samedi, novembre 25, 2006

La CCT dévoile une enquête sur l’industrie canadienne des spas

Chateau Lake Louise Hotel, Parc national de Banff, Alberta
Photo: Commission Canadienne du tourisme

(article publié initialement dans la revue TOURISME)

Quelle est l’envergure de l’industrie canadienne des spas? 1 milliard $. Quelle est la catégorie qui progresse le plus vite? Les spas en centre de villégiature ou en hôtel. Où le plus grand potentiel inexploité se trouve-t-il? Le tourisme en spa.

Découvrez l’essentiel sur l’industrie canadienne des spas grâce à l’enquête Profil du secteur des spas au Canada – 2006 de la Commission canadienne du tourisme (CCT), l’étude la plus complète en son genre jusqu’à présent. En complément à une étude sur les voyageurs adeptes de spas au Canada et aux États‑Unis, cette récente étude de quelque 90 pages évalue l’industrie en détail, analysant la croissance, les recettes, l’emploi, le tourisme, les différences régionales, les difficultés et les tendances.

« Il s’agit essentiellement d’une nouvelle référence pour le secteur de la santé et du mieux‑être en spa, a déclaré Frank Verschuren, spécialiste des produits de la CCT. Cette information donne de précieuses munitions aux intervenants : les renseignements sur le marché et sur l’exploitation des spas leur permettront de prendre des décisions d’affaires éclairées. »

Selon l’enquête, l’industrie canadienne des spas représente 1 milliard de dollars de recettes par an; il y a plus de 2 300 spas au Canada et les établissements qui les hébergent se concentrent surtout en Ontario, suivie de la Colombie‑Britannique, du Québec, de l’Alberta et du Canada atlantique. Par ailleurs, la recherche a établi qu’un tiers des spas sont axés sur le tourisme, qu’ils embauchent presque 26 000 personnes et que le secteur a connu une croissance annuelle moyenne de 17 %.

La catégorie la plus importante est celle des spas de jour. On estime que les adeptes des spas ont fait 14 millions de visites dans les spas canadiens en 2005 (taux de croissance de 20 % entre 2004 et 2005). Les types de traitements les plus recherchés sont les massages, et les femmes demeurent la principale clientèle des spas. L’étude a aussi permis de constater que, plus que jamais, les Canadiens souscrivent à l’expérience en spa, comprennent ce qu’ils peuvent en tirer et sont soucieux d’obtenir le meilleur rapport qualité‑prix possible.

L’étude fournit des renseignements essentiels sur la nature et le profil des établissements de spas : dans leur ensemble, les spas occupent 8 millions de pieds carrés d’espace intérieur; le tiers des spas sont en centre de villégiature ou en hôtel; l’espace intérieur total a augmenté de 28 % entre 2004 et 2005. Les salles de traitement représentent 44 % de l’espace intérieur des spas. Les recettes se répartissent comme suit : salles de traitement (53 %), hébergement (36 %), salon d’esthétique (35 %), vente au détail (18 %) et restaurants (15 %).

Comme beaucoup d’autres secteurs, celui des spas fait face à une pénurie de personnel. Selon l’étude, l’industrie a aussi besoin d’accroître ses efforts de promotion, et les entreprises de spa ont de la difficulté à amasser des fonds de démarrage. Le Profil du secteur des spas au Canada – 2006 indique que le tourisme en spa est encore loin d’avoir réalisé son plein potentiel au Canada; il reste un secret bien gardé.

Depuis 10 ans, le secteur a connu une croissance vigoureuse et constante, selon Pat Corbett, président du groupe de travail de la CCT sur le tourisme axé sur la santé et le mieux‑être en spa et propriétaire du Hills Health Ranch en Colombie‑Britannique. « Nous pouvons être fiers de ce que l’industrie des spas a réalisé et nous prévoyons encore de plus grandes choses à l’avenir », a affirmé M. Corbett.

Les partenaires de la CCT dans la réalisation de l’étude étaient Alberta Economic Development, l’Agence de promotion économique du Canada atlantique, Développement économique Canada (Québec), Leading Spas of Canada, le ministère du Tourisme de l’Ontario, Premier Spas of Ontario, Spas Relais santé, Tourism British Columbia, Tourisme Québec et Voyage Manitoba. Le rapport peut être téléchargé gratuitement à partir du site Web de la CCT : www.CanadaTourisme.com; on peut aussi le demander sur CD.

La beauté des virements télégraphiques

(article publié initialement dans la revue TOURISME)

Si vous êtes propriétaire d’une petite entreprise touristique, il peut être fort utile de réduire au minimum vos frais de transactions financières. C’est ici que les virements télégraphiques offerts par les banques deviennent attrayants pour les acheteurs et fournisseurs qui font des transactions internationales. Nous avons parlé aux propriétaires de deux entreprises touristiques canadiennes qui envoient et reçoivent régulièrement des virements télégraphiques et, pour savoir comment cela fonctionne, nous avons communiqué avec l’Association des banquiers canadiens. Maura Drew‑Lytle nous décrit l’essentiel de ce mode de paiement :

« Vous devez d’abord vous rendre dans un établissement financier qui offre des services de virement télégraphique, indiquer combien d’argent vous souhaitez envoyer et à qui vous voulez le transmettre (il faut obtenir les coordonnées bancaires du destinataire) et donner toute autre instruction nécessaire. Vous devrez probablement payer comptant, à moins de faire le virement à partir de votre propre banque. L’argent est alors envoyé à la banque du destinataire et déposé dans son compte.

« Si vous faites des recommandations à des voyagistes, la rapidité des virements et la garantie du service font partie des avantages, par opposition à l’envoi d’un chèque, qui devra être compensé (les chèques internationaux peuvent prendre beaucoup de temps). Les virements télégraphiques interbancaires sont également très sûrs. Les voyagistes devraient interroger leur institution financière pour voir si les virements répondent à leurs besoins. »

Prenez le cas de la Midnight Sun Adventure Travel, de Victoria, qui offre à des petits groupes d’étrangers des expéditions d’aventure douce dans l’île de Vancouver, les Rocheuses, en Alaska et au Yukon. Scott Bonner est l’un des copropriétaires de l’entreprise : « Nous collaborons avec une vingtaine de voyagistes. Une fois que nous avons signé un contrat avec un voyagiste, nous lui transmettons nos renseignements de virement et ils envoient l’argent par courriel à notre banque de Victoria. Ils pourraient aussi nous envoyer un chèque ou utiliser VISA; c’est ainsi que nous fonctionnons depuis 10 ans. » L’entreprise envoie ses factures par courriel et les paiements lui sont transmis par voie télégraphique.

Selon Bonner, cette solution présente quelques inconvénients. Par exemple, la compagnie n’est pas avertie quand les paiements sont faits. « Nous pouvons vérifier par Internet si notre argent a été déposé, mais l’ennui, c’est que nous ne pouvons pas toujours déterminer lequel des voyagistes nous a payés. Il faut retracer le montant avec la facture. Supposons que Midnight Sun a vendu trois expéditions dans les Rocheuses à trois voyagistes australiens et que les montants sont identiques; on ne peut pas savoir qui a payé, parce que le prix est le même. L’état de compte ne donne que le montant, et même pas le pays d’origine. Nous vérifions pour voir si nous avons été payés en examinant chacun des comptes. Si les voyagistes nous ont envoyé un courriel au moment de faire le virement, nous pouvons déduire à l’aide des dates d’opération. Si nous ne recevons pas de courriel, il faudra examiner les factures pour nous assurer qu’elles ont été réglées. »

Bonner signale aussi que le virement télégraphique coûte quand même quelque chose. « Le voyagiste du pays d’origine doit payer pour l’envoyer et nous devons payer pour le recevoir. Ça nous coûte environ 10 $ par opération, peu importe le montant. Les voyagistes doivent débourser entre 20 et 30 $ pour l’envoyer. »

Malgré tout, beaucoup de voyagistes pensent que le jeu en vaut la chandelle. Luc Lapointe est président de Canadian Dream, une entreprise de tourisme réceptif‑émetteur du Nouveau‑Brunswick : « La plupart de nos clients sont en France, donc, le télégraphe est la façon la plus facile de se faire payer et probablement la plus commode et la plus économique. Les clients vont directement à la banque. Ils font leur virement télégraphique et, habituellement, l’argent aboutit dans notre compte de banque dans les 48 heures. Les frais de 10 $ que nous payons par opération en valent amplement le coup : moins de tracas et de paperasserie, surtout pour les transactions de 1 000 $ ou plus. »

Chez Canadian Dream, même les clients individuels utilisent le télégraphe. En fait, l’entreprise n’accepte pas du tout de paiements par carte de crédit, une chose que M. Lapointe ne pourrait pas, selon lui, se permettre au Canada. À son avis, c’est une question d’attitude : « Je ne pense pas que les consommateurs canadiens seraient très intéressés à envoyer des virements télégraphiques; ils sont si habitués aux cartes de crédit. Tout ce que je peux dire, c’est que le virement télégraphique est une façon sûre de fonctionner. J’en ai reçu un de la France, l’an dernier; ils m’envoyaient 13 000 $ à ‘Canadian Dream, Banque Royale, Canada’. Mon client est allé à sa banque, a donné l’adresse et le reste, mais au bout du compte, c’est tout ce qui a été écrit. Comme le paiement n’arrivait pas, j’ai téléphoné à la banque, à Toronto. Ils ont dû annuler la première transaction, récupérer l’argent et le renvoyer avec la bonne adresse, mais ç’aurait été un cauchemar si le client avait envoyé un chèque. Sur le plan de la sécurité, ce service est hors pair. »

Matthew Coorsh, de la Banque Scotia, ne s’étonne pas de la popularité des transactions télégraphiques auprès d’entreprises comme Canadian Dream et Midnight Sun Travel. C’est pourquoi son institution (la seule qui était disposée à commenter) offre ce service en tenant particulièrement compte de leurs besoins :

« Les services de paiement de la Banque Scotia permettent aux gens d’affaires d’amorcer et de gérer tous leurs paiements répétitifs et urgents qu’ils destinent à des fournisseurs nationaux et internationaux. Les paiements peuvent être lancés à partir d’un service bancaire axé sur le Web ou par l’intermédiaire d’un transfert de fichier sécurisé vers les systèmes de traitement de la banque. Les gens d’affaires qui doivent envoyer des paiements rapidement ou transmettre peu souvent de grosses sommes dans le monde entier peuvent se prévaloir des services de virement télégraphique en ligne. Nous offrons le traitement en temps réel, la flexibilité d’accès, des privilèges‑utilisateur, des vérifications comptables et le paiement définitif. Et en plus, les clients peuvent se créer des modèles d’envoi télégraphique pour réduire la saisie de données. »

De toute évidence, cette banque a bien réfléchi à la chose; il vaudrait peut‑être la peine que vous demandiez à votre institution bancaire quel genre de service télégraphique elle offre. À tout le moins, si tous les voyagistes canadiens demandaient à leurs banquiers des renseignements sur leurs services de virement télégraphique, cela pourrait leur rappeler dans quelle mesure le tourisme aide à faire entrer des devises étrangères au pays!

Charlottetown sera l'hôte d'un symposium sur les croisières

(article publié initialement dans la revue TOURISME)

Du 19 au 27 juin 2007, Charlottetown sera l’hôte du symposium sur les croisières Canada-Nouvelle-Angleterre. Des dirigeants de compagnies de croisières, des représentants d’autorités portuaires du Canada et de la Nouvelle-Angleterre ainsi que des fournisseurs de l’industrie se réuniront à Charlottetown afin de discuter du produit Canada‑Nouvelle‑Angleterre, tant sous l’angle des brèves excursions que du marketing. L’objectif est d’apprendre à travailler ensemble plus efficacement; toute personne qui s’intéresse au marché des croisières dans l’Atlantique aurait intérêt à assister à cet événement.

Perspectives intéressantes pour le secteur des croisières du Canada atlantique

Le Sea Princess s'arrête à St. John's, Terre-Neuve et Labrador pour quelques heures
Photo: Claude-Jean Harel

(article publié initialement dans la revue TOURISME)

Ces jours-ci, tous les représentants du secteur des croisières dans l’Atlantique vous le diront : les bateaux de croisière sont plus nombreux à faire escale au Canada atlantique. Selon Bernadette McNeil, présidente de l’Atlantic Canada Cruise Association, les visites de bateaux de croisière au Canada atlantique ont augmenté de 33 % depuis 2000. Ces chiffres n’étonnent pas Cathy McGrail, directrice du marketing et du développement des croisières à la Halifax Port Authority : « Comparativement à l’an dernier, nous avons constaté une hausse de 16 % des passagers des bateaux de croisière, qui visitent des attractions comme la citadelle et Peggy’s Cove. »

Voici comment cette tendance se manifeste pour Beth Kelly, propriétaire‑exploitante d’Aquila Tours à Saint John, Nouveau‑Brunswick : « Le secteur des croisières va bien, mais nous avons des creux, comme cette année. Nous attendons 80 000 passagers en tout en 2006, mais 150 000 l’an prochain. »

Mme Kelly, dont l’entreprise offre des circuits touristiques aux passagers des bateaux de croisière, trouve qu’ils sont attirés par des attractions comme la baie de Fundy. « Nous avons les plus hautes marées du monde. La baie de Fundy est réputée et les gens connaissent certains de ses attraits. Il faut dire aussi que Saint John a su susciter de l’intérêt pour toute la région. Nous offrons probablement 20 circuits par jour lorsque les bateaux de croisière sont à quai; nous accueillons surtout des méganavires. »

« Au cours d’une journée type, nous avons accès à une clientèle potentielle de 2 200 à 3 500 vacanciers que nous apportent les croisiéristes Princess, Carnival ou Royal Caribbean. Nous parlons de bateaux comme le Jewel of the Sea et le Sea Princess. Cette année, le Queen Mary 2 vient deux fois. Nous avons une clientèle de 1 000 à 1 500 personnes lors d’une journée normale; aujourd’hui presque toute l’équipe est au travail parce que le Carnival Victory est ici. Il va de New York à Saint John, se rend à Halifax et retourne à New York; c’est une croisière de 5 jours. »

Mme Kelly estime qu’environ 75 % de ses clients sont américains. « Nous leur offrons des circuits qui leur donnent un avant‑goût de la ville. Notre trolleybus fait le tour de Saint John; c’est ce que la majorité des gens veulent, et ils passent ensuite quatre ou cinq heures à se promener sans accompagnement. Les bateaux accostent au centre de la ville; les passagers peuvent marcher jusqu’au marché local et au musée. Nous offrons également des visites à l’extérieur de la ville, notamment au village de St. Martins, où les gens peuvent arpenter le lit de la mer. »

Que ce soit ou non le résultat de la popularité grandissante des croisières, l’une des tendances que Kelly remarque est une diminution des circuits en autocar. « Peut‑être pour différentes raisons : les croisiéristes offrent leurs produits à prix concurrentiel et, depuis le 11 septembre 2001, les gens prennent moins souvent l’avion, mais ils acceptent de se rendre à New York en auto, de monter sur un bateau et de partir en vacances. Dans l’ensemble, les bébé‑boumeurs ne prisent pas beaucoup l’autocar; nous devons leur vendre une expérience, pas un circuit en autocar. Je crois qu’il nous faudra du temps pour y parvenir et, pour le moment, les croisières sont une expérience gagnante; vous vous couchez le soir et vous vous réveillez ailleurs. C’est assez inoubliable. »

Résultat, de nouvelles destinations de croisière voient le jour dans la région. Tracy Singleton est directrice du marketing et du développement des croisières pour Tourisme Charlottetown.

« Jusqu’à tout récemment, Charlottetown n’avait pas été réellement active dans le domaine des croisières, surtout en raison de son infrastructure restreinte. Nous n’avions pas de quai assez long. En plus, il n’était pas droit, ce qui ne permettait pas un amarrage sécuritaire. Nous investissons présentement 15 millions de dollars américains pour restaurer le port, notamment pour élargir et redresser le quai, ce qui nous a permis d’attirer de nouveaux clients pour l’an prochain. À ce jour, Holland America a été le seul grand croisiériste à faire régulièrement escale à Charlottetown, et c’est surtout parce que la dimension de ses navires est adaptée à nos installations. Grâce à cet agrandissement, des bateaux de Princess et de Celebrity Cruise Lines viendront nous visiter en 2007, ce qui est une excellente nouvelle pour Charlottetown. »

Mme Singleton attend 27 000 passagers en 2006. Ce nombre grimpera probablement à 33 000 en 2007. « En fait, nous prévoyons une croissance de 100 % d’ici 2010. Les bateaux passent entre cinq et neuf heures au port. Nous avons observé que les gens adorent faire escale dans une île, car cela ajoute à l’attrait de l’itinéraire. Les croisières Canada‑Nouvelle‑Angleterre sont très prometteuses, et les données démographiques se transforment; nous voyons beaucoup de groupes multigénérationnels descendre des navires, ce qui est merveilleux. Ils semblent à la recherche de destinations sécuritaires (et de paysages spectaculaires), ce qu’ils trouvent en abondance au Canada et en Nouvelle‑Angleterre. »

Les effets de ce développement de destinations sont également ressentis à Terre‑Neuve‑et‑Labrador. Yvonne Power est directrice exécutive de Cruise Newfoundland and Labrador : « Nous profitons du secteur des croisières Canada‑Nouvelle‑Angleterre, mais il y a aussi les croisiéristes européens transatlantiques et le secteur des croisières d’expéditions d’aventure. Nous recevons souvent des bateaux de croisière transatlantiques en raison de notre situation géographique et aussi des bateaux de croisières d’expéditions d’aventure, qui font plusieurs escales dans la province. Certains font le tour de la province, avec des escales au Labrador. Les croisiéristes sont créatifs dans leur planification d’itinéraire et offrent même des itinéraires thématiques; un navire peut mettre l’accent sur les réserves écologiques, ce qui permet aux passagers d’observer les oiseaux. »

« Pour ce qui est des statistiques, nous avons prévu recevoir plus de bateaux et de passagers cette année que jamais auparavant. C’est une année record pour nous, et notre clientèle augmente tous les ans. En 2006, 107 bateaux feront escale dans quelque 37 ports. Autrement dit, de nombreux ports ruraux et urbains de la province accueilleront différents types de bateaux de croisière. »

Mme Power attribue ces résultats au plus grand nombre de navires européens. « Ce sont de plus petits bateaux, mais ils veulent visiter les sites du patrimoine mondial de l’UNESCO. Ils veulent faire escale dans les ports culturels cosmopolites, dans les ports historiques éloignés, à Battle Harbour et Red Bay. L’histoire, la culture, la géographie et les attractions naturelles jouent donc un rôle important. Nous constatons une croissance généralisée et une augmentation dans le secteur des expéditions d’aventure. »

« Les escales du Polar Star sont peut‑être un bon exemple. Cet ancien brise‑glace, dont les passagers viennent de partout dans le monde, effectue de multiples croisières vers de nombreux ports. Il y a aussi l’Explorer, un bateau d’expédition nolisé par Adventure Canada, et Cruise North Expeditions qui utilise le Lyubov Orlova pour ses expéditions. »

« Nous attendons 60 000 passagers et membres d’équipage cette année. Nous ne connaissons pas le taux de change exact, mais nous savons qu’ils sont un apport économique pour la province. Ils peuvent faire escale dans nos ports une seule fois, ou jusqu’à six reprises, et certains reviennent pour des voyages terrestres de plus longue durée. »

Les acteurs de l’industrie des croisières dans le Canada atlantique sont unanimes : ce premier voyage accompagné en bateau est plus précieux pour la région qu’il peut sembler à première vue. Selon les représentants de l’industrie, jusqu’à 30 % des passagers qui découvrent les destinations atlantiques du Canada lors de croisières reviennent en tant que voyageurs terrestres.

Certaines préoccupations ont été exprimées au sujet de l’incidence environnementale sur la région. Terre‑Neuve‑et‑Labrador a fait des efforts pour sensibiliser les visiteurs qui avaient l’habitude de recueillir des fossiles lorsque les expéditions les conduisaient dans les aires patrimoniales. La campagne semble avoir porté fruit. Sur un autre plan, les risques de pollution demeurent préoccupants. Les exploitants d’entreprise touristique comme Beth Kelly surveillent avec grand intérêt ce qui se passe dans cette région.

« De par leur conception, les nouveaux bateaux tiennent davantage compte de l’environnement. J’ai assisté à des séminaires lors de la conférence sur le commerce maritime [Seatrade] de Miami, où il était question de certaines des mesures qui ont été prises, de la façon dont l’eau de mer est utilisée et filtrée. Il semble que l’eau ressort plus claire que celle pompée à bord. Les nouveaux bateaux possèdent des systèmes complets de gestion des déchets. Avec les bateaux plus anciens, il y avait toujours une inquiétude, mais les nouveaux sont beaucoup plus efficaces. Et dans la baie de Fundy, par exemple, nous avons modifié les routes de navigation pour tous les bateaux afin qu’ils ne heurtent pas de gros mammifères comme les baleines. Je pense que c’est un sujet de préoccupation, mais si vous pensez à la possibilité que 3 000 personnes se rendent à nos destinations en voiture, il faut se demander si ce sont les bateaux de croisière ou les automobiles qui nuiront le plus à l’environnement. Un bateau ou 1 500 automobiles? »

lundi, novembre 06, 2006

Vancouver 2010 : Des Jeux Olympiques pour tout le Canada

(article publié initialement dans la revue TOURISME)

Il suffit de quelques minutes de conversation pour constater l’enthousiasme communicatif dont fait preuve John Furlong au sujet de Vancouver 2010. M. Furlong est directeur général du Comité d’organisation des Jeux olympiques et paralympiques de Vancouver (COVAN) et il est convaincu que ces jeux d’hiver sont « Des Jeux pour tout le Canada » et la meilleure nouvelle que l’industrie canadienne du tourisme ait reçue depuis des années :

« Il y a longtemps, lorsque nous avons tenté d’obtenir les Jeux et de découvrir notre « attrait » particulier, nous avons compris que le Canada possédait l’une des meilleures images de marque touristiques du monde. Généralement, les organisations candidates ont tendance à tenir compte de l’intérêt de leur collectivité ou de leur région pour les jeux olympiques. Les Jeux d’hiver de Torino, tenus récemment, revêtaient un caractère très local. La même observation vaut pour les Jeux de Salt Lake City. Oui, ces jeux ont été vus par les populations de tout le continent, mais ils n’avaient pas pour but de contribuer à bâtir la nation. »

« Nous avions l’intuition que, pour réussir, il fallait présenter les Jeux comme une occasion de rassembler le pays au grand complet. Les Jeux seraient l’un de ces rares moments, qui se produisent une fois au cours d’une génération ou deux, où chaque Canadien se sentirait concerné. Nous étions convaincus que la clameur des Jeux devaient retentir dans chaque demeure, faire l’objet de conversations autour de la table et toucher les entreprises, les collectivités et les villages de l’ensemble du pays. »

Obtenir les Jeux d’hiver de 2010 était une chose, mais le vrai travail commence lorsqu’il faut remplir les engagements qui ont été pris, notamment au chapitre des retombées économiques. Comment transformer les Jeux en machine à générer des recettes touristiques pour le Canada? Facile, estime M. Furlong :

« Les Jeux olympiques et paralympiques sont l’un des plus puissants moyens de communication sur la planète. Pendant la durée du projet, nous nous adresserons à plus de trois milliards de personnes. Comment trouver meilleure façon d’expliquer au monde que le Canada est une formidable destination, pourquoi les Canadiens sont exceptionnels et de quoi ce pays est capable – pourquoi c’est un lieu extraordinaire à visiter, pourquoi on y est en sécurité et pourquoi le Canada ‘fonctionne’. Grâce aux Jeux, le pays peut dévoiler tous ses merveilleux secrets. »

M. Furlong croit que l’industrie du tourisme n’aura probablement pas de sitôt une possibilité stratégique aussi importante, et souligne que, par le passé, certains pays ont été lents à comprendre le genre de pouvoir qu’ils avaient entre les mains. Il cite en exemple le formidable effet de levier que peut avoir au Canada le parcours de la flamme olympique :

« Cette activité permet de faire découvrir toutes les régions du pays. Elle sera suivie jour après jour. La télévision en parlera tous les soirs. Chaque partie du pays y participera. C’est donc une chance de rappeler aux Canadiens la grande richesse de leur pays, son côté spectaculaire et sa profondeur. Et c’est aussi une belle occasion pour le Canada de mettre ses atouts en valeur devant le monde entier. Je ne suis pas un scientifique spécialisé en tourisme, mais il me semble que si vous livrez un message extrêmement positif sur le fonctionnement d’un pays, il n’est pas exagéré de penser que les gens auront le goût d’y aller. Pour y parvenir, je ne peux imaginer un outil plus puissant que les jeux olympiques et paralympiques. »

M. Furlong croit aussi en la capacité des Jeux d’influencer les perceptions à l’intérieur du pays et à l’étranger en mettant de l’avant le commonwealth culturel du Canada :

« Durant l’examen des candidatures, je me rappelle que la Corée était finaliste contre Vancouver et qu’elle insistait sur sa culture vieille de 5 000 ans. Pour sa part, l’Autriche vantait les contributions de Mozart et d’autres à la culture et aux arts. Nous étions présents et nous nous disions que la culture du Canada était celle du XXIe siècle – la culture de l’avenir. Nous sommes citoyens du monde; nous bâtissons ici une nouvelle culture, une extraordinaire identité positive. Cet événement sera certes perçu comme celui des gens de Vancouver, et le Canada sera vu à travers le prisme de la côte Ouest, mais il n’en demeure pas moins qu’il constitue une très bonne occasion de faire découvrir les Canadiens au reste du monde. Je pense que ç’aurait été une grave erreur de ne pas utiliser l’appellation Des Jeux pour tout le Canada. »

Le message que M. Furlong destine aux intervenants de l’industrie canadienne du tourisme ne saurait être plus clair. Ils doivent comprendre que les choses bougent très rapidement et que la porte est grande ouverte pour que tout le monde « saute dans le train » et contribue à son avancée :

« Quiconque laisse passer une telle occasion de s’adresser directement aux deux tiers de la planète commet une grosse erreur. Quelle merveilleuse occasion de parler de nous! Je crois comprendre que les régions du monde les plus visitées sont les régions olympiques; si tel est le cas et si les Jeux sont une grande réussite, si nous tenons promesse et que les Jeux ont le rayonnement escompté, ils nous laisseront de précieux héritages. »

Et selon M. Furlong, les partenariats établis à l’occasion des Jeux seront l’un de ces héritages.

« Il est question ici du travail accompli ensemble et non de quelques organisateurs dans une collectivité. Il est question de rassembler ce qu’il y a de mieux au Canada et de créer le genre de conditions qui permettront d’amener les gens à unir leurs efforts et à tirer tous dans la même direction. »

C’est cette synergie que s’emploie à créer le président‑directeur général de COVAN. Il affirme se rendre compte chaque jour que le leadership tient le plus souvent et surtout à la capacité d’écouter et d’apprendre.

« Votre crédibilité repose sur votre présence. Vous devez être présent. On pourrait nous pardonner de rester chez‑nous, à Vancouver, et de nous contenter de faire le boulot qui doit être fait, mais ces jeux ne peuvent devenir des Jeux pour tout le Canada sans la participation du reste du pays. Nous avons visité chaque province du Canada cette année. Les gens sont tout à fait conscients du pouvoir d’attraction des Jeux et nous avons dit, dès le premier jour, que nous étions prêts, s’il le fallait, à communiquer individuellement avec chaque Canadien. Le Comité d’organisation ne peut cependant y parvenir tout seul, d’où l’importance de nos relations avec la Commission canadienne du tourisme [CCT], par exemple, et avec d’autres organisations de marketing touristique. Ce n’est pas le genre de travail qui peut être accompli dans une ville par un seul organisme. »

« Je ne connais pas d’organisme qui soit mieux placé pour parler du Canada que la CCT. La CCT est porteuse de l’image de marque de ce pays. J’espère que la CCT décidera de faire de Vancouver 2010 un élément majeur de sa plate‑forme au cours des prochaines années. Je crois effectivement que la CCT va dans cette direction; c’est certainement l’organisme qui peut le mieux s’acquitter de cette tâche. »

Les villes capitales canadiennes, véhicules du tourisme

Photo: OCC
Les participants à l'AGA de l'Organisation des capitales canadiennes à St-Jean, Terre-Neuve et Labrador

(article publié initialement dans la revue TOURISME)

Presque depuis leur création, les capitales canadiennes tentent de servir de vitrine aux caractéristiques touristiques de leur province ou de leur territoire. À l’assemblée annuelle de l’Organisation des capitales canadiennes (OCC), en septembre, les 14 capitales du Canada ont examiné comment elles aident à enrichir une imagerie touristique beaucoup plus vaste que la leur.

TOURISME a demandé aux représentants de trois capitales, Québec, Yellowknife et Victoria, de nous expliquer comment elles stimulent le développement de notre industrie.

Denis Angers travaille à la Commission de la capitale nationale de Québec. « Évidemment, dans les capitales, on déploie des efforts particuliers pour embellir l’environnement urbain et conférer aux villes les marques symboliques propres aux capitales. À ce niveau, dit‑il, le statut de capitale est un atout pour la ville. Les gens visitent les capitales non seulement parce qu’elles ont la réputation d’être belles et accueillantes, mais aussi à cause des possibilités d’apprentissage qu’elles offrent. Ce sont des lieux de débat et de dialogue. Non seulement hébergent‑elles le siège d’un gouvernement et de grandes institutions, mais on y trouve également un grand nombre de monuments et de ‘pierres de touche’ de la société. En 12 ans de travail, à l’OCC, nous avons tenté d’être à la fois miroir et fenêtre : un miroir pour que les gens puissent se reconnaître dans leur capitale, et une fenêtre afin que les visiteurs puissent y entrevoir ce que nos sociétés ont de mieux à offrir. »

Pour M. Angers, de nouvelles possibilités s’offrent à des villes comme Québec, dans l’univers touristique de l’après‑11 septembre 2001. « Il faut trouver de nouveaux déclencheurs de voyages, avance‑t-il. Peut‑être devrions‑nous songer à mieux servir d’abord nos propres citoyens et à laisser de côté certaines des rivalités qui existent depuis longtemps entre certaines régions de l’Est et de l’Ouest du Canada. Il y a beaucoup plus de choses qui nous unissent, dans nos assemblées législatives et les valeurs qu’elles soutiennent, dans le patrimoine architectural qui est préservé dans nos édifices gouvernementaux et dans la façon dont les capitales sont attachées aux racines des sociétés qui les ont enfantées. Je rejette l’idée selon laquelle tout le monde déteste la politique et les régimes politiques; dans l’esprit de bien des visiteurs, la possibilité d’être exposé aux régimes et aux institutions politiques contribue à l’attrait touristique des capitales. »

Ray Parks est pdg de la Commission de la capitale provinciale de la Colombie‑Britannique, à Victoria. Il fait écho aux observations de son collègue : « Il existe des liens extraordinaires entre le tourisme et la notion de capitale, et il nous incombe de transmettre cette notion aux gens de la province. Pour nous, Victoria est un endroit où de grandes institutions emblématiques, comme le siège de la démocratie, le Crystal Garden et le musée provincial [qui représente certaines parties du reste de la province], sont réunies. Essentiellement, nous cherchons à faire valoir la fonctionnalité de la citoyenneté—c’est‑à-dire la responsabilité et la fierté du citoyen. C’est cet esprit qui émane de la capitale provinciale. C’est ce même esprit qui émanait d’ici il y a 100 ans pendant la Ruée vers l’or, quand des gens partaient [de bien des endroits] pour accomplir de grandes choses partout dans la province. Cet esprit engendre la notion d’accomplissement et débouche sur la notion très impalpable, mais aussi très réelle, de fierté provinciale. Ces éléments deviennent les meilleurs symboles de cette province ou de n’importe quelle province, capitale ou territoire, car ils en constituent l’essentiel. »

Lorsque Peter Neugebauer jette un regard sur sa capitale territoriale, le sens commun est tout autant au rendez‑vous. Il est directeur du développement économique de Yellowknife, capitale des Territoires du Nord‑Ouest : « Sur une carte géographique, vous constaterez que les chemins s’arrêtent à Yellowknife. La ville a tout le poids d’un centre de services pour une population d’environ 20 000 âmes, et elle abrite presque la moitié de la population des territoires. Son aéroport est très achalandé, les réactés arrivant quotidiennement d’Edmonton, de Calgary ou de l’Est de l’Arctique. Yellowknife est un point d’accès à des activités d’aventure en plein air, à la toundra, à la pêche sportive, à la chasse au caribou, aux mines de diamant et bientôt aux activités pétrolières et gazières de la vallée du Mackenzie. Comme 75 % des gens des territoires viennent à Yellowknife, l’occasion n’est‑elle pas excellente de les inciter à poursuivre leur voyage!

« Initialement, le monde porte son attention sur cette capitale. Je dis souvent que le statut de capitale est une malédiction; c’est une arme à double tranchant, car tout le monde adore détester la capitale! ‘Yellowknife obtient tout’, dit‑on partout. Yellowknife est très bien placée pour utiliser le concept de la structure en étoile pour administrer son programme touristique et faire valoir aux visiteurs qu’elle fait partie du Nord et qu’il y a beaucoup plus à voir dans les autres secteurs des Territoires du Nord‑Ouest. Si vous êtes ici pour le plaisir ou les affaires, pourquoi ne pas prendre le temps de visiter d’autres collectivités? Difficile de trouver des clients plus réceptifs que ceux‑là; ils ont déjà décidé de venir à Yellowknife pour une raison ou pour une autre. Et vous les avez là, à votre portée! »

Évidemment, dans le monde de M. Neugebauer, les petites collectivités ont encore moins de ressources financières pour le marketing touristique que beaucoup d’autres localités canadiennes, de sorte que sa manière de tirer son épingle du jeu semble tout à fait raisonnable. Dans une perspective plus globale, il vaudrait peut‑être la peine de se demander si nous n’avons pas négligé certains des avantages qu’offrent les capitales. Les possibilités de marketing touristique y sont peut‑être plus nombreuses qu’on le pense.