vendredi, décembre 22, 2006

« Comment s’est passé votre été? »

(article publié initialement dans la revue TOURISME)

La question se pose partout dans ce vaste pays qu’est le nôtre, et bien que certains parlent d’une saison satisfaisante–ou mieux–, la confiance ne règne pas. Voici comment des intervenants de l’industrie canadienne du tourisme voient les choses :

Dave Seabrook, directeur de Tourisme Fredericton, explique laconiquement : « La saison a été moyenne. Elle a certes commencé lentement; nous avons eu du mauvais temps. Les prix de l’essence et le taux de change ont nui à une partie de notre clientèle américaine. (Le fait que les Américains se considèrent toujours comme étant en guerre a aussi joué.) Juillet a été mauvais; en août, nous avons connu un peu d’amélioration et septembre a été très bon. »

Pour Mélissa Corriveau, directrice de produit chez Groupe Voyages Québec, à Québec, la saison a été exceptionnelle pour la troisième année de suite. « Tous nos pronostics ont été atteints. Puisque nous centrons nos activités sur les voyages en autocar au Canada et aux États‑Unis, nous nous sommes très bien tirés d’affaire. Nous avons remarqué que les voyages dans les Maritimes (Nouveau‑Brunswick, Nouvelle‑Écosse et Îles de la Madeleine) sont moins en demande. Toutefois, la popularité de Terre‑Neuve‑et‑Labrador s’est maintenue. La demande de voyages vers l’Ontario et les États‑Unis a aussi augmenté à cause de la valeur du dollar. Pour ce qui est de l’Ouest canadien, nous y envoyons habituellement de huit à dix autocars, et ça n’a pas changé. »

Mme Corriveau dit que Groupe Voyages Québec a pu éviter certains des désagréments qui nuisent à l’industrie : « Les attentats du 11 septembre 2001 ne nous ont pas tellement affectés. Nous ciblons soigneusement nos clients et nous nous adaptons à l’évolution du marché des voyages de groupe; la clientèle rajeunit et elle veut des produits thématiques de gamme supérieure; nous surfons sur la vague. »

Situation favorable à Terre‑Neuve‑et‑Labrador

Jointe au moment où elle analysait les indicateurs de rendement touristique de la Colonie d’Avalon, au sud de St. John’s, Charlotte Jewczyk (directrice du développement de marché à Tourisme Terre‑Neuve‑et‑Labrador) était également optimiste : « Le nombre de visites est en hausse de 20 %, ce qui est très bon. Dans l’ensemble, le nombre de voyages par avion [en hausse de 8 %] est toujours solide pour la province. On estime que le nombre de non‑résidents venus par avion au cours des deux premiers trimestres a augmenté d’environ 15 % à Terre‑Neuve‑et‑Labrador. Il s’agit surtout de voyageurs qui aiment l’exotisme, hors des sentiers battus. Nos voyages de groupe en provenance des États‑Unis n’ont pas baissé, tandis que la situation a été plus inquiétante ailleurs au Canada. Nos volumes sont plus faibles, mais nos indicateurs de croissance sont systématiquement en hausse. »

Mme Jewczyk constate que certaines zones de la province affichent un meilleur rendement que d’autres. « Lorsque la masse critique est plus importante, les visites et les hôtels marchent très bien, en partie parce que notre secteur des réunions et congrès continue à croître. Tout indique que la tendance se maintiendra l’an prochain. Généralement, nous sommes positifs mais prudents, sachant certains des défis qui se posent et comment le Canada y réagit. Nous continuons à faire connaître notre image de marque et nous renforçons le caractère unique de notre produit; c’est toujours un défi redoutable, mais nous en récoltons les fruits. »

Au Centre d’apprentissage et de villégiature de Memramcook, au Nouveau‑Brunswick, la directrice générale, Susan LeBlanc‑Robichaud, a trouvé le réconfort dans la diversification. « Nous sommes ouverts à l’année. Nous avons un centre de santé complet, avec massothérapeutes et esthéticiennes. Nous avons aussi une école de langue et nous organisons des mariages (plus de 70 cette année). Sur le plan touristique, nous avons connu une légère baisse au cours des trois dernières années, et nous faisons partie des chanceux. Beaucoup sont acculés à la fermeture. »

Sa solution? Se tenir au fait des tendances, « surtout aux États‑Unis. Avec notre centre de villégiature, notre club de golf et nos forfaits, nous sommes un peu à l’abri, et en général, les affaires progressent. Mais comme, au Québec, on essaie de convaincre les Québécois de rester chez eux, nous en avons souffert un peu, puisque nous avons pris l’habitude de compter sur les marchés du Québec et de la Nouvelle‑Angleterre. »

À l’hôtel Comfort du centre‑ville de Toronto, la coordonnatrice des ventes, Samantha Carefoot, explique que les affaires étaient mauvaises en juin et en juillet, à cause des annulations de voyages de groupe, mais qu’elles ont repris par la suite : « Une fois arrivée la fin de l’été, ce fut absolument stupéfiant! Les gens réservaient plus souvent que d’habitude à la dernière minute. Je reçois surtout des réservations du Royaume‑Uni et j’ai aussi une grosse clientèle au Mexique. »

La popularité des voyages autonomes

Celes Davar, président d’Earth Rhythms, à Onanole, au Manitoba, a passé un bon été. « Nous constatons que les gens ont tendance à organiser eux‑mêmes leur voyage. Depuis deux ou trois ans, ils cherchent à réunir des éléments uniques, à voyager par petits groupes et à se renseigner sur Internet ou directement auprès de partenaires distributeurs de voyages. »

De l’avis de M. Davar, le secret consiste à s’associer avec de bons partenaires, des grossistes, des hôtels et des centres de villégiature « puisque vous pouvez commencer à vendre réciproquement vos produits et offrir beaucoup plus de choix aux gens. Je pense aussi qu’on se trompe en insistant trop sur l’été. De nos jours, les gens voyagent pour diverses raisons, à divers endroits et à divers moments de l’année. Nous n’observons pas comment les gens voyagent des centres urbains vers des zones rurales à certains moments de l’année. Il faut donc diversifier nos forfaits, nos expériences de voyage et nos services. »

Dans le domaine de l’agrotourisme, en Colombie‑Britannique, Brent Warner, spécialiste de l’industrie et du marketing direct au gouvernement provincial, a connu un vrai boum : « Notre été a été fabuleux. Le temps a été absolument incroyable. Je n’ai jamais vu un été aussi long. Nous avons donc reçu beaucoup de gens qui ont assisté à des événements agricoles et qui ont fréquenté les étals. Je ne pense pas avoir parlé à un seul exploitant dont les ventes n’ont pas bondi d’au moins 30 %. Et ce n’est pas terminé; octobre est l’un de nos meilleurs mois en agrotourisme. »

Jack Klassen, de Victoire, en Saskatchewan, est propriétaire‑exploitant du ranch Carlton Trail. Il savait que ce ne serait pas une année ordinaire : « L’été a fini par être bon, mais il a été différent; nous avons dû rajuster notre tir en fonction de ce qui se passait ailleurs dans le monde. Vers la fin de l’hiver, nous avons compris que l’Europe germanophone ne serait tout simplement pas au rendez‑vous. Pour combler le vide, nous avons décidé de courtiser le marché albertain. »

M. Klassen raconte qu’il a ciblé des endroits comme Cold Lake, Bonnyville et Lloydminster, et que « cela a très bien fonctionné. Nous sommes nombreux à avoir oublié que la Coupe du monde de football avait lieu en Allemagne et que beaucoup de consommateurs ont changé leurs projets de voyage en conséquence. En analysant les projets de voyage du petit nombre d’Allemands qui sont venus, nous avons constaté qu’ils sont arrivés beaucoup plus tard, soit en octobre! Ils ont tous dit qu’ils avaient modifié leurs projets de voyage à cause de la Coupe du monde. »

Mieux que prévu

Sur le plan de la location de véhicules récréatifs, Bernie Lehman, de Fraserway, à Vancouver, estime que l’été s’est un peu mieux passé que prévu. « Nous nous attendions à un léger ralentissement par rapport à l’an dernier, tout simplement parce que notre contrat de 2006 a été préparé à un moment où le dollar canadien était encore faible. Mais avec le temps, le dollar canadien s’est raffermi, la Coupe du monde a eu lieu en juin et les prix de l’essence ont monté en flèche. Malgré ces trois gros handicaps, nous nous sommes très bien débrouillés. »

M. Lehman confie que Fraserway a connu son meilleur rendement à Whitehorse. « Le Yukon et l’Alaska ont très bien marché, pour plusieurs raisons : les voyageurs qui se rendent dans le Nord regardent moins à la dépense; ils sont en quête du dernier territoire inexploré et c’est parfois pour eux le voyage de toute une vie. Il faut dire qu’à partir de l’Europe, la fréquence du service de transport aérien (deux vols par semaine, de Frankfort à Whitehorse) a certainement aidé! »

Sur l’île de Vancouver, le copropriétaire de la Sooke Harbour House, Sinclair Philip, était un peu perplexe devant le rendement de son établissement et d’autres exploitations comparables : « C’est un peu étrange parce que les chiffres sont si différents d’un commerce à l’autre et qu’il est impossible d’y voir clair en parlant aux propriétaires; il y a donc beaucoup de confusion sur ce qui se passe ici. Les résultats ont été faibles, cet été. En 2003, nous avons atteint un sommet historique, et 59 % de notre clientèle provenait des États‑Unis. En 2004, de fut 55 %; en 2005, 46 %, puis en 2006, 34 %.

« J’ai parlé à des gens qui exploitent un établissement semblable au nôtre, ailleurs dans la province. En 2003, malgré des travaux de construction, leur clientèle américaine était de 49 %. En 2004, elle avait chuté à 36 %; en 2005, à 32 %; en 2006, à 30 %. D’autres membres de l’industrie me disent que leur situation est très similaire. »

Même s’il n’a pas augmenté ses tarifs depuis trois ans, M. Philip a enregistré une baisse de volume. « L’an dernier, nous avons commencé à offrir périodiquement des rabais de 20 %. La baisse du nombre d’Américains change beaucoup de choses. Il n’y a pas si longtemps, les gens nous demandaient notre ‘meilleure chambre’ et ils achetaient souvent une bouteille de vin dispendieux. Maintenant, ils veulent la chambre la moins chère et une bouteille de vin bon marché! »

Même si, en général, l’été s’est assez bien passé – aussi bien à cause de l’excellence du temps que de celle des marchés – il semble que la nervosité règne généralement dans l’industrie canadienne du tourisme. Comme l’a dit Sinclair Philip, l’effet cumulatif du ralentissement des affaires, au cours des quatre dernières années, commence à effrayer certains propriétaires. « L’an dernier, je devais me prononcer sur les changements prévus pour les cinq prochaines années, dans le domaine du tourisme culinaire et dans celui du tourisme canadien en général, et je me suis demandé comment j’allais m’y prendre. Je n’ai pas d’équipe de statisticiens ni de chercheurs à mon service. J’ai interrogé un certain nombre de connaissances dans presque toutes les provinces. Elles m’ont toutes répondu ceci : ‘Nous ne changeons absolument rien. Seulement, nous attachons nos tuques, car nous ne savons pas à quoi ressembleront les cinq prochaines années.’ Alors nous n’apportons aucun changement spectaculaire. »

Un pionnier de l’observation des ours polaires voit l’avenir avec confiance


(article publié initialement dans la revue TOURISME)

Vous avez peut-être déjà vu Merv Gunter et son épouse Lynda, de Frontiers North Adventures, dans la section manitobaine de Rendez-vous Canada. Ces deux exploitants de la Tundra Buggy Adventure offrent, dans la toundra, près de Churchill, des expéditions d’observation de l’ours polaire depuis 1979; ils ont joué un rôle capital dans le développement d’une activité qui est certes devenue l’un des produits touristiques emblématiques du Canada.

« Au début des années 80, je travaillais à la Banque Royale et j’ai entendu dire qu’un poste de gérant de banque était offert à Churchill. Depuis toujours, mon épouse et moi cherchions à visiter des endroits qui sortent un peu de l’ordinaire, et la banque nous a demandé de nous y rendre. Au début, nous devions y rester pendant une période de deux ans, qui s’étira bientôt sur quatre. Nous avons beaucoup apprécié notre séjour; j’ai pu voyager dans une des régions du Nunavut qu’on appelle maintenant le Kivaliiq, ainsi qu’au nord de Churchill.

« Entre‑temps, un certain Len Smith avait commencé à lancer une industrie fondée sur un véhicule muni de quatre gros pneus qui permettait de circuler dans la toundra près de Churchill et de s’approcher des ours polaires. Dans le cadre de mon travail comme gérant de banque et de celui de ma femme, au centre médical, des gens qui venaient de partout dans le monde nous répétaient sans cesse que nous avions à Churchill quelque chose d’assez particulier. Nous pensions que si nous pouvions amener des gens à Churchill et forfaitiser les expériences – au point où les invités n’auraient qu’à nous en demander le prix – nous pourrions réussir. Nous avons commencé à offrir des forfaits en 1987; c’était tout neuf à l’époque! »

À l’origine, Winnipeg était le point de départ, raconte M. Gunter. Des excursions étaient offertes dans la capitale manitobaine et dans les environs, puis les clients étaient envoyés à Churchill pour voir les ours polaires. « C’est ainsi que la petite entreprise que nous avons lancée [Frontiers North Adventures] s’est très bien tirée d’affaire. Je continuais à travailler pour la banque (il fallait bien qu’on puisse manger!), Lynda et moi participions à des foires de marketing pendant mes vacances et nous dirigions l’entreprise à partir de la maison.

« En 1996, les affaires marchaient si bien que nous avons pu déménager dans un petit local commercial où Lynda avait trois personnes à son service. À cette époque, nous offrions des forfaits touristiques à Churchill, dans les Territoires du Nord‑Ouest et dans certains secteurs du Nunavut. Une occasion s’est offerte en 1999 lorsqu’un ami partenaire s’est présenté et a dit ‘le concept de tundra buggy est à vendre; nous pensons qu’il s’agit d’une excellente occasion. Vous avez un certain nombre d’atouts dans ce domaine, et nous aimerions travailler avec vous.’ Je me retrouvais donc à envisager une carrière en tourisme! J’ai donc quitté la banque en 1999 et nous avons acheté Tundra Buggy Tours Ltd avec un certain nombre d’investisseurs.

« Nous avons plongé quand les choses allaient très bien, en 1999. Évidemment, en mars, avril et mai 2000, quand le NASDAQ s’est effondré et que le Dow Jones l’a suivi, des clientèles importantes ont été touchées. Le destin avait voulu que les choses n’aillent plus comme avant. Depuis cette époque, nous avons dû traverser tellement de crises, comme le 11 septembre 2001, le SRAS, la guerre en Irak et la montée du dollar canadien, que le mode de fonctionnement en partenariat ne convenait plus. Avec l’appui de nos collaborateurs, nous nous sommes départis très amicalement de nos partenaires et, depuis ce temps, nous exploitons nous‑mêmes Frontiers North Adventures et Tundra Buggy Adventure. »

M. Gunter dit que Tundra Buggy Adventure représente maintenant 98 % du chiffre d’affaires de l’entreprise. L’exploitation comprend des séjours à l’intérieur du Tundra Buggy Lodge. Cet ‘établissement’ « est composé d’unités autonomes montées sur de grosses roues, presque comme les wagons d’un train. Il y a deux unités avec couchettes, salle de bain et douche et installations partagées, comme dans les trains d’autrefois. Il y a une voiture‑salon, où les gens peuvent se rencontrer le soir et présenter des exposés. Nous avons un appareil photo numérique et des ordinateurs que les gens peuvent utiliser pour télécharger leurs fichiers numériques. Le tout est bien structuré et permet de vivre une expérience sociale unique en son genre. »

Il y a également une voiture‑restaurant munie d’une cuisine : « Des petits‑déjeuners chauds sont servis tôt le matin et des paniers‑repas sont préparés pour les gens qui partiront observer les ours en tundra buggy. Le soir, nous servons des repas complets. Nous avons, montés sur une remorque, une génératrice à diesel éconergétique et un moteur de secours au propane. Il n’est donc pas question que des gens qui se trouvent dans la toundra, en bordure de la baie d’Hudson, loin de toute civilisation, manquent d’électricité, de chaleur, de confort et de sécurité. Tous nos tundra buggies sont construits de manière à pouvoir s’attacher aux wagons d’hébergement, de sorte que les gens peuvent passer de l’un à l’autre sans toucher le sol ni risquer d’être exposés aux ours.

« Imaginez Churchill, une petite ville d’environ 800 habitants, sans accès routier », explique M. Gunter. « Les visiteurs doivent venir soit en train ou par avion. La ville la plus rapprochée est située à des centaines de kilomètres. Et en plus, vous emmenez 30 à 40 personnes dans la toundra et vous les placez sur une structure mobile dans un environnement isolé qui, au mieux, peut être inhospitalier et, au pire, extrêmement dangereux. »

M. Gunter insiste sur l’aspect sécuritaire et c’est sans doute une des raisons pour lesquelles l’entreprise fonctionne si bien : « Durant toute la saison, la Hudson Bay Helicopters exploite une flottille d’hélicoptères et gardera toujours un hélicoptère à Churchill. Donc, si nous sommes au point le plus éloigné du trajet [à cap Churchill, à environ 20 minutes en hélicoptère ou à quatre heures en voiture‑toundra] nous avons toujours un dispositif de sécurité qui peut entrer en action à la moindre urgence.

« Nous faisons du marketing en Grande‑Bretagne et en Allemagne depuis 20 ans. Nous sommes présents en Australie, et nous avons toujours offert nos services aux États‑Unis. J’imagine que nous pouvons exploiter ce créneau puisque nous sommes les seuls à le faire, dans un milieu où l’interaction avec ces animaux est – selon un éminent scientifique – ‘l’interaction la plus intéressante et la plus positive qui soit entre l’homme et la faune.’ Il semble que nous soyons en symbiose, les ours et notre entreprise. Il semble que nous ayons de bonnes relations. À travers la fenêtre du véhicule, j’ai observé une maman ours appuyée contre une de nos roues donner la tétée à ses deux nourrissons. Nous ne sommes pas dangereux pour eux. Nous ne sommes pas quelque chose qu’ils ne connaissent pas ou qui les effraie. Il n’y a pas d’agitation, de crainte ni d’inquiétude. Nous faisons simplement partie du décor. C’est vraiment merveilleux. »

Tout ça se passe au cours d’une saison qui dure six ou sept semaines. « Je pense que nous accueillons de 6 000 à 8 000 personnes par année. La majorité passeront au moins un jour dans la toundra. Nous recommandons toujours d’y passer deux jours, de sorte que si les ours ne se déplacent pas un jour à cause des vents, les visiteurs pourront les apercevoir le lendemain. Nous avons 12 unités qui peuvent se disperser sur un vaste territoire, et une autre entreprise en exploite six à Churchill. Nous n’exercerons jamais de pressions pour exploiter un plus grand nombre de véhicules. L’augmentation du volume serait sans doute bonne pour l’entreprise, mais ce n’est pas le bon modèle pour ce type d’infrastructure; on est déjà au bon niveau. Nous disons qu’il ne faut pas en permettre d’autres là‑bas, et Conservation Manitoba est enchanté de cette attitude. »

Grâce à leurs efforts et à ceux des intervenants, les Gunter pensent qu’ils ont mis au point un modèle d’entreprise viable qui résistera au temps et aux fluctuations du marché. « En ce qui concerne les répercussions sur l’environnement, nous pensons qu’il y en a très peu; les scientifiques ne croient pas que nous exerçons des effets nuisibles. Donc, tant que le climat ne changera pas, nous allons continuer à offrir ce produit. Nous serons là et nous serons satisfaits d’y être avec le nombre de véhicules que nous avons.

« Nous avons d’autres projets pour le Nord canadien. L’an prochain, nous allons offrir pour la première fois un produit sur la côte Sud du passage du Nord‑Ouest, au sud de Cambridge Bay. C’est un beau gîte inuit qui offre un produit formidable; nous pensons mettre au point diverses choses avec des fournisseurs nordiques. Nous avons l’intention d’essayer de travailler surtout avec des éléments intéressants de la faune et parfois avec des produits axés sur la culture, en établissant un lien avec les Premières nations du Canada quand la situation le permettra. »

M. Gunter estime que le Canada est bien placé sur la scène internationale, car il possède certains des meilleurs atouts naturels de la planète. « Ici, la connexion est directe. Dans notre monde moderne, la plupart des gens […] vivent à un rythme effréné. Si vous venez dans le Nord canadien […], vous survolerez des milliers de kilomètres carrés de territoire vierge. Quand vous atterrirez, vous aurez de bonnes chances de fouler un sol qui n’a jamais été touché par l’homme. Au fur et à mesure que le monde se développe, ce genre de chose est de plus en plus difficile à trouver. Mais nous pouvons l’offrir, tout en continuant à respecter les principes fondamentaux de l’écotourisme. »

Merv Gunter craint davantage de ne pas pouvoir empêcher son industrie d’être victime de sa propre réussite. « Ne gâchez pas ce qui est là. Goûtez‑y et ensuite retournez chez vous. Les voyagistes peuvent vous offrir ce service, et la plupart d’entre nous qui exploitons des entreprises dans ce milieu pensons qu’il s’agit du meilleur principe que nous puissions invoquer. Je crains la bureaucratie gouvernementale, surtout celle qui préconise le développement trop poussé de parcs provinciaux et nationaux. Il faut établir un équilibre dans lequel l’empreinte écologique est petite. Nous l’avons déjà. »

Merv Gunter pense que lui‑même et ceux qui ont créé l’industrie de l’observation des ours polaires ont été dignes des responsabilités dont ils ont hérité en posant pour la première fois le pied dans la toundra. Le fait que Frontiers North’s Tundra Buggy Adventure ait été mis en nomination par l’AITC, pour le Prix du tourisme durable de Parcs Canada, en 2006, semble confirmer qu’ils sont sur la bonne voie.

lundi, décembre 18, 2006

Manitoba-Saskatchewan: Métissages territoriaux et culturels dans les plaines de l’Ouest canadien

Rappatriement du bétail à l'automne sur 45 kilomètres vers le ranch de la famille Clemens dans la Vallée Qu'Appelle, une de nos destinations.

Voyage de la Société de géographie de Paris (Juin 2007)

Itinéraire escorté en mini-bus de 11jours/nuits en partance de Winnipeg

Coût : $3780 par personne + taxes (tous frais inclus sauf frais encourus durant les activités libres et boissons alcoolisées) sur une base de 20 personnes, avec départ de Winnipeg.

Votre guide-accompagnateur :

Claude-Jean Harel est président et fondateur de Great Excursions, une exploitation touristique et un cabinet de consultant spécialisé dans le développement et la mise en marché d'expériences touristiques patrimoniales authentiques. Durant ses visites et conférences, il préconise souvent l’approche « en coulisse » pour offrir à sa clientèle non seulement sa grande expérience personnelle dans les domaines de la culture, du patrimoine et les sciences naturelles, mais aussi une expérience touristique vraiment unique et variée.

Il apporte au tourisme plus de 20 ans d'expérience dans les médias ainsi qu’une solide expertise en création d'image de marque. À titre de journaliste et de réalisateur chez Radio-Canada, ses reportages ont attiré l'attention nationale et internationale pour les qualités distinctives des communautés rurales; et même, une nomination pour un prix de l'UNESCO. De nos jours, on peut l’entendre régulièrement sur ondes de la radio et de la télévision anglaise et française.

Titulaire d’une Maîtrise en archéologie et patrimoine avec distinction de l’Université de Leicester au Royaume Uni, M. Harel a mérité plusieurs prix et distinctions. En 2005, par exemple, on lui attribue le Regina Municipal Heritage Award (prix du patrimoine municipal). Ses clients comprennent des universités aux États-Unis, des voyagistes en France et au Royaume Uni, ainsi que des communautés agricoles canadiennes.

Depuis juin 2006, M. Harel contribue également à la revue spécialisée TOURISME de la Commission canadienne du Tourisme à titre de collaborateur à la rédaction.

Hôtel Fort Garry en avant-plan
Accueil

-Arrivée à l’aéroport de Winnipeg en soirée
-Accueil et transport à l’Hôtel Fort Garry, un site provincial du patrimoine du Manitoba :

« Les grandes compagnies ferroviaires canadiennes ne sont pas simplement à l’origine de gares d’une qualité exceptionnelle; elles ont également entraîné la création de plusieurs hôtels remarquables qui étaient le plus souvent situés près de la gare. À Winnipeg, le premier établissement de ce type, l’Hôtel Manitoba, a été construit par la Grand Trunk Pacific (GTP). Le Canadien Pacifique a pour sa part érigé son hôtel de marque, le Royal Alexandra, de 1904 à 1906. Après la destruction de l’Hôtel Manitoba par un incendie, GTP s’est remis à la tâche pour la reconstruction. Le nouvel édifice, l’Hôtel Fort Garry, a été érigé en 1912-1913.

Si le Royal Alexandra constituait une expression ambitieuse du style néoclassique populaire, les architectes du Fort Garry ont choisi une avenue fort différente. La firme Ross and Macdonald (de Montréal) s’est inspirée du style « château », c’est-à-dire des plans de châteaux médiévaux, avec leurs toits mansardés, leurs lucarnes, un travail de maçonnerie élaboré, des tourelles et des ornements. On croyait généralement que ce style représentait des valeurs et des attitudes canadiennes distinctes. C’est ainsi qu’a été construit cet édifice phénoménal de grande qualité, fait des matériaux les plus chers qui soient et dont l’intérieur est des plus somptueux. » (Culture, patrimoine et tourisme, Manitoba)

-Petite réception d’accueil et de présentation de l’aventure à l’hôtel (avec deux ou trois invités de la communauté franco-manitobaine)

Jour 1: Winnipeg/Cathédrale et cimetière de Saint-Boniface/Louis Riel/Fort Gibraltar/Maison du Bourgeois/Manitoba Museum/La Fourcheho


-Petit déjeuner à l’hôtel
-Visite guidée d’orientation de Winnipeg (incluant le quartier « The Exchange » (de la bourse) et de St-Boniface avec au menu :

• la Cathédrale de Saint-Boniface

« La cathédrale d’aujourd’hui, œuvre de l’architecte franco-manitobain Étienne Gaboury, a été bâtie dans les ruines de la précédente, pour former un ensemble architectural inusité qui attire chaque année des milliers de visiteurs. Il s’agit de la cinquième église érigée sur ce site depuis 1818. Construite en 1908, l’église précédente était une splendide basilique que le feu a ravagé en 1968. » (dont on a sauvegardé la façade originale)

Photo: Claude-Jean Harel

• le cimetière de St-Boniface et la tombe de Louis Riel

« Le Théâtre dans le cimetière présente deux pièces : Sur les traces de Riel, qui vous fait rencontrer les personnages marquants de l’histoire manitobaine, et La Chasse-Galerie, qui vous fait vivre une légende canadienne-française.

« Leader des Métis lors de la Résistance de la Rivière-Rouge en 1869, Louis Riel a joué un rôle essentiel dans la naissance de la Province du Manitoba, revendiquant les droits territoriaux et linguistiques des Métis et des francophones. Tous les ans, le 16 novembre, date anniversaire de sa pendaison, une cérémonie publique lui rend hommage. »

• la Maison Gabrielle-Roy

« Qui ne connaît pas la célèbre auteure franco-manitobaine? Construite en 1905, cette résidence de deux étages et demi était la maison familiale de Gabrielle Roy. Elle y a habité de sa naissance en 1909 à son départ pour l’Europe en 1937. Cette maison a été évoquée dans plusieurs œuvres, en particulier dans Rue Deschambault, une suite de récits inspirés de la jeunesse de l’auteure à Saint-Boniface. Gabrielle aimait se retirer pour lire et rêver derrière la lucarne, à l’étage supérieur. Entièrement restaurée, la maison est aujourd’hui un musée public. »

• le Musée de St-Boniface

« Tout sur la vie des Canadiens français et des Métis! Le musée est situé dans l’ancien couvent des Sœurs Grises, le plus vieux bâtiment de Winnipeg et la plus grande construction en rondins de chênes de l’Amérique du Nord. Le musée raconte l’histoire des colons français et des Métis du Manitoba. Une importante collection d’objets se rapportant à Louis Riel s’y trouve. Devant le musée, on admire d’ailleurs un buste de Louis Riel, créé par l’artiste franco-manitobain Réal Bérard. »

• le Centre culturel franco-manitobain,

« Toute la culture francophone! Le CCFM abrite une galerie d’art et deux salles de spectacle. »

• le Collège universitaire de Saint-Boniface

« Vous serez charmés par l’architecture du Collège universitaire de Saint-Boniface, le plus ancien établissement d’enseignement postsecondaire de l’Ouest canadien. À l’extérieur, du côté de la rue Aulneau, se trouve la statue de ‘Louis Riel tourmenté’ (1971) de l’artiste franco-manitobain Marcien Lemay. La présence de cette gigantesque sculpture à l’arrière du Palais législatif, au centre-ville de Winnipeg, avait longtemps suscité la controverse. À visiter : la petite galerie d’art du CUSB, dans l’aile est de l’édifice. »


• et Fort Gibraltar

« Ce fort est une réplique de celui qu’a construit la Compagnie du Nord-Ouest, au confluent des rivières Rouge et Assiniboine, vers 1810. À l’époque de la traite des fourrures, les voyageurs, connus aussi sous le nom de coureurs des bois, étaient d’infatigables employés d’entreprises telle la Compagnie du Nord-Ouest. Il semblerait que dans les années 1800, on en ait compté jusqu’à 5000 travaillants à l’ouest des Grands Lacs. Le fort comprend des cabanes en rondins (magasin, forge, poste de traite) et la Maison du Bourgeois, édifice central qui allie le confort moderne au charme de son décor rustique. Le Fort et la Maison du Bourgeois peuvent être réservés pour des événements de groupes toute l’année. De plus, pendant la saison estivale, plusieurs personnages costumés se feront un plaisir de vous guider lors d'un voyage interprétatif au début du 19e siècle. C’est aussi le site principal du célèbre Festival du Voyageur. »


-Déjeuner à la Maison du Bourgeois

• visite du Manitoba Museum (le musée d’histoire naturelle provincial)

« Le Musée manitobain de l'homme et de la nature est le centre patrimonial le plus important de la province et est unique en son genre en Amérique du Nord par l'association des thèmes humains et naturels qui y sont présentés. Le musée contient sept salles d'interprétation qui décrivent les zones environnementales de la province en termes géographiques et historiques. La recherche et l'interprétation sont fondées sur les collections complètes de l'établissement qui comprennent plus de 1 800 000 artefacts en sciences humaines, la collection du musée de la Compagnie de la Baie d'Hudson, dont le Musée vient de faire l'acquisition récemment, et plus de 120 000 spécimens d'histoire naturelle. L'établissement comprend un planétarium et un centre des sciences; il reçoit plus de 500 000 visiteurs chaque année. Le Guide Michelin a attribué trois étoiles au Musée. »


• visite de la Fourche (The Forks), un marché public et Lieu historique national au centre-ville de Winnipeg.

« La Fourche revêt une importance historique nationale en raison de son emplacement stratégique au confluent des rivières Rouge et Assiniboine, jadis maillons d’un vaste réseau continental de voies fluviales. L’importance du lieu découle du fait qu’il a toujours servi, au fil du temps, pour le transport, le commerce et la colonisation. Lieu d’escale traditionnel des autochtones, La Fourche s’est avérée ensuite un lieu de choix pour la construction du Fort Rouge, du Fort Gibraltar et les deux Forts Garry.

« À l’opposé de la plupart des autres lieux historiques nationaux, on ne commémore pas à La Fourche une période spécifique de l’histoire. Son importance tient plutôt à son rôle de témoin des nombreux événements qui ont façonné l’Ouest canadien tel que nous le connaissons aujourd’hui. Les premiers occupants ont campé ici, au confluent de deux grandes rivières, et leur présence en a attiré d’autres au fil des siècles. Aujourd’hui, La Fourche est le « lieu de rencontre » de Winnipeg. C´est en effet là que les festivals, les manifestations spéciales et le paysage paisible attirent des milliers de personnes, au cœur historique de la ville. »

-Dîner sur place à la Fourche et soirée libre
-Coucher à l’Hôtel Fort Garry

Sources citées :
• Parcs Canada
• Encyclopédie canadienne
• Tourisme Riel
• Agriculture et Agroalimentaire Canada
• Wikipédia

Jour 2: Lieu historique national de Lower Fort Garry/Marais Old Hammock Marsh

Lieu historique national de Fort Garry

-Petit déjeuner à l’hôtel
-Départ en direction du…

• Lieu historique national de Lower Fort Garry :

« Reculez dans le temps pour vous retrouver au XIXe siècle, à l'époque de la traite des fourrures, dans le plus vieux poste en pierre à subsister en Amérique du Nord. Des interprètes en costume vous ramèneront au milieu des années 1800 et feront revivre pour vous des moments des débuts de ce poste de la Compagnie de la baie d'Hudson. Des murs de pierre entourent l'enceinte du fort qui réunit le plus grand ensemble de bâtiments originaux du XIXe siècle liés à la traite des fourrures au Canada. C´est aussi au lieu historique national de Lower Fort Garry que fut signé le traité no 1 entre les Ojibwa et les Moskégons du Manitoba, d'une part, et la Couronne, d'autre part. »


-Déjeuner ou pique-nique

Plateforme d'observation sur le toit du centre d'interprétation à Old Hammock

• Old Hammock Marsh

Le Marais Old Hammock est une aire naturelle protégée de 36 kilomètres. C’est un des sites d’observation des oiseaux les plus populaires en Amérique du nord. On y trouve un marais restauré typique des Plaines, parsemé de bosquets de peupliers-chênes et de cultures-leurres pour attirer les oiseaux dans une zone au niveau d’eau régularisé grâce à des travaux de génie civil impressionnants; le tout alimenté en eau par des sources artésiennes. Ici subsiste une des dernières aires représentatives de prairie à hautes-herbes naturelle au Canada. À travers les saisons, le marais met en évidence un paysage d’une beauté exceptionnelle, tout en offrant des occasions d’observation de la faune d’une grande richesse.

L’aire protégée abrite 25 espèces de mammifères, 296 espèces d’oiseaux, de nombreux batraciens, reptiles, poissons et invertébrés. Durant les périodes de migration, on peut trouver ici plus de 400,000 oiseaux au même moment.

Afin de mettre en valeur cette ressource auprès du public, on y a construit un centre d’interprétation sophistiqué avec salles de rencontres, café avec vue sur le marais, et une plateforme d’observation surélevée. On y offre des programmes d’interprétation pour une variété d’auditoires.

-Retour sur Winnipeg à l’hôtel et repas dans un restaurant du quartier ou de St-Boniface

-Activités de la soirée à déterminer.

Jour 3: La Vérendrye/Saint-Claude/Notre-Dame-de-Lourdes/Parc provincial Sprucewood/Parc provincial de Moose Mountain


Départ en direction de la Saskatchewan avec une thématique axé sur les explorations et l’acquisition des connaissances géographiques de l’ouest canadien grâces aux contributions d’aventuriers comme Henry Kelsey, David Thompson, Henry Youle Hind, Eugène Bourgeau et les La Vérendrye :

« Les explorations des La Vérendrye ont poussé la frontière de la Nouvelle-France jusqu'à la rivière Saskatchewan, dans le Nord, et jusqu'à la frontière du Dakota du Sud et du Wyoming. Leurs dernières expéditions ont contribué à ouvrir la route de la Saskatchewan non seulement aux explorateurs anglais qui allaient suivre trente ans plus tard, mais aussi à deux Canadiens français, François-Antoine et Joseph Larocque, qui allaient reprendre la recherche de la mer de l'Ouest par le Missouri au début du siècle suivant et se rendre jusqu'au Pacifique. Les explorations des La Vérendrye ont aussi incité la Compagnie de la Baie d'Hudson à envoyer des explorateurs à l'intérieur du pays, car la rentabilité de ses postes de traite était menacée par ceux que les La Vérendrye et leurs successeurs avaient établis. »

Nous traiterons également du rôle du développement du réseau ferroviaire transcanadien dans l’expansion économique du Canada et du contexte politique l’entourant, puis nous nous arrêterons dans deux villages franco-manitobains typiques St-Claude et Notre-Dame-de-Lourdes dans la région appelée localement « de la Montagne ». Ici on vise beaucoup sur le tourisme pour assurer la survie économique des communautés.

• Saint-Claude :

Saint-Claude, c'est la porte d'accès à la région de la Montagne. Située en bordure de la route 2, notre fameuse « Red Coat Trail », on ne peut demander mieux pour donner le ton. Saint-Claude est fière de sa pipe géante et de ses racines française. Son gagne pain, c'est l'industrie laitière. Ayant visité la ferme de Gilbert Philippe, une des plus impressionnantes de Saint-Claude, il est clairement possible de créer des expériences touristiques du type visite de ferme grâce à un établissement comme celui-là.

Les gens passionnés par les technologies seront intéressées à comprendre comment une personne peut opérer un salon de traite avec 200 vaches, tout en enregistrant la quantité exacte de lait fourni par chacune. Comment pour réduire la consommation énergétique en utilisant un système de refroidissement à l'eau? Comment on nourrit mécaniquement autant de vaches? Le développement touristique local doit tenir compte de l'industrie laitière.

Le musée municipal de Saint-Claude est bien fourni en artéfacts de toutes sortes, ce qui le rend assez hétéroclite. C'est son principal défaut. Les habitants ont tellement investi d'énergie et d'amour à vouloir montrer la vie passée, à collecter des antiquités et autres vieux objets, qu'il montre un peu de tout, mais rien vraiment d'une façon qui le distingue. Mentionnons toutefois la belle salle consacrée à l'industrie laitière.

La vedette qui pourrait donner à Saint-Claude un caractère unique, c'est Maurice Constantin-Weyer. Venu de France en 1904, il a eu toutes les audaces et tous les succès selon Lucille Bazin. Jusqu'à la bonne fortune d'obtenir le prix Goncourt en 1928 pour son roman du Canada: Un homme se penche sur son passé. Il a le don de fausser la vérité. Il dit posséder un ranch qui en vérité une terre peu rentable. Il abandonne sa première femme, une métisse, et repart avec les enfants en France. Il s'engage dans la guerre de 1914-18, se vante d'avoir reçu 53 blessures, devient journaliste en France et écrivain, puis épouse une autre femme en France. Il laisse 46 volumes, 3 œuvres théâtrales et 2 films. Le type a de l'imagination. Même si ses mœurs laissent à désirer. Il y a du potentiel dans son histoire.

Le terrain du musée de Saint-Claude se prêterait bien à un repas en plein air animé par Constantin. On pourrait faire rôtir un cochon. Il y a des Huttérites qui offrent ce genre de service. C'est toute une expérience pour des touristes de voir le cochon griller. Après le repas, on peut ouvrir le musée pour permettre aux convives de digérer tout en explorant. La visite du musée sera d'autant plus enrichissante si elle est combinée à une autre activité comme le repas en plein air.

La présence de Josianne Desmet à Saint-Claude est un atout majeur. C'est une personne qui sait faire preuve de leadership, qui a un bon esprit d'analyse des ressources touristique et qui a le sens de l'organisation. Elle propose une visite à la colonie huttérienne Baker. C'est l'attrait touristique le plus exotique de la région pour le moment. Cela tient en partie du fait que si un groupe de touristes venait demain dans la région et voulait vivre une expérience unique, une visite à la colonie leur donnerait sûrement entière satisfaction.

Josianne et son mari Robert ont développé une relation personnelle enviable avec les membres de la colonie, une relation de confiance qui fait d'eux des interprètes idéaux de la culture et du mode de vie de cette société fascinante.

Mentionnons la présence à Saint-Claude de sculpteurs au talent exceptionel: Raymond et Jean Minaudier, père et fils. Ils font des oiseaux-leurres sculptés et peints en bois d'un réalisme épatant.

• Notre-Dame-de-Lourdes :

Fondée par Dom Paul Benoît en 1891, Notre-Dame-de-Lourdes est demeurée accrochée à ses racines catholiques avec une énergie qui n'est pas sans charme. D'abord il y a Dom Benoît, cet apôtre de la colonisation qui semble avoir été un personnage riche en esprit et en idées. Avoir un personnage comme ça qui est vénéré pas tous, c'est un atout. Plusieurs historiens semblent avoir écrit à son sujet. Le seul désavantage, c'est qu'il semble avoir été plutôt austère.

Le Musée des Chanoinesse est un autre atout important. Les collections du musée semblent riches. Mais la principale richesse selon moi, c'est sœur Florence, une femme passionnée par l'histoire, un membre de la congrégation qui sait faire vibrer les cœurs quand elle raconte l'histoire du rayonnement de la foi et de l'éducation française sur toute la région de la montagne.

En parlant de l'histoire locale, nous avons abordé aussi la question de la présence des premières nations dans la région. Il semble qu'à une certaines époque, les amérindiens de « Long Plain » faisaient le long voyage jusqu'à Swan Lake pour aller à la pêche et aller retrouver leurs frères et sœurs qui vivaient là-bas. Cette route les faisait passer par Notre-Dame-de-Lourdes. Parmi les habitants de Notre-Dame, il y en a qui se souviennent de cette époque. Ils ont des anecdotes à raconter. On verrait encore le chemin qu'ils empruntaient et l'endroit où on leur donnait la permission de monter leur camp pour la nuit.

Les intervenants en tourisme de Notre-Dame auraient tout intérêt à se familiariser avec les dynamiques migratoires historiques des premières nations qui habitaient la région. Ils auraient intérêt à développer des contacts et à entretenir des relations avec les habitants des réserves de Long Plain et de Swan Lake afin de collaborer à l'élaboration de produits touristiques qui seraient mutuellement bénéfiques.

Si on considère les éléments dont on dispose: la grotte, le musée, la maison des sœurs du Sauveur, le sentier utilisé par les amérindiens, Dom Benoît, les Chanoinesses, il est possible de mettre sur pied une expérience touristique qui permettrait de faire l'interprétation de la vie des premiers colons et du type de subsistance dont jouissaient les premières nations avant, pendant et après la disparition des bisons. Historiquement, il y a eu de l'entraide entre les deux sociétés, pas que de l'antagonisme. Il faut mettre l'accent sur les aspects de la vie qui ont contribué à l'enrichissement mutuel des deux sociétés.

Dans le cadre de ces activités d'interprétation, on pourrait incorporer des excursions d'ethnobotanique visant à cueillir des fruits sauvages (pembina, poirettes ou Saskatoon, gooseberries, etc.) et à les utiliser comme les premiers habitants le faisaient, pour se nourrir, faire des teintures, etc.

• Parc provincial Sprucewood

Le magnifique territoire qui se trouve ici a ses origines, il y a 15,000 ans. La rivière Assiniboine qui avait à l’époque un débit beaucoup plus fort qu’aujourd’hui, a créé un immense delta en acheminant l’eau de fonte des anciens glaciers au défunt lac Agassiz. Des 6,500 kilomètres carrés de sables qui se trouvaient ici à l’origine, il ne reste plus que 4 kilomètres carrés d’aire découverte. Le reste est dorénavant recouvert d’une végétation et habité par une faune riche et variée.

Le sable sculpté par le vent, parsemé de cactus et les températures plus élevées ici en été qu’aux alentours ont engendré l’appellation « Spirit Sands » pour distinguer ce petit désert. Pourtant la région reçoit de 300 à 500 millimètres de pluie par année, deux fois plus que la norme pour un désert. Cette précipitation abondante permet à une végétation luxuriante de couvrir les dunes peu à peu.

• Parc provincial de Moose Mountain (Saskatchewan)

Nous nous arrêtons ce soir dans un des parcs provinciaux les plus populaires de la Saskatchewan. Le Parc provincial de Moose Mountain est aussi un des plus vieux et mieux établis de la province. On y trouve 150 kilomètres de sentiers à usages multiples dans une région surélevée dans la plaine, qui a permit l’établissement d’un environnement forestier dans une région où il ne devrait normalement pas s’en trouver. Nous logerons au Kenosee Inn pour la nuit.

-Dîner au parc et soirée libre

Jour 4: Lieu historique provincial de Cannington Manor/La Rolanderie/Centre des brise-vents de l'ARAP


-Petit déjeuner à l’hôtel
-La journée débute aujourd’hui sous le thème du rêve brisé d’aristocrates britanniques et français venus s’établir dans la région à la fin du 19e siècle pour faire fortune et soutenir un mode de vie opulent qui n’avait rien à voir avec la réalité du dur labeur auquel les premiers colons-fermiers venus s’établir ici avaient du s’habituer pour survivre.

Photos: Claude-Jean Harel

• Visite du Lieu historique provincial de Cannington Manor

« Le Cannington Manor, fondé en 1882 lorsqu'un Anglais, le capitaine Edward Michell Pierce, revendique cinq cantons situés à 65 km au sud de Whitewood, dans les Territoires du Nord-Ouest (aujourd'hui dans le sud-est de la Saskatchewan). C'est le point le plus rapproché de la ligne de chemin de fer du Canadien Pacifique (CP). Cannington tient son nom d'une ville d'Angleterre. Le terme « manoir » y est ajouté plus tard pour éviter la confusion avec une ville de l'Ontario. Ne connaissant pas grand-chose à l'agriculture, Pierce fonde néanmoins un collège agricole pour les fils d'Anglais fortunés. Les « pups » (chiots), comme on surnomme ces derniers, refusent de se mêler aux colons canadiens. Trois d'entre eux bâtissent une résidence de 26 pièces, avec salle de bal, salle de billard et quartiers réservés aux domestiques. L'écurie est lambrissée de bois d'acajou et au-dessus de chaque stalle, une plaque de cuivre est gravée au nom du cheval de course qui l'occupe.


« En 1890, le Manoir Cannington comprend déjà une église anglicane, un moulin à farine, un hôtel, une forge, un atelier de menuiserie, un atelier de carrosserie, et un magasin général. Toutefois, les riches Anglais ne prennent pas l'agriculture au sérieux. Ils préfèrent jouer au tennis, au cricket et au rugby. Au temps de la moisson, ils consacrent une semaine à la chasse ou au polo. Leur incapacité de s'adapter à la vie au Canada entraîne rapidement la faillite des entreprises et des fermes. Vers 1901-1902, quand une nouvelle ligne du CP contourne le village, les commerçants déménagent et le Manoir Cannington disparaît graduellement. Le site est maintenant un parc historique provincial, où on a reconstruit quelques bâtiments d'autrefois. » (source : Encyclopédie du Canada)

La crique Pipestone non-loin de La Rolanderie

• St-Hubert et la Rolanderie

Il parait qu’on trouvait dans la région à une certaine époque la plus importante concentration the comtes en Amérique du nord.

« La mission St. Hubert, située à environ 16 km au sud-ouest de Whitewood, en Saskatchewan, a été fondée par un groupe de nobles français et belges titrés qui semblaient vouloir fuir les changements sociaux qui nuisaient à leur style de vie en Europe et transplanter les traditions d'étiquette de la noblesse française. Au milieu des années 1880, le représentant d'un riche Français achète des terres dans la région et commence l'exploitation agricole. Sa demeure est appelée la Rolanderie. Ce nom est celui du domaine de son employeur en France et devient le nom courant de la région environnante jusque vers 1890, date de construction de l'église et de fondation de la paroisse de St. Hubert.


Les « comtes français », comme on les appelle dans la région, arrivent peu avant le tournant du siècle. Ils lancent une série d'entreprises commerciales et agricoles ambitieuses, mais peu judicieuses et finalement non rentables (p. ex. grands élevages de moutons, culture de la betterave à sucre, fromagerie). À la fermeture de chaque entreprise, son directeur ferme son château et repart. La Rolanderie est fermée en 1893 ou 1894. Après le départ des « comtes français », on raconte des anecdotes sur leur style de vie extravagant, leurs chasses et leur vie sociale animée. Ils laissent aussi une paroisse bien dotée, et St. Hubert garde son cachet unique de localité francophone et catholique. »


Il parait même que les comtes français et les aristocrates de Cannington Manor avaient l’habitude de passer de bons moments ensembles à l’occasion. Ils avaient beaucoup en commun des ces contrées lointaines. St-Hubert aujourd’hui n’est plus qu’un hameau où l’église survit sans qu’on y sente la présence d’une communauté durable.


• visite à la Première nation des amérindiens Cris de Cowessess et rencontre culturelle au camp de tipis sur le bord du lac Crooked (tordu).

La réserve de Cowessess est située dans la vallée Qu' Appelle et couvre un territoire de 12,000 hectares avec 2,825 personnes enregistrées dont 523 vivent dans la réserve. C’est la ratification du Traité 4 le 15 septembre 1874 qui est à l’origine de la réserve. Lors de la cérémonie de signature étaient présent le chef Cowessess (petit enfant), quatre de ses chefs de clan, et 69 membres. Bien que cette bande ait signé le traité, ce n’est que vers la fin des années 1870 que les membres ont commencé à s’installer à la réserve. La bande était composée de Cris et de Saulteaux, des chasseurs-cueilleurs nomades des plaines, qui se déplaçaient au rythme des saisons aux États-Unis et dans les terres intérieures canadiennes. Ils s’étaient installés près du Fort Walsh mais ont été forcés de se relocaliser éventuellement ici, aux abords de la vallée Qu’Appelle. Le territoire regorge de vie sauvage et nous vous ferons découvrir certains des lieux les plus importants dans le quotidien des citoyens par l’entremise de guides locaux avec lesquels nous avons établi une relation d’amitié au fil des ans. Ces derniers vous aideront aussi à comprendre le processus protocolaire en vigueur chez les Premières nations des Plaines.

Puis nous arrêterons à Indian Head pour découvrir la ferme expérimentale et le…

• Centre des brise-vents du gouvernement du Canada géré par l’Administration du rétablissement agricole des prairies (ARAP)

« Lorsque les premiers colons sont arrivés dans les prairies canadiennes, ils se sont retrouvés devant de vastes étendues de prairie à découvert. Sur la plus grande partie du sud des prairies, on ne trouvait des arbres que dans les coulées et le long des berges des cours d'eau. En 1901, le Centre des brise-vent de l'ARAP d'Agriculture et Agroalimentaire Canada, appelé alors la Station sylvicole, a été créé par le gouvernement du Canada sous la juridiction du ministère de l'Intérieur. Sa mission était de fournir aux fermiers des prairies des plants d'arbres et d'arbustes rustiques, étant donné que les plants qu'ils ramenaient de leur patrie d'origine ou bien de l'est du Canada ou des États-Unis n'étaient bien souvent pas assez robustes pour le rude climat des prairies. Au cours de la première année d'exploitation, le Centre a répondu à 44 demandes et distribué 6 000 plants d'arbres. La nouvelle de l'existence du programme s'est répandue de sorte que la demande s'est accrue rapidement. Dès 1906, deux millions de plants avaient été distribués en Alberta, au Manitoba et en Saskatchewan.

Au début, la pépinière n'occupait qu'un seul quart de section de terrain (64 hectares) et produisait des plants pour un petit nombre d'essences forestières indigènes comme l'érable à Giguère, le frêne de Pennsylvanie et l'orme d'Amérique. En 1906, la pépinière s'est agrandie, occupant une superficie de 320 acres (128 ha). In 1909, des boutures ligneuses du liard du Missouri, du peuplier de Russie et du saule d'Amérique ont été ajoutées à la liste des espèces disponibles. En 1910, on a distribué pour la première fois des plants d'acacia jaune ou caragana arborescent. La production de pins sylvestres et d'épinettes blanches a suivi en 1914. La production d'épinettes bleues du Colorado, qui constituent aujourd'hui un élément de base dans un grand nombre de brise-vent conçus pour protéger les fermes, n'a pas eu lieu avant 1937.

Aujourd'hui, le Centre des brise-vent occupe une superficie de 640 acres (256 ha) et produit des semis pour 29 espèces d'arbres et d'arbustes rustiques. Chaque année, le Centre distribue plus de cinq millions d'arbres et d'arbustes à 10 000 clients dans les prairies.

Au cours de la période de grande sécheresse survenue dans les années 1930, le personnel du Centre des brise-vent a travaillé de concert avec l'ARAP nouvellement formée pour planter des brise-vent dans les champs et démontrer leur utilité pour la conservation des sols. D'importantes plantations ont vu le jour à ce moment-là à Lyleton, au Manitoba, à Porter Lake, en Alberta, à Aneroid, en Saskatchewan et à Conquest, en Saskatchewan. On a planté plus de 2 000 km de brise-vent et beaucoup d'entre eux existent encore aujourd'hui.

En 1963, le Centre des brise-vent situé à Indian Head, en Saskatchewan s'est intégré à l'ARAP. Une série d'améliorations ont été apportées à ce moment-là, dont un nouveau réservoir d'eau pour l'irrigation et des installations d'entreposage frigorifique pour y mettre les plants d'arbres et d'arbustes. Ces changements ainsi que d'autres ont permis de stabiliser la production de plants et d'accroître la capacité de la pépinière à produire de grandes quantités de plants vigoureux pour les clients des prairies. »
-Arrivée à Régina en fin d’après-midi
-Enregistrement à l’Hôtel Saskatchewan

-Dîner à l’Institut Français ou au Carrefour des Plaines, on invite la Faculté de géographie de l’Université de Régina et les gens du « Canadian Plains Research Centre ».

Jour 5: Ville de Regina/Wascana Centre/Université de Regina/Royal Saskatchewan Museum/Centre du patrimoine de la Gendarmerie royale du Canada

Palais législatif (Parlement) à Régina
-Petit déjeuner à l’hôtel
-On commence la journée avec une visite d’orientation de la ville guidée par votre humble serviteur qui a réalisé des études de maîtrise en archéologie, particulièrement sur l’analyse et la perception de l’espace urbain de Regina avant 1914 à partir s’un système d’information géographique basé sur des plans d’assurance-incendie datant de cette époque.

Régina a été fondée en 1882 quand le Canadien Pacifique a construit une ligne de chemin de fer transcontinentale traversant la région. Une loi pour l'iétablissement des pionniers les encourageait à venir dans ce secteur où ils pouvaient acheter 160 acres (65 hectares) de terre pour 10 dollars. La ville était connue au début sous l’appellation de « le Tas d'Os » à cause des grandes quantités d'os de bison dans le secteur. Le hameau de Tas d'Os a été renommé Régina en 1882 (latin pour reine) par la princesse Louise, la femme du Gouverneur Général du Canada à l’époque, en l'honneur de sa mère, la reine Victoria, alors monarque britannique. Les réginois surnomme souvent leur ville « Queen City » ou « Ville de la Reine ».

En 1883 Régina a été choisie comme la nouvelle capitale des Territoires du Nord-Ouest au lieu de choisir Battleford, à cause de sa proximité avec le chemin de fer. Régina resta la capitale territoriale jusqu'à 1905, alors que la Saskatchewan est devenue une province.

C'est à Régina que Louis Riel a été amené après avoir été battu par les forces du gouvernement dans la Rébellion du Nord-Ouest. Riel a été trouvé coupable de trahison et pendu le 16 novembre 1885.

De 1892 à 1920, Régina a été le siège principal de la future Gendarmerie royale du Canada (GRC), et reste encore aujourd'hui son siège principal et site d'entraînement policier pour tous les agents de la GRC au Canada.

Avec une population de plus de 3 000 habitants, Régina a été incorporé comme une ville le 19 juin 1903. Régina a officiellement accédé au statut de capitale provinciale le 23 mai 1906. En 1908, le premier hôtel de ville a été achevé au centre-ville pendant que les travaux de construction des bâtiments législatifs de la province ont commencé à côté du Lac Wascana.

Le 30 juin 1912, une tornade a dévasté la ville, tuant 28 personnes, en blessant des centaines et détruisant plus de 400 bâtiments. On a estimé à 5 millions de dollars l’ampleur des dommages qui ont pris plus de deux années pour être réparés. Parmi les secouristes figurait Boris Karloff, alors en tournée théâtrale et qui devint une vedette de du film d'horreur. À ce jour, la tornade de Regina demeure le plus important désastre naturel de l’histoire du canada en terme de perte de vies humaines (28 décès).

En juillet 1933, un groupe de fermiers, travailleurs et organisations sociales se sont rencontrés à Régina pour former la Fédération du Commonwealth Coopératif ou CCF. En 1944, le CCF en Saskatchewan formait le premier gouvernement socialiste d'Amérique du Nord et fournit le premier exemple au Canada d'un système de soin de santé à subvention publique. Le modèle de soin de santé du CCF (plus tard le Nouveau parti democratique, NPD) allait être ultérieurement adopté partout au Canada.

Le Lac Wascana au Wascana Centre
• Le Wascana Centre

Le Centre Wascana est un parc de 9.3 kilomètres carrés construit autour du Lac Wascana. C’est possiblement le plus vaste parc urbain en Amérique du Nord. Il inclut le « Waterfowl Park », un sanctuaire qui fournit un refuge pour les oies et les autres oiseaux qui ne volent pas au sud en hiver. Vous trouverez une sympathique version réginoise du fameux Speaker’s Corner (de Londres) sur la rive nord du lac au beau milieu de lampes à gaz de importées elles aussi de Londres (des terrains des édifices gouvernementaux de Westminster) et des arbres (bouleaux) provenant du Runnymede Meadow où le Roi John a signé le Magna Carta en 1215.

Pendant l’automne et l'hiver de 2003-2004, le Lac Wascana a été drainé et dragué pour approfondir sa profondeur par à peu près 5 mètres (16 pieds), principalement pour diminuer la croissance d’algues gènantes pendant les mois d'été. Le projet était complété au milieu de mars 2004, juste à temps pour le ruissellement de printemps.

Durant la dépression des années 1930 comme projet d’emploi du gouvernement, 2100 hommes avaient élargi et dragué la Crique Wascana en utilisant seulement des outils à main et les chariots tirés par chevaux pour éventuellement donner naissance au Lac Wascana d’aujourd’hui.

• Campus de l’Université de Régina et First Nations University of Canada (la première université entièrement gérée par les amérindiens en Amérique du nord).

• Palais législatif

Achevé en 1912 par la firme d’architectes E. and W.S. Maxwell de Montréal, l’édifice est construit à base de grès taillé et acheminé de Tyndall au Manitoba. À l’intérieur, vous trouverez 34 différents types de marbre. L’escalier principal serait de marbre veiné de Philipsburg (Missisquoi) au Québec. Le marbre ornant les murs serait importés d’Italie, et celui du plancher proviendraient du Vermont. Le marbre utilisé pour les bas de mur et la base des piliers proviendraient d’Irlande; et les colonnes auraient été taillées dans les carrières de Chypre.

L’édifice, qui s’inscrit dans la tradition classique édouardienne, est doté d’une coupole couverte de cuivre et occupe 17 hectares de terrain aménagé avec des jardins, un quai pour embarcation et même un court de tennis. Sa valeur patrimoniale est rehaussée par le fait que le plan de paysager de l’architecte canadien Frederick Todd et l’aménagement détaillé signé par l’urbaniste de renom Thomas Mawson constituent l’un des exemples peu commun au Canada de parc aménagé selon les principes du mouvement « City Beautiful ».

Cette démarche se voulait une réponse esthétique aux plans quadrillés standardisés qu’on utilisait à l’époque pour aménager la plupart des villes nord-américaines. En utilisant des inspirations paysagèrent française et anglaises, les jardins du Palais législatif tempèrent judicieusement les caractères formels et esthétique des lieux grâce à l’utilisation de divers éléments distribués stratégiquement dans l’espace. Avec comme résultat que l’orientation générale du Palais et des jardins s’harmonisent avec l’emplacement du cœur de la ville.

• Royal Saskatchewan Museum

Voici un incontournable pour toute visite en Saskatchewan. C’est le musée d’histoire naturelle de la province. Des dioramas magnifiques donnent une bonne idée de la variété des paysages et de la biodiversité de la province. On y offre une excellente présentation des traditions ancestrales et coutumes amérindiennes dans la région des plaines nord-américaines, incluant l’art rupestre et les arts de l’argile. On y traite également de paléontologie et des industries principales de la Saskatchewan axées sur les ressources naturelles.

-déjeuner au Mess des officiers de Regina (Royal United Services Institute)

• Parade du Sergent-major à l’école de la Gendarmerie Royale du Canada

En semaine, un peu après 12 h 45, la pittoresque parade du sergent-major a lieu dans la cour d’honneur, juste en face du musée (pendant l’hiver ou par mauvais temps, dans la salle d’exercices).

• Centre du patrimoine de la Gendarmerie royale du Canada

Jusqu’à cette année le Musée du Centenaire de l’école de la Gendarmerie royale du Canada était un des principales attractions touristiques de la Saskatchewan. Il relatait l’histoire de plus de 125 années de service au public. Les visiteurs de tous les coins du monde venaient y admirer des objets et des artefacts qui faisaient revivre l’histoire, les traditions et les réussites d’un des corps policiers les plus célèbres de la planète.
Depuis l’époque de la patrouille à cheval dans les grands espaces sauvages, la GRC constitue l’un des symboles les plus remarquables du Canada. Mais le musée fait peau neuve en ce moment, et au printemps, le Centre du patrimoine de la GRC verra le jour.

« Dans sa première étape de développement, le Centre du patrimoine de la GRC se composera de quelques 1 000 mètres carrés divisés en galeries d’expositions permanentes, ainsi que d’un écran carrousel de 230 mètres carrés dont le spectacle multimédia a été tout spécialement conçu pour la GRC. À la deuxième étape du développement, on ajoutera 735 mètres carrés qui abriteront des expositions thématiques dont 185 mètres carrés seront consacrés à une galerie d’expositions temporaires.

Le nouveau Centre du patrimoine de la GRC sera situé dans l’enceinte de l’École, à la Division Dépôt. Parallèlement aux racines historiques profondes de la GRC, le Centre du patrimoine de la GRC présentera les réalités auxquelles font face, de nos jours, les services de police. Cette présentation sera appuyée par une collection superbe d’objets, les vastes archives de la GRC, une technologie multimédia et des expositions interactives de pointe.

Depuis ses origines, l’histoire de la GRC, avec la Marche vers l’Ouest jusqu’à la ruée vers l’or du Klondike, sans oublier deux guerres mondiales, la guerre froide et le combat toujours d’actualité contre le crime organisé et le terrorisme, a toujours accompagné l’histoire du Canada. La GRC a grandi, changé et évolué avec le pays. Les activités et les expositions du Centre du patrimoine de la GRC aideront à expliquer cette expansion dans son contexte.

En plus de la vaste mise en contexte géographique et historique, le Centre du patrimoine de la GRC mettra l’accent sur l’ampleur et la diversité de ses activités. On y expliquera les différents rôles que joue la GRC au Canada et dans le monde. Bien que la tunique rouge et le Carrousel soient internationalement connus comme symboles de l’identité canadienne, les rôles de la GRC sont plus variés et plus complexes qu’on l’imagine. Qu’ils soient techniciens au laboratoire judiciaire ou agents d’infiltration, qu’ils fassent partie de la police communautaire, des services de renseignements, de la formation internationale, des services du maintien de la paix ou de la diplomatie, plus de 20 000 hommes et femmes, qui constituent aujourd’hui la GRC, assurent une gamme étonnante d’activités. Tout en veillant à la sécurité du Canada, ils travaillent en étroite collaboration avec d’autres forces et agences de police au pays comme à l’étranger.

Un des points les plus marquants de ces nouvelles galeries d’exposition sera la Marche de la GRC, sculpture de 36 mètres s’étendant sur toute la longueur du hall d’exposition principal, qui évoque l’évolution de la GRC dans le temps. D’autres expositions parleront des héros d’autrefois comme Sam Steele et James Walsh. D’autres encore donneront aux visiteurs l’occasion d’essayer la technologie de pointe utilisée dans le travail des forces de police modernes. Une visite au Centre du patrimoine de la GRC aidera les visiteurs à acquérir une meilleure compréhension de toute l’histoire de la GRC, organisation de police moderne, solidement enracinée dans ses traditions, et faisant énergiquement face aux défis de l’avenir. »

• Cow Town

Voici un autre incontournable chaque fois que nous accueillons des visiteurs. Cette boutique de vêtements de style westerns séduit toujours. Nous terminerons l’après-midi là. Ce sera le moment de vous laisser séduire par un assortiment de chapeaux, chemises, jeans, bottes et vestes de cowboys et cowgirls. Si vous cherchez une selle western ou un lasso pour exercer les mouvements appris en lisant Lucky Luke or en regardant les films de John Wayne, vous trouverez ce qu’il vous faut ici. On peut toujours apprécier la qualité de fabrication de certains de ces objets, à défaut de vouloir sortir son portefeuille.

• Visite au Beaver Creek Horse Centre

Nous allons rencontrer une famille d’éleveur bovins passionnés par le mode de vie qu’ils ont choisit. Barry Clemens est un cowboy, un vrai, qui aime partager ses connaissances avec ceux qui souhaitent découvrir comment ces gens, qui gagent leur pain en sillonnant les pâturages, s’adaptent à un mode ou la commercialisation tue si facilement l’authenticité. Sa conjointe Brenda est toute aussi sympathique et travaille également comme formatrice en activités équestres. Tous deux et leurs enfants vivent sur le ranch à une petite demi-heure de route de Regina.

Nous amenons souvent chez eux des invités de partout dans le monde pour monter à cheval avec eux pendant une semaine ou deux. Nous participons avec eux aux activités saisonnières, comme les rassemblements de troupeaux à l’automne, le marquage des veaux, et les inspections en pâturages. Barry et Brenda vont nous recevoir pour dîner autour d’un feu de camp au ranch. Ensuite, avec des voisins et amis, ils vont nous faire une petite démonstration des méthodes traditionnelles de traitement des animaux dans les prés en utilisant leurs montures et lassos. Ils nous montrerons également comment ils utilisent les bisons, des animaux à l’endurance légendaire, pour entrainer leurs chevaux au travail avec le bétail. Plus tard, certains d’entre vous seront peut-être invités à monter à cheval également pour découvrir un peu ce qu’est la selle western.

-Retour à l’hôtel en fin de soirée

Jour 6: Colonie huttérienne (huttérite) d’Arm River/Parc historique Wanuskewin Heritage Park, Saskatoon

Les membres de la communauté huttérienne font les moissons

-Petit déjeuner à l’hôtel

• Visite à la Colonie huttérienne d’Arm River

En 1528, afin d'échapper à la persécution religieuse, 200 anabaptistes fondent une nouvelle société en Moravie, une région de l'ex-Tchécoslovaquie. À leur tête: Jacob Hutter. Leur doctrine est basée sur les enseignements chrétiens anciens prônant caractère anonyme de l'individualisme chez le bon chrétien, ce qui est reflété par le vêtement traditionnel que portent les huttérites. La propriété privée est partagée par toute la communauté. Les huttérites prêchent la non-violence; ils s'opposent à toute forme de guerre.

En raison de leurs croyances, ils étaient souvent persécutés. C'est ce qui les a amenés en Amérique du Nord, il y a 120 ans. Il y aurait aujourd'hui 30000 huttérites en Amérique, surtout dans l'ouest canadien et américain. Une colonie moyenne au Manitoba a une superficie de 1700 hectares, alors qu'en Saskatchewan et en Alberta, en raison du climat plus sec, elles peuvent atteindre 3200 hectares. Une famille huttérite réussit à vivre avec la moitié de la superficie d'une terre familiale moyenne appartenant à des familles non-huttérites, grâce à leur mode de vie communal.

Une colonie comprend environ 14 familles, avec une population de 90 membres. Lorsque la colonie atteint le seuil de 125 à 130 personnes, on partage les ressources de la colonie et la population pour créer une nouvelle colonie parrainée par la première.

Les activités économiques des colonies varient en fonction du degré de progressisme de son chef spirituel et patron. Certaines ont des activités uniquement agricoles, d'autres ont bifurqué vers le monde industriel.

Ce qui demeure l'attrait principal pour celui ou celle qui s'aventure chez les huttérites, c'est les leçons que nous pouvons tirer de leur mode de vie coopératif. Le partage est une valeur qui est estimée au dessus de toutes. L'émerveillement devant les simples miracles de la nature est quelque chose qu'on leur enseigne dès leurs premières classes. Le sentiment que l'on ressent en rencontrant ces gens accueillants, que ce soit au repas partagé en groupe avec les hommes d'un coté et les femmes de l'autre, que ce soit au travail en chantant dans les champs autant qu'à l'abattoir, ce sentiment c'est la sérénité. Y gouter, le temps d'un après-midi, c'est comme boire à une fontaine de jouvence.

-Déjeuner au réfectoire de la Colonie huttérienne
-Trajet sur Saskatoon
-Enregistrement à l’Hôtel Bessborough

Cet hôtel de style château datant de 1935 occupe 5 acres de terrain avec un jardin et de l'eau, entre deux parcs au bord de la rivière Saskatchewan sud. Il est idéalement situé au cœur du centre-ville de Saskatoon. Les couloirs, décorés et spacieux, mènent aux 225 chambres entièrement rénovées et qui reflètent tout le confort et l'élégance de l'hôtel. Il a été rénové tout en recréant le style classique d'un château et en offrant les commodités nécessaires. Le nouveau hall offre un accueil chaleureux aux clients.



• Wanuskewin Heritage Park (en soirée)

Pendant plus de 6,000 années les gens se sont réunis à cet endroit unique et beau. Les tribus nomades parcouraient plaines nordiques ici pour chasser le bison, pour recueillir la nourriture, les plantes, et pour y trouver un abri face aux vents d'hiver. En suivant leurs traces aux abords de cette vallée et de ce ruisseau tributaire de la rivière Saskatchewan sud, vous comprendrez pourquoi les gens ont choisi cet emplacement comme lieu de culte et de célébration.


Situé juste trois kilomètres de nord de Saskatoon, sur 240 hectares presque entièrement composés de prairie naturelle, 19 sites archéologiques localisés : des campements d’hiver, des sites d’abattage, de dépeçage et de préparation de la viande de bison. Vous trouverez ici un cercle d’influence, des silex, des objets façonnés tels que des fragments de poterie, des percuteurs et pointes de flèches dans des secteurs compacts.



On ne fait que commencer à comprendre l’ampleur de l’importance de site du patrimoine amérindien qui est géré conjointement avec eux. Certains sites ici sont plus vieux que les pyramides d'Égypte. D'autres emplacements demeurent des mystères à résoudre. Un centre d’interprétation offre aux visiteurs l’occasion de se familiariser avec cette facette moins bien connue de l’histoire des plaines, une histoire qui parle ici à travers la culture matérielle dont nous avons hérité et que nous déchiffrons avec l’aide de ceux parmi les ainés amérindiens à qui on a confié la responsabilité de préserver le savoir traditionnel.

Les premières recherches archéologiques à Wanuskewin remontent aux années 30. Aujourd'hui, l'Université de Saskatchewan gère un programme de recherche archéologique intensif ici auquel votre guide a contribué.

Jour 7: Fort Carlton, Rivière Saskatchewan Nord/Lieu historique national de Batoche, Rivière Saskatchewan Sud

Lieu histporique provincial de Fort Carlton durant le tournage de la série de CBC/Radio-Canada "Le Canada: Une histoire populaire"

-Petit déjeuner à l’hôtel
-Petite visite d’orientation avec le campus Universitaire
-Départ pour Fort Carlton

• Fort Carlton

« Le Fort Carlton, appelé à l'origine Carlton House, est situé sur le bras sud de la rivière Saskatchewan Nord près de Duck Lake (Saskatchewan). Il a été construit en 1810 comme poste de ravitaillement et de pelleterie de la Compagnie de la Baie d'Hudson. Deux postes avaient été érigés ailleurs dans la région en 1795 et en 1804 avant d'être définitivement abandonnés pour l'emplacement actuel. Le Fort Carlton demeure un dépôt de pelleterie particulièrement important de l'Ouest canadien jusqu'en 1882. C'est près de ce lieu que les Cris des Plaines et les Cris des Bois signent le traité N° 6 de 1876 avec le gouvernement fédéral. En mars 1885, durant la Rébellion du Nord-Ouest, le poste est détruit par un incendie. De nos jours, le Fort Carlton, partiellement reconstruit, est un parc historique provincial de la Saskatchewan. » (Encyclopédie canadienne)

-Emprunter le traversier de St-Laurent pour traverser la rivière
-Déjeuner au Rendez-vous à St-Isidore de Bellevue
-Visite et découverte du patrimoine local à St-Louis

Lieu historique national de Batoche

• Visite du Lieu historique national de Batoche

Ce lieu historique présente les vestiges du village de Batoche, sur les rives de la rivière Saskatchewan-Sud, qui fut le dernier champ de bataille de la Rébellion du Nord-Ouest de 1885. Louis Riel avait choisi Batoche comme siège de son « gouvernement provisoire de la Saskatchewan ». Plusieurs bâtiments ont été restaurés dans le lieu. Le lieu dépeint le mode de vie des Métis de Batoche entre 1860 et 1900 : les sentiers qu'ils parcouraient, leurs maisons, leur église et la bataille de Batoche, qui se déroula du 9 au 12 mai 1885.

« Le major général Frederick Middleton, à la tête de 900 hommes, attaque moins de 300 défenseurs métis, Cris et Dakotas. Cette attaque est lancée sur deux fronts, soit sur la rivière, grâce au vapeur Northcote de la Compagnie de la baie d'Hudson, et sur la terre ferme. La stratégie échoue quand les Métis abaissent un câble de traversier, décapitant ainsi la cheminée du Northcote, qui se met alors à dériver.

Les Métis résistent aussi efficacement aux forces terrestres de Middleton grâce à des tranchées remarquablement bien creusées sous la direction de Gabriel Dumont. Au matin du 12 mai, Middleton, fort d'un canon de 9 livres, d'une mitrailleuse Gatling et d'une unité de 130 hommes, feint de se diriger vers le nord, attirant ainsi les Métis hors des tranchées creusées autour de l'église de Saint-Antoine-de-Padoue. Ils sont ainsi à portée de mitrailleuse. Un vent violent empêche le lieutenant-colonel Van Straubenzie d'entendre le feu et de coordonner son attaque sur l'église avec l'action de Middleton. Peu après midi, le colonel de Middleton, impatient de sa trop grande prudence, lance une attaque frontale contre les défenseurs affaiblis et perce leurs lignes. Ils en étaient réduits à charger leurs fusils avec des clous et des cailloux. La capture du village met un terme à la rébellion. Plus de 25 combattants des deux côtés sont tués. Louis Riel se rend quelques jours plus tard, Gabriel Dumont fuit aux États-Unis alors que d'autres participants sont capturés et détenus en attendant leur procès.

À Batoche, on peut visiter l'église et le presbytère, les seuls édifices de l'époque qui restent sur le site. On peut y voir les vestiges des tranchées creusées par les Métis et du camp de Middleton. Dumont et d'autres chefs Métis sont enterrés dans un cimetière des environs. La petite localité comprend maintenant un centre d'accueil où des animateurs relatent aux visiteurs le déroulement de la bataille et les renseignent sur la vie économique et sociale des Métis. » (source Encyclopédie canadienne)

-Retour sur Saskatoon à l’hôtel
-Dîner chez Calories, propriété de Rémi et Janis Cousyn

Jour 8: Les Battleford/Lieu Historique National de Fort Battleford/Galerie Allen Sapp, North Battleford


On pousse aujourd’hui la thématique de la sédentarisation des Premières nations et de l’arrivée des colons dans l’ouest en nous rendant dans la région des Battlefords pour explorer les particularités de la région de l’ancienne capitale territoriale.

Quand la colonie de Battleford, située dans la région actuelle du centre Ouest de la Saskatchewan, devient la capitale des Territoires du Nord-Ouest en 1876, la Police à cheval du Nord-Ouest y établit un poste en prévision de problèmes avec les autochtones. Jouxtant les édifices gouvernementaux du territoire et la ville en pleine expansion, le fort comprend près de 10 bâtiments, dont les résidences des officiers, une caserne, un entrepôt, un atelier et des écuries. En 1880, une palissade entoure les bâtiments, formant une superficie de 145 m sur 155 m. Pendant la Rébellion du Nord-Ouest au printemps de 1885, le fort Battleford sert d'abri aux colons de race blanche et de base d'opérations aux troupes, pendant que les insurgés Métis et Amérindiens saccagent le lotissement urbain et les fermes environnantes. Le poste sert de quartier-général divisionnaire et de caserne jusqu'en 1924.

En 1951, Battleford devient un Lieu historique national, la plupart des bâtiments étant restaurés ou reconstruits pour le plaisir des visiteurs.

• Lieu historique national de Fort Battleford

« Fort Battleford illustre le rôle de la Police à cheval du Nord-Ouest dans l'Ouest canadien. On y trouve maintenant cinq bâtiments d'origine, dont quatre renferment du mobilier d'époque. Les estacades et les bastions ont été reconstruits et la caserne renferme une exposition d'interprétation. »

La ville de Battleford est située au confluent de la Rivière Saskatchewan Nord et de la rivière Battle, à 138 km au nord-ouest de Saskatoon. Battleford compte parmi les plus importants des premiers établissements de l'Ouest canadien. Bien qu'il ne soit qu'un petit poste de traite de la fourrure et un camp de travail pour les arpenteurs, ce lieu devient en 1876 la capitale des vastes Territoires du Nord-Ouest. On y construit alors un grand complexe gouvernemental comprenant le Palais du gouvernement et un poste de la Police montée du Nord-Ouest, et on y élabore le tracé d'une future ville. Les activités commerciales et gouvernementales prennent vite de l'ampleur. En 1883, le siège de la capitale est cependant déplacé à Regina et la ligne de chemin de fer du CP passe par le Sud de la Saskatchewan plutôt que par Battleford, comme il était prévu. Durant la Rébellion du Nord-Ouest (1885), les troubles chez les Métis et les autochtones nuisent davantage aux perspectives de développement de la région.

En 1905, la ligne de chemin de fer atteint la région, mais le Canadian Northern Railway choisit de contourner Battleford, ce qui entraîne plus tard l'établissement du village voisin de North Battleford qui est devenu aujourd’hui le véritable centre économique de la région. Battleford prospère comme centre gouvernemental pour l'enregistrement des titres fonciers, district judiciaire et bureau des affaires indiennes, mais ne réalise jamais ses objectifs de départ.

Les deux villes jumelées constituent des exemples frappant de l’importance déterminante du chemin de fer dans l’Ouest canadien.

-déjeuné dans une vieille gare convertie en restaurant à battleford.

• Visite de la Galerie Allen Sapp

L’artiste amérindien (Cris) Allen Sapp est né durant l’hiver 1928 à la réserve Red Pheasant, non loin de North Battleford. Enfant, il était souvent malade et vulnérable aux persécutions des autres enfants de son âge. Sa mère qui n’était pas très en santé elle non plus succombe éventuellement à la tuberculose. C’est sa grand-mère, Maggie Soonias qui a éventuellement élevé et s’est occupé d’Allen. Le riche souvenir de cette tendre relation avec sa grand-mère nourrit certains des tableaux les plus sensibles de l’artiste, imprégnés du genre d’affection et d’amour qu’on voit rarement exprimé avec autant d’émotion.

Allen n’a jamais apprit à lire ou a écrire. À l’âge de 8 ans, affecté par la maladie à nouveau, la Nootokao (sage femme) rêve qu’Allen ne survivrait pas. C’est ainsi qu’elle lui confère son nom Cris en lui touchant le front durant son sommeil. Elle le nomme Kiskayetum (celui qui perçoit).

Tout au long de sa croissance, Allen approfondit également ce talent pour la perception; il trouve une grande satisfaction dans sa production d’esquisses et de tableaux. À l’âge de 14 ans il est atteint d’une méningite de la moelle épinière dont il failli ne pas se remettre. Une convalescence longue et épuisante suit. La Nootokao prédit qu’il s’en remettra et qu’il vivra suffisamment longtemps pour rendre Naheyow (les gens) fiers de lui; elle prédit que son talent deviendra un cadeau pour Naheyow et le peuple des blancs. C’est comme si la destinée avait trop investie dans cette être frêle, doté d’une si grande volonté de vivre... Un jour il communiquerait éloquemment ce qu’il était tout à fait impossible d’exprimer par les mots. Un message qui est en fait le récit visuel d’un people déterminé à survivre devant l’adversité et face à la grande dépression des années 30; face aussi aux défis d’intégration sociale auxquels les amérindiens des Plaines allaient être confrontés.

La richesse de l’œuvre de Allen Sapp est à mon avis son caractère presque ethnographique. En 1985, il est admit à la « Royal Canadian Academy of Arts ». Puis il devient l’un des 8 premiers récipendaires de l’Ordre du mérite de la Saskatchewan. En 1987, il est reçu membre de l’Ordre du Canada par la gouverneure-générale Jeanne Sauvé.

Aujourd’hui, Allen vient humblement faire un tour à la galerie avec son épouse de temps à autre. Il apporte son courrier à la galerie qui porte son nom pour qu’on le lui lise au milieu des tableaux qui ont fait de lui un des artistes amérindiens les plus célébrés au Canada.

Après une courte visite des territoires environnants nous retournerons à Saskatoon avant la nuit.

Jour 9: Musée du développement de l'Ouest, Saskatoon/Abbaye St-Peter , Muenster/Yorkton

-Petit déjeuner à l’hôtel
-Départ

• Musée du développement de l’Ouest (Saskatoon)

La province de la Saskatchewan, sensible au besoin de préserver les artéfacts d'un patrimoine en voie de disparition, a adopté la loi Western Development Museum Act en 1949. Depuis, le Western Development Museum (WDM) est devenu, par sa superficie, le plus grand musée au Canada. En effet, avec ses quatre établissements dispersés en Saskatchewan, son siège social et un centre de conservation à Saskatoon, la superficie d'exposition est d'environ 250 000 pieds carrés. Plus de 1 000 bénévoles aident le personnel dans ces cinq emplacements.

Les thèmes de chaque musée sont les suivants :

-Saskatoon : La ville champignon en 1910
-Moose Jaw : Histoire du transport
-North Battleford : Ferme et village du patrimoine
-Yorkton : Récit ethnographique

La collection contient 65 000 artéfacts de la période de la colonisation de la Saskatchewan jusqu'à nos jours. Cinquante-cinq pour cent de la collection est exposée. Ici à Saskatoon l’intérêt est de voir comment ces villes-champignons « Boomtowns » ont littéralement poussé là où passait le chemin de fer. Les bâtiments de la rue principale qui est recrée dans l’enceinte du musée sont très fidèles. La visite vaut le détour.

-Départ en direction de Humboldt (Francis et Elizabeth peuvent peuvent ici présenter leurs commentaires de l’aspect germanique de la destination.
-Déjeuner à Humboldt (à déterminer)

• Munster (visite de la Co-cathédrale de Muenster avec ses fresques magistrales et du monastère bénédictin)

L’Abbaye St-Peter est le plus vieux monastère bénédictin au Canada. Il a été fondé en 1903 dans le but de subvenir aux besoins spirituels des fidèles catholiques de souche germanique très nombreux dans la région. A cet effet, Rome a conféré au père-abbé de St-Peter’s toutes les responsabilités normalement attribuées à un évêque dans son diocèse, sauf celui d’ordonner les prêtres. Il n’y aurait qu’une douzaines de ces « diocèses » de par le monde. Depuis 1998, le diocèse a été amalgamé à celui de la ville de Saskatoon. La cathédrale construite en 1909 et décorée avec brio en 1918 par le compte Berthold Von Imhoff, une artiste pieu qui a connu une carrière intéressante, est devenue depuis une co-cathédrale durant les années 90.

La présence germanique est très sentie dans la région, comme en attestent les noms de lieu comme Muenster et d’autres. Aujourd’hui l’abbaye publie un hebdomadaire catholique (en anglais) très influent dans les Plaines (le Prairie Messenger). L’abbaye offre également l’équivalent d’une première année d’études universitaire aux étudiants de la région, en vertu d’une entente avec l’Université de la Saskatchewan à Saskatoon. Toute la ferveur avec laquelle les moines et la communauté environnante ont créé en ces lieux un oasis de paix et de tranquillité témoigne du rôle que joue encore aujourd’hui cette institution dans la région.

-Dîner et coucher à Yorkton (un des lieux importants dans les traditions d’influences Ukrainiennes)

« Principal attrait de Yorkton, le Western Development Museum’s Story of People retrace les diverses populations d’immigrants ayant contribué au kaléidoscope culturel de la province. Yorkton est aussi connue comme le siège de la première église ukrainienne en brique de l’ouest du Canada, la St. Mary’s Ukrainian Catholic Church. Construite en 1914, elle arbore une coupole haute de 21 m peinte par Steven Meush entre 1939 et 1941, qui en a d’ailleurs fait l’une des plus belles du genre sur le continent. » (extrait du Guide Ulysse)

-Coucher à Yorkton (Best Western Parkland Inn)