dimanche, février 25, 2007

Cartographier l’Ontario francophone pour attirer les Québécois

(article publié initialement dans la revue TOURISME)

Pendant des générations, les Canadiens de l’Est qui prenaient la route vers l’Ouest avaient deux choix : suivre le tracé sud de la Transcanadienne et passer par Sudbury ou prendre le trajet nord, en passant par l’Abitibi, puis par l’Ontario (et risquer beaucoup plus de frapper un orignal en pleine nuit!). Avant que Nicole Guertin ne commence à opérer sa magie, il y a quelques années, Kapuskasing n’était qu’un endroit où les voyageurs aux yeux cernés s’arrêtaient pour prendre de l’essence et casser la croûte.

Mme Guertin a mis en branle Destination Nord de l’Ontario, un bureau de tourisme visant à faire connaître les destinations du Nord de l’Ontario aux Québécois qui, sans cela, auraient pu négliger la province en raison de présumées barrières linguistiques. Plus tard, l’organisme allait devenir Direction Ontario, dont le mandat était de développer le tourisme francophone partout en Ontario. D’expliquer Mme Guertin : « Le mandat de cet organisme est presque identique à celui de Destination Nord, mais il s’applique à l’échelle provinciale, ce qui nous permet de collaborer beaucoup plus facilement avec des organismes gouvernementaux. Notre guide touristique, financé en bonne partie par la province, est l’une de nos initiatives les plus notables. »

Pour mieux saisir l’importance de Direction Ontario et de la nomination de Nicole Guertin au poste de directrice générale, il faut comprendre d’où lui vient son tempérament. Mme Guertin se dit entrepreneuse sociale. Armée d’une formation d’infirmière et d’un penchant pour la contribution des entreprises aux collectivités, elle incarne ce qui se fait de mieux en matière de militantisme communautaire et de savoir‑faire en développement économique. Elle pense que ses traits de caractère lui viennent de ses parents, issus tous deux de familles entrepreneuriales : « Lorsque mon père a épousé ma mère, c’était comme si Pepsi convolait avec Coke. Pendant un certain temps, à Kapuskasing, nos cousins et nous‑mêmes étions propriétaires de 27 entreprises familiales. Dans mon enfance, les discussions autour de la table portaient toujours sur les affaires et la façon de produire des bénéfices. Ce qui me motive, c’est la conviction selon laquelle nous pouvons créer de l’emploi grâce au tourisme. »

« Quand je me suis lancée dans ce secteur, ma famille et mon père m’ont dit : ‘Es‑tu folle? Qui va venir ici?’ », raconte‑t-elle. « Je me suis dit que si nous attirions plus de touristes, nous vendrions plus de Pepsi et notre entreprise familiale marcherait mieux. Ça semblait assez simple, mais il faut du temps pour réussir. »

La principale réalisation de Mme Guertin est sans doute qu’elle a réussi à convaincre des organismes municipaux, provinciaux et fédéraux de la laisser, elle et son groupe, concevoir des solutions adaptées à l’Ontario pour attirer plus de touristes québécois. « Les décideurs ne croyaient pas que les francophones du Québec et de l’Ontario formaient un segment de marché intéressant. Il y a à peine deux ans, la France n’était même pas un marché cible pour l’Ontario. En 2003, le Québec ne figurait pas parmi les 10 marchés prioritaires de l’Ontario, ce qui m’apparaissait incroyable. Avec la guerre en Iraq et le SRAS, les perceptions ont changé, surtout quand nous avons commencé à faire connaître nos résultats. »

Les Québécois explorent le Nouveau‑Brunswick, l’Île‑du‑Prince‑Édouard et les îles de la Madeleine depuis maintenant des années. Il est donc normal de penser que tôt ou tard, ils s’intéresseront à l’Ontario. Mme Guertin a cru – au début – qu’il suffirait de montrer aux Québécois combien il est facile de trouver des exploitations touristiques qui offrent des services en français.

« Nous avions accès à des fonds d’Industrie Canada et de la province, par l’intermédiaire, respectivement, de FedNor et du Fonds du patrimoine du Nord de l’Ontario. Dans le Nord, nous avons un certain nombre de défis à relever, car le secteur de la foresterie va mal et les usines ferment. Nous avons réussi à ramener de nombreux jeunes dans le Nord, grâce en partie à nos efforts, mais la possibilité de bâtir ici une industrie de services nous donne une nouvelle lueur d’espoir. »

Mme Guertin dirige une équipe d’employés dévoués à qui elle a pu transmettre un peu de sa passion. « Le groupe est composé à 95 % de femmes. Ce déséquilibre des sexes n’est pas surprenant car traditionnellement, dans la francophonie ontarienne, les hommes s’intéressaient davantage à la foresterie et à l’exploitation minière, tandis que les femmes avaient généralement fait des études plus poussées et pouvaient ainsi s’ouvrir plus de portes. Quand les gens entrent dans nos bureaux, ils peuvent palper cette passion qui émane de tout ce que nous faisons.

« Nous sommes des catalyseurs et nous suivons une stratégie rassembleuse. Notre guide de voyage est une de nos tactiques. Ce n’est pas une mince affaire, car 1 400 entreprises y figurent, après que nous en ayons contacté jusqu’à 8 000 partout dans la province […] Nous avons préparé 10 questions du genre ‘Votre site Web est‑il bilingue? Pouvez‑vous répondre aux demandes de renseignements dans les deux langues?’. Le simple fait de sensibiliser les fournisseurs est un travail majeur. »

Direction Ontario décerne de 1 à 5 trilles (emblème floral de la province) aux entreprises, selon le niveau de services en français qu’elles offrent. Grâce à ce travail d’évaluation, l’organisme a découvert que les visiteurs qui ont utilisé l’échelle des trilles sont généralement plus satisfaits de leur voyage que ceux qui ne l’ont pas fait. Mme Guertin affirme que « nous n’avions jamais dit aux Québécois qu’il y a en Ontario un demi‑million de francophones et une autre tranche de 800 000 anglophones qui parlent aussi le français. Ensemble, cela donne 1,3 million de personnes bilingues. »

Il est juste de dire que le projet de Mme Guertin a aidé à élargir les horizons en Ontario. « Les exploitants que nous approchons sont réceptifs », estime‑t-elle. « Certains réalisent qu’ils doivent traduire leur menu. Par exemple, à Wasaga Beach, sur la baie Georgienne, l’épicerie du coin embauche du personnel bilingue parce que beaucoup de gens qui ont besoin de services bilingues y font leurs emplettes. Durant les deux semaines des vacances de la construction, qui ont lieu en juillet, au Québec, 50 % des visiteurs viennent de cette province. En dehors de cette période, la proportion est encore forte, à 30 %. »

Il vaut certainement la peine de regarder évoluer Mme Guertin et son équipe : « En Ontario, c’était le corridor Kingston‑Toronto‑Niagara qui primait. En 2005, 15 % des voyageurs ont visité la région de la baie Georgienne; en 2006, c’était 29 %. Grâce au Circuit Champlain, que nous avons mis au point, nous avons découvert une nouvelle façon de faire connaître l’Ontario en évoquant le territoire des ‘grandes mers intérieures’. C’est ainsi que Samuel de Champlain a baptisé la région quand il est venu à la baie Georgienne. Nous en avons fait l’essai sur les marchés français et québécois. De grandes étendues d’eau comme celles‑là, on n’en trouve pas au Québec; à cet égard, l’Ontario est unique au monde. Il ne s’agit pas seulement de tracer un parcours sur une carte; n’importe qui peut le faire. Il s’agit plutôt de faire en sorte que les collectivités locales s’approprient le projet et le fassent fructifier. »

Non seulement Direction Ontario prépare‑t-il d’autres circuits de ce genre, mais l’organisme participe aussi à la mise au point d’un circuit transcanadien auto‑interprété activé par GPS. Mais pour le moment, le guide de voyage demeure la preuve la plus éclatante du succès du groupe. (On peut le télécharger à partir du site de Tourisme Ontario, à www.ontariotravel.net.)

« Nous étions d’abord en 9e position pour les téléchargements. En décembre, nous étions en première place, devançant de deux fois et demie le guide en langue anglaise », affirme‑t-elle fièrement. « L’an dernier, nous avons acheté pour 20 000 $ de publicité, un investissement qui nous a rapporté 4 000 appels téléphoniques. Nous avons rappelé 250 des personnes qui nous avaient téléphoné en septembre, pour savoir si elles avaient visité l’Ontario; 57 % d’entre elles étaient venues en Ontario cet été. L’an dernier, c’était 44,5 % et l’année d’avant, 28 %. Ces gens sont originaires à 99 % du Québec.

Cette réussite a pris naissance à Kapuskasing, une ancienne ville industrielle mieux connue pour le centre de développement à basse température de General Motors que pour ses championnes du développement touristique. Mme Guertin et son équipe changent les perceptions et construisent une nouvelle prospérité.

mardi, février 06, 2007

Les arts et les affaires s’unissent pour mettre en valeur l’esprit des lieux réginois


Regina, le 6 février 2007 – C’est sous le thème « l’esprit des lieux » que les organisateurs du 3rd Annual Downtown Ice & Fire Carnival ont présenté aujourd’hui la programmation de l’édition 2007 de l’événement qui durera jusqu’au 17 février. Le carnaval d’hiver de Regina est le fruit d’une collaboration exceptionnelle entre le monde des affaires, des arts, de la culture et du sport qui vise à explorer les diverses facettes de la relation entre les citoyens de Regina et leur centre-ville.

Si la plupart d’entre-nous venons au centre-ville pour le travail, le magasinage ou pour nous divertir, le carnaval met davantage en lumière les aspects patrimoniaux, culturels et communautaires qui injectent au quartier son « esprit ». C’est ce caractère particulier qui distingue et enrichit l’image de notre ville auprès des canadiens et peut-être même aussi auprès des représentants des médias de l’extérieur.

Afin d’interpréter ce caractère en évolution, le comité organisateur du carnaval a invité la Dunlop Art Gallery de la Bibliothèque de Regina à assumer les fonctions de conservateur cette année pour l’exposition de sculpture sur neige. D’où le choix du thème « l’esprit des lieux ».

Le carnaval est une exploration tout en étant une célébration de la création des lieux: l’art d’établir une relation entre les gens et les espaces qu’ils utilisent. Pour incarner cette relation, New Dance Horizons met en scène un défilé-spectacle incorporant la glace et le feu le 17 février qui sera unique au Canada.

S’ajouterons à cela des événements spéciaux présentés par l’Association canadienne-française de Regina (ACFR) dans le cadre de son Rendez-vous Together, par le Saskatchewan Sports Hall of Fame ainsi que le Regina Plains Museum, entre autres. Cette année encore nous invitons les visiteurs à apporter leurs dons à la banque alimentaire de Regina qui fait face à une demande accrue en cette période de l’année.

Le carnaval est rendu possible grâce aux contributions en espèce et en ressources de toutes sortes provenant d’organismes et de personnes qui, pour diverses raisons, considèrent que l’événement joue un rôle-clé dans le quotidien réginois d’aujourd’hui.

Historique

Le Downtown Ice & Fire Carnival est né en 2005 dans le cadre d’une initiative d’artiste en résidence Art At Work sous la direction artistique de Robin Poitras (New Dance Horizons), avec le soutien de Harvard Developments Ltd, Regina YWCA et Regina Downtown. En peu de temps, le carnaval est devenu un événement-festival familial à ne pas manquer au coeur de l’hiver. Cette rencontre des arts, de la culture et des sports constitue une célébration inédite d’éléments abondants chez nous en cette saison: l’incontournable neige et l’énergie intarissable emmagasinée dans toute une communauté.

Ayant attiré plus de 8000 visiteurs au centre-ville lors de ses deux premières éditions, le Downtown Ice & Fire Carnival est une occasion incomparable de rassembler la population dans le cadre d’une célébration communautaire de notre culture hivernale. L’événement constitue un tremplin inédit pour mettre en valeur les attraits réginois auprès des citoyens et des visiteurs de l’extérieur, tout en profitant des qualités distinctives du centre-ville sous son manteau d’hiver.

Pour en savoir plus sur les préparatifs en vue des cérémonies du 17 février ou pour nous faire faire part de vos commentaires concernant le carnaval, veuillez visiter www.exploreregina.ca. De là, suivez les liens qui mènent au téléchargement du document d’investissement communautaire que nous circulons en ce moment, et aidez-nous à bâtir sur cette jeune tradition qui inspire déjà des villes comme Saskatoon.

Le 3rd Annual Downtown Ice & Fire Carnival connaîtra son dénouement le samedi 17 février au Parc Victoria.


Pour plus d'information:

Regina Downtown BID
359-7541
www.reginadowntown.ca

New Dance Horizons
525-5393
www.newdancehorizons.ca

Association Canadienne-Française de Regina
566-6020
www.acfr.ca

The Great Excursions Company
569-1571
www.greatexcursions.com

vendredi, février 02, 2007

Le cool canadien fait tripper la grosse pomme!


(article publié initialement dans la revue TOURISME)

Le bureau de la Commission canadienne du tourisme à New York a beaucoup contribué à mettre la Grosse Pomme dans l'ambiance des Fêtes en organisant une cérémonie d'illumination d'arbre de Noël au parc Bryant, le 28 novembre. Le célèbre Bonhomme Carnaval, de Québec, était sur place pour charmer les enfants et lancer les festivités, tandis que l'équipe de patineurs Stars on Ice a mis en vedette Jennifer Robinson, six fois championne canadienne, ainsi que l'ex-champion du monde Todd Eldridge et le Britannique Steven Cousins. Participait aussi au spectacle le chanteur-compositeur canadien John Gracie, primé sur la scène internationale.

Cette année, l'arbre de Noël vient du Québec, mesure 45 pieds de hauteur et pèse environ 1 500 livres. Il a été décoré en partenariat avec la Compagnie de la Baie d'Hudson et Brian Gluckstein, gourou canadien du design, dont la gamme d'ornements « La Baie » habille l'arbre de la tête au pied.

Deux designers canadiens étaient sur les lieux pour présenter leurs oeuvres dans le cadre de Celsius: A Canadian Lounge. Chris Hyndman et Steven Sabados, que le Discovery Home Channel a rendus célèbres, sont connus dans le monde entier grâce à des émissions comme Designer Guys, Design Rivals et So Chic. Les deux complices ont fusionné leur style particulier pour faire de Celsius un lieu de rassemblement très tendance, reflétant l'essence même de tout ce qui est cool à propos du Canada.