitoba est aussi un pays de lacs, petits ou grands. On en compte quelque 100 000 dont certains sont de véritables mers intérieures. Les voyageurs de la Nouvelle-France y sont venus nombreux pour chasser et traiter avec les Amérindiens. Les hommes ont fondé des familles avec des femmes issues des nations Ojibway, Cris et Sauteux. C'est ainsi qu'est née la nation Métis qui était, au XIXe siècle, la plus importante communauté de la Plaine. Dirigés par Louis Riel, les Métis ont vainement tenté de défendre leurs territoires contres les armées fédérales. Puis, Riel a été pendu le 16 novembre 1885.

Longtemps humiliés, les Métis retrouvent aujourd'hui leur fierté. Le multi-instrumentiste et conteur Gérald Laroche, dont certains des ancêtres sont arrivés avec Jacques Cartier et Samuel de Champlain, y contribue grandement en parlant de ses racines métis. Formidable harmoniciste, Gérald Laroche possède et joue plus de 60 harmonicas, sans compter la flûte celtique, l'arc à bouche indien, la guimbarde et autres instruments à percussion. Il joue et raconte son pays tant au Canada qu'en Europe, où il a fait plusieurs tournées. Les Français sont fascinés par le paysage sonore qu'il recrée: c'est le paysage de la Plaine, avec le vent du nord, le cri de l'aigle et la pulsion du temps qui passe.

« J'ai connu, dans l'enfance, une grande liberté en parcourant les bois, les rivières et les lacs du nord du Manitoba, dit Gérald Laroche. Cet esprit m'a été transmis par mes parents et grands-parents. La plaine est une terre de liberté, il y a tout l'espace qu'il faut pour réfléchir et inventer. Partir, c'est toujours en nous. L'esprit de l'aventure et de la liberté, c'était celui de nos ancêtres, français comme amérindiens. Je voyage partout dans le monde, mais il me faut toujours revenir à la Plaine: c'est dans mon sang. »

Pour un de ses contes métis, Laroche écrit:
Chaque secret a une histoire
Chaque histoire a une danse
Chaque danse a une finChaque fin, un commencement.

Plaine de vide

Après avoir visité Winnipeg et Saint-Boniface, la maison de l'écrivain Gabrielle Roy, les forts et les musées qui racontent les débuts de la colonisation et l'histoire de Louis Riel, j'ai pris la route pour la Saskatchewan, province voisine et patrie de la famille Campagne.

Paul et Suzanne Campagne font partie de Hart Rouge, une formation dont les derniers albums aux teintes country-folk reflètent l'esprit de leur Plaine natale. Descendants d'immigrants venus de Normandie en 1905, les Campagne sont originaires de Willow Bunch, un petit village situé dans le centre-sud de la Saskatchewan, à une cinquantaine de kilomètres du Montana. Fondé par des Métis, Willow Bunch fut par la suite développé par des Belges, des Acadiens, des Québécois et des Bretons.

Depuis plusieurs années, Paul et Suzanne vivent à Montréal, mais leur coeur bat toujours au rythme de leur terre natale. « Ce qui reste en nous de la Plaine, dit Suzanne, c'est l'espace, et puis les couchers de soleil sur les champs de blé, d'orge et de moutarde. C'est terriblement vivant comme espace, avec le son du vent en permanence. Et le soir, les étoiles, on dirait qu'il y en a trois fois plus que n'importe où ailleurs. C'est l'infini qu'on retient, et la liberté. Il faut être né là-bas, sinon ça apparaît trop vide »

Tellement vide, en fait, qu'on peut voir un village situé à 100 kilomètres de distance, par la simple lueur qu'il dégage dans le ciel, la nuit. Tellement infini que souvent, les fermes sont distantes de 12, voire 15 kilomètres. Car dans la plaine, tout est plus lent, plus long, plus loin...
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source: Commission Canadienne du tourismeCette reproduction n'est pas présentée à titre de version officielle du contenu reproduit, ni dans le cadre d'une affiliation et/ou avec l'appui de la Commission canadienne du tourisme.

Le Collège universitaire de Saint-Boniface au Manitoba



Photo: CDEM

Saint-Boniface, quartier de Winnipeg où plusieurs résidants parlent français, est l'un des hauts lieux de la francophonie des Prairies.

La magnifique Cathédrale de Gravelbourg en Saskatchewan


Photo: Tourism Saskatchewan

Situé à 200 km au sud est de Régina, Gravelbourg est un charmant village du sud de la Saskatchewan dont l'architecture a été fortement inspirée parle rôle de l'Église Catholique dans la région.

Les briques utilisées pour construire la Cathédrale ont été manufacturée au Site Historique National de Claybank, non-loin de là.

Francophones de l'Ouest: Les confréries des Prairies

Au XIXe siècle, Mgr Philippe-Adélard Langevin eut l'idée d'établir une chaîne continue de villages francophones, entre le Manitoba et les Rocheuses. Peu à peu, des colons d'origine française emboîtèrent le pas pour fonder famille et trouver pitance. Aujourd'hui, leurs descendants sont toujours là, disséminés sur un vaste territoire.

PAR GAÉTAN FONTAINE

Pour plusieurs Canadiens, les francophones des Prairies vivent en vase clos dans le quartier de Saint-Boniface, à Winnipeg, patrie de la célèbre auteure Gabrielle Roy et haut lieu de la francophonie des plaines de l'Ouest. Pourtant, dans cette partie du Canada, les francophones ne se cantonnent pas uniquement le long de la rivière Rouge, loin de là. Au contraire, ils se sont dispersés un peu partout, dans différentes régions de ce plat pays.

Ainsi, au nord d'Edmonton, en Alberta, une petite communauté d'une dizaine de villages francophones tient toujours la barre. Des localités telles que Plamondon, Lac-la-Biche, Lafond, Brosseau ou Saint-Albert se dressent fièrement dans ces vastes espaces.

Récemment, le député provincial du comté de Lac-la-Biche, un certain Léo Piquette, a même créé tout un émoi en s'adressant en français à l'Assemblée législative de l'Alberta. Ce geste symbolique étonna les Franco-Albertains, qui n'en attendaient pas autant du premier élu de leur clan depuis une trentaine d'années !

Toujours au nord, en Saskatchewan maintenant, quelques villages francophones forment un noyau concentrique dans la périphérie de Prince Albert. La toponymie locale reflète bien le pays des Fransaskois (les francophones de la Saskatchewan) : Batoche, Albertville, Prud'homme, Saint-Louis, Victoire, Périgord, ou encore le sympathique village de Saint-Brieux, colonisé par des descendants bretons de Saint-Brieuc, en France.

Mais c'est dans le sud des prairies que l'on retrouve le gros du contingent francophone. Depuis le sud du Manitoba jusqu'à Val Marie (village natal du célèbre hockeyeur d'origine francophone Bryan Trottier, aujourd'hui entraîneur des Rangers de New York), en Saskatchewan, un chapelet de villages francophones s'étire sur près de 1000 kilomètres. Tous côtoient différentes communautés d'origines ukrainienne, allemande, scandinave et surtout mennonite, très présente.

Les yeux vers le ciel
Pour s'y retrouver à travers cette mosaïque de villages aux racines multiples, il suffit de lever les yeux vers le ciel. À défaut de révélations divines, on découvre une panoplie de clochers : ceux des églises catholiques, en forme de flèche, qui sont de véritables copies des églises québécoises; et ceux des églises de confession orthodoxe, dont les grosses formes sphériques semblables à des poires nous plongent dans un autre plat pays, l'Ukraine, en ex-URSS. C'est d'ailleurs à Tolstoï, un hameau adossé à la frontière américaine, au sud de Winnipeg, que l'on trouve l'une des plus belles églises orthodoxes de l'Ouest canadien.

Dans cette plane contrée, où les terres fertiles sont cultivées par de braves agriculteurs qui triment dur, on a l'impression de se retrouver quelque part dans la plaine du Saint-Laurent. Près de la frontière, des villages comme Saint-Joseph, Saint-Jean-Baptiste, La Rochelle, Saint-Alphonse, Notre-Dame-de-Lourdes, Montmartre ou Laflèche témoignent d'une présence française qui remonte à la fin du XIXe siècle, au tout début de la colonisation.

Ces nouveaux arrivants s'installèrent dans ce coin de pays pour contrer l'envahisseur américain qui, déjà, s'était sérieusement implanté au sud du 49e parallèle, dans la prairie américaine. Dès lors, le développement de l'Ouest devint une priorité pour le Canada. Les colons reçurent gratuitement (ou à peu de frais) des terres (des homesteads pas toujours de grande qualité) sur lesquelles ils fondèrent l'espoir d'y vivre d'agriculture et d'élevage.

À priori, on pourrait croire que les francophones qui colonisèrent les plaines étaient d'origine québécoise. En fait, leurs provenances étaient multiples. Plusieurs des immigrants recrutés étaient des Franco-Américains d'origine canadienne française installés aux États-Unis. À l'époque, on ne lésinait pas pour recruter ces Canadiens errants : Philippe-Antoine Bérubé, prêtre colonisateur, encouragea même les Canadiens français établis aux États-Unis à venir s'installer dans la région de Prince Albert, dans le nord-est de la Saskatchewan.

Dans les faits, le Québec, qui vivait à cette époque un départ massif des siens vers la Nouvelle-Angleterre, ne voyait pas d'un très bon œil l'exode vers l'Ouest. Quelques aventuriers québécois (plusieurs du Témiscouata et de la Gaspésie) se laissèrent tout de même séduire par l'aventure en s'exilant de leur propre chef. À cette immigration, il faut ajouter des Français (beaucoup de Bretons), des Belges (un village, près de Brandon, se nomme justement Bruxelles) et d'autres Européens : à Montmartre, près de Regina, le premier curé du village, l'abbé Passaplan, était un missionnaire suisse.

Une francophonie fragile
Hélas, la survie des villages francophones des Prairies est fragile, voire menacée à long terme. En cette ère de mondialisation galopante, le défi est en effet de taille. Étant donné que la disparition et l'assimilation de ces communautés seraient une lourde perte pour le patrimoine vivant de notre grand pays, si riche par sa diversité, quelques communautés ont décidé de prendre en main leur destinée, comme c'est le cas de Ponteix (Saskatchewan).

Ce village, fondé en 1906 par des descendants français, belges et canadiens-français, voit l'avenir d'un bon œil grâce à la construction récente du Centre culturel Royer. Ses locaux abritent différents services tels une librairie, une salle multifonctionnelle ainsi que des écoles primaire et pré-maternelle. Même son de cloche à Gravelbourg, où les jeunes Fransaskois ont l'opportunité de poursuivre leur éducation secondaire au collège Saint-Mathieu, une école française privée fondée en 1918.

Mais pour la majorité des francophones des Prairies, souvent éloignée des grands centres, l'espoir d'un rapprochement avec la grande francophonie vient d'ailleurs. Pas du Québec, ni de la France, ni de l'un ou l'autre des dizaines de pays francophones du globe, mais bien de tous les membres de cette immense famille et ce, grâce à l'Internet. Pour la jeune génération férue de nouvelles technologies, c'est peut-être là que réside le salut de leur francophonie, une francophonie planétaire, désormais à portée de clavier...

Pour de plus amples renseignements sur ces destinations ou sur d'autres destinations canadiennes, visitez le site de la Commission canadienne du tourisme à l'adresse www.voyagecanada.ca.

source: Commission Canadienne du tourisme

Cette reproduction n'est pas présentée à titre de version officielle du contenu reproduit, ni dans le cadre d'une affiliation et/ou avec l'appui de la Commission canadienne du tourisme.

La découverte des grandes plaines par l'orienteering

Imaginez un sport de plein air qui fait de ses adeptes des explorateurs, qui les met en contact avec leur environnement, qui leur fait découvrir l’infîme beauté du territoire que nous habitons. Ce sport c’est l’orientering.

A mi-chemin entre la chasse au trésor et l’hébertisme, l’orientering est une course à travers les bois d’origine scandinave qui se pratique à l’aide d’une carte topographique spéciale et d’une boussole. Le but, c’est de s’orienter (d’où “orientering”) sur un parcours jalonné d’étapes.

Depuis 100 ans le sport a évolué et s’est adapté à une multitude d’applications. L’orientering peut aussi bien être une marche à travers la prairie, que dans un parc urbain. On peut participer à une course d’orientering en vélo de montagne, même en ski de fond. Il suffit d’avoir accès à un territoire sufisamment accidenté pour que les participants ne puissent pas repérer trop facilement leurs concurrants, ni les étapes à localiser. Des dunes de sables, un patûrage qui a du relief, une série de vallées et de ravins feront très bien l’affaire.

Le parcours peut avoir avoir la distance que l’on veut: 1, 3, 5, 10 kilomètres. Il constitue normalement un circuit avec un certain nombre de points de contrôle à localiser. Là se trouve un poinçon avec une empreinte unique qu’il faut appliquer à un carton qui nous accompagne afin prouver que nous avons visité toutes les étapes.

Dans le cadre d’une activité scolaire, chaque étape peut s’accompagner d’une question concernant un arbre, un cours d’eau, une caractéristique de l’endroit qu’il faut identifier pour poursuivre la course. On compare souvent l’orientering à une partie d’échec en courant. C’est un sport qui fait travailler le cerveau, qui développe la capacité d’analyse au point où on peut parfois oublier la fatigue. Il y a ceux qui pratiquent l’orientering de façon compétitive, mais il y a aussi ceux moins pressés qui sont animés d’une curiosité naturelle qui les poussent à la découverte de la nature.

Être hôte d’un événément d’orientering, c’est faire connaître son coin de pays… c’est même aussi apprendre à mieux le connaître.
Voici un des fameux convois de chariots attelés comme on en voyait à travers les plaines de l'ouest il y a plus d'un siècle. Aujourd'hui les passionnés de chevaux et d'histoire recréent ces grands voyages d'une autre époque chaque été, afin de revivre les grands moment de la vie de pionnier et de la conquête de l'ouest.