vendredi, mars 30, 2007

Tendance forte: le marché du tourisme humanitaire!

(article publié initialement dans TOURISME)

Le tourisme humanitaire ou les voyages écologiques prennent rapidement du galon parmi les nouvelles tendances les plus fortes, selon diverses sources citées dans un article de David Wilkening, de TravelMole.

« Les vacances de bénévolat attirent de plus en plus de personnes qui cherchent à se rendre utiles lorsqu'elles s'éloignent du travail et du domicile », précise-t-on chez CheapTickets.com. Cette entreprise et la United Way of America ont annoncé le lancement d'un nouveau site visant à aider les consommateurs qui souhaitent réserver des vacances de bénévolat. Les voyageurs peuvent ainsi prendre une vacance de bénévolat d'une semaine entière ou y consacrer une journée ou deux pendant un séjour déjà prévu.

« Les clients de CheapTickets veulent pouvoir aider bénévolement des collectivités comme la Nouvelle-Orléans durant le jour, pour ensuite en fréquenter les clubs de jazz et les restaurants le soir », explique Steven Barnhart, président et directeur des finances d'Orbitz Worldwide, qui exploite la marque CheapTickets.

Dans un récent sondage, CheapTickets a constaté que près de la moitié des voyageurs avaient entendu parler de vacances de bénévolat et qu'ils songeraient à prendre des vacances seulement dans le but de faire du bénévolat. Plus de la moitié des répondants songeraient à prendre une journée ou deux d'un séjour déjà prévu pour faire du bénévolat, tandis que 68 % des voyageurs consulteraient probablement un site touristique pour se renseigner sur ce type de vacances.

Les voyages éducatifs maintenant chose courante

(article publié initialement dans TOURISME)

Selon un sondage de l'Association de l'industrie touristique, 56 % des touristes américains souhaitaient effectuer un voyage éducatif et 22 % le désiraient plus qu'il y a cinq ans, d'après un rapport de David Wilkening (TravelMole, 22 février 2007). Les universités et les musées organisaient déjà des voyages éducatifs, mais depuis quelques années, ceux-ci font partie des voyages courants de l'industrie du tourisme. Selon USA Today, pour les universités, les voyages offerts aux anciens offrent une autre méthode de collecte de fonds et un moyen de resserrer les liens avec leurs anciens étudiants et d'encourager les dons.

Pour les agences de voyages, des caractéristiques comme des exposés donnés par des gens cultivés sont attrayants pour leur clientèle, particulièrement pour les baby-boomers et les personnes qui ont plus de possibilités que jamais de réserver en ligne des vols à tarif réduit et des hôtels.

jeudi, mars 22, 2007

Le tourisme en spa : comprendre la concurrence

(article publié initialement dans la revue TOURISME)

L’industrie canadienne du spa est encore relativement jeune, mais comme dans de nombreux pays du monde, elle est en plein essor. Les exploitants ont vite réalisé que le marché est loin de se limiter à la clientèle locale. En fait, un récent profil du secteur canadien du spa, achevé récemment pour 2006, révèle qu’en 2005, 29 % des visites en spas canadiens avaient été effectuées par des gens provenant de l’extérieur du marché local. On constate donc que le tourisme en spa est un élément clé de l’industrie canadienne du spa.

L’élaboration d’une stratégie pour le tourisme en spa commence à peine. Des recherches effectuées récemment par l’Association internationale du spa (ISPA) et la Commission canadienne du tourisme (CCT) donnent d’excellents renseignements sur l’industrie, l’adepte et le touriste en spa de l’Amérique du Nord. Or, les touristes en spa et ceux qui veulent les attirer étant éparpillés partout dans le monde, la CCT et ses partenaires ont commandé des recherches supplémentaires pour obtenir des renseignements préliminaires sur l’industrie, l’adepte, le touriste en spa et la stratégie à employer en Australie, au Royaume‑Uni et en Allemagne.

Les objectifs de ces travaux étaient les suivants :
  • Mieux connaître la taille et la portée de l’industrie du spa;
  • Déterminer dans quelle mesure le secteur public appuie les spas;
  • Tracer le profil préliminaire des adeptes et des touristes en spa;
  • Déterminer quels sont les circuits de distribution de voyages les plus répandus;
  • Déterminer ce que ces marchés font pour attirer leur clientèle locale et étrangère.
Ce rapport sera disponible sous peu à www.canada.travel/corporatif.

Pour décortiquer l’économie de l’expérience

(article publié initialement dans la revue TOURISME)

Imaginez une estrade sur laquelle sont posées une chaise de réalisateur de Hollywood et une table couverte de produits que l’on trouve ordinairement dans les supermarchés. Devant une salle comble, remplie d’entrepreneurs, l’auteur et penseur touristique Joseph Pine avance le principe selon lequel « toutes les offres économiques sont factices » et que les producteurs de ces offres ont beaucoup à gagner en y « mettant de l’authenticité ».

M. Pine explique ensuite qu’il est « plus facile d’être authentique si vous ne dites pas que vous l’êtes. » Essentiellement, si vous offrez efficacement de l’authenticité, vos clients ou vos invités devraient la percevoir. M. Pine compare alors des produits et des entreprises, et il demande à l’auditoire d’évaluer l’authenticité de diverses marques. Sa manière de déterminer comment certaines marques sont plus porteuses d’authenticité que d’autres est saisissante. Il montre, par exemple, une barre de savon naturel, partiellement enveloppée dans un emballage minimaliste qui permet au consommateur de la toucher et de la sentir.

La transparence est essentielle pour rendre « réelles » des offres factices. C’est ce que Joseph Pine appelle être « fidèle à soi‑même ». La communication est au coeur du message de M. Pine, qui affirme que l’efficacité avec laquelle l’authenticité d’une expérience sera présentée dépend de la capacité de chacun de faire valoir sa propre identité – qui prend racine dans celle de l’entreprise. Son message porte essentiellement sur l’importance d’être ce que vous prétendez être.

À mesure que les biens et services traditionnels se banalisent, les entreprises doivent, selon lui, orchestrer des expériences et promouvoir des transformations pour se différencier et produire de la valeur économique : « Les entreprises clairvoyantes, qui maîtrisent cette nouvelle réalité, peuvent valoriser leur offre, leur clientèle et leur entreprise de façon entièrement nouvelle. »

M. Pine est cofondateur de Strategic Horizons LLP, un groupe de réflexion américain qui étudie les mutations profondes de l’économie. Il a présenté un atelier à la conférence de la North American Farmers’ Direct Marketing Association (NAFDMA), qui a eu lieu en janvier à Calgary.

vendredi, mars 16, 2007

Les PME veulent obtenir des renseignements sur l’industrie

(article publié initialement dans la revue TOURISME)

On considère généralement que le secteur de la petite entreprise est au coeur de l’industrie canadienne du tourisme, car c’est elle qui assure la prestation de la majeure partie des expériences et des services qui attirent des visiteurs au Canada. Selon le répertoire d’entreprises de Statistique Canada, il y avait au pays 169 147 entreprises liées au tourisme en 2005, et 87,5 % d’entre elles faisaient partie de la catégorie des petites et moyennes entreprises (PME) de moins de 20 employés.

Alexander Reford, propriétaire‑exploitant des Jardins de Métis, à Grand‑Métis, au Québec, préside le comité spécial que le conseil d’administration de la Commission canadienne du tourisme (CCT) a mis sur pied pour les PME. Il croit fermement que la CCT devrait se soucier davantage de la façon dont elle transmet aux PME des renseignements clés concernant l’industrie.

« Les membres du comité ont la ferme intention de faire savoir à la CCT que tous ses outils d’information doivent être accessibles—et utiles—aux PME », déclare M. Reford. La rapidité est également cruciale : « Il faut que ces renseignements soient transmis le plus vite possible pour que nous puissions prendre nos décisions en matière de marketing », poursuit‑il. « À cet égard, nous avons besoin d’être servis aussi bien que les plus gros joueurs de l’industrie; je suis content de pouvoir dire que l’équipe actuelle, à la CCT, a la ferme intention de progresser à cet égard et que la ‘cyberstratégie’ des communications pourra profiter singulièrement aux PME. »

M. Reford sait précisément de quel genre de renseignements les PME ont besoin : « Ce qui les intéresse le plus, c’est de voir venir les tendances, au lieu de recevoir des statistiques après coup. »

La mise au point de la nouvelle marque Canada a changé les perceptions de la CCT à l’égard du milieu de la petite entreprise, estime M. Reford. « Je pense que la refonte de la marque a prouvé aux mercaticiens et aux gestionnaires que les PME sont les prestataires des produits et des expériences ». Idéalement, il aimerait maintenant que ces produits collent davantage à l’image du pays.

Il n’y a pas de lien officiel entre le comité sur les PME et le groupe Enrichissement du produit touristique et innovation (EPTI) qui, à la CCT, a mis au point et géré le programme populaire des « clubs de produits ». M. Reford pense qu’un rapprochement pourrait présenter certains avantages : « Nous souhaiterions collaborer le plus étroitement possible avec EPTI », dit‑il, ajoutant que les clubs de produits ont souvent accompli un travail d’avant‑garde et aidé à faire comprendre l’importance du travail des PME.

Mais il se rend bien compte du contexte financier dans lequel évolue la CCT : « De toute évidence, lorsque nous devons nous contenter de budgets qui rétrécissent ou stagnent, la capacité de la CCT de financer des programmes destinés exclusivement aux PME est assez limitée. »

Émissions de carbone : UNIGLOBE propose un programme de « compensation »

(article publié initialement dans la revue TOURISME)

Selon UNIGLOBE Travel, le programme Green My Flight permet aux entreprises canadiennes d’acheter des « crédits de carbone » en fonction du nombre de milles parcourus en avion pour leurs affaires, pour une conférence ou un voyage de motivation. Selon le site Web de UNIGLOBE, l’argent provenant de la vente de crédits est ensuite investi dans des programmes environnementaux appuyés par Environnement Canada.

On attribue aux voyages par avion environ 2 % de l’ensemble des émissions de gaz à effet de serre au Canada, et le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat estime que d’ici 2050, les émissions attribuables aux voyages par avion effectués partout dans le monde représenteront 5 % de l’ensemble des changements climatiques d’origine humaine. Les avions émettent chaque année plus de 600 millions tonnes de CO2 dans l’atmosphère.

Tous les projets de compensation des émissions sont enregistrés auprès d’organismes gouvernementaux ou non gouvernementaux, et le programme d’UNIGLOBE est examiné chaque année par des vérificateurs indépendants.

Tourism Vancouver participe au programme et prévoit « compenser » pour environ 220 tonnes métriques d’émissions de carbone. Seront compensés non seulement les vols effectués par le personnel, mais aussi les vols servant à amener des clients et des représentants des médias à Vancouver.

Pour renseignements, veuillez visiter : www.greenmyflight.com.

dimanche, mars 11, 2007

Comment faire prendre son envol à une destination

(article publié initialement dans la revue TOURISME)

Dans certaines industries, les stratégies de développement touristique sont des secrets professionnels bien gardés, mais la direction générale du développement et des services touristiques de l’Alberta a eu l’amabilité de raconter à TOURISME comment elle a relevé le défi majeur de créer une nouvelle destination touristique.

La directrice exécutive de cet organisme, Louise McGillivray, et le directeur du développement de destinations et de produits, Kevin Crockett, sont deux des principaux promoteurs de la nouvelle région des Badlands du Canada. Mme McGillivray précise : « Nos collègues de Travel Alberta, qui surveillent l’évolution de marchés comme celui du Japon, se faisaient constamment dire par les grossistes qu’en dépit des incontournables Rocheuses, l’Alberta avait besoin de nouveaux produits et destinations. »

Développement économique Alberta a pour mandat de collaborer avec des entrepreneurs et des groupes communautaires albertains pour développer des produits touristiques dans le but de mieux répartir sur le territoire les retombées économiques du tourisme. « Nous avons interprété cela comme une invitation à mettre au point des produits de calibre international », a déclaré Mme McGillivray. Son équipe a alors posé un regard critique sur certaines des ressources touristiques albertaines et s’est rendu compte que la région des badlands (mauvaises terres) de l’Alberta présentait les meilleures possibilités.

Mme McGillivray savait d’expérience que l’adhésion des collectivités régionales est essentielle à la réussite de tout projet de développement. Elle a donc sillonné la région durant l’été de 2003, rencontrant des exploitants et des représentants de sept municipalités pour les inviter à participer à un projet de développement touristique, tout en mettant à l’essai des concepts publicitaires.

Kevin Crockett poursuit l’exposé : « Ces essais ont permis d’évaluer nos possibilités. Nous avons sondé presque tous les marchés qui, à notre avis, pourraient nous envoyer des visiteurs—l’Angleterre, l’Allemagne, le reste du Canada et les États‑Unis, particulièrement le Texas et la Californie. Nous avons mis à l’essai non seulement l’appellation (Canadian Badlands), mais aussi un concept polythématique regroupant notamment les ressources autochtones, l’histoire des ranches et l’éventail d’activités récréatives qui pourraient être offertes dans la région. »

M. Crockett pense qu’il était nécessaire que cette nouvelle région touristique ne soit pas connue simplement comme le pays des « badlands et des dinosaures ». Les résultats des essais ont aidé à mobiliser les municipalités : « Elles ont compris que les possibilités étaient plus grandes qu’elles l’avaient sans doute imaginé. Nous leur avons aussi fait savoir qu’à notre avis, cette région devait être vaste [et occuper, dans ce cas‑ci, une bonne partie du Sud‑Est de l’Alberta]. »

La prochaine étape consistait à créer officiellement un comité directeur municipal épaulé par des représentants de Travel Alberta et par d’autres responsables, qui aurait pour tâche de concevoir une stratégie axée sur la recherche afin de créer une destination polythématique et multidimensionnelle. « De concert avec la CCT et l’une des municipalités locales, explique M. Crockett, nous avons évalué les possibilités de l’ensemble du secteur et, ensuite, nous avons lancé une série de projets de planification touristique communautaire pour cinq sous‑régions [regroupements de collectivités] qui composeraient les Canadian Badlands. »

« Ce fut une étape très importante, car les municipalités avaient été réunies et avaient manifesté la volonté de participer au projet », poursuit M. Crockett. « Mais elles se demandaient ce qu’elles allaient faire : ‘Nous ne sommes que des petites collectivités agricoles’, disaient‑elles. À mon avis, elles avaient vraiment besoin de services de recherche et d’encadrement. Ces stratégies communautaires ont beaucoup contribué à mobiliser les gens et à faire comprendre le concept des badlands canadiens. »

Pour illustrer les progrès accomplis, M. Crockett donne l’exemple d’une des cinq sous‑régions (deux municipalités voisines du parc provincial Dinosaur, le village de Brooks et le comté de Newell) : « Nous avons réuni des représentants des municipalités, de l’industrie touristique locale et du parc provincial. Cela a donné lieu à un certain nombre d’initiatives qui se concrétisent actuellement dans le voisinage du parc et qui permettent à tous les joueurs de s’intégrer aux infrastructures touristiques. »

Louise McGillivray raconte comment les choses ont changé : « Il y a des années, le parc provincial Dinosaur offrait des excursions guidées dans la zone protégée du parc, selon le principe du premier arrivé, premier servi. Au plus fort de la saison, les visiteurs se faisaient souvent dire qu’ils ne pourraient pas monter à bord de l’autocar avant 15 h. Les gens de Brooks le savaient; alors, ils avaient l’habitude de dire à ceux qui descendaient à l’hôtel : ‘Les autocars sont trop occupés et vous ne pourrez pas embarquer avant la fin de l’après‑midi; ce n’est pas la peine de rester’. Les gens remontaient dans leur véhicule et poursuivaient leur voyage vers Calgary. Trois choses se passaient : le parc n’obtenait pas les visiteurs, l’hôtel de Brooks n’obtenait pas deux nuitées et les visiteurs n’avaient pas la chance de vivre une expérience exceptionnelle. »

M. McGillivray dit qu’à la suite des discussions portant sur le développement des badlands, le parc provincial a mis en place un système de réservations et que les visiteurs peuvent avoir l’assurance que s’ils se présentent au parc, ils obtiendront leur visite guidée.

Des circuits touristiques ont également été mis au point dans la région, ajoute Kevin Crockett : « Une fois sur place, les gens adorent les paysages, mais les distances qu’il faut parcourir entre chacune des grandes attractions présentent un défi. Nous avons embauché un expert‑conseil qui a suggéré de concevoir des circuits jalonnés d’attractions secondaires. On a pu ainsi ‘raccourcir’ les distances, tout en approfondissant l’histoire des badlands et en exploitant divers autres thèmes. À l’origine, il y avait six circuits, et maintenant, ils en préparent six autres, qui sont axés sur la visite pédestre de lieux historiques et sur de brefs parcours dans certains secteurs clés. »

On a vite reconnu qu’il fallait confier à un organisme distinct le développement de cette nouvelle destination. Le 15 août 2006, 35 municipalités ont fondé à cette fin une société sans but lucratif appelée Canadian Badlands Ltd.

M. McGillivray signale que « notre ministère continuera à participer intensément à cette initiative, [mais] si la région souhaite atteindre son plein potentiel, ses habitants devront manifestement se l’approprier. » La toute nouvelle société embauchera un directeur exécutif pour s’occuper d’administration et aider à faire progresser le dossier.

Pour renseignements, veuillez consulter : www.canadianbadlands.com.

Les jeunes Australiens aiment la culture

(article publié initialement dans la revue TOURISME)

Selon le site News.com.au, un sondage réalisé auprès de jeunes voyageurs signale l’émergence d’un touriste nouveau genre. En voyage à l’étranger, ces jeunes accordent la priorité aux lieux et aux événements culturels. Dans le cadre de cette étude, effectuée en décembre et commandée par Contiki Holidays, 460 personnes de 18 à 34 ans ont été interrogées sur leurs habitudes de voyage; quatre‑vingt dix pour cent des répondants ont dit que la visite touristique était leur activité préférée, tandis que l’expérience de la culture locale arrivait en deuxième place (73 %). Pour 63 % des répondants, le magasinage était un facteur important pour le choix d’une destination, tandis que les activités sociales figuraient en premier lieu seulement dans 53 % des réponses.

« De nos jours, les voyageurs cherchent à établir des rapports plus étroits avec le pays d’accueil », déclare Joyce DiMascio, du Tourism and Transport Forum Australia. « Ils ont tendance à rechercher des choses qui vont les changer d’une certaine façon, qui élargiront leurs horizons. » Le rapport d’iTravel révèle aussi que 69 % des répondants avaient visité un lieu culturel, les préférés étant les musées, les lieux historiques et les galeries d’art.

Source : www.news.com.au/travel.

samedi, mars 10, 2007

Pour attirer les skieurs australiens

(article publié initialement dans la revue TOURISME)

Grâce aux efforts soutenus de la Commission canadienne du tourisme (CCT) et de ses partenaires en vue de promouvoir le Canada auprès des skieurs du monde entier, trois stations de ski canadiennes figurent parmi les 10 destinations favorites, selon le magazine australien Luxury Travel. Whistler occupe la première place pour la troisième année consécutive, tandis que Big White et Banff occupent respectivement la cinquième et la sixième place.

Donna Brinkhaus, directrice exécutive, CCT Asie/Pacifique, indique que, depuis plusieurs années, le Canada fait des offres spéciales et collabore avec les voyagistes et les journalistes pour demeurer en tête de liste. Cependant, elle souligne que les skieurs australiens n’ont jamais été autant courtisés. « Le Canada a été la destination par excellence des skieurs australiens pendant environ cinq ans. Il y a deux ans, le Japon et le Colorado ont commencé à gagner en popularité. Le décalage horaire entre le Japon et l’Australie n’est que de deux heures et le vol entre les deux pays dure neuf heures. Le Japon a lancé une grande quantité d’offres spéciales et le Colorado a répliqué en offrant aux enfants le vol ou le ski gratuit. Les stations de ski canadiennes ne peuvent soutenir pareille concurrence. »

Selon Mme Brinkhaus, on observe également une concurrence avec l’Europe et la Nouvelle Zélande. Cette dernière est à proximité, mais la saison de ski y est différente puisque le pays se trouve dans l’hémisphère Sud. C’est pourquoi les Australiens sont prêts à parcourir de grandes distances pour skier et échapper à la chaleur de l’été. « Les skieurs australiens peuvent partir skier pendant trois semaines, parfois dans deux secteurs différents », explique‑t-elle. « Le Canada est bien connu; nos destinations sont toujours enneigées, spectaculaires et diversifiées. Fait intéressant, 99 p. 100 des skieurs australiens qui viennent au Canada choisissent l’Alberta et la Colombie‑Britannique. »

« La part du marché occupée par le Canada a connu un recul au cours des dernières années », indique Mme Brinkhaus. « Lorsque la concurrence présente des offres telles que celles du Japon et des États‑Unis, et lorsque l’ensemble du marché demeure inchangé, on ne peut éviter un impact sur la place occupée par la destination la plus populaire. »

On constate heureusement que les stations de ski canadiennes sont toujours très dynamiques. De plus, Mme Brinkhaus estime qu’il existe d’excellentes possibilités. « Les voyagistes nous appuient, mais la concurrence est féroce », souligne‑t-elle. « Nous devons nous montrer plus intelligents et retenir l’attention des consommateurs avec nos offres. L’initiative de promotion de notre image de marque nous aidera énormément! C’est avant tout une question d’expérience, et notre nouvelle image de marque arrive juste à temps pour promouvoir toutes les possibilités que peut offrir le Canada aux skieurs. »

C’est le moment idéal pour tirer parti des relations établies au cours des années par la CCT et ses partenaires au sein du marché australien. Mme Brinkhaus rappelle qu’elle a accepté la mention de la destination de ski la plus populaire du magazine Luxury Travel au nom de la station de Whistler lorsque cette dernière a remporté ce prix pour la première fois il y a trois ans. « Depuis trois ans, Whistler est la station de ski la plus populaire à l’échelle internationale. Il s’agit d’un prix prestigieux; ce type de réalisation nous permettra de convaincre les consommateurs qui sont sur le point de choisir une destination d’opter pour un produit canadien, gage de qualité inégalée, qu’il s’agisse de Whistler, de Big White, de Silver Star, de Sun Peaks, de Jasper ou des centres de villégiature Fairmont dans les Rocheuses. Ce ne sont là que quelques‑uns des produits et des expériences spectaculaires que le Canada peut offrir. »

Les exploitants de camp de pêche du Manitoba rajeunissent

(article publié initialement dans la revue TOURISME)

Dans de nombreuses régions du pays, la chasse et la pêche ont souvent permis aux entrepreneurs en tourisme de goûter pour la première fois à un secteur économique qui excelle à créer de l'emploi dans des endroits reculés. Les récompenses peuvent être importantes, mais l'exploitation d'un camp de pêche peut devenir éreintante après quelque temps; à mesure que les plus anciens propriétaires passent le flambeau, de nouveaux exploitants plus jeunes et futés, qui voient le marketing sous un angle différent, prennent la relève.

C'est ce que constate Don Lamont, gestionnaire du développement de produits de plein air, à Voyage Manitoba. Par exemple, les exploitants de camp de pêche n'hésitent plus, aujourd'hui, à offrir des produits commissionnables aux professionnels du tourisme : « Les plus jeunes essaient de trouver d'autres façons de joindre les deux bouts. Parmi leurs tactiques, ils lanceront par exemple des campagnes intensives de publipostage et offriront des commissions. Nous avons récemment convaincu 18 camps manitobains d'offrir des produits commissionnables que des rédacteurs et des voyagistes allemands pourront essayer en septembre. » Il ajoute : « Au moins un de nos exploitants de camp de pêche, qui possède de solides antécédents en marketing, participera à Rendez‑vous Canada cette année. »

M. Lamont pense que ces exploitants comprennent mieux à quel point les produits commissionnables peuvent servir à attirer de nouveaux clients. En Europe, par exemple, les consommateurs savent que la meilleure manière de protéger leur investissement touristique consiste à faire appel à un voyagiste : « Le voyagiste doit s'assurer du bon déroulement du voyage, sinon il s'expose à des poursuites. Les consommateurs allemands le savent, et c'est pourquoi ils réservent par l'intermédiaire des voyagistes. »

Au début, cette approche peut présenter des défis sur le plan de la capacité d'accueil, mais les nouveaux exploitants savent que c'est le seul moyen de rester compétitif dans une industrie qui évolue, elle aussi. « Il ne faut pas se le cacher, la clientèle traditionnelle vieillit », souligne M. Lamont. “ Certains prennent peut‑être leur retraite, et d'autres sont peut‑être sur leur lit de mort. Les exploitants de camp de pêche doivent attirer une clientèle plus jeune, et il faut pour cela adopter des tactiques plus dynamiques. Au salon All‑Canada, qui se tenait récemment à Chicago, nous avions 20 exploitants de camp manitobains, et j'ai remarqué qu'ils étaient en moyenne beaucoup plus jeunes. La plupart d'entre eux comprennent aussi que les salons de sports de plein air ne sont plus une panacée. »

D'après M. Lamont, cette nouvelle génération d'exploitants cherche à pénétrer des créneaux comme celui des voyages long‑courriers à partir des États‑Unis : « Ils peuvent participer à un salon du nautisme haut de gamme, par exemple, pour essayer d'attirer plus de gens d'affaires. »

Assoiffés de réussite, ils connaissent la valeur de l'industrie du tourisme et des ressources à leur disposition.

dimanche, mars 04, 2007

Croisières sur le Saint‑Laurent : en avant toute!


(article publié initialement dans la revue TOURISME)

Au Québec, le fjord du Saguenay est depuis bien longtemps une destination-phare. Depuis l’époque des « bateaux blancs » du 19e siècle, les visiteurs sont fascinés par la rivière Saguenay, qui coule vers le Saint-Laurent dans un profond chenal encadré de très hautes falaises. Il ne faudrait pas se surprendre que les croisiéristes aient enfin cherché – en parcourant ces eaux éminemment navigables – la possibilité de rencontrer les gens de la région du Saguenay.

Priscilla Nemey travaille pour Promotion Saguenay, un bureau de tourisme chargé de développer le marché des croisières. En 2006, les efforts de son équipe ont donné lieu à l’établissement de 10 ports d’escale, ce qui est impressionnant, étant donné que c’était la saison inaugurale de l’organisme. Mme Nemey estime que jusqu’ici, environ 60 navires de croisière visitaient le fjord chaque année – sans faire escale. Ce qui a changé en 2006, ç’a été la possibilité pour les croisiéristes d’offrir à leurs passagers un riche assortiment de produits touristiques régionaux à Chicoutimi, Jonquière et La Baie, grâce à l’utilisation d’autocars.

« Nous savons que le pouvoir d’attraction du fjord est énorme, puisque c’est la seule structure géologique du genre en Amérique du Nord », explique Mme Nemey. « C’est une attraction majeure que l’on peut visiter en bateau sur une distance de 100 kilomètres, à partir du fleuve Saint‑Laurent. Au bout du fjord, on trouve une ville de 150 000 âmes, pourvue d’infrastructures touristiques bien établies. »

Normalement, ce genre de réalisation ne paraîtrait pas si extraordinaire, mais il faut savoir que la ville de Saguenay ne possède pas encore de terminal pour navires de croisière et que pour se rendre à terre, les passagers doivent embarquer à bord de petits bateaux qui font la navette.

« Pour que l’expérience soit encore plus mémorable, nous avons érigé des tentes géantes pour créer sur place l’équivalent d’un terminal. Il y avait dans ce genre de village éphémère comme une atmosphère de marché, car les marchands locaux s’y rassemblaient, au grand bonheur des passagers; les gens d’affaires ont même vendu des peaux d’ours aux visiteurs, qui leur ont demandé de les expédier à des endroits comme Las Vegas. Tout le monde a vécu une expérience fabuleuse! »

De bien des façons, 2006 a été une année charnière, poursuit‑elle : « La majeure partie de notre saison touristique s’étend de juillet à août, et nous recevons 1,5 million de touristes par année. À l’automne, les visites des paquebots de croisière nous permettent de prolonger de deux mois notre saison touristique. Ainsi, les attractions touristiques peuvent rester ouvertes plus tard dans l’année. »

Autrement dit, une saison qui était autrefois plus ou moins « morte » devient maintenant un automne occupé. Les possibilités de croisières printanières sont également envisagées et pas si farfelues, si l’on tient compte des tendances, dans le secteur des croisières. René Trépanier, directeur général de l’Association des croisières du Saint‑Laurent, déclare : « Le fait que les croisiéristes ait consenti à utiliser des navettes à Sagnenay est très révélateur. Cela signifie qu’ils reconnaissent la valeur de cette destination, et ils savent que l’aménagement d’un quai de plusieurs millions de dollars est en cours—que le terminal de bateaux de croisière s’en vient. Au cours des 20 dernières années, le secteur des croisières a enregistré, dans le monde entier, une croissance de 8 % par année. On dit qu’au rythme actuel, un nouveau navire sort des chantiers maritimes tous les 44 jours. »

Selon M. Trépanier, ce sont les membres de son organisme (Montréal et Québec étant les deux principales escales) qui ont compris que la réussite du Saint‑Laurent sur le marché des croisières reposait sur des facteurs relativement simples : « Après avoir discuté avec les croisiéristes, nous avons conclu que pour accroître la part de marché de Montréal et de Québec, il fallait favoriser le développement de nouvelles escales, le long de la voie maritime. »

Le fleuve Saint‑Laurent fait partie du circuit Canada‑Nouvelle‑Angleterre emprunté par les navires partant de New York et Boston. « Entre Charlottetown et Québec, par exemple, les navires doivent naviguer pendant deux jours pour arriver à destination », précise M. Trépanier. « De plus en plus, nous constatons que les croisiéristes préfèrent ajouter des escales, parce que les passagers ont tendance à bouder les longues traversées. »

Il semble que les consommateurs aient vraiment leur mot à dire, explique M. Trépanier. Ils veulent des activités tous les jours. « Pour demeurer compétitives, les régions doivent donc développer leurs produits, le long des itinéraires. »

C’est ainsi que des villes comme Baie‑Comeau ont mis sur pied des programmes de développement très dynamiques, signale M. Trépanier. « Elle a accueilli cette année un navire de 900 passagers. Havre Saint‑Pierre est également dans la course, tout comme Sept‑Îles, la pointe de la péninsule de Gaspé, Percé, Gaspé, Chandler, Trois‑Rivières et les îles de la Madeleine. Rimouski et Tadoussac pourraient également être du nombre. »

M. Trépanier nourrit de grands espoirs pour ces ports, même s’ils ne pourront pas tous accueillir les plus gros paquebots. « Le pont de Québec est un obstacle, à cause du dégagement, mais il n’est pas insurmontable, puisque nous allons continuer à cibler les petits et moyens navires de croisière pour Montréal, et il y en a beaucoup », rappelle‑t-il. « N’oubliez pas que les croisiéristes possèdent toujours des navires en bon état, qui sont moins gros et qui pourraient éventuellement être assignés au Saint‑Laurent, parce que nous pouvons leur offrir d’attrayantes escales. Mais nous allons cibler également les grands paquebots pour les ports qui peuvent les recevoir. »

M. Trépanier estime que d’ici 2014, Montréal devrait presque doubler son volume de passagers – qui passerait à 65 000 – à cause de la stratégie qui a été mise en place. « Les gens investissent dans notre groupe de marketing. Nous faisons valoir nos efforts collectifs par le truchement de campagnes promotionnelles et d’activités de relations publiques et de vente exercées pour leur compte. Pour la province, nous en sommes à 119 000 visiteurs, cette année. En 2014, nous visons le chiffre de 342 000 passagers. Nous pensons que nous aurons alors presque triplé le nombre de passagers de navires de croisière qui s’arrêteront dans nos ports ».

Pour étayer ses dires, M. Trépanier prend pour preuve les activités des chantiers maritimes : « La Pearl Seas Cruises fait construire à Halifax un navire qui s’arrêtera en 2008 dans les provinces de l’Atlantique et le long du Saint‑Laurent, souvent dans des endroits auxquels nous n’aurions pas pensé. Heureusement que dans le secteur des croisières, les réservations se font deux ans d’avance; c’est ainsi que l’industrie peut savoir très tôt dans quelle direction le vent soufflera. »

Martine Bélanger est directrice pour le marché des croisières, au Port de Québec, et présidente de l’Association des croisières du Saint‑Laurent : « À l’heure actuelle, la Méditerrannée est probablement notre plus grande concurrente. Sur le Saint‑Laurent, les itinéraires de trois à quatre jours sont impensables. Il faut au moins sept jours, si le départ se fait de New York ou Boston. La migration des navires de croisière vers la Méditerranée, l’automne, nous pose un défi; c’est pourquoi nous travaillons si fort pour enrichir nos produits. Nous espérons rallonger la saison touristique sur le Saint‑Laurent non seulement à l’automne, mais aussi au début du printemps ainsi qu’en mai, juin et juillet, quand se tient toute une batterie de festivals. Nous continuerons à privilégier les itinéraires axés sur les couleurs automnales, mais nous devons aussi démontrer aux croisiéristes que les possibilités d’offrir ici des itinéraires alléchants sont incomparables. »

Les célébrations du 400e anniversaire de la fondation de Québec, qui auront lieu en 2008, n’ont certes pas nui aux efforts de Mme Bélanger. « Nous faisons valoir la pertinence de l’anniversaire de Québec depuis plusieurs années maintenant et nous prévoyons déjà que 2008 sera une année record pour Québec et le Saint‑Laurent. »

Mme Bélanger espère que l’esprit de concertation qui a aidé à faire éclore la destination Saint‑Laurent se poursuivra, puisque l’avenir n’a jamais été aussi prometteur.

Regard neuf sur une tradition des Prairies: Great Canadian Barn Dance

(article publié initialement dans la revue TOURISME)

Pour beaucoup d’entre nous, notre dernière sauterie champêtre appartient sans doute à un lointain passé. Or, une famille de l’Alberta a décidé d’offrir une nouvelle expérience aux gens qui meurent d’envie de danser le rigodon sur le plancher d’une grange.

Le Great Canadian Barn Dance de la famille Kunkel, de Hill Spring, en Alberta, est en quelque sorte l’antithèse du club champêtre; c’est un établissement sans prétention, situé au milieu de nulle part, qui est devenu l’un des rendez‑vous familiaux les plus excentriques du Canada. Inspiré d’abord par son père Lloyd, qui a lancé le concept durant les années 80, Trevor Kunkel, son frère et leur famille prennent graduellement en main une affaire dont la réussite se répand comme un feu de broussailles.

« Nous avons toujours fait du divertissement », avoue‑t-il. « Papa a commencé quand il était jeune. Nous avons fait partie de son groupe et nous avons joué dans la région de Calgary pour quelque temps. Nous avons ensuite lancé notre propre groupe, tandis que papa continuait de son côté. Il était sur le point de prendre sa retraite en 1985 quand il a eu l’idée d’organiser des danses à la ferme – comme celles que nous avions l’habitude de fréquenter dans notre jeunesse. »

Le destin a frappé à la porte de Lloyd un jour où sa famille animait un repas de crêpes, à Calgary. Un étranger s’est présenté : « Je m’appelle Fred Brooks et je viens d’acheter la propriété de Jack Adey, au nord de Hill Spring. J’ai une grange là‑bas, et ne je ne sais pas quoi en faire. »

Les yeux de son père se sont allumés, se rappelle Trevor. « Mon père et Fred se rendirent à la grange. Il y avait encore des vaches et des chevaux à l’intérieur. Nous avons offert de la louer; nous l’avons nettoyée un peu et nous avons commencé à organiser des danses. » La famille Kunkel a immédiatement saisi les possibilités : « Deux cents personnes pouvaient entrer là‑dedans. Ce gentil monsieur avait réparé le plancher, et ses enfants jouaient à l’étage avant qu’on la prenne en charge. En 1991, nous avons acheté la grange et la trentaine d’acres qui venaient avec. »

Des gens commencèrent à téléphoner et à arriver en caravanes pour demander s’ils pouvaient stationner dans le champ pendant la nuit, au lieu de retourner au camping. Les Kunkel ont alors ajouté un camping de 10 places. « Nous en sommes maintenant à 90 places. Il y a ici un petit lac où nous allons faire du canot et ramer. Au début, nous organisions des danses tous les vendredis soirs de juin, juillet et août. »

« Après un certain temps, le propriétaire a commencé à penser qu’il y avait un peu trop d’activité autour d’ici, alors il nous a permis d’acheter le reste de la propriété et 60 acres de terrain », poursuit Trevor. « Nous avons coulé du béton au rez‑de‑chaussée, où se trouvaient les stalles. Nous avons subdivisé la surface et ajouté le chauffage, une cuisine et une boutique de cadeaux, puis nous avons aménagé une jolie petite aire à l’extérieur de la grange où les gens peuvent s’asseoir pour admirer le lac. Nous avons aussi ouvert un gîte du passant et construit des chalets. »

De mai à octobre, les Kunkel se produisaient aux festivals de musique durant l’été et à des danses, l’automne. Il y avait aussi le Noël du cowboy. « Nous habitons ici depuis 1998, alors il est devenu plus facile de travailler à plein temps en ajoutant des spectacles pour le dîner », confie Trevor Kunkel. « Maintenant, ma femme et mes fils chantent et jouent dans ces spectacles. C’est devenu fou. »

Lorsqu’on lui demande en quoi le produit de la famille Kunkel se distingue des autres, il évoque rapidement la décision que Lloyd a prise au tout début : ne pas servir d’alcool. Sa motivation première peut avoir été de nature religieuse, explique Trevor [son père étant de confession mormone], mais ce qui aurait pu faire échouer une salle de danse s’est transformé en une bénédiction : « Notre clientèle a augmenté à cause de cette décision. Dans les 20 dernières années, quatre personnes seulement nous ont dit ‘Ah bon, vous ne servez pas d’alcool; nous partons tout de suite’. »

Il importe effectivement beaucoup, dans cette exploitation, de rester fidèle à soi‑même. L’authenticité n’est pas incompatible avec l’innovation. « Les gens viennent et nous leur offrons notre buffet de rosbif à volonté. À 18 h, papa les accueille et bénit la nourriture, puis ils passent au buffet et commencent à manger. Après le repas, nous donnons un petit spectacle avec quelques volontaires. Les gens commencent à rigoler et à s’amuser, ce qui donne le ton à la soirée. À 19 h, ils montent à l’étage et la leçon de danse commence. On leur apprend les rudiments de la danse en ligne et le two‑step. Puis, la charrette à foin emmène ses passagers en promenade autour du lac. À 20 h, l’ensemble musical prend la relève et nous jouons jusqu’aux environs de 23 h 30. »

Ce fut un coup de dés pour les Kunkel; il leur fallait un nombre minimum d’invités, et Hill Spring n’est pas exactement situé au centre de l’univers. Mais l’attrait de l’exploitation semble irrésistible : « C’est incroyable. Nous sommes situés au diable vert, mais nous sommes, d’une certaine façon, au beau milieu de tout, car il y a, non loin d’ici, trois sites du patrimoine mondial et un musée de calibre international consacré à la voiture hippomobile. Les enfants étant surstimulés, de nos jours, un retour aux sources les calme. Nous réunissons tous les invités sous un toit, nous leur offrons à manger et leur jouons de la musique entraînante. Ils ont le temps d’apprécier la compagnie des autres. Et ils peuvent constater la transformation qui s’opère chez leurs enfants. »

Le contact avec les enfants importe beaucoup, mais la danse rassemble tout le monde. « Les personnes âgées nous apprécient aussi, car elles revivent leur passé », poursuit‑il. « Tout le monde y trouve son compte. Maman et papa peuvent se détendre parce qu’ils savent que c’est un endroit sûr. C’est un peu comme aller à la ferme de l’oncle Jack pour une réunion de famille, mais sans la famille! »