jeudi, décembre 22, 2005

Des pêcheurs qui n'ont pas froid aux yeux


Dans les Territoires du Nord-Ouest, la pêche blanche, on connaît. Même qu'il y a des millénaires qu'on la pratique, pour des raisons de subsistance d'abord, mais aussi pour égayer l'hiver et prendre un bon bol d'air. Exploration d'une activité hivernale à cheval entre tradition et modernité.

Bienfait (Saskatchewan): Un paysage minier et un patrimoine à découvrir

Située à 14 kilomètres à l'est de Estevan dans le sud-est de la province, Bienfait est une de ces petites munipalités qui n'attire pas trop l'attention.

Ville minière qui vit du charbon depuis que les premiers colons s'y sont installés vers la fin du 19ème siècle, son décor est caractéristique d'une industrie qui, encore aujourd'hui, influence l'activité économique locale.

Fierté des habitants, un magnifique petit musée abrite dans une ancienne gare une riche collection d'artéfacts miniers, dons de citoyens et entreprises du coin.

La pièce de résistance est surement l'ancienne locomotive à vapeur, datant de 1907, qui servait jadis à acheminer le charbon de la mine à la ville.

Il ne reste plus aujourd'hui à la mine qu'un ancien garage et ce château d'eau classique qui servait à remplir à alimenter la locomotive jusqu'à sa mise hors service en 1968.

mercredi, décembre 14, 2005

Le Nunavut : Beau à en perdre le nord !

Peu importe l'endroit où l'on se trouve, la nature est bien présente, au Nunavut. Parlez-en aux amateurs de randonnées.

Terre nordique enveloppée de mystère, le Nunavut invite les voyageurs invétérés à de belles aventures. Suivez le guide !

PAR MARGO PFEIFF

En ce soir d'hiver, Cape Dorset se dissimule sous un voile d'encre. Je suis dans ma chambre d'hôtel lorsque j'entends frapper à la porte. Un jeune Inuit se tient là, emmitouflé dans une énorme parka. « Aimeriez-vous acheter une sculpture ? », me demande-t-il d'une voix douce. Il sort alors de sa poche un kayak en stéatite dans lequel se tient un mini chasseur, harpon en ivoire à la main. Je lui remets les 80 $ qu'il demande puis il disparaît dans la nuit arctique, non sans me faire un timide sourire.
Avant même d'atterrir pour la première fois sur la piste glacée d'Iqaluit, en 1990, je me suis sentie craquer pour cette terre austère. Du haut des airs, les icebergs ressemblent à de gros flocons déposés sur l'océan arctique couleur bleu nuit, et la toundra semble pailletée de lacs comme autant de petites flaques d'eau aux teintes variant du pervenche au turquoise. Une fois ce paysage féerique imprimé au fond de ma rétine, j'ai appris à connaître les Inuits, et j'ai été séduite par leur simplicité, leur sens de l'humour et leur générosité.

Le Nunavut - « notre terre » en inuktitut - a été créé le 1er avril 1999. C'était la première fois depuis l'entrée de Terre-Neuve dans la Confédération, en 1949, que les cartographes devaient redessiner la carte du Canada. Avec une superficie de 1,99 million de kilomètres carrés, le Nunavut occupe le cinquième de la surface du pays. Et sur cette vaste terre, les coutumes millénaires sont encore bien vivantes.
Depuis qu'Iqaluit - une ville de 6 000 habitants - est devenue la capitale du Nunavut, elle n'a cessé de se développer. De loin la localité la plus importante du territoire, elle demeure cependant une ville frontalière et abrite les seules banques et restaurants avec permis d'alcool ainsi que l'unique hôpital, palais de justice, prison et cinéma de tout le territoire.

Les 28 « villages » qui parsèment le Nunavut ne sont accessibles que par bateau, avion, motoneige ou traîneau à chiens. Ici, il y a 30 fois plus de caribous que d'humains et les 28 000 habitants dispersés sur cet immense territoire - 0,01 personne par kilomètre carré, selon les statistiques - pourraient facilement se tenir dans un stade sportif de taille moyenne.

Situé au bord de l'eau, le centre d'accueil Unikkaarvik partage un édifice avec la bibliothèque de la ville, truffée de livres sur le Nord. On y trouve des cartes géographiques ainsi qu'un personnel qualifié qui peut tout aussi bien organiser une visite d'Iqaluit qu'une excursion au pôle Nord. Tout près de là, le Musée Nunatta Sunakkutaangit a été aménagé dans un ancien poste de traite de la Compagnie de la Baie d'Hudson. On peut y admirer une magnifique collection d'artefacts, dont un kayak en peau de phoque et une palette d'œuvres inuites créées dans différents villages.

Les galeries d'art et les boutiques de la ville présentent des pièces provenant de partout dans le Nord, des sculptures de Cape Dorset - reconnues dans le monde entier - aux gravures et tapisseries de Pangnirtung.
Une simple promenade au fil des rues d'Iqaluit nous plonge tête première dans la culture locale. En été, les sculpteurs travaillent en plein air et en hiver, on voit encore des femmes vêtues du manteau traditionnel - amoutiq - avec leur bébé blotti dans l'immense capuchon.
Tous sont invités à assister aux services religieux dans l'église anglicane en forme d'igloo où la croix de l'autel est formée de deux défenses de narval. Ici, les hymnes sont chantés en inuktitut. Le Northern Store, autrefois la Compagnie de la Baie d'Hudson, ressemble à n'importe quelle épicerie moderne à quelques détails près : parmi les produits congelés se glissent du narval, du muktuk, du bœuf musqué et du caribou ainsi que des saucisses d'omble chevalier.

Changement de cap

Lorsqu'on sort de la capitale, le rythme change radicalement. Chacun des villages disséminés sur ce vaste territoire ne compte pas plus de 200 habitants. La plupart des gens chassent et pêchent pour subsister et il n'est pas rare que des familles entières partent tout l'été camper en pleine nature. Mais même ici les camionnettes, les motoneiges, les véhicules tous terrains et les hors-bord ont remplacé les traîneaux à chiens et les kayaks.

Je ne reste jamais très longtemps dans un lieu habité. Villages et hameaux ne sont que des points de départ pour mes excursions à la découverte de cette terre sauvage qui compte trois parcs nationaux et plusieurs parcs territoriaux. Situé près du parc national Sirmilik, Pond Inlet attire les férus de kayak. J'ai déjà passé une semaine entière à pagayer le long du littoral près de Pond, zigzagant autour des icebergs en écoutant l'écho des gouttes d'eau frapper sur les parois de leurs cavités creusées par les vagues.
Tout au long des étés, brèves périodes au cours desquelles la neige fond et la température franchit le cap de 0 ºC, on peut observer les baleines - notamment à Clyde River - ou faire de la randonnées n'importe où dans le territoire.

À une courte balade en bateau de Pangnirtung, un joli petit village dans le sud de l'île de Baffin, une excursion extraordinaire attend les randonneurs qui pourront contempler notamment le paysage de fjords et de pics dentelés du parc national d'Auyuittuq. On peut aussi pagayer sur la rivière Soper en passant dans le parc territorial Katannalik, près d'Iqaluit, émaillé de vallées tapissées de fleurs sauvages, où paissaient des caribous et où gambadent toujours des lièvres arctiques. Puis on termine son voyage sur la côte, dans la communauté de Kimmurut, célèbre pour ses sculptures en stéatite.

Le printemps dans le Nord est tout simplement fabuleux. Le soleil brille presque 24 heures par jour et la température monte suffisamment pour permettre des sorties en traîneaux à chien. Depuis Iqaluit, on peut faire des balades d'une ou de plusieurs journées.

C'est aussi le temps de faire des excursions à la limite de dislocation de la banquise, en particulier à l'extrémité nord de l'île de Baffin. Quand la glace recouvrant l'océan commence à craquer, les narvals et les bélugas viennent se nourrir dans les espaces dégagés qui attirent aussi des millions d'oiseaux de mer. Quelques-uns d'entre nous avons quitté Arctic Bay en traîneaux tirés par des motoneiges pour aller camper sur la glace et observer les espèces sauvages. Un véritable safari, version nordique.
Je me souviens d'une randonnée dans le parc national du Canada Quttinirpaaq (l'île-d'Ellesmere), à 700 kilomètres du pôle Nord, en plein mois de juillet. Des papillons voltigeaient autour de moi alors que je marchais dans les fleurs sauvages jusqu'aux genoux. Je me souviens aussi de ce nid de petits harfangs des neiges dans les îles Belcher, ou encore de cette nuit d'hiver à Hall Beach où les aurores boréales déchiraient le ciel de larges bandeaux verts et rouges si brillants que j'avais l'impression de les entendre grésiller.

Et je n'oublierai jamais cette petite Inuite, rencontrée à Resolute. Nous regardions la météo à la télévision quand elle s'est approchée de l'écran, montrant du doigt l'espace au-dessus du téléviseur. « J'habite là-haut, dit-elle fièrement, sur cette partie de la carte qu'on ne voit pas. » « À l'extérieur de la carte », voilà une expression qui décrit bien le Nunavut.

Terre d'une beauté inouïe qui promet un voyage mémorable empreint de magie, le Nunavut séduira à coup sûr les voyageurs qui aiment découvrir des paysages sauvages à l'état pur. Et une chose est certaine : les souvenirs de ce voyage peu commun resteront longtemps gravés dans leur mémoire.
Pour de plus amples renseignements sur cette destination ou sur d'autres destinations canadiennes, visitez le site de la Commission canadienne du tourisme à www.voyagecanada.ca.

Le Massif : une montagne née pour être dévalée

Certaines des 36 pentes du Massif s'insinuent dans de splendides sous-bois.

Un site époustouflant, une montagne éclatante de beauté, du ski décoiffant et des activités des plus débridées : le Massif de Petite-Rivière-Saint-François, dans Charlevoix, est le centre de ski le plus jouissif de l'est de l'Amérique du Nord. À vos planches!

PAR HUGO PARADIS

Je me rappelle encore de l'ère des autobus, dans les années 80. À l'époque, à ses débuts, le Massif était une montagne vierge et sauvage, sillonnée par quelques pistes tracées sommairement pour permettre à tous les mangeurs de poudre du Québec de s'en mettre plein la bouille.

Aucune remontée mécanique ne grimpait alors sur le dos des pentes, et tous les skieurs devaient emprunter une navette - nom fallacieux décrivant ce qui était, en fait, un vieil autobus scolaire - pour regagner le sommet. Au mieux, en descendant rapidement, on pouvait s'offrir cinq descentes par jour, pas plus.

Pour ajouter au charme de l'expérience, les sorties s'effectuaient avec un guide afin de ne pas trop s'écarter des pistes battues, ou plutôt de ce qui en tenait lieu, car aucune dameuse ne travaillait les pentes. Et comme des tombereaux de neige s'entassaient sur les pistes très tôt en saison, le Massif devenait alors un pactole de poudreuse, surtout quand une bordée de cristaux frais venait tout juste de tomber du ciel.
En ces temps-là, le surf des neiges était plancha non grata dans tous les centres de ski de la province, sauf au Massif. Pour moi et les premiers adeptes québécois qui pratiquions ce sport tout neuf, c'était le nirvana. Non seulement pouvait-on dévaler des pentes bourrées de poudre pendant 45 minutes sans remonter, mais cette montagne nous acceptait comme nous étions, à savoir de drôles d'hurluberlus qui se prenaient pour des surfeurs mais qui préféraient les lames de neige aux rouleaux d'écume.

Une montagne sur mer

Aujourd'hui, le Massif est encore fréquenté par toutes sortes d'amants de la glisse qui, malgré leurs différences, ont ceci de particulier : ils arborent tous le même regard éberlué de joie. Qu'ils aient les pieds fixés sur une ou deux planches, ou qu'ils passent leur temps à s'agenouiller dans les pentes en y laissant leurs « télé-marques », tous partagent le même enchantement, celui de se retrouver ici, quelque part entre le ciel et la mer, en se demandant sans cesse s'ils ne sont pas en train de glisser sur la ouate des nuages.
Car dans l'est de l'Amérique du Nord, aucun autre centre de ski ne peut se targuer de bénéficier d'un site aussi privilégié. Cette « montagne sur mer », comme on se plaît à la surnommer, se dresse de toute sa superbe devant le fleuve Saint-Laurent, plus majestueux que jamais dans cette bellissime région qu'est Charlevoix. L'endroit est tellement spectaculaire que, parfois, on se demande si la pratique du sport n'est pas superflue, le simple fait de contempler les panoramas étant, en soi, pleinement satisfaisant.
Et puis, aucun autre domaine skiable n'affiche un aussi fort dénivelé (770 m), à l'est des Rocheuses. Pas surprenant que si la candidature de Québec avait été retenue pour les Jeux Olympiques de 2002, c'est ici qu'auraient eu lieu les compétitions de ski. Aujourd'hui, le Centre national d'entraînement de ski demeure par ailleurs unique, dans la province.

Si on trouve bon nombre de pistes familiales - dont une qui déroule lentement son long tapis blanc sur 3,8 kilomètres -, près de la moitié des 42 pentes sont marquées d'un diamant noir (de calibre très difficile) ou d'un double diamant (conditions extrêmes), comme c'est le cas de la sacro-sainte 42, une véritable perle sinueuse et bosselée à souhait, de la Sous-Bois, discrète mais efficace, et de La Charlevoix, seule piste homologuée « Descente coupe du monde femme » de l'est du pays.

Cette dernière est la seule piste, calibre compétition oblige, à s'élargir parfois jusqu'à 100 mètres, toutes les autres ne dépassant jamais 30 mètres afin de prémunir la station de l'érosion et des vents. C'est que le Massif a des comptes à rendre à dame Nature, puisqu'il se trouve en plein cœur d'une Réserve mondiale de la biosphère. On a donc convenu de ne pourvoir à l'enneigement artificiel que dans des proportions qui ne modifieront pas le cycle végétal, et on s'est refusé à construire des sites d'hébergement sur place, entre autres mesures.

Mais voilà que le Massif en est arrivé à une période charnière de son évolution, depuis que le cofondateur et ex-président du Cirque du Soleil, Daniel Gauthier, s'en est porté acquéreur, en 2002. Au cours des prochaines années, celui-ci compte faire de gros investissements afin d'optimiser les infrastructures de la montagne. C'est ainsi qu'au cours de l'année 2004, 5 millions de dollars ont été dépensés pour créer 6 nouvelles pistes, installer une remontée quadruple et déployer 90 nouveaux canons à neige. Pour le reste, nul ne sait jusqu'où ira le développement futur de la station, aucun plan directeur n'ayant été adopté pour le moment.

Une chose est sûre : le nouveau propriétaire aimerait bien faire du Massif une destination récréotouristique de premier plan et ce, l'année durant. Mais qu'on ne s'y trompe pas, car c'est bel et bien autour du ski et des sports d'hiver que Daniel Gauthier prévoit axer son développement. Rien là de plus normal : du haut de son sommet ou vue du fleuve, on voit bien que cette montagne est née pour être dévalée...

Pour de plus amples renseignements sur cette destination ou sur toute destination canadienne, visitez le site de la Commission canadienne du tourisme à l'adresse www.voyagecanada.ca.

lundi, décembre 05, 2005

Agrowebminaires: une technologie Internet pleine de mérite pour la formation en exploitation du patrimoine


J'ai récemment eu l'occasion de donner une formation par Internet sur la mise en scène d'expériences agrotouristiques irrésistibles et je dois avouer que l'expérience a été très concluante.

C'est le Conseil canadien de gestion d'entreprises agricole qui a mené l'initiative par l'entreprise d'une boîte d'Ottawa: Galbraith Communication.

Cory Galbraith et ses collègues ont développé un système de diffusion de conférences par internet qui permet aux participants non seulement de voir et d'entendre le présentateur en temps réel, il permet également de voir les documents powerpoint que le formateur fait défiler à partir de son propre ordinateur. C'est impresssionnant.

Les participants à la conférence peuve poser des questions en utilisant le clavier de leur ordinateur et le formateur y répond pour le bénéfice de tous.

Évidemment, le système peut éprouver des ratés de temps à autres, au rythme des hocquets de l'Internet, mais en général, cela fonctionne bien.

Pour en savoir plus au sujet du système ou vous inscrire gratuitement à une de ces conférences, visitez Farmcentre.com

Le blanc manège des motoneiges


Photo: Tourisme Nouveau-Brunswick

C'est dans le nord du Nouveau-Brunswick et dans la Péninsule acadienne qu'on enregistre les plus fortes chutes de neige de toute la province, pour la plus grande joie des motoneigistes.

Qui a dit que le Nouveau-Brunswick fermait ses portes, durant l'hiver? Parlez-en aux motoneigistes, pour qui cette charmante province des Maritimes devient un fabuleux terrain de jeu, dès lors que s'étale le blanc tapis neigeux...

PAR YVES OUELLET

Dans le nord du Nouveau-Brunswick, dans cette grande région délimitée par les villes de Campbellton, Edmundston, Bathurst et Miramichi, ainsi que dans la péninsule acadienne, on enregistre les plus fortes chutes de neige de toute la province. S'il s'en trouve pour s'en plaindre et considérer l'hiver davantage pénible, d'autres ne peuvent que s'en réjouir.

C'est le cas de tous les férus de motoneige qui prennent d'assaut cet immense territoire de forêts et de bords de mer, à chaque saison hivernale. Non seulement l'épais tapis neigeux leur permet de se déplacer en tout confort, mais encore peuvent-ils délaisser les simples sentiers pour emprunter de véritables boulevards givrés qui traversent des décors vraiment grandioses.

Que ce soit pour une semaine ou un week-end, les grands espaces du Nouveau-Brunswick permettent de réaliser des circuits de motoneige de tout genre. Mais il faut savoir par où commencer. Et à ce titre, la ville de Bathurst constitue un parfait pied-à-terre.

Autour de Bathurst
Le froid donne à la lumière une clarté éclatante et le soleil fait scintiller le couvert de neige jusqu'au fond des forêts sans feuilles. Au fil de cette large piste sur laquelle file ma machine, les plaisirs du sport, le charme de la saison et la beauté du paysage me procurent un rare plaisir.

Directement de mon hôtel, je viens d'emprunter, pour une première journée, des sentiers qui annoncent des heures d'agrément, vers Miramichi. Des autoroutes blanches. Des chemins rectilignes, comme le fameux Piston Alley, mais pas au point d'en être ennuyants. Autrement, je passe de l'ancienne emprise ferroviaire au chemin forestier, puis à la ligne de transport d'électricité avant de m'engager occasionnellement dans des sous-bois plus serrés. Le tout forme une diversité de panoramas et de conduite qui renouvelle continuellement l'intérêt...

Plus souvent qu'autrement, je longe la rivière Nipisiquit et ses cascades qui résistent au gel. Sur ses rives, je croise plusieurs relais chaleureux, comme le Governor's Pool Wilderness Lodge, un camp de bois rond pittoresque tenu par la famille Evans. Là, comme partout ailleurs, la conversation s'engage sans formalité aucune avec les Néo-Brunswickois de la région, de vrais fanatiques de la motoneige.

Les discussions débutent d'ailleurs toutes par : « Comment sont les sentiers ? » Et l'on ne peut que répondre « Super ! », après avoir roulé sur ce « plancher de danse » parfaitement entretenu par le planeur Lawn Track, une fierté régionale conçue et construite au Nouveau-Brunswick. J'en ai d'ailleurs aperçu un, devant un abri chauffé où les motoneigistes arrêtent pour se délier les jambes, brillant de tout son rouge écarlate sous le soleil et entouré d'une horde d'admirateurs. Quand on aime la motoneige, on s'intéresse aussi aux belles machines...

Le retour vers Bathurst n'est que le prolongement de l'excitation ressentie depuis l'amorce de cette randonnée enivrante. Une dernière pause au Club de motoneigistes Chaleur, puis je rentre à l'hôtel Atlantic Host, déjà envahi par les motoneigistes arrivant pour la fin de semaine.

Voilà une superbe excursion à l'intérieur de la province, qui peut facilement s'étirer sur trois ou quatre jours en logeant dans les villes citées plus haut ou en rayonnant autour de Bathurst, point de chute quotidien.

En route pour la péninsule

Quand on aborde la péninsule acadienne, on plonge en plein pays francophone. Pour cette étape, j'ai le privilège d'être accompagné par Jean-Yves Thériault, président du club de motoneigistes de Caraquet, ainsi que par Hédard Vienneau, président du club de Tracadie-Sheila, les Voyageurs sur Neige. Avec ces personnes qui incarnent toute l'hospitalité acadienne, c'est dans la bonne humeur que notre équipée s'amorce en direction de Caraquet, où survient un moment inoubliable.

La forêt devenant plus clairsemée, nous commençons à deviner la mer. Tout d'un coup, voilà qu'apparaît la Baie-des-Chaleurs, dans toute sa superbe. C'est le coup de foudre. « J'ai la chance de vivre droit devant ce paysage fabuleux en constante mouvance, saison après saison », explique Jean-Yves Thériault, en s'arrêtant devant chez lui. Fonçant vers la banquise jusqu'au bout de la pointe continentale, nous traversons ensuite un pont de glace vers les îles de Lamèque et Miscou. Constamment balayées par le vent, les pistes insulaires sont plus difficiles mais l'environnement de ces bastions acadiens demeure d'un pittoresque unique.

Au retour, en passant par Shippagan, nous apercevons maintenant tous les bateaux de pêche au repos, certains prisonniers des glaces, d'autres hissés et alignés sur le rivage. Leurs couleurs, qui évoquent souvent le drapeau acadien, éclatent sous la lueur vive. Il y a là une ambiance incomparable, dépaysante et poignante. Dans le silence de l'hiver et l'immobilité des glaces, on s'imagine mal toute la fébrilité qui s'empare pourtant de la péninsule, à l'approche de la saison de pêche au homard.

Heureusement, on peut toujours se régaler de fruits de mer et de poissons, même en février. C'est ce que nous avons fait dans un charmant pub tout près des quais, le Pirate Maboule, où on prépare plusieurs spécialités locales, dont la « bourrasque aux pétoncles », un sauté de légumes accompagné de ces succulents mollusques à chair tendre.

D'une baie à l'autre, nous roulons ensuite vers Tracadie-Sheila, d'abord jusqu'au Relais des Minique, tout près de notre destination finale. Les motoneigistes s'y retrouvent dans un centre communautaire où tout le monde dévore de petites chaudières de moules simplement apprêtées à l'eau de mer, sans plus. À deux minutes de là, on trouve les Chalets Les Deux Rivières, un refuge tout confort. De par sa situation centrale dans la péninsule acadienne, et compte tenu des services qu'on y trouve, Tracadie-Sheila constitue un autre excellent point de chute pour motoneigistes.

Le lendemain, le périple acadien se termine en beauté par un retour à Bathurst en passant par le relais La Bonne Route. C'est là que je rencontre un nouveau groupe de motoneigistes, des Doiron et des Haché, des pêcheurs qui passent tout naturellement de l'écume au givre, à la saison froide, en gardant le cœur sur la main et leur sens de l'humour intact.

Car ils sont comme ça, les Acadiens : disponibles, chaleureux et accueillants, sur mer ou sur terre, dans leur hiver comme sur leurs chemins de neige...

Pour de plus amples renseignements sur ces destinations ou sur d'autres destinations canadiennes, visitez le site de la Commission canadienne du tourisme à l'adresse www.voyagecanada.ca.

source: Commission Canadienne du tourisme

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