dimanche, avril 06, 2008

Comment organiser des voyages de familiarisation qui éblouiront les participants


(article publié initialement dans TOURISME)

Le recours à des voyages de familiarisation est une tactique importante qu’utilisent les offices de tourisme et les entreprises touristiques pour renseigner les voyagistes sur divers produits et destinations. Ces voyages représentent d’importants investissements aussi bien pour les acheteurs que pour les vendeurs. Alors, comment les organisateurs de voyages de familiarisation et les participants peuvent-ils profiter au maximum de ces occasions? La société Great Excursions, une agence de tourisme réceptif, a participé aux voyages de familiarisation organisés par Banff Lake Louise Tourism et Tourism Vancouver Island, avant et après le salon Canada’s West Marketplace (CWM). Le propriétaire de Great Excursions, Claude-Jean Harel, collaborateur à la rédaction de TOURISME, présente ce qui suit :

Une des premières étapes consiste à concevoir un thème susceptible d’attirer des participants : quelque chose de saisonnier, qui respire l’authenticité et projette un fort sentiment d’appartenance. On illustre ensuite le thème en utilisant des produits qui le rendent plus frappant, grâce à un choix judicieux de partenaires, d’installations d’hébergement, de restaurants, d’attractions et de divertissements – sans jamais oublier d’ajouter une expérience bien ciblée qui augmentera autant que possible l’attrait du voyage de familiarisation.

Le thème Celebrate Life. Discovering Banff n’aurait peut‑être pas mobilisé autant les participants si ces derniers n’avaient pas pu effectuer une série de visites qui leur ont permis d’interpréter la destination et qui ont piqué leur curiosité. Parmi ces visites figurait un concert de blues présenté dans le cadre intime du Banff Centre.

Les voyages de familiarisation ont non seulement pour but de présenter un lieu, mais surtout de faire apprécier son contexte. Le Fairmont Chateau Lake Louise l’a compris depuis longtemps et offre les services d’un guide‑interprète patrimonial qui emmène les invités en excursion. La possibilité de se détacher des installations hôtelières pour mieux comprendre comment elles s’associent au milieu naturel et au lac Louise ajoute un sens et un caractère inoubliable à l’expérience.

Heidi Wesling est chargée des relations avec les professionnels du tourisme, à Tourism Vancouver Island. Elle connaît bien ces éléments de programme et estime que la meilleure façon de se préparer aux imprévus consiste à planifier les voyages de familiarisation dans les moindres détails : « Dans le cas du voyage de familiarisation qui a été offert après le salon Canada’s West Marketplace, il a fallu préparer le programme avant l’événement proprement dit, de sorte qu’on ne savait pas qui allait s’inscrire, ni quels étaient leurs intérêts ou leurs antécédents. J’ai essayé de varier le choix d’établissements, afin que chaque participant puisse profiter de son expérience. Nous avons aussi choisi des activités propres à la région de l’île de Vancouver et à l’expérience culturelle sous‑jacente, ainsi que des activités que les participants pourraient proposer à leurs clients. »

Mme Wesling dit qu’il faut adapter les programmes aux participants des salons commerciaux. Les membres de la National Tour Association préféreront sans doute des expériences différentes de celles qu’on offrirait aux participants du CWM ou de Rendez‑vous Canada. Évidemment, dit‑elle, l’horaire est parfois difficile à établir : « Il faut essayer de choisir des activités accessibles au plus grand nombre, peut‑être une randonnée pédestre qui n’exige pas trop d’efforts ou une excursion en bateau. La flexibilité compte beaucoup. Vous pouvez ne pas être en mesure d’accueillir un groupe au moment où vous préparez l’itinéraire – il est difficile d’établir un juste équilibre entre le fait de donner au participant ce qu’il veut et celui de travailler avec les intervenants après que tout le monde a quitté l’île. C’est en quelque sorte un tour de magie, avec lequel on espère pouvoir répondre aux besoins de chacun. »

Le questionnaire que les participants sont invités à remplir après le voyage est un des meilleurs outils des organisateurs de voyages de familiarisation. « Pour nous, c’est une façon de mesurer notre rendement et celui des établissements d’accueil (nous leur transmettons les résultats du sondage). Les participants disent ce qu’ils pensent des établissements et comment on pourrait améliorer diverses expériences. La concurrence est féroce entre les établissements d’hébergement et diverses attractions; pour eux, les commentaires de professionnels chevronnés sont irremplaçables. »

Le point de vue des acheteurs

« Personnellement, je cherche à connaître et à comprendre ce que je serai appelée à vendre, déclare Marina Voak, de la société britannique Made to Measure / Lakes & Mountains Holidays. Qu’il s’agisse d’une ville, d’un village ou d’un hôtel, je veux connaître l’endroit, savoir où il se trouve. On peut ainsi saisir de petits détails importants et les transmettre à nos clients. Je n’étais jamais allée à l’île de Vancouver. Il est utile de comprendre combien de temps il faut pour se déplacer d’un endroit à l’autre, parce que les voyageurs individuels peuvent m’interroger sur la durée du trajet entre Nanaimo et Tofino. Il est très utile d’en faire soi‑même l’expérience pour transmettre l’information à d’autres. »

Siegfried Gutsch, directeur des ventes, Voyages d’agrément, chez Air Canada‑Allemagne, dit que les voyages de familiarisation aident à comprendre les possibilités offertes par les destinations : « Elles sont beaucoup plus faciles à vendre lorsque vous en avez fait l’expérience et avez formé votre propre opinion à leur sujet. Il ne suffit pas toujours de voir des hôtels; ce sont les éléments que l’on rencontre ordinairement dans un voyage de motivation qui comptent – des choses qui ne s’achètent pas. Il faut emporter des impressions, emmagasiner des souvenirs. »

« Le voyage de familiarisation est un aspect indispensable de l’industrie, estime John Simos, directeur général de SevenOceans Cruising, d’Australie. Comme l’égoïne et le marteau du charpentier, ce sont des outils qui nous permettent de mieux assembler des forfaits et de conseiller nos clients sur les options qui répondront le mieux à leurs besoins. Évidemment, il est très important que les offices de tourisme comprennent que nous sommes là pour apprendre à connaître la destination, aussi bien que l’hébergement et les installations. En plus, il est absolument crucial de voir les chambres que nous vendrons probablement à nos clients; on comprend que les hôtels soient très fiers de leurs suites les plus opulentes (que seules des vedettes de rock’n roll et la reine d’Angleterre peuvent se permettre), mais il faudrait nous montrer les chambres qui seront présentées dans les brochures. »

La CCT peut faciliter la tenue de visites de familiarisation pour les médias

(article publié initialement dans TOURISME)

La Commission canadienne du tourisme (CCT) facilite depuis longtemps la venue de médias internationaux au Canada. Elle propose désormais un programme similaire à l’intention des médias touristiques canadiens.

« C’était une grande source de frustration pour les provinces de voir qu’elles pouvaient facilement demander le soutien de la CCT afin d’amener des médias américains au Canada, sans qu’il n’y ait de programme semblable pour les médias canadiens, explique Carol Horne, gestionnaire des relations avec les médias touristiques à la CCT. Heureusement, les choses changent et, l’an dernier, nous avons aidé près de 200 représentants des médias canadiens à parcourir le pays pour préparer des articles. »

« De plus, nous avons aidé quelque 410 représentants des médias américains à faire des visites de familiarisation au Canada, et le programme international suit son cours également », explique Mme Horne. Pour profiter de ce type de soutien, les exploitants d’entreprises devraient s’informer auprès de l’organisme de marketing touristique local.

« Nous préférons travailler à ce niveau, ajoute‑t-elle. C’est un bon moyen de savoir dans quelle mesure le ministère du Tourisme de la province encourage la venue de ce journaliste dans la région. De plus, en approchant un gestionnaire des relations avec les médias touristiques à l’échelle provinciale, un exploitant d’entreprise est plus susceptible d’obtenir une aide quelconque, comme la prise en charge des frais d’hébergement ou de location de voiture. »

Selon Mme Horne, le gestionnaire des relations avec les médias touristiques peut également aider un exploitant d’entreprise à élaborer un article et à en assurer la validité. « S’il envisage un journaliste en particulier, un exploitant d’entreprise devrait d’abord s’assurer que celui‑ci est qualifié et capable de produire l’article voulu, puis qu’il a déjà publié plusieurs articles de qualité. »

Mme Horne croit que les destinations devraient bien réfléchir à leur idée d’article. « Pique‑t-il vraiment la curiosité? A‑t-il sa place dans les médias? Porte‑t-il sur un sujet tout à fait nouveau? S’inscrit‑il dans les tendances populaires du moment, comme les spas ou les activités de plein air? Ou est‑ce quelque chose de plus conceptuel comme le volontourisme? Il est important de considérer les sujets de l’heure dans les médias afin de déterminer la façon d’adapter leur article en fonction de ceux‑ci. »

Bien sûr, rien ne garantit une couverture médiatique. Même si l’article est préparé par le meilleur journaliste, les rédacteurs en chef peuvent changer d’avis, les publications peuvent changer, voire même cesser leurs activités. Tout peut arriver. Mais lorsque tout se déroule bien, l’impact peut être phénoménal. « Les longs articles publiés dans des magazines fournissent évidemment beaucoup plus de détails qu’un court article ou une annonce télé de 30 secondes. Ils offrent un excellent rayonnement à la destination et ont l’avantage de présenter une expérience vécue directement par le rédacteur de l’article. »

Ce type de couverture médiatique entraîne des retombées beaucoup plus grandes qu’une simple publicité par sa capacité à influencer les décisions des voyageurs. « Si quelqu’un lit un article dans le New York Times, il peut se dire ‘voilà un sujet que je devrais approfondir’. » Et compte tenu de la rapidité à laquelle les blogues et médias sociaux reprennent le contenu des médias traditionnels, le pouvoir d’influence d’un article est plus grand que jamais. De conclure Mme Horne : « En règle générale, la publication d’un article fait boule de neige. »

Canada's West Marketplace : déjà 20 ans

(article publié initialement dans TOURISME)

Le 20e salon annuel Canada’s West Marketplace (CWM) a eu lieu à Whistler, en Colombie-Britannique (C.-B.), à la fin de novembre. Chaque année, ce salon permet à des fournisseurs touristiques de la C.-B. et de l’Alberta de rencontrer des acheteurs du monde entier. Cet événement résulte d’un travail de collaboration unique entre intervenants de l’industrie touristique de l’Alberta et de la C.-B. Pour faire le point, TOURISME a rencontré deux des principaux organisateurs de l’événement : Christine Jones est gestionnaire des salons commerciaux et des événements spéciaux à Tourism British Columbia, tandis que Cassandra Graves est directrice des services de marketing à Travel Alberta.

Christine Jones fait état de la qualité du partenariat que le CWM a permis à la C.‑B. et à l’Alberta de développer au fil des ans : « Parfois, Cassandra et moi‑même avons collaboré plus étroitement qu’avec des collègues de nos propres bureaux! Les relations et les avantages qui en découlent se répercutent à la fois sur la C.‑B. et l’Alberta, tout comme sur nos initiatives locales. »

« Nos représentants travaillent ensemble au Japon, en Corée, en Allemagne et au Royaume‑Uni, signale Mme Jones. Ils s’emploient à convaincre les voyagistes de visiter le salon, et cette année, 36 acheteurs n’y avaient jamais participé. Pour l’industrie, c’est une excellente occasion de faire des rencontres et des affaires, car ces nouveaux acheteurs ne connaissent peut‑être pas nos produits. »

Quel avantage y a‑t-il, selon elle, à organiser un salon exclusivement pour les produits albertains et britanno‑colombiens? Pour Mme Jones, ce salon est avantageux pour les exploitants « car les acheteurs sont là pour rencontrer les fournisseurs de l’Alberta et de la Colombie‑Britannique. C’est très ciblé; nous essayons d’apporter autant que possible une touche personnelle et nous écoutons les suggestions de nos délégués – c’est ainsi que nous avons progressé chaque année. »

Mme Jones apprécie particulièrement que la Commission canadienne du tourisme se fasse un devoir de participer au CWM : « Les délégués de la CCT, ainsi que le personnel d’Air Canada, de Tourism BC et de Travel Alberta ont l’occasion de rencontrer vendeurs et acheteurs. Ils apprennent quels sont les produits émergents, tandis que les vendeurs peuvent envisager de mettre au point, avec nos représentants d’offices de tourisme, les itinéraires de voyages de familiarisation. »

Cassandra Graves, de Travel Alberta, signale de son côté que le CWM permet surtout aux petits exploitants qui ne peuvent pas se rendre outre‑mer chaque année de rencontrer ces exploitants sans que cela ne leur coûte trop cher. « Pour eux, c’est comme un guichet unique. Étant donné que cette année nous avons plus de 150 acheteurs, ils ont d’excellentes possibilités de rencontrer individuellement les exploitants et de conclure des affaires. »

« L’ambiance du salon est très conviviale, enchaîne‑t-elle, car les deux provinces ont des vendeurs qui y participent depuis le début. Ils connaissent très bien les acheteurs. Christine et moi‑même ne travaillons au salon que depuis les sept dernières années, mais avant 1999, le salon alternait entre l’Alberta et la C.‑B. Les acheteurs passaient deux jours dans une province, et se rendaient ensuite dans l’autre province pour deux jours. En 1999, à Victoria, nous avons décidé de tenir l’événement en un seul lieu et d’alterner entre l’Alberta et la C.‑B., tandis qu’en 2003, nous avons adopté la formule des stands d’acheteurs. »

Mme Graves dit que son équipe lit chacune des remarques formulées par les participants et que « notre taux de satisfaction est de 99 %, ce qui est extraordinaire. Lorsque nous avons adopté nos nouveaux dispositifs technologiques, en 2004, c’était en réponse aux désirs des délégués. Nous étions à l’avant‑garde à ce moment‑là, et je pense que nous le sommes toujours sous plusieurs aspects. Les gens sont très curieux des services que nous offrons; cela signifie que nous remplissons notre mission et que nous réussissons à préserver la qualité du salon. »

Mme Graves se réjouit manifestement du fait que le CWM aura lieu à Calgary en 2008. « Nous n’avons pas été là‑bas depuis quelque temps et nous avons très hâte d’y tenir le salon. »

Première aux États‑Unis : les voyages se vendent davantage en ligne que par d’autres moyens

(article publié initialement dans TOURISME)

David Wilkening, de TravelMole, rapporte que pour la première fois aux États-Unis, l’an dernier, plus de voyages ont été achetés en ligne que hors ligne, selon un sondage PhoCusWright.

« L’écart entre les ventes en ligne et hors ligne continue à se creuser à mesure que les voyageurs adoptent le magasinage et l’achat électroniques », précise le rapport.

Les auteurs signalent qu’aux États‑Unis, 51 % des voyages ont été réservés en ligne en 2007; ils prédisent que ce pourcentage passera à 56 % en 2008, puis à 60 % en 2009.

Selon l’enquête, les produits touristiques tout compris, comme les forfaits vacances, s’achètent moins souvent en ligne, tandis que les éléments à la pièce – comme les billets d’avion – s’achètent plus fréquemment.

Selon M. Wilkening, le sondage révèle aussi que les sites de voyages sont plus nombreux à offrir des services comme la préparation et la réservation de voyages de groupe, ainsi qu’un contenu rédigé par les utilisateurs.

Un tiers des Britanniques consacrent plus de 10 heures à se documenter sur leurs vacances annuelles

(article publié initialement dans TOURISME)

Voici un fait intéressant sur les décisions des consommateurs de l’un des principaux marchés du Canada : selon Bev Fearis de TravelMole, les Britanniques passent près de deux fois plus de temps à planifier leurs vacances annuelles qu’à se renseigner sur un prêt hypothécaire.

Selon une étude menée récemment auprès de 2 000 adultes, 36 % des Britanniques ont passé au moins 10 heures à magasiner leurs vacances, mais seulement 21 % en feraient autant pour choisir un prêt hypothécaire. À peine 11 % consacreraient autant d’énergie à sélectionner un prêt bancaire.

L’étude a été commandée par le site Web indépendant Fool.co.uk, spécialisé dans les finances personnelles. « Qui peut blâmer les gens de vouloir passer plus de temps à planifier leurs vacances plutôt qu’à magasiner les produits financiers?, demande David Kuo, responsable de la section sur les finances personnelles du site Fool.co.uk. Mais tandis que des vacances vous donneront un regain d’énergie pour quelques semaines, des finances saines peuvent stimuler vos avoirs durant toute votre vie. »

Expansion du marché du tourisme auroral

(article publié initialement dans TOURISME)

Jennifer Obleman, du service Northern News, rapporte que les aurores boréales pourraient danser devant un plus grand nombre de visages coréens, ce printemps, à mesure que les exploitants augmenteront la taille de leur marché.

Aurora World a signé un contrat avec un voyagiste coréen en décembre, a signalé son président du conseil, Darryl Bohnet. « Nous faisons un essai cet année, dit‑il. Nous espérons prendre de l’expansion en passant du marché japonais au marché coréen. Le voyagiste coréen a déjà lancé une importante campagne publicitaire, et nous en attendons les résultats. »

Le contrat coréen découle partiellement de la baisse du nombre de visiteurs japonais, que M. Bohnet attribue notamment à l’Alaska : « Je pense que nous avons atteint un creux l’an dernier parce que le gouvernement alaskien a soutenu financièrement les activités d’affrètement de ses voyagistes. »

Selon le ministère de l’Industrie, du Tourisme et de l’Investissement des Territoires du Nord‑Ouest (T.N.‑O.), seulement 7 000 visiteurs sont venus observer les aurores dans les T.N.‑O en 2006‑2007, alors qu’ils étaient environ 10 200 en 2004‑2005 et 13 000 en 2000‑2001. Ils étaient 6 500 en 2001‑2002, mais le tourisme avait fortement décliné après les attentats du 11 septembre 2001, l’éclosion du syndrome respiratoire aigu sévère et la guerre en Iraq.

Cette année, les exploitants des T.N.‑O. espèrent reprendre une partie du marché japonais. Selon M. Bohnet, les chiffres de novembre et les indications des voyagistes japonais annoncent une hausse de 15 à 20 % par rapport à l’an dernier.

Aurora World prévoit aussi diversifier sa clientèle asiatique. « L’entreprise a envoyé un représentant au voyage du GTNO en Chine, en 2007, et y a établi des contacts préliminaires », précise M. Bohnet. D’après lui, Aurora World a l’intention de pénétrer davantage le marché chinois dans trois à cinq ans environ, et le conseil d’administration de l’entreprise entrevoit avec un « optimisme prudent » l’avenir du tourisme auroral dans les T.N. O.

Il dit que l’entrée en service de vols directs d’Air Canada, entre Vancouver et Yellowknife, en décembre, a été positive pour l’industrie. « Nous voulons pouvoir éventuellement remplir ces avions et en faire venir de plus gros. »

Le gestionnaire d’Aurora Village, Hideo Nagatani, dit que l’entreprise accueille déjà des clients qui arrivent par ces vols directs. Cet exploitant de Yellowknife songe aussi à la Corée, à Taïwan, à la Chine et à d’autres marchés, mais Aurora Village continuera à privilégier le Japon.

« Les perspectives sont si minces par rapport à ce que le marché japonais a été et sera encore pendant des années », ajoute‑t-il. Les touristes japonais représentent environ 75 % de la clientèle d’Aurora Village et, selon M. Nagatani, c’était la première fois, l’an dernier, que cette clientèle diminuait.

Un pèlerin du tourisme au Canada

(article publié initialement dans TOURISME)

Président du conseil d’administration à la Commission canadienne du tourisme (CCT) depuis 2002, l’Honorable Charles Lapointe, C.P., a marqué l’organisation chargée de vendre le Canada touristique au reste du monde comme peu de gens auront su le faire. Au terme de son mandat de 5 ans au sein de la CCT, il trace un bilan de parcours optimiste, le long duquel les tempêtes se sont à l’occasion révélées providentielles. TOURISME s’est entretenu récemment avec M. Lapointe, peu après que son mandat eût pris fin le 1er décembre dernier.

TOURISME : Les défis que doivent relever les intervenants de l’industrie touristique canadienne aujourd’hui, que ce soit au chapitre du financement de projets, du marketing ou des ressources humaines, laissent croire par moment qu’elle est mal aimée. Êtes‑vous d’accord avec cette perception?

M. Lapointe: Il y a toujours encore un grand travail de pèlerin à accomplir pour convaincre à la fois le secteur privé d’investir dans une industrie qui engendre des retombés considérables, et convaincre les acteurs public de l’importance de ce secteur d’activités comme l’une des grandes industries génératrices de revenus et créatrice d’emploi au Canada.

Récemment, la Secrétaire d’état au tourisme et à la petite entreprise, Mme Diane Ablonczy, annonçait 26 millions de dollars additionnels pour promouvoir le Canada à l’occasion des Jeux olympiques de 2010. Ça c’est une victoire. Le gouvernement du Canada a également injecté des fonds pour promouvoir le fait français au Canada à l’occasion du 400ème anniversaire de Québec.

Je pense qu’avec de bons projets, le travail soutenu du pèlerin permet d’engendrer des alliances avec un plus grand nombre de joueurs privés qui augmenteront l’intérêt des pouvoirs publics à s’engager davantage dans l’industrie touristique. Actuellement, le projet du Massif dans Charlevoix est un exemple très important au Québec. Le gouvernement du Canada et le gouvernement du Québec y investissent tous les deux, de concert avec un investisseur privé qui y met au delà de 200 millions de dollars. Dès qu’il y a un investissement privé important, les projets semblent aller de l’avant. C’est ce qui est arrivé à Mont Tremblant et à Whistler.

TOURISME : Parlons de vos réalisations durant votre mandat maintenant. Lesquelles considérez vous particulièrement marquantes?

M. Lapointe : Je pense que la plus belle opération qu’on a faite a été de créer une nouvelle image de marque pour le Canada. Ce qui a été passionnant est que l’exercice s’est déroulé dans un cadre qui à permis de consulter toutes les régions du pays : de la Colombie‑Britannique à Terre‑Neuve, et dans certains de nos marchés principaux. Cela a servi beaucoup à consolider les liens qui unissent la CCT avec l’industrie touristique au Canada. Canada. Explorez sans fin, c’est un énoncé qui perméabilise toute l’orientation stratégique de la CCT pour soutenir l’industrie, et de plus en plus on sent une adhésion de toutes les parties vers le tout.

La deuxième réalisation que je mentionnerais, ce sont les nouvelles orientations stratégiques de la CCT. Au début de la deuxième année de mon mandat, le conseil d’administration et tous nos comités ont entamé l’examen à la loupe de chaque marché sur lequel nous intervenions. Après de longues discussions, certaines déchirantes, on a convenu de faire passer le nombre de marchés ciblés par la CCT de 15 à 8. Ce fut une décision très difficile, parce qu’on avait quand même tissé des liens en Italie, en Hollande, en Suisse, à Taiwan et à Hong Kong. Mais cela s’est avéré la bonne décision sur le plan stratégique, parce qu’elle allait nous permettre d’avoir un impact plus fort sur les marchés qui donnaient les meilleurs rendements.

Dans le même élan, nous prenions la décision la même année de nous tourner résolument vers les communications électroniques. Cela ne semble pas très original en surface, mais c’était une décision à prendre. Le fait d’élaborer des stratégies qui nous amèneraient à être en relation directe avec les consommateurs par le biais d’Internet, nous a mené à changer de cap si bien que la CCT ne dépend plus maintenant uniquement de l’éventail des médias publicitaires conventionnels des domaines de l’imprimé, de la radio ou de la télé.

La troisième réalisation, et cela demande des efforts continus, c’est le renforcement du rôle de leadership de la CCT. Nous avons eu beaucoup d’occasions de démontrer son importance au cours des 5 dernières années, suite aux événements du 11 septembre 2001, et à ceux reliés au SRAS à Toronto qui menaçaient la prospérité même de l’industrie touristique à travers tout le pays. Durant ces deux crises, je crois que la CCT a su bien jouer son rôle de rassembleur.

TOURISME : Quel élément clé identifieriez vous comme fondement à ce rôle de leader?

M. Lapointe : Ce n’est pas très sorcier le leadership. Il faut avoir un minimum d’écoute et de capacité à aller chercher ce qu’il y a de mieux chez nos collaborateurs. Le leadership c’est aussi savoir inspirer la confiance et amener les gens qui travaillent pour nous à donner le meilleur d’eux‑mêmes.

TOURISME : Sur le plan des défis auxquels la CCT fait face à l’heure actuelle, lesquels considérez‑vous comme les plus pressants?

M. Lapointe : Le premier défi qui préoccupe toute l’industrie canadienne c’est évidemment le déclin soutenu du nombre de touristes en provenance des États‑Unis, un phénomène qui peut être observé dans toutes les régions du Canada. Notre gros volume de visiteurs étrangers provient des États‑Unis. Alors on essaie plusieurs choses avec nos partenaires en nous concentrant dans les plus grandes villes, parce qu’on constate que la baisse est beaucoup moins marquée chez les Américains qui viennent par avion de Californie, de Washington, du Texas, de Floride ou de New York.

Dans ces cas‑là, on parle même d’une légère augmentation en 2007. On n’a pas trouvé la recette pour séduire tous les territoires frontaliers, cependant. Je crois que ce fut une sage décision pour la CCT que de cesser ses actions dans les territoires frontaliers, puisque Vancouver est déjà actif à Seattle; Toronto et Niagara Falls sont actifs à Buffalo. Ce sont des destinations voisines; Windsor va être actif à Détroit, et Montréal investit dans sa présence à Montpelier, Plattsburgh et Burlington.

En revanche, cela permet de nous tourner vers d’autres marchés, que ce soit le Mexique, la France et l’Angleterre qui performent bien. Le nombre de visiteurs en provenance de Chine augmente. Mais la Chine représente un autre défi, et je dois dire que le fait qu’on n’ait pas réussi en 2007 à obtenir le statut de destination approuvée me laisse tout à fait perplexe. Cela me frustre, d’autant plus que les États‑Unis viennent tout juste d’obtenir ce même statut tant convoité.

Sur un autre plan, nous faisons face à une concurrence internationale beaucoup plus forte qu’auparavant; de nouvelles destinations touristiques sont nées. Il y a un engouement à l’heure actuelle pour la Croatie, l’Europe de l’Est en général. Le Laos commence à s’ouvrir, après le Vietnam. Ces nouvelles destinations font que la tarte est de plus en plus divisée. Alors il faut maintenir nos parts de marché et bien marquer les avantages qu’offre le Canada comme destination touristique. En faisant appel à l’imaginaire et au sens de l’aventure du consommateur, avec la nouvelle image de marque du Canada, on a peut‑être entre les mains le bon outil. Mais on n’en aura la confirmation qu’après l’avoir expérimenté pendant une dizaine d’années.

TOURISME : Comment l’industrie touristique peut‑elle mieux se préparer à faire face à ces défis?

M. Lapointe : Je ne suis pas du tout pessimiste. Il est certain qu’on a encore un travail à faire au niveau d’une plus grande cohésion de l’industrie. On est bien loin du secteur de l’agriculture qui est en mesure d’exercer un lobby beaucoup plus fort que nous. Nous nous y appliquons tous. L’Association des hôtels du Canada, les associations d’hôtels régionales et l’Association de l’industrie touristique du Canada le font. Mais nous avons encore du travail à faire pour que nous puissions éventuellement parler d’une seule voix. J’entends par là également être en mesure de se présenter sur les marchés non pas d’une façon dispersée, mais en tant que partie d’un tout qui s’appelle le Canada.

Est‑ce que l’adversité ne nous aiderait pas à nous coaliser? Nous avons déjà enchâssé l’importance du rôle des partenariats non‑traditionnels dans les priorités de la stratégie 2008‑2012. Nous voulons les accentuer davantage. Je suis convaincu que parmi toutes les ressources à notre disposition en ce moment, les partenariats non‑traditionnels constituent le meilleur moyen de globaliser l’industrie touristique canadienne. À nous de les mettre en chantier.

TOURISME : Merci M. Lapointe.