samedi, mai 06, 2006

Toronto la jazzée

Photo: Tourisme Ontario
Des musiciens jouent devant les foules pendant le festival de jazz de Toronto.

Le jazz s'inscrit en lettres dorées à Toronto. La belle, qui jouit d'une réputation internationale légendaire en la matière, décline un cortège de clubs qui font, l'année durant, la part belle aux stars du swing des quatre coins de la planète.

PAR TOBY SALTZMAN

Peu de villes peuvent se targuer d'afficher du jazz 365 jours par année et d'organiser cinq festivals annuels consacrés à ce type de musique. Toronto, elle, le peut. Même que le nombre de prestations musicales qui s'y déroulent ne cesse de prendre de l'ampleur, depuis que la Ville reine a gagné ses lettres de noblesse internationales en matière de jazz, à savoir le 15 mai 1953, au Massey Hall, lors du « meilleur concert de jazz de tous les temps ». Et pour cause! Cinq géants du be-bop étaient à l'affiche ce soir-là, soit Charlie Parker, Dizzy Gillespie, Bud Powell, Charles Mingus et Max Roach.

Selon Jim Galloway - saxophoniste soprano reconnu pour son style swing inimitable - Toronto est devenue l'équivalent canadien de la Grosse Pomme, le rendez-vous et le pied-à-terre préféré des musiciens de jazz d'ici et d'ailleurs, dans les années 1950 et 1960, époque bénie où la Colonial Tavern, la Town Tavern et le Palais Royale attiraient tous les grands orchestres populaires.

Et lorsque l'étoile de ces antres sacrés commence à pâlir, les amateurs de jazz se grisent des folles nuits du George's Spaghetti House, où improvisent notamment Moe Koffman et ses Swinging Shepherd Blues. Quelques années plus tard, ils dîneront dans la Salle Imperial du Fairmont Royal York, se laissant bercer par les voix veloutées de Peggy Lee et d'Ella Fitzgerald ainsi que par les notes du pianiste Oscar Peterson. Au fil du temps, Count Basie, Duke Ellington, Roy Eldridge et Coleman Hawkins ont également fait le bonheur des férus du genre.

Comme toutes les villes célèbres pour leur amour de la musique, Toronto a su cultiver ses propres stars : le flûtiste Moe Koffman, le vibraphoniste Peter Appleyard, le flugelhorniste Guido Basso, le compositeur Phil Nimmons, le guitariste Ed Bickert, le multiinstrumentaliste Don Thompson et Jim Galloway lui-même. Bien que le jazz, ici, soit plutôt mainstream - style parfaitement incarné par le Rob McConnell's Boss Brass Band - le traditionaliste Climax Jazz charme les foules depuis 32 ans.

Tandis que cette ville dynamique sur le plan culturel attire les meilleurs jazzmen du monde, le cœur du centre-ville se transforme en bouillon de culture, donnant naissance à des musiciens de jazz au style éclectique. Le multiculturalisme de la ville se reflète dans leur musique où l'influence canadienne, américaine, européenne et africaine se fait sentir, mariant du coup tous les genres, du blues au jazz traditionnel en passant par le swing, le be-bop et le jazz klezmer.

De la nouvelle couvée sont nés notamment la saxophoniste soprano Jane Bunnett, reconnue pour sa musique unique, hybride de jazz et de rythmes afro-cubains, et le guitariste Kevin Breit, qui fait valser avec bonheur le jazz avec les sons particuliers du country.

Par ailleurs, des programmes de musique éducationnelle ont vu le jour et leurs diplômés sont devenus depuis des musiciens, compositeurs et techniciens sans qui les industries alors naissantes du film, de la radio et de la publicité n'auraient pas pu subsister.

Aujourd'hui, Toronto est un arrêt incontournable sur la liste des tournées mondiales des groupes de jazz les plus renommés. La ville est maintenant si intrinsèquement liée à la scène planétaire du jazz qu'elle a récemment attiré quelque 7 000 membres au congrès de l'Association internationale pour l'éducation au jazz, le premier à se tenir à l'extérieur des États-Unis en 30 ans. À n'en pas douter, les participants se sont imprégnés de l'atmosphère des clubs locaux où le jazz et ses étoiles sont à l'honneur.

La ville elle-même a atteint des sommets de popularité dans un récent sondage mené en ligne par ejazznews.com auprès des férus du genre. Selon le rédacteur en chef, Bill King (également directeur du National Jazz Awards), Toronto se classe au deuxième rang dans la catégorie « la vie nocturne la plus passionnante du globe » (en terme de jazz, s'entend), derrière New York et devant La Nouvelle-Orléans (troisième place) et Paris (quatrième).

Place à la fête!
Entre mai et septembre, la ville bat littéralement au rythme du jazz avec au programme sa ribambelle de festivals. Depuis sa première édition, en 2003, le plus récent festival de Toronto, le Distillery Jazz Festival, met le Distillery Historic District sens dessus dessous, à chaque mois de mai. Anciennement connu sous le nom de Gooderham and Worts Distillery, l'exemple nord-américain le mieux préservé de l'architecture industrielle victorienne a été élégamment restauré et abrite aujourd'hui des galeries, des studios d'artistes et des restaurants.

Le Toronto Downtown Jazz Festival, qui célèbre cette année sa 18e édition, ravit la foule 10 jours durant, en juin, en présentant les spectacles de quelque 1 500 artistes internationaux. Le festival attire des centaines de milliers d'amateurs qui envahissent tant les clubs à caractère intimiste que le gigantesque Centre Hummingbird où, en 2004, le célèbre Ray Charles faisait frissonner la foule.

Juillet venu, le Beaches International Jazz Festival établit ses quartiers dans l'est de la ville, mais déborde à tout coup jusqu'en son cœur. En août, cap sur l'ouest pour le Oakville Jazz Festival et, en septembre, place au Southside Shuffle Blues & Jazz Festival, à Port Credit.

Si vous ratez la saison des festivals, pas de panique ! Toute l'année durant, trois clubs présentent les plus grandes vedettes du jazz ; d'ailleurs, il n'est pas étonnant d'y surprendre Wynton Marsalis et autres grands noms en train d'improviser.

Dîner au rez-de-chaussée du Torch Bistro (également connu sous le nom de Senator Steakhouse) vous assurera une place, en haut, au Top O' the Senator. Endroit par excellence de Toronto pour le jazz contemporain, cet espace intime évoque les clubs de blues des années 1930 et 1940 et inscrit à son programme tout le gratin, de Diana Krall au septet de Terence Blanchard. Il est possible que vous vous retrouviez installé aux côtés d'une vedette de l'âge d'or du jazz en visite dans la ville ou d'une star du grand écran en tournage dans celle que l'on surnomme la « Hollywood du Nord ».

De son côté, The Montreal Bistro - qui, malgré son nom, est plus versé dans le jazz que dans la cuisine - propose régulièrement à son programme certains des pianistes de jazz les plus célèbres de la planète. Les clients se rappellent encore avec émotion des performances passées d'Oscar Peterson et de George Shearing. Le chic restaurant accueille régulièrement Kenny Barron, Jay McShann, Junior Mance et Joanne Brackeen, ainsi que des talents locaux comme les saxophonistes Phil Dwyer, Roy Styffe et Perry White, le trompettiste Kevin Turcotte et le guitariste Reg Schwager.

Le Rex Hotel Jazz and Blues Bar est pour sa part célèbre pour deux choses : sa variété étonnante de bières pression et le nombre impressionnant de spectacles que l'on y présente chaque semaine (environ 17). Les Rex Jazz Jams des mardis soirs attirent en grand nombre certains des musiciens les plus éminents de Toronto : les chanteuses de jazz Melissa Stylianou, Emilie-Claire Barlow et Leah State ; le bassiste Dave Young, le guitariste Michael Occhipinti, le Ron Davis Swing Street Trio ou le Chris Gale Quintet, pour ne nommer que ceux-là.

De plus, chaque soir, des musiciens improvisent dans divers endroits de la ville. Hooch - salon étrange avec plancher de danse reconnu pour son style avant-gardiste - consacre ses jeudis soirs au swing, avec des numéros de big band, de jazz et de blues. AlleyCatz Live Jazz Bar est l'endroit tout indiqué pour écouter du jazz velouté tout en dégustant un martini ou un repas.

Et pour des performances très classe, faites un saut du côté du Musée des beaux-arts de l'Ontario : certains soirs, on peut y voir les artistes les plus branchés en ville. Sans compter que vous pouvez commencer la soirée en dînant à l'Agora, l'élégant restaurant du musée. Les samedis après-midi, C'est What propose d'écouter du jazz traditionnel de la Nouvelle-Orléans tout en savourant des aliments simples mais réconfortants.

Et puisque Toronto est l'une des rares villes avec une station de radio internationalement reconnue consacrée entièrement au jazz, profitez-en et syntonisez votre poste à Jazz FM 91. Vous voulez savoir ce qui se passe sur la scène jazz à Toronto ? Vous n'avez qu'à tendre l'oreille et suivre le rythme!

Pour de plus amples renseignements sur cette destination ou sur d'autres destinations canadiennes, visitez le site de la Commission canadienne du tourisme à l'adresse www.voyagecanada.ca.

source: Commission Canadienne du tourisme.

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