samedi, mai 26, 2007

Améliorer l’expérience grâce à « l’aménagement de lieux »

L'aménagement des lieux fait toute la différence à Mont-Tremblant, Québec
Photo: Intrawest

(article publié initialement dans TOURISME)

Si la règle d’or de l’aménagement des centres de villégiature est la nécessité de créer des endroits où les invités peuvent circuler facilement à pied, peu de promoteurs ont été aussi transparents qu’Intrawest au sujet des principes directeurs qu’ils appliquent pour atteindre cet objectif. La société de Vancouver a des propriétés en Amérique du Nord et dans le monde, mais elle est mieux connue au Canada pour ses activités à Whistler Blackcomb (C.-B.) et à Mont-Tremblant (Québec) – deux endroits ayant un passé très différent mais où les mêmes principes s’appliquent, selon le vice-président directeur, David Greenfield.

« En 1986, Intrawest a eu la chance d’acheter Blackcomb, l’un des deux sommets à Whistler. À l’époque, Intrawest était un promoteur immobilier qui concentrait son activité à Vancouver, dans l’Ouest du Canada et dans le Nord‑Ouest des États‑Unis », ajoute M. Greenfield. « Nous y avons vu l’occasion de combiner les compétences en gestion opérationnelle acquises à Blackcomb à l’expérience immobilière d’Intrawest. Le mariage des deux ne se voyait pas beaucoup à l’époque dans le monde des centres de villégiature d’hiver. »

Intrawest s’est lancé dans une opération de planification à Blackcomb. « La meilleure façon de procéder, selon nous, était de réunir certains des grands penseurs du milieu de la planification de centres de villégiature, et c’est ce que nous avons fait. »

Entre‑temps, une autre occasion s’est présentée à l’autre bout du pays; pour celle‑là, nous avons eu besoin des connaissances d’Eldon Beck. Il avait participé à la planification maîtresse du village de Whistler et de Vail (Colorado). « Nous avons constaté que lui seul possédait le flair et les compétences dont nous avions besoin pour créer un « authentique » village de villégiature », souligne M. Greenfield. « Avec son aide, nous avons commencé à comprendre ce qu’il fallait. Eldon Beck comprend les raisons profondes pour lesquelles les villages en montagne fonctionnent bien – et les principaux fondements matériels, spirituels et sociaux de ces centres. »

Ces fondements n’ont pas été mis à plus rude épreuve qu’à Mont Tremblant : « C’était la première fois que nous bâtissions un village à partir de zéro, en 1991. Tremblant agonisait et il serait probablement mort si personne ne l’avait relevé lorsque nous l’avons fait. Nous y avons trouvé une culture d’une grande richesse et une rare authenticité. Rien à fabriquer, tout était là – dans l’histoire locale, dans l’histoire de la province, dans le lieu comme tel. Les nombreux éléments dans lesquels nous pouvions puiser ont fait qu’il n’a pas été difficile de créer un village. »

Créé en 1938, Tremblant était l’un des premiers villages de villégiature en Amérique du Nord, explique M. Greenfield : « À l’époque, le seul autre véritable village de ski en Amérique du Nord était Sun Valley (Idaho). Tremblant était le deuxième et, en fait, il a acheté un monte‑pentes à Sun Valley pour créer sa première remontée mécanique. L’architecture était alors assez unique, car le propriétaire/promoteur original – un certain Joe Ryan – avait créé ses propres traditions en fonction de ce qui, selon lui, devait se passer dans un centre de villégiature situé dans ce milieu particulier. »

Mont Tremblant faisait partie de l’âme du Québec depuis des générations et c’est pourquoi quand Intrawest a pris le contrôle, il a vite constaté qu’il devait miser sur ce patrimoine. « Nous avons commencé à parler avec les gens et les souvenirs inoubliables d’une enfance et d’une adolescence passées dans cette merveilleuse destination internationale des années 50 et 60 ont commencé à surgir. Nous avons regroupé toutes ces histoires, les styles locaux et les éléments culturels et commencé à comprendre non pas l’apparence que devait avoir Tremblant, mais l’atmosphère qu’il devrait dégager. »

Fort des connaissances des personnes qui vivaient dans la région depuis longtemps (instructeurs de ski de longue date et employés du centre de villégiature depuis 30 ans), M. Greenfield a pu voir comment faire revivre le rêve qui était si vibrant dans les années 30 et 40.

Lui et son équipe sont allés dans des villages de villégiature en montagne d’Europe pour voir leur configuration matérielle. « Nous avons aussi visité des endroits au Québec pour voir les styles architecturaux que nous estimions importants, et nous avons élaboré un plan pour le village en nous inspirant de certaines architectures originales. Nous ne pouvions pas nous contenter d’y implanter le même type d’architecture de l’Ouest canadien que nous avions implantée à Whistler et à Blackcomb. »

Le résultat devait dégager une certaine authenticité : « Nous voulions un hôtel qui ferait penser à un vieux château que les gens pourraient avoir vu à Québec ou ailleurs », souligne M. Greenfield. « Nous voulions une petite aire commerciale avec de vieux bâtiments qui montrerait clairement ce à quoi Tremblant ressemblait dans les années 30. Tout ce que vous y voyez respire « Québec ». Nous estimions aussi qu’il était important de conserver certains bâtiments pour témoigner du Tremblant d’hier et de demain. »

Il donne l’exemple d’une église construite vers la fin des années 30 qui est véritablement une icône pour le centre. « Nous avons dû déplacer des petits bâtiments afin de créer un village historique piéton : nous les avons jumelés à des aires de restauration afin de leur donner une vocation récréative parce qu’ils représentaient un patrimoine que nous estimions devoir préserver. »

Selon Intrawest, « l’aménagement de lieux » est une philosophie que l’organisation essaie d’appliquer. « Nous sommes humains, ce qui veut dire qu’il nous arrive parfois de miser dans le mille et parfois de passer totalement à côté. Les gens vont en Europe et disent : « vous savez, ces villages sont fantastiques ». Il est facile d’oublier qu’ils ont été aménagés sur des centaines d’années; nous essayons d’aménager des lieux en quatre ou cinq ans! »

M. Greenfield est d’avis que nous devons donner aux villages d’aujourd’hui le temps de croître et d’évoluer organiquement. « On a parfois tendance à juger des résultats trop vite. » En résumant certains des principes qui font de grands villages de villégiature, M. Greenfield fait les recommandations suivantes :

« Le village doit être fidèle à son histoire et à sa culture. Il doit se fondre dans le paysage naturel pour ne pas avoir l’air d’y avoir été installé de force. Il doit témoigner d’un superbe sens de la mesure par rapport aux environs tout en affichant les dimensions auxquelles les gens s’attendraient d’une architecture d’époque. Le milieu doit être varié, intriguant et excitant. Eldon Beck parle toujours du voyage de découverte du village – les gens ne doivent pas pouvoir tout déchiffrer d’un coup d’œil. Ils doivent être attirés par des endroits et découvrir le village en le parcourant à pied – ils doivent toujours avoir l’impression de trouver quelque chose de nouveau. »

Un certain nombre d’éléments y contribuent. Dans un endroit comme le Four Seasons Whistler, M. Greenfield mentionne l’utilisation de matériaux de construction naturels dans une architecture qui donne presque l’impression d’être contemporaine. « C’est presque un dérivé de la côte Ouest. Le milieu naturel est très présent, mais nous l’utilisons de façon contemporaine. À Whistler, où nous n’avons pas eu à nous inspirer d’un passé de 200 ou 300 ans, l’atmosphère s’apparente davantage à celle d’un pavillon de parc national. »

« Sur la place centrale de Mont Tremblant, on comptait habituellement une centaine de chaises adirondack que les gens pouvaient déplacer pour faire face au soleil. Les nouveaux propriétaires ont gardé cette simple tradition en raison de la façon dont les gens se servaient des chaises pour se mettre à l’aise, exprimant ainsi un petit côté de leur propre personnalité. Les chaises adirondack créent de l’animation, et le milieu même se prête aux interprétations personnelles.

On a dit de l’aménagement de lieux qu’il constitue « l’art de se retrouver soi‑même dans un endroit où l’on vit ». C’est cela que les grands centres de villégiature rendent possible.

Une bouffée d’air frais au Musée de la GRC à Regina

Photo: Centre du patrimoine de la GRC

(article publié initialement dans TOURISME)

L’histoire de la Gendarmerie royale du Canada est typiquement canadienne. C’est une histoire qu’on est encore en train d’écrire, et que l’on partagera bientôt avec des visiteurs du monde entier au Centre du patrimoine de la GRC de Regina, qui devrait ouvrir ses portes à la fin de mai 2007.

Conçue par l’architecte canadien de renommée internationale Arthur Erickson, l’installation de deux étages, d’une superficie de 6 500 mètres carrés, est située sur un terrain de 6,7 hectares à côté de l’École de la GRC. On y présentera aux invités des expositions interactives et des stimulations multisensorielles comprenant des objets provenant des collections et des archives de la GRC. Selon le président‑directeur général, Vic Huard, ce projet d’interprétation du patrimoine, d’une valeur de 40 millions de dollars, est l’un des plus ambitieux dans l’histoire récente du Canada.

« L’initiative remonte à 1995, lorsque plusieurs dirigeants de la collectivité, y compris des représentants des Amis du Musée de la Gendarmerie royale du Canada, ont discuté des façons de promouvoir le Musée », indique M. Huard. « Le Musée de la GRC (qui a ouvert ses portes en 1973) avait atteint son objectif. De plus, on avait besoin de plus d’espace et de nouvelles approches pour permettre au public de mieux connaître l’histoire de la GRC. » M. Huard explique comment les discussions ont formé une vision qui allait intégrer la vision architecturale d’Arthur Erickson. « Dès ce moment, le nouveau Centre a vraiment commencé à prendre forme, ce qui a entraîné des engagements de divers ordres de gouvernement, soutenus par une importante initiative de financement. »

Le premier des deux volets du projet est presque terminé. Il comprend la construction de l’édifice et de la première partie des expositions, qui occupent 18 000 pieds carrés, dont 10 000 pour les expositions interactives. L’emplacement du Centre est crucial; il était essentiel de construire le Centre là où les cadets sont formés, là où tout commence. « Nous continuerons d’offrir des visites guidées pendant l’été, comme pour l’ancien Musée de la GRC », souligne M. Huard, « mais ces visites seront liées à des programmes du Centre. » Il promet une expérience tout à fait différente : « Les programmes d’interprétation seront beaucoup plus que de simples visites guidées. »

Malgré son optimisme quant aux avantages considérables du Centre du patrimoine sur l’économie de Regina, Vic Huard met en garde ceux qui pensent que cette attraction fort attendue entraînera une augmentation marquée du tourisme dans la capitale de la Saskatchewan : « Nous ne pouvons assumer ce rôle nous‑mêmes. À la suite des recherches menées dans le cadre de l’élaboration de la stratégie de marketing de Regina, nous sommes bien conscients que ce ne sont pas les attractions uniques qui attirent les touristes. »

M. Huard préfère voir le Centre collaborer avec d’autres attractions de la ville et de la province. « Comment pouvons‑nous tirer parti du pouvoir d’attraction de la GRC? Il s’agit de l’une des organisations les plus connues du monde entier. Si nous réussissons à attirer les visiteurs, nous devrons nous demander comment les encourager à passer la nuit à Regina. Comment pouvons‑nous conjuguer nos efforts avec d’autres produits, attractions ou atouts du patrimoine ou de la culture? Nous avons un passé très riche et nous ne le mettons peut‑être pas suffisamment en valeur. Cela nous donne l’occasion d’attirer des gens d’une nouvelle manière. »

Pendant ce temps, M. Huard se concentrera sur l’amélioration du produit. « Nous devons d’abord nous assurer que le produit et le système fonctionnent, que nous comprenons notre propre produit et que nous offrons un service de premier ordre. L’expérience sur le terrain favorisera notre réussite. L’architecture de l’édifice est phénoménale, les expositions seront fantastiques, mais nous misons aussi sur le fait que les visiteurs voudront revenir. Pour nous, il est essentiel de réunir une équipe qui comprend cet objectif continu. »

L’été 2007 illumine Toronto

(article publié initialement dans TOURISME)

Le soir du 2 juin 2007, le Musée royal de l’Ontario marquera la fin de la construction du pavillon Michael Lee-Chin Crystal par une cérémonie officielle d’ouverture et d’inauguration. Les personnes présentes verront Un monde de possibilités, concert en direct de 75 minutes qui présentera des célébrités sur trois scènes et culminera par l’illumination de l’impressionnante façade du pavillon. (La cérémonie sera filmée en vue d’une télédiffusion.) Après, le nouveau pavillon Michael Lee-Chin Crystal ouvrira ses portes au public pour la première fois. L’entrée par billet à heure déterminée sera gratuite jusqu’à 18 h, le dimanche 3 juin.

Jusqu’au 10 juin, les adeptes du design contemporain auront une occasion unique d’admirer la création architecturale de Daniel Libeskind dans sa forme la plus pure à l’échelle du pavillon. Au cours de cette période seulement, le public pourra accéder à toutes les pièces du pavillon ainsi qu’aux espaces uniques du pavillon qui seront laissés vides avant l’installation des expositions permanentes.

Du 1er au 10 juin 2007, se déroulera le premier festival des arts et de la créativité de Toronto, Luminato, avec une vaste gamme de manifestations, de célébrations spéciales, de premières mondiales et de collaborations artistiques internationales qui inspireront et soulèveront la Ville de Toronto.

« Luminato est une collaboration remarquable entre organisations artistiques, artistes et amateurs locaux qui ont créé un programme sans précédent pour valoriser les principaux actifs artistiques de Toronto », a déclaré Janice Price, PDG de Luminato. « Au moment où une renaissance créatrice déferle sur notre ville, nous avons joint nos forces pour produire un festival d’envergure et de réputation internationales. »

Les cristaux du Musée royal de l’Ontario éclairent Toronto

(article publié initialement dans TOURISME)

Pour une ville, il n’y a pas de plus beau cadeau que de transformer l’une de ses institutions culturelles les plus vénérables en place publique très populaire du 21e siècle. Voilà comment le président-directeur général du Musée royal de l’Ontario, William Thorsell, envisage l’initiative Renaissance.

« Le Musée a pour mandat d’être une vitrine universelle de la culture, en mettant en valeur des traditions d’Afrique, d’Asie et des Premières nations du Canada. Il s’agit également de l’un des principaux musées d’histoire naturelle en Amérique du Nord. On peut y examiner la structure de la terre et des minéraux, en plus d’y explorer l’époque des dinosaures et l’univers fascinant de la biodiversité moderne. »

« Ce projet vise la refonte complète des deux mandats, soit la rénovation des ailes initiales du Musée (construites en 1914 et en 1933) et la création d’une nouvelle architecture spectaculaire. L’initiative permettra d’intégrer le musée dans la ville et donnera à cet établissement, construit comme une forteresse, une toute nouvelle vocation, grâce à de nouvelles galeries, à des restaurants et à des boutiques. On fera place à la musique, aux repas et aux activités sociales. Nous voyons cette mesure comme un moyen d’améliorer la qualité de vie dans la ville », indique M. Thorsell.

Le nouveau cristal Michael Lee‑Chin, qui devrait ouvrir ses portes le 2 juin, comprendra de vastes surfaces de verre qui permettront aux visiteurs et aux passants de voir la galerie des dinosaures à travers les murs du musée, la nuit. « De l’extérieur, les gens pourront voir la galerie de l’Afrique, et au‑dessus, la galerie des costumes et des textiles. Il s’agit donc d’une initiative très ouverte, urbaine et transparente, dans l’intérêt de la ville. »

Sur le toit, dans l’un des cristaux, les visiteurs du nouveau restaurant Crystal Five pourront voir la ville. « On pourra boire un martini et dîner sur le toit, puis redescendre pour voir un film. Le Musée royal de l’Ontario comprendra maintenant cinq formes cristallines ayant différentes vocations. »

Le Musée royal de l’Ontario souhaite transmettre un engouement pour la culture et la nature. « Nous présenterons 1 500 échantillons de différents minéraux du monde entier », poursuit M. Thorsell. « Nous espérons que les visiteurs seront fascinés par le processus de création de ces minéraux, les joyaux de la terre. Les gens pourront ensuite voir la fabuleuse collection de peintures de Bouddha provenant de temples chinois, pour examiner un peu plus tard des fossiles de dinosaures de l’Alberta âgés de 63 millions d’années. Enfin, les visiteurs pourront parcourir l’histoire de la mode, de la fabuleuse époque des années 1950 aux travaux des couturiers de Marie‑Antoinette. »

La campagne de financement a permis de recueillir 250 millions de dollars jusqu’à maintenant. On comptera 27 galeries nouvelles et rénovées, dont 10 ont ouvert leurs portes depuis décembre 2005. Lorsque les nouvelles galeries seront terminées en 2008 2009, le Musée royal de l’Ontario sera encore plus près de la réalisation de sa vision.

« Nos villes deviennent des endroits très diversifiés. Différents groupes de personnes venant du monde entier s’y installent », souligne M. Thorsell. Selon lui, les musées ont la capacité de jouer le rôle qu’assumaient auparavant les églises : des lieux de rencontre liés à la musique, aux arts et aux sciences. « Les musées ne devraient pas tourner le dos aux villes; ils devraient plutôt s’y ouvrir et participer à leur dynamisme! »

Le secteur des croisières sur les Grands Lacs plus prometteur que jamais

Photo: Great Lakes Cruising Coalition

(article publié initialement dans TOURISME)

Quand on pense croisières, les Grands Lacs ne sont peut-être pas la destination à laquelle on pense d’abord, mais c’est une destination qui connaît actuellement un regain d’intérêt chez les consommateurs avertis de croisières. Cela augure bien pour ce secteur sous estimé de l’industrie, selon Stephen Burnett, directeur exécutif de la Great Lakes Cruising Coalition à Kingston.

« L’industrie des Grands Lacs est une industrie de petits navires intimes. Avec la Lloyds de Londres, nous avons recensé environ 140 petits navires dans le monde qui pourraient naviguer sur la voie maritime du Saint‑Laurent. Il en existe probablement une soixantaine qui permettraient d’exercer une activité de qualité et dont la taille permettrait de créer des répercussions économiques importantes. »

M. Burnett sait que la difficulté c’est de convaincre les propriétaires et les exploitants de ces navires qu’il est possible de faire de l’argent sur les Grands Lacs. Il a dirigé une étude approfondie sur le rendement de sept petits navires (de 100, 200 ou 400 passagers). « Nous avons constaté qu’une flotte de petits navires de croisière pouvait permettre de faire des affaires de 50 millions de dollars en une saison de 155 jours. Avec une flotte de 20 navires de croisière, les Grands Lacs alimenteraient une industrie de 100 millions de dollars en un clin d’oeil. »

Cette étude a aussi confirmé que les Grands Lacs offrent deux sources de revenus – comme la plupart des activités de croisière. La première tient aux achats des passagers et la seconde, aux activités maritimes, c’est‑à-dire au carburant et aux réparations des navires, et à la paie de l’équipage. « En fin de compte, l’ensemble de ces activités laisse une empreinte économique dans la région des Grands Lacs et influe sur tous les ports visités. »

Pour mieux tirer parti de ces possibilités, beaucoup de ports et de régions ont fait preuve d’un grand optimisme et investi dans des installations capables d’accueillir ces navires, explique M. Burnett : « Lors de nos discussions avec les autorités portuaires, nous leur conseillons de ne pas s’endetter en construisant tout de suite des terminaux modernes. Nous les encourageons à utiliser les ressources qu’elles possèdent déjà, surtout si elles ont accès à un immeuble patrimonial ou à un vieil entrepôt charmant. »

Certaines destinations peuvent envisager des investissements plus importants, ajoute‑t-il : « Toronto a construit un magnifique terminal polyvalent à l’extrémité est du port. Little Current, sur l’île Manitoulin, possède le port le plus visité de toute la région; elle améliore ses installations de mouillage pour que les navires puissent accoster en plein centre‑ville, comme cela se fait dans les fjords de Scandinavie. »

En prévision de la croissance future, le gouvernement de l’Ontario a financé une initiative qui apprend ni plus ni moins à une collectivité comment accueillir un navire, selon M. Burnett. « Cela aide beaucoup les collectivités qui connaissent mal l’industrie. »

Bruce O’Hare est l’une des personnes qui – comme M. Burnett – voit le potentiel de la région. Il possède et exploite le plus grand hôtel à Little Current (l’Anchor Inn construit en 1888) et Lakeshore Excursions, entreprise qui répond aux besoins des passagers : « Nous ressemblons beaucoup à l’Alaska d’il y a 30 ans », croit‑il, « une destination embryonnaire, mais qui compte des membres très engagés. »

Ce petit port qui accueille régulièrement des navires de 100 passagers procède à un développement de quatre millions de dollars. « Généralement, les passagers sont des Américains âgés et riches qui font des croisières haut de gamme plutôt que les croisières de masse offertes dans les Antilles. Les croisières sur petits navires coûtent plus cher par jour et les gens qui s’arrêtent dans nos ports ont tendance à avoir beaucoup voyagé. Ils sont allés en Méditerranée deux fois, ils ont fait l’Alaska, les Antilles, les Bahamas et l’Asie du Sud‑Est, et ils cherchent de nouvelles destinations. D’où les possibilités. »

Selon lui, les croisières sur les Grands Lacs connaissent actuellement une renaissance. « La mode d’hier revient en vogue. Il fut un temps où plus de croisiéristes naviguaient sur les Grands Lacs que sur n’importe quel océan, et cela revient tranquillement. Les Grands Lacs offrent de nombreux avantages. Ils sont très sûrs et l’anglais rend la destination accessible. On trouve ici de nombreuses commodités que l’on ne trouve pas ailleurs dans le monde. « Une croisière à domicile », expression inventée après le 11 septembre, « est la raison pour laquelle des endroits comme Jacksonville, Nouvelle‑Orléans, Charlotte et tous les autres ports de la côte Est et du Nord du Mexique accueillent maintenant de grands navires de croisière ».

Les attraits des Grands Lacs sont nombreux, qu’il s’agisse de festivals du film ou de courses du Grand Prix—activités aussi associées aux destinations européennes. La Great Lakes Cruising Coalition, organisme de marketing binational, n’a pas peur de sensibiliser le secteur des croisières à ce phénomène, signale Stephen Burnett : « Nous allons à Seatrade à Miami pour assurer aux Grands Lacs une place aux côtés des grandes destinations du monde, particulièrement l’Allemagne et l’Asie du Sud‑Est. L’industrie des petits navires de croisière reconnaît que nous avons une expérience extraordinaire à offrir sur ces mers intérieures d’eau douce. »

Pour que la destination reçoive l’attention qu’elle mérite, le groupe de M. Burnett a lancé, avec l’aide du gouvernement de l’Ontario, une série d’inspections visant les exploitants étrangers de navires de croisière ainsi que les voyagistes réputés qui font appel à des navires de croisière. « Nous avons constaté que ces gens sont très occupés. Nous les avons invités au Canada et avons loué un avion amphibie haute performance pour leur montrer qu’il est possible de planifier des itinéraires créatifs avec de petits navires de croisière dans des régions comme la baie Georgienne et le chenal du Nord.

« Alors, nous avons pu décoller sur les roues, atterrir sur les flotteurs dans le port de Parry Sound et de Little Current, atterrir sur les roues à Sault Ste. Marie, où nous avons changé d’avion pour nous rendre à la tête des Grands Lacs à Thunder Bay, puis à Duluth, à Detroit, à Erie, à Toledo avant de revenir à Toronto. Nous voulions faire valoir les Grands Lacs comme une magnifique destination de croisière en eau douce.

« À la fin de cette tournée, nos invités étaient bouche bée. Ils ont été étonnés non seulement par la beauté naturelle de nos Grands Lacs, mais aussi par la culture de la région. Pendant la tournée, ils lançaient toutes sortes d’idées – juste pour voir quels étaient les débouchés économiques. Aujourd’hui, nous en récoltons les fruits. »

Il faut régler quelques problèmes, dont l’un concerne la conformité aux règlements de sécurité. Le dédouanement d’un navire qui est passé par le Canada et les États‑Unis est pénible au point où certaines entreprises ont dit que la tâche était carrément trop difficile à envisager.

« Elles ont dit qu’elles allaient opter pour un itinéraire soit au Canada, soit aux États Unis », a déclaré M. Burnett. « Malheureusement, ça n’est pas la meilleure façon de faire, car les itinéraires qui touchent aux deux pays sont les meilleurs : ils ont beaucoup à offrir; par exemple, les croisières les plus excitantes vont de Toronto à Chicago.

« Il y a sept ans que nous travaillons à ce plan d’entreprise. C’est un défi incroyable parce que l’industrie nationale des croisières sur les Grands Lacs n’existe pas vraiment (les navires suivent généralement le soleil). Toutefois, la croissance qui s’annonce laisse croire que le meilleur reste à venir. »

On prévoit une forte hausse du tourisme des jeunes

(article publié initialement dans TOURISME)

Les jeunes voyageurs âgés de 16 à 24 ans constituent le secteur de l’industrie du tourisme qui connaît la croissance la plus rapide, selon les nouvelles statistiques de la World Youth Student & Educational Travel Confederation (WYSE), présentées sur le site TravelVideo.TV le 27 février 2007. Selon la WYSE, qui représente plus de 20 % des visiteurs internationaux, les jeunes voyageurs aventureux font de plus longs voyages, dépensent davantage, cherchent des destinations différentes et vivent des expériences plus diversifiées que la moyenne des touristes. Il n’est pas surprenant de constater que l’industrie les considère de plus en plus comme la relève du tourisme international.

L’organisme a récemment conclu avec l'Organisation mondiale du tourisme des Nations Unies un partenariat visant la promotion et le développement de cette industrie très lucrative, en encourageant les gouvernements à appuyer activement les produits et services liés au tourisme des jeunes.

Du Mexique au Canada!

(article publié initialement dans TOURISME)

Le marché mexicain est très prometteur pour le Canada, selon la dernière étude de segmentation de la CCT. Chaque année, on compte plus de 12 millions de voyages de plus d’une journée en provenance du Mexique. Par conséquent, le marché mexicain devient de plus en plus important pour le Canada, explique Sylvie Lafleur, directrice exécutive, Europe/Amérique latine :

« Après un léger recul en 2003, les voyages de plus d’une journée au Canada ont remonté la pente en 2004 pour connaître une croissance de 9 % en 2005, avec 173 000 visiteurs mexicains au Canada. De plus, on ajoute régulièrement de nouveaux vols directs. »

Pour comprendre l’évolution du marché, la CCT a commandé des recherches axées sur trois étapes :

* Première étape (étude documentaire secondaire) : compréhension approfondie du marché mexicain;
* Deuxième étape (enquête qualitative sur le tourisme) : vingt entrevues approfondies avec les principaux intervenants du marché mexicain, qui ont fourni de précieux renseignements;
* Troisième étape (enquête téléphonique quantitative) : un total de 2 500 entrevues dans les trois principales villes du Mexique (50 % à Mexico et 25 % à Monterrey et à Guadalajara), visant la classe sociale supérieure (A/B ou C+) et les voyageurs (au cours des trois dernières années) ou les gens qui prévoient partir en voyage (au cours des deux prochaines années).

Selon Mme Lafleur, cette initiative arrive au bon moment, en raison des nouvelles conditions qui font du Canada une bonne destination pour le Mexique : « Au Mexique, on constate une augmentation des voyageurs indépendants qui dépensent beaucoup. Les connaissances actuelles suggèrent que les produits touristiques du Canada correspondent très bien aux préférences des touristes mexicains, notamment pour les achats, les visites touristiques, les activités liées à l’histoire et à la culture, les parcs nationaux et les sports d’hiver. »

Les perspectives sont encourageantes au Mexique. L’économie du pays devrait continuer à croître au cours des trois prochaines années. De plus, la demande continue d’augmenter à 4 %. Enfin, la stabilité du taux de change devrait se poursuivre au cours des prochains mois.

Les touristes mexicains ont tendance à voyager fréquemment. Les répondants à l’étude ont effectué en moyenne 3,1 voyages d’agrément internationaux au cours des trois dernières années. Il s’agit d’un potentiel considérable pour les destinations internationales, y compris pour le Canada et ses concurrents. Soulignons que le nombre de voyages d’agrément effectués semble augmenter légèrement avec l’âge des voyageurs.

Même si 70 % des touristes ont effectué des voyages d’agrément aux États‑Unis au cours des trois dernières années, le Canada a attiré 18 % des voyageurs mexicains, presque autant que l’ensemble des destinations européennes (24 %), dont l’Espagne est la plus populaire (14 %). Certains Mexicains voyagent aussi en Amérique du Sud (8 %) et dans les Caraïbes (5 %). Les autres parties du monde attirent très peu de touristes mexicains. Le Canada attire proportionnellement davantage de visiteurs de la classe économique supérieure et de Mexico. Les recherches indiquent que l’Ontario est la province la plus fréquemment visitée. Le Québec, qui attire la moitié des touristes mexicains, vient tout de suite après. La Colombie‑Britannique attire plus du tiers des visiteurs du Mexique, suivie de l’Alberta (12 %).

Le marché mexicain est particulièrement attrayant lorsqu’on prend connaissance des intentions futures de voyages internationaux. Près des deux tiers (65 %) des répondants déclarent qu’il est sûr – ou très probable – qu’ils effectueront un voyage d’agrément à l’extérieur du Mexique et de l’Amérique centrale au cours des deux prochaines années. Ces résultats soulignent le dynamisme du marché.

Les voyages au Canada attirent davantage les voyageurs plus jeunes (de 20 à 54 ans) et les résidants de Mexico. Les destinations européennes sont les principales concurrentes dans ce segment du marché. En moyenne, les voyages au Canada et ailleurs dans le monde sont plus longs qu’aux États‑Unis. Les familles ont tendance à visiter ensemble les destinations internationales, surtout les États‑Unis. Enfin, bon nombre de touristes mexicains voyagent seuls (17 %) ou avec des amis (14 %).

De nombreux touristes mexicains profitent des forfaits qui comprennent l’hébergement et le transport aérien. C’est plus souvent le cas pour ceux qui visitent le Canada (37 %) et d’autres parties du monde (31 %) que les États‑Unis (25 %). La promotion du Canada est favorisée par ces forfaits, qui facilitent le processus de sélection et de réservation pour les Mexicains.

Les répondants préfèrent demeurer dans des hôtels de prix moyen (33 %), chez des amis ou des parents (33 %), dans des hôtels luxueux (21 %) ou dans des centres de villégiature (11 %). Une bonne partie des consommateurs sont prêts à payer davantage pour l’hébergement. Des touristes mexicains rapportent des dépenses supérieures à 5 072 $CAN pour des voyages. Ils dépensent davantage au Canada (5 929 $) et dans d’autres parties du monde (5 843 $) qu’aux États‑Unis.

« Cette situation favorise le Canada », souligne Mme Lafleur. « Les États‑Unis ne sont pas aussi bien perçus que d’autres destinations pour le rapport qualité‑prix. Le Canada et d’autres parties du monde sont mieux perçus et coûtent moins cher. C’est une occasion pour le Canada de prendre l’avantage sur les États‑Unis. »

Ajoutons que les touristes mexicains associent le Canada au ski alpin ou à la planche à neige (les États‑Unis sont un concurrent important), que le Canada évoque la sécurité (l’Europe est la principale concurrente à ce titre), et qu’il est considéré comme un bon endroit pour élever ses enfants (tout comme l’Europe). On estime aussi que le Canada offre de superbes paysages naturels intacts (l’Amérique du Sud est la principale concurrente à ce titre).

Les activités au Canada qui font l’objet du plus grand intérêt sont :

* Les visites des principales villes
* Les chutes Niagara
* Les sites du patrimoine mondial
* Les aurores boréales
* Les Rocheuses canadiennes

De plus, la culture canadienne‑française attire de nombreux Mexicains.

Sur le plan du marketing, l’accès aux voyageurs internationaux du Mexique par Internet est très élevé à 84 %, ce qui laisse croire qu’Internet y est souvent utilisé pour les recherches et les réservations.

Selon l’étude, pour tirer parti du marché mexicain, le Canada doit offrir un contenu adéquat en espagnol sur Internet, établir de solides relations avec le secteur touristique et influencer considérablement le choix de la destination. Il sera important de renforcer l’image du Canada afin que les voyageurs en tiennent compte dès le début du processus de planification.

Lancement du Guangzhou International Travel Fair, le 29 mars

(article publié initialement dans TOURISME)

La ville de Guangzhou, Chine, a acueilli 90 délégués canadiens de 45 organismes partenaires, notamment des représentants de Tourism BC, Travel Alberta International, Ontario Tourism, et Tourisme Montréal, ainsi que de compagnies aériennes, d'agences de voyage, venus pour participer au Guangzhou International Travel Fair 2007 (GITF).

GITF est le salon touristique le plus important et le plus influent de la Chine occidentale. Pour la CCT, il s'agit d'une région clé si on veut accroître le nombre de visiteurs au Canada. Cette année, la Commission canadienne du tourisme (CCT) fait ses débuts au GITF en tant qu'exposant le plus important, en présentant sa nouvelle image de marque ainsi que les nombreux produits touristiques qu'offre le Canada dans son pavillon de 470 mètres carrés.

Après le GITF, la délégation de la CCT poursuivra ses activités de promotion en Chine du 3 au 7 avril avec un circuit touristique créatif sur le fleuve Yangzi jiang à bord du navire de croisière Viking Century Sky. Les délégués canadiens et 45 représentants des principales agences de voyage chinoises participeront à trois journées intensives de discussions et de réseautage.

Les activités ont débuté le 29 mars par une séance d'information donnée par les vendeurs, dont l'hôte pour la CCT était Derek Galpin, directeur principal, Chine, qui a donné un aperçu économique du marché chinois, fait le point sur les activités auxquelles la CCT a participé en 2006, et parlé des projets à venir. Puis, Albert Guo, de CYTS Beijing, a parlé du marché des voyages d'incitation en Chine qui croît très rapidement depuis 2002. Il a ensuite présenté des profils d'entreprises clientes intéressées, et a conclu en présentant les avantages et les désavantages du Canada comme une destination d'incitation pour les Chinois, ce qui a laissé aux délégués ample matière à réflexion.

Les activités du GITF ont débuté tôt le 30 mars par l'ouverture officielle, la distribution de trousses d'information au pavillon du Canada et des spectacles présentés par les danseurs de la troupe Le‑La‑La et le Checkerboard Guy (un artiste unique qui utilise la magie et l'humour pour conquérir le public). Des représentants de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) étaient présents, et ont été très populaires auprès des agents de voyage.

Parmi les autres activités : un déjeuner pour les médias de marque, parrainé conjointement par Tourism British Columbia et la Société du partenariat ontarien de marketing touristique (SPOMT), avec le sous‑ministre ontarien du Tourisme, David L. Lindsay. En soirée, la SPOMT a été l'hôte, avec la CCT, d'une réception visant à faire connaître les merveilles de l'Ontario et du Canada; plus de 200 invités de l'industrie du tourisme et des médias ont pu être divertis par un groupe de jazz local et les danseurs de la troupe Le‑La‑La, et sont repartis avec des cadeaux et de bons souvenirs de l'hospitalité canadienne.

« Nous sommes ravis de la réussite du lancement du GITF, déclare Derek Galpin. Ce genre d'événements offre à nos organismes partenaires l'occasion idéale de montrer aux médias, à l'industrie du tourisme et au public chinois pourquoi ils devraient visiter le Canada, et nous participerons certainement encore à ce genre d'événements. »

Pour le bien commun

(article publié initialement dans TOURISME)

On constate une augmentation de la popularité des « voyages altruistes », selon un nouveau sondage mené par Opodo, spécialiste des réservations en ligne. Selon Phil Davies (TravelMole, le 9 mars 2007), le sondage révèle une augmentation de 67 % des « voyages enrichissants » offerts par Opodo au cours de la dernière année.

Cette clientèle est composée majoritairement de femmes. Une personne sur dix a plus de 40 ans et une personne sur trois a entre 25 et 40 ans. Cela indique que la génération plus âgée est plus prête que jamais à prendre une pause pour « faire sa part », selon Opodo.

En partenariat avec des spécialistes du tourisme bénévole, l’entreprise permet par exemple de participer à des travaux communautaires avec des enfants de Mombasa, de peindre des maisons à Rio de Janeiro ou de prendre part à des projets de conservation au Royaume‑Uni. En 2006, le Kenya et l’Afrique du Sud ont été les destinations les plus populaires. Cette année, on prévoit une hausse considérable pour les projets en Asie.

Les nombreuses possibilités de vacances pour les futurs parents

(article publié initialement dans TOURISME)

Plus de la moitié des couples qui attendent un enfant partent en vacances une dernière fois pour se reposer, selon un article paru dans le USA Today. L’industrie du tourisme observe ce phénomène avec intérêt et offre maintenant les tout premiers forfaits « babymoon ».

Selon une récente étude menée par Liberty Travel (une importante agence de voyages américaine) et BabyCenter®, le site Internet le plus populaire pour les nouveaux parents, 59 % des nouveaux parents ont effectué un voyage spécial de plus d’une journée avant la naissance de leur enfant.

« Comme les lunes de miel, il s’agit de vacances spéciales et inoubliables », souligne Lisa Vachna, spécialiste en voyages chez Liberty Travel. « L’étude a confirmé l’importance de ces voyages pour les futurs parents, en plus de fournir des renseignements sur les petites attentions essentielles. »

Aux États‑Unis, les futurs parents font plus de deux millions de voyages par année : 43 % d’entre eux veulent se détendre, tandis que 41 % souhaitent se retrouver seuls une dernière fois. L’étude révèle également que de nombreux futurs parents passent leurs vacances à se reposer (62 %), tandis que d’autres préfèrent faire des emplettes (59 %) ou faire du tourisme (48 %). En moyenne, les voyages des futurs parents ont lieu au cours du deuxième trimestre de la grossesse. En général, ces vacances comprennent de deux à quatre nuitées. Pour obtenir de plus amples renseignements, visitez le www.babycenter.com.

Créer un « engouement » qui durera

(article publié initialement dans TOURISME)

Lorsqu’elle vend le Canada sur des marchés clés, l’équipe de la Commission canadienne du tourisme (CCT) au Royaume Uni s’inspire du besoin de maintenir la cadence toute l’année. La directrice générale, Maggie Davison, a bon espoir que cette approche favorisera la perception du Canada.

« Nous avons été dynamiques en prévision de 2007. Nous voulons montrer le Canada sous un nouveau jour et certainement éveiller la curiosité du consommateur par notre offensive de marketing. J’adore les publicités radiophoniques : imaginez un conducteur bloqué sur la M25 qui essaie de se rendre au travail par un matin tristounet et pluvieux, au milieu d’automobilistes en pleine crise de rage au volant. Imaginez ce tableau – assez commun ici au R.‑U. – et un annonceur invitant ce conducteur à saisir l’assainisseur d’air, à le porter à ses narines et à inspirer profondément en s’imaginant qu’il se promène dans une forêt de pins canadiens! »

Ce clin d’œil à l’humour britannique n’est qu’une des tactiques qu’utilise la CCT R. U. dans un pays où pour mieux faire connaître le Canada, elle doit constamment en faire valoir les attraits.

« Nous sommes à la radio et dans le métro. Dans la foulée de notre campagne sur la patinoire à Canary Wharf, nous avons distribué aux employés des tours à bureaux la surplombant 5 000 clés USB mettant en vedette le Canada et, sur la glace, inscrit le logo Explorez sans fin pour qu’ils puissent le voir de leurs fenêtres. »

Selon Mme Davison, faire connaître le Canada à des groupes de consommateurs à rendement potentiellement élevé est une démarche extrêmement efficace. Nous nous imaginons qu’en arrivant au bureau, leur premier geste a été de brancher la clé USB dans leur ordinateur et d’en regarder le contenu. Peut‑être y ont‑ils trouvé un répit salutaire et matière à égayer leur lundi matin. »

La campagne d’affiches dans les centres d’entraînement qui sera menée à l’échelle nationale dans des centres de santé et d’entraînement choisis est une autre tactique qui devrait connaître du succès. Il s’agit d’un concept intelligent emprunté à la CCT Allemagne.

« Ces affiches s’inspirent des schémas des muscles affichés sur les machines, sauf que là, si ce sont les muscles du ventre qui sont affichés en rouge, c’est pour indiquer que vous pouvez les exercer en assistant à un festival de comédie au Canada. Si les biceps ou les muscles du bas du mollet sont mis en évidence, c’est pour dire que vous pouvez les cibler en magasinant. Nous avons adapté le concept de manière à établir un lien avec tout ce que les Britanniques aiment faire lorsqu’ils sont en vacances. Leur séance d’entraînement de 15 minutes sur le tapis roulant les fait rire et constater qu’ils peuvent faire plein de choses merveilleuses au Canada. »

Ajoutons que Spotlight 2007 a été complètement réorganisé cette année et que la Fête du Canada à Trafalgar Square, le 29 juin, est en pleine préparation :

« En associant nos activités avec les prix Canada Media, qui sont décernés la veille, nous mettons vraiment le paquet pour la fin de semaine de la Fête du Canada. Nous espérons présenter une brochette d’artistes relativement bien connus et terminer la soirée avec un gros nom, ici, au R. U. Nous avons ajouté un pavillon où les aliments et les boissons offerts font la promotion des produits du Canada – l’idée étant que les gens qui assistent aux célébrations font l’expérience du Canada pendant une journée. »

Mme Davison espère qu’ils seront tellement excités qu’ils finiront par sauter dans un avion en partance pour le Canada, sachant qu’ils y passeront un moment vraiment sympa. « À l’automne, nous tiendrons notre conférence pour les spécialistes du Canada qui a changé de forme l’an dernier. Ensuite, nous passerons à l’hiver en reprenant l’idée de la patinoire. »

Plus nous nous approchons des Olympiques de Vancouver, plus les activités de marketing seront axées sur ce thème. « La Fête du Canada et la patinoire constituent d’excellentes plateformes pour cela », souligne Mme Davison. « Sans la collaboration de tous les partenaires de la CCT, nos efforts n’auraient pas la même envergure. L’objectif est de créer un engouement pour le Canada au R. U., et je crois que c’est exactement ce que nous faisons. Il n’y a tout simplement pas assez d’heures dans une journée pour que nous puissions faire tout ce dont nous aurions envie. »

Le succès du Canada à ITB est de bon augure pour le marché allemand

(article publié initialement dans TOURISME)

Avec 10 000 exposants de 180 pays, ITB (Internationale Tourismus-Börse), qui se tient annuellement à Berlin, représente l’éventail complet du tourisme international, à tous les niveaux de la chaîne à valeur ajoutée. Le Canada a pu constater que l’édition de mars 2007 d’ITB laissait entrevoir des signes encourageants relativement au marché allemand pour cette année.

Selon le directeur général de la CCT à Düsseldorf, Karl‑Heinz Limberg : « Il y a une amélioration certaine. Nous avons connu une excellente saison d’hiver avec une augmentation de 14 % en décembre et de 8 % en janvier, ce qui est de bon augure. L’intérêt renouvelé à l’égard du Canada s’est constaté à ITB également dans un nouveau pavillon qui a fait l’objet de commentaires élogieux, tant des partenaires que des visiteurs. Nous avions 50 exposants de l’ensemble du Canada, y compris des représentants de chaque province et chaque territoire et de nouveaux exposants. »

Selon M. Limberg, l’industrie canadienne peut s’attendre à une légère hausse de touristes allemands après une année 2006 plutôt décevante, attribuable en grande partie à la Coupe mondiale de soccer et au dollar canadien élevé.

Afin d’ajouter un élément d’intérêt à la participation canadienne, l’ambassade du Canada à Berlin organisait (pour la troisième fois) une réception sensationnelle sous le thème Explorez sans fin. M. Limberg explique : « L’ambassade du Canada, située en plein centre‑ville de Berlin, a une architecture accrocheuse. Tous les matériaux utilisés pour sa construction sont canadiens. Cet immeuble convenait particulièrement pour une célébration qui concurrençait d’autres activités le même soir. Il va sans dire que nous étions fiers d’accueillir 225 invités à cette réception. »

Au nombre des conférenciers invités, on retrouvait l’ambassadeur du Canada, Paul Dubois, l’honorable Stan Hagen, ministre du Tourisme, des Sports et des Arts de la C.‑B., et la PDG de la CCT, Michele McKenzie. Au nombre des participants, se trouvaient quelque 70 exposants canadiens, ainsi que des représentants des médias suisses et allemands et des représentants de l’industrie du tourisme – voyagistes, agents de voyages et compagnies de voyages de motivation.

M. Limberg mentionne aussi la présence d’une athlète de renom et personnalité médiatique : « Gunda Niemann‑Stirnemann, la plus célèbre patineuse de vitesse de l’Allemagne, qui a remporté huit médailles d’or olympiques et plusieurs titres de championne du monde entre 1989 et 2001, était présente à la réception. Aujourd’hui, elle est commentatrice sportive à la télévision. » Le volet divertissement du salon avait été confié au Chamaeleon Theatre Berlin (une compagnie de théâtre de variété canado‑allemande qu’on pourrait décrire comme un hybride entre le chaos comique et Le Cirque du Soleil).

Les célébrations de 2008 en Colombie‑Britannique : la participation des collectivités


(article publié initialement dans TOURISME)

L’année 2008 marquera le 150e anniversaire de la Colombie–Britannique et le 200e anniversaire des voyages d’exploration de Simon Fraser et de David Thompson. Les organisateurs des célébrations connaissent bien les débouchés que peuvent entraîner les plus simples commémorations. Le directeur exécutif du secrétariat, Charles Parkinson, en est bien conscient, tout comme le ministre du Tourisme Stan Hagen et le premier ministre Gordon Campbell.

« Le premier ministre a eu l’idée de créer les Spirit Squares », souligne M. Parkinson. « Il s’agit de lieux de rassemblement et de célébration à l’extérieur – pas seulement pour les fêtes de 2008, mais également pour d’autres événements à venir. Existe‑t-il dans votre collectivité un lieu de rassemblement naturel? Il peut s’agir du secteur riverain, du centre‑ville ou d’un parc. »

C.‑B. 2008 a réservé 20 millions de dollars pour cette initiative et a reçu 132 demandes de collectivités de la Colombie‑Britannique. Ces demandes sont présentement évaluées par un groupe d’architectes paysagistes, de planificateurs communautaires et de spécialistes du design.

« Il semble que nous ayons visé juste. Dans de nombreuses collectivités, on souhaite créer un lieu illustrant le sentiment d’appartenance. Nous offrons les outils nécessaires pour concrétiser ces projets. »

M. Parkinson espère que l’industrie du tourisme tirera parti des célébrations du 150e anniversaire de la province : « Les Olympiques auront lieu en 2010. De plus, les Jeux autochtones de l'Amérique du Nord se tiendront dans la vallée de Cowichan en 2008. On estime que 6 000 athlètes et 3 000 artistes y seront présents. Nous voulions trouver une façon originale de présenter les Jeux à la population de la C.‑B. »

« On a décidé d’organiser une version autochtone du parcours de la flamme olympique », explique M. Parkinson. « Divers artistes autochtones (et leurs apprentis, qui profiteront ainsi d’une formation enrichissante) réaliseront un totem, dont la création prendra la forme d’une exposition interactive. »

Le totem sera conçu et exécuté de manière traditionnelle et sera présenté dans différentes collectivités dans l’ensemble de la province, où les gens seront invités à sculpter une partie du monument avant qu’il soit déplacé à nouveau. Comme le totem représente traditionnellement pour les Autochtones du Nord‑Ouest du Pacifique l’histoire d’une famille ou d’une tribu particulière et sert à rappeler ses ancêtres, cet effort commun représente le symbole idéal de l’unification des collectivités et des régions de la Colombie‑Britannique au cours des 150 dernières années.

« À la fin, près de 10 000 personnes auront contribué au projet. Tous les participants peuvent conserver les copeaux en souvenir et signer le livre des artistes, qui sera présenté à côté du totem », ajoute M. Parkinson. « Le totem se rendra éventuellement à Prince‑Rupert et sera intégré à l’exposition Tribal Journeys, qui souligne le patrimoine des nations autochtones du littoral du Pacifique. Il s’agit de l’un des événements culturels les plus importants associés aux Jeux autochtones de l'Amérique du Nord. L’édition de 2008 des Tribal Journeys devrait être la plus importante jusqu’à maintenant et comptera plus de 80 pirogues de mer traditionnelles. »

La régate des pirogues transportant le totem symbolique suivra le littoral vers le sud, et d’autres pirogues s’ajouteront en chemin. M. Parkinson indique que les pirogues, avec à leur bord les participants portant des habits traditionnels, traverseront le détroit de Georgie et se rassembleront à l’embouchure de la baie de Cowichan. Les participants seront alors invités sur la rive pour un accueil salish traditionnel. Le totem, l’équivalent du flambeau, fera partie intégrante des cérémonies d’ouverture et sera présenté par les gens de la Colombie‑Britannique aux membres des tribus Cowichan.

Au cours de l’élaboration du programme des célébrations de 2008, M. Parkinson et son équipe ont établi les facteurs de réussite, en s’inspirant des fêtes du centenaire de l’Alberta et de la Saskatchewan, du bicentenaire de Lewis et Clark , des célébrations de l’an 2000, d’Expo 86 et même des célébrations du 125e anniversaire du Canada. « Ce n’est pas le genre d’information qu’on peut trouver sur Google », indique M. Parkinson. « En consultant la documentation, nous avons réalisé que les collectivités devaient éprouver un sentiment d’appartenance en participant aux célébrations. Il s’agit avant tout d’une question de communication et de marketing. Nous avons constaté qu’il est important de miser sur notre fierté et sur notre caractère unique. Si nous voulons doubler nos revenus associés au tourisme, comment pouvons‑nous faire revivre l’histoire? Comment faire pour mobiliser les gens des collectivités, quelles que soient leur génération et leur culture? »

Le groupe de M. Parkinson a adopté plusieurs solutions convaincantes, dont l’une vise la remise en service de la Royal Hudson, une locomotive à vapeur des années 1930, complètement remise à neuf, qui parcourrait la province et permettrait de présenter les nombreuses manières dont les chemins de fer ont influencé la province.

« La locomotive Royal Hudson tirera sept wagons. Les trois premiers présenteront une exposition itinérante illustrant l’histoire de la province, produite par le Royal BC Museum. Les trois wagons suivants transporteront des passagers. Il pourrait y avoir des animateurs costumés représentant diverses périodes de l’histoire de la Colombie‑Britannique. Enfin, le dernier wagon sera consacré aux divertissements. Lorsque le train s’arrêtera dans une collectivité pour la nuit, on pourra y organiser des réceptions et d’autres événements. »

Selon M. Parkinson, on élabore actuellement trois itinéraires thématiques : « le trajet de la ruée vers l’or, qui se rendra dans le Nord de la province; le trajet de la confédération, qui cheminera vers l’est jusque dans la région des Kootenays; enfin, un troisième itinéraire où les wagons seront transportés par traversier jusqu’à l’île de Vancouver, où ils parcourront le trajet du patrimoine. »

M. Parkinson souligne que ces idées ne viennent pas de lui ou de son secrétariat. « Elles ont été proposées par des citoyens de la province et dans le cadre de diverses réunions. Nous croyons que l’histoire a été écrite dans les collectivités et qu’elle doit également y être célébrée. L’économie est dynamique, le taux de chômage est faible, le secteur des ressources est en pleine effervescence et les Jeux de 2010 à Vancouver arrivent à grands pas. On s’entend pour dire qu’il y a beaucoup de choses à célébrer en Colombie Britannique, et les célébrations de 2008 représentent une occasion par excellence! »

Une maquette du chemin de fer de Lunenburg dans un musée


(article publié initialement dans TOURISME)

Toutes les petites collectivités du Canada ont un musée témoignant de leur passé, et tout le monde peut, de nos jours, posséder un chemin de fer miniature. Donc, pour qu’elle figure dans un musée, la maquette de chemin de fer doit être assez particulière. Duane Porter est conservateur et propriétaire du musée du chemin de fer Halifax & Southwestern, où il reconstitue la ligne construite au début du vingtième siècle par les barons canadiens du chemin de fer, William Mackenzie et Donald Mann. Cette ligne devait être la dernière étape de leur projet visant l’établissement d’un troisième chemin de fer transcontinental national.

Le musée est situé dans la ville historique de Lunenburg, en Nouvelle‑Écosse, désignée site du patrimoine mondial par les Nations Unies. M. Porter mesure donc l’importance du plus infime détail. « Les gens de la collectivité connaissent par cœur l’ancien chemin de fer, même s’il est disparu depuis longtemps, et ils reconnaîtront toute erreur d’exécution. De plus, des gens du monde entier viennent voir la ville du Bluenose », dit‑il au sujet de la célèbre goélette figurant sur les pièces canadiennes de dix sous. « Nous ne pouvons donc nous permettre d’être une attraction secondaire. »

Le musée a déménagé de Bridgewater à Lunenburg en 2003, lorsque le centre commercial où se trouvait le musée a annoncé qu’il agrandissait son espace commercial. En raison du déménagement, le musée a dû fermer ses portes pendant presque un an, pour rouvrir en avril 2004.

« Nous avons perdu un peu de notre validité historique, puisque Bridgewater avait toujours été le point de division du chemin de fer », souligne M. Porter, « et le nombre de visiteurs a diminué puisque bon nombre d’entre eux venaient du centre commercial. » M. Porter et son groupe de modélistes et de guides touristiques bénévoles ont relevé le défi : Lunenburg est devenu un emplacement parfait en raison de son statut historique unique.

Le nouvel emplacement, un entrepôt de 3 500 pieds carrés, abrite le chemin de fer de 750 pieds linéaires (échelles 1:87 et 1:64), situé au‑dessus de meubles qui contiennent des centaines de pièces d’exposition du chemin de fer Halifax and Southwestern et des deux chemins de fer qu’il rejoignait, le légendaire Dominion Atlantic et l’Intercolonial (plus tard le Canadien National). Il reste encore beaucoup d’espace et M. Porter prévoit aménager des expositions interactives pour les jeunes, une salle de réunions et une cuisine, et peut‑être un jour des expositions extérieures.

Comme la plupart des sites du patrimoine, y compris les musées publics, le musée Halifax and Southwestern est parfois confronté à un manque de fonds. Le succès du musée est étroitement lié au tourisme et peut dépendre du prix de l’essence, d’une guerre au Moyen‑Orient ou d’autres facteurs économiques qui forcent les gens à rester à la maison pendant les vacances. « Le défi consiste à offrir des nouveautés chaque année pour faire revenir d’anciens visiteurs », indique M. Porter. « Ces derniers sont heureux de constater les progrès de la construction de la maquette. »

Les villes de Lunenburg, Bridgewater, Liverpool et Mahone Bay ont été recréées dans les moindres détails. Cela n’est qu’une des attractions du musée, dont l’objectif est de donner vie à l’histoire du chemin de fer et aux espoirs de deux hommes habitués au succès, deux hommes qui ont été foudroyés lorsque leur projet de chemin de fer continental s’est effondré pour être ensuite intégré au Canadien National par le gouvernement fédéral, au cours des années 20.

« Nous voulons démontrer toute l’importance historique de ce chemin de fer d’une longueur d’à peine 581 kilomètres », souligne M. Porter. « Par exemple, la ligne a été creusée dans le granit à la dynamite, à la pioche et à la pelle; les débris étaient ensuite transportés dans des chariots tirés par des mules. »

La ligne était étroitement liée à la pêche, un élément important du patrimoine local. « Le transport du poisson était essentiel pour les pêcheurs de Lunenburg », poursuit M. Porter. « Les compartiments réfrigérés offerts par le chemin de fer H&SW ont rapidement ouvert de nouveaux marchés. »

Jay Underwood, auteur et ancien rédacteur en chef et éditeur de journal, habite à Elmsdale, en Nouvelle‑Écosse. Il est président de la Nova Scotia Railway Heritage Society.

Chasseurs, pêcheurs et avions de brousse

(article publié initialement dans TOURISME)

Le propriétaire du Club Chambeaux, d’Air Saguenay et de Labrador Air Safari (et copropriétaire de Nolinor Aviation) ne connaît pas la signification du mot « ralentir ». Aujourd’hui, il voyage dans le monde entier pour chasser et pêcher, pour rencontrer des amis et pour constater les effets des tendances du marché sur les entreprises qu’il a créés pendant quatre décennies.

Jean‑Claude Tremblay, 65 ans, n’est pas seulement le pourvoyeur de chasse et pêche le plus prospère du Canada; il a également mis sur pied la principale compagnie d’aviation de brousse en Amérique du Nord. L’histoire de cet entrepreneur de Jonquière est remarquable : il a développé son entreprise grâce à une série d’acquisitions judicieuses. On se demande comment il a pu assumer avec tant d’aisance des risques aussi élevés!

La carrière de M. Tremblay dans l’industrie du tourisme d’accueil a commencé dans le secteur des brasseries au Saguenay. Ce passionné de chasse et de pêche a acheté son premier petit avion en 1967 pour visiter le Nord du Québec. Son entreprise de publicité extérieure (Enseignes Néon Otis) lui a permis de rêver de posséder un jour des camps éloignés dans des endroits exotiques tels que « Croissant Vermeil » et « Lac Margane »; sa première pourvoirie (en 1973) comprenait l’accès exclusif à un territoire de plus de 324 000 hectares, situé à environ 150 km au nord de Chicoutimi, au lac Homamo.

« À l’époque, c’était la destination par excellence pour pêcher la truite indigène au Québec. Grâce à une entente avec Air Saguenay pour le transport, nous recevions de 1 000 à 1 200 invités par année, dont 80 % étaient des Américains. »

En 1980, M. Tremblay achète Air Saguenay.

Les nouvelles acquisitions de M. Tremblay comprenaient un bail couvrant le secteur des lacs Muguet et Delorme, où l’on préparait un grand projet hydroélectrique visant l’inondation de la rivière Caniapiscau et la création d’un vaste réservoir. « En réalisant que ce territoire serait bientôt recouvert d’eau, j’ai décidé de conserver mes droits de relocalisation jusqu’à ce qu’une occasion se présente. » Plus tard, cette décision apparemment risquée allait s’avérer très judicieuse.

Pendant ce temps, l’acquisition d’un transporteur aérien de Fermont rendait M. Tremblay propriétaire de la pourvoirie du Club Chambeaux, qui était alors peu développée. « C’est ainsi que nous avons commencé à offrir des voyages de chasse. Nous avons ouvert 6 pavillons en 1984. Nous accueillions de 800 à 1 000 clients par année, dont la plupart arrivaient de Montréal avec l’ancien transporteur Québecair. En 1987, on comptait déjà deux ou trois pourvoiries de chasse au caribou à Schefferville. »

Cependant, comme le nombre de clients ne justifiait pas la liaison directe entre Montréal et Schefferville, M. Tremblay a entamé des discussions pour déplacer ses activités de Fermont à Schefferville afin d’accroître la clientèle locale. Avec 1 500 clients, la possibilité d’attirer un transporteur pour la liaison avec Montréal devenait beaucoup plus envisageable; effectivement, City Express a fini par accepter d’effectuer 50 vols réguliers entre Montréal et Schefferville.

« Avec d’autres pourvoiries, nous avons fini par transporter un total de 3 000 chasseurs par année à Schefferville. Air Saguenay y a ouvert une base [pour finir par conserver celle de Fermont]. Nous avons acquis un autre transporteur de Wabush [Labrador], et huit appareils se sont rapidement ajoutés à la flotte d’Air Saguenay. »

L’entreprise était également propriétaire de la Pourvoirie Manicouagan et d’une douzaine de camps accueillant chaque année de 400 à 500 clients américains ou canadiens arrivant de Baie‑Comeau. « Par conséquent, à la fin de la saison de la pêche, à l’automne, nous pouvions affecter quatre ou cinq de ses appareils à la chasse au caribou pour répondre à la demande croissante. À ce moment‑là, d’autres pourvoyeurs se sont installés au lac Pau, du réservoir de la Caniapiscau. Nous avons donc ouvert une base dans ce secteur. »

C’est alors que M. Tremblay a exercé ses droits de relocalisation en faisant l’acquisition du village de Caniapiscau à un prix minime. (Le village était utilisé par les responsables des projets hydroélectriques dans les années 1970 avant d’être abandonné.)

« La croissance d’Air Saguenay s’est poursuivie avec l’acquisition de trois autres transporteurs et d’avions additionnels provenant d’aussi loin que Havre Saint‑Pierre, sur la Basse‑Côte‑Nord. Aujourd’hui, nous comptons 12 bases aériennes au Québec. » Lorsque City Express a fait faillite, M. Tremblay et son partenaire Jacques Prud’homme ont créé Nolinor Aviation, compagnie dotée d’une flotte d’avions de transport de passagers et de marchandises, d’une base principale à Mirabel et d’installations à Dorval.

« Nous transportons maintenant tous les chasseurs de caribou dans les régions de Schefferville et du lac Pau, et 90 % des chasseurs de cerf de Virginie sur l’île d’Anticosti. Nous transportons des passagers pour l’observation d’ours polaires avec Frontiers North Adventures, des pêcheurs de saumon au nord de Winnipeg et de nombreux pêcheurs sportifs dans l’Ouest Canadien. Nous avions besoin d’un point d’entrée pour les chasseurs; Nolinor s’est chargé d’assurer les transferts avec Air Saguenay en direction du Club Chambeaux, du Club Montagnais et des Nordic Camps, où nous étions un partenaire. »

Chaque décision prise par M. Tremblay au cours de sa carrière semble avoir été conçue pour offrir à ses clients le même excellent service. Le contrôle qu’il exerçait sur ses transporteurs lui a permis d’adapter le service à la demande.

« Lorsque nos invités arrivent à Montréal, ils sont accueillis par l’un de nos représentants, tout comme lorsqu’ils atterrissent à Schefferville. Nous appuyons nos clients dans tous les aspects de leur expérience de chasse, que ce soit pour l’achat du permis, les services offerts par les guides et la qualité des embarcations, des moteurs, de la nourriture et des pavillons. Tout est toujours prêt à temps. »

Au fil des ans, l’entreprise de M. Tremblay a accueilli plus de 22 000 chasseurs et plus de 6 000 pêcheurs du Canada et des États‑Unis. « Nous gérons nos ressources naturelles de manière durable. Nous faisons de nombreux voyages de familiarisation et de la publicité dans les meilleurs magazines de chasse américains et canadiens. Nous participons à plus de 40 salons sportifs par année, aux États‑Unis et au Canada. Nous avons longtemps mis l’accent sur les bébé‑boumeurs, mais nous offrons maintenant des rabais pour les enfants afin de renouveler notre clientèle. »

M. Tremblay constate que de plus en plus de pères emmènent leurs enfants avec eux : « La clientèle des bébé‑boumeurs est passée de 3 500 à quelque 2 500 chasseurs. Nous ne voulons pas connaître d’autres réductions, parce que la clientèle doit être suffisante pour nous permettre d’entretenir adéquatement nos infrastructures. C’est pourquoi nous avons acquis des appareils additionnels et réduit le nombre de pavillons, afin de mettre l’accent sur la qualité. Nous couvrons davantage de territoire et d’attractions pour nos clients, et ils savent qu’ils sont entre bonnes mains. »

Jean‑Claude Tremblay a le sens des affaires et il ne compte pas ralentir!