jeudi, décembre 22, 2005

Des pêcheurs qui n'ont pas froid aux yeux


Dans les Territoires du Nord-Ouest, la pêche blanche, on connaît. Même qu'il y a des millénaires qu'on la pratique, pour des raisons de subsistance d'abord, mais aussi pour égayer l'hiver et prendre un bon bol d'air. Exploration d'une activité hivernale à cheval entre tradition et modernité.

Bienfait (Saskatchewan): Un paysage minier et un patrimoine à découvrir

Située à 14 kilomètres à l'est de Estevan dans le sud-est de la province, Bienfait est une de ces petites munipalités qui n'attire pas trop l'attention.

Ville minière qui vit du charbon depuis que les premiers colons s'y sont installés vers la fin du 19ème siècle, son décor est caractéristique d'une industrie qui, encore aujourd'hui, influence l'activité économique locale.

Fierté des habitants, un magnifique petit musée abrite dans une ancienne gare une riche collection d'artéfacts miniers, dons de citoyens et entreprises du coin.

La pièce de résistance est surement l'ancienne locomotive à vapeur, datant de 1907, qui servait jadis à acheminer le charbon de la mine à la ville.

Il ne reste plus aujourd'hui à la mine qu'un ancien garage et ce château d'eau classique qui servait à remplir à alimenter la locomotive jusqu'à sa mise hors service en 1968.

mercredi, décembre 14, 2005

Le Nunavut : Beau à en perdre le nord !

Peu importe l'endroit où l'on se trouve, la nature est bien présente, au Nunavut. Parlez-en aux amateurs de randonnées.

Terre nordique enveloppée de mystère, le Nunavut invite les voyageurs invétérés à de belles aventures. Suivez le guide !

PAR MARGO PFEIFF

En ce soir d'hiver, Cape Dorset se dissimule sous un voile d'encre. Je suis dans ma chambre d'hôtel lorsque j'entends frapper à la porte. Un jeune Inuit se tient là, emmitouflé dans une énorme parka. « Aimeriez-vous acheter une sculpture ? », me demande-t-il d'une voix douce. Il sort alors de sa poche un kayak en stéatite dans lequel se tient un mini chasseur, harpon en ivoire à la main. Je lui remets les 80 $ qu'il demande puis il disparaît dans la nuit arctique, non sans me faire un timide sourire.
Avant même d'atterrir pour la première fois sur la piste glacée d'Iqaluit, en 1990, je me suis sentie craquer pour cette terre austère. Du haut des airs, les icebergs ressemblent à de gros flocons déposés sur l'océan arctique couleur bleu nuit, et la toundra semble pailletée de lacs comme autant de petites flaques d'eau aux teintes variant du pervenche au turquoise. Une fois ce paysage féerique imprimé au fond de ma rétine, j'ai appris à connaître les Inuits, et j'ai été séduite par leur simplicité, leur sens de l'humour et leur générosité.

Le Nunavut - « notre terre » en inuktitut - a été créé le 1er avril 1999. C'était la première fois depuis l'entrée de Terre-Neuve dans la Confédération, en 1949, que les cartographes devaient redessiner la carte du Canada. Avec une superficie de 1,99 million de kilomètres carrés, le Nunavut occupe le cinquième de la surface du pays. Et sur cette vaste terre, les coutumes millénaires sont encore bien vivantes.
Depuis qu'Iqaluit - une ville de 6 000 habitants - est devenue la capitale du Nunavut, elle n'a cessé de se développer. De loin la localité la plus importante du territoire, elle demeure cependant une ville frontalière et abrite les seules banques et restaurants avec permis d'alcool ainsi que l'unique hôpital, palais de justice, prison et cinéma de tout le territoire.

Les 28 « villages » qui parsèment le Nunavut ne sont accessibles que par bateau, avion, motoneige ou traîneau à chiens. Ici, il y a 30 fois plus de caribous que d'humains et les 28 000 habitants dispersés sur cet immense territoire - 0,01 personne par kilomètre carré, selon les statistiques - pourraient facilement se tenir dans un stade sportif de taille moyenne.

Situé au bord de l'eau, le centre d'accueil Unikkaarvik partage un édifice avec la bibliothèque de la ville, truffée de livres sur le Nord. On y trouve des cartes géographiques ainsi qu'un personnel qualifié qui peut tout aussi bien organiser une visite d'Iqaluit qu'une excursion au pôle Nord. Tout près de là, le Musée Nunatta Sunakkutaangit a été aménagé dans un ancien poste de traite de la Compagnie de la Baie d'Hudson. On peut y admirer une magnifique collection d'artefacts, dont un kayak en peau de phoque et une palette d'œuvres inuites créées dans différents villages.

Les galeries d'art et les boutiques de la ville présentent des pièces provenant de partout dans le Nord, des sculptures de Cape Dorset - reconnues dans le monde entier - aux gravures et tapisseries de Pangnirtung.
Une simple promenade au fil des rues d'Iqaluit nous plonge tête première dans la culture locale. En été, les sculpteurs travaillent en plein air et en hiver, on voit encore des femmes vêtues du manteau traditionnel - amoutiq - avec leur bébé blotti dans l'immense capuchon.
Tous sont invités à assister aux services religieux dans l'église anglicane en forme d'igloo où la croix de l'autel est formée de deux défenses de narval. Ici, les hymnes sont chantés en inuktitut. Le Northern Store, autrefois la Compagnie de la Baie d'Hudson, ressemble à n'importe quelle épicerie moderne à quelques détails près : parmi les produits congelés se glissent du narval, du muktuk, du bœuf musqué et du caribou ainsi que des saucisses d'omble chevalier.

Changement de cap

Lorsqu'on sort de la capitale, le rythme change radicalement. Chacun des villages disséminés sur ce vaste territoire ne compte pas plus de 200 habitants. La plupart des gens chassent et pêchent pour subsister et il n'est pas rare que des familles entières partent tout l'été camper en pleine nature. Mais même ici les camionnettes, les motoneiges, les véhicules tous terrains et les hors-bord ont remplacé les traîneaux à chiens et les kayaks.

Je ne reste jamais très longtemps dans un lieu habité. Villages et hameaux ne sont que des points de départ pour mes excursions à la découverte de cette terre sauvage qui compte trois parcs nationaux et plusieurs parcs territoriaux. Situé près du parc national Sirmilik, Pond Inlet attire les férus de kayak. J'ai déjà passé une semaine entière à pagayer le long du littoral près de Pond, zigzagant autour des icebergs en écoutant l'écho des gouttes d'eau frapper sur les parois de leurs cavités creusées par les vagues.
Tout au long des étés, brèves périodes au cours desquelles la neige fond et la température franchit le cap de 0 ºC, on peut observer les baleines - notamment à Clyde River - ou faire de la randonnées n'importe où dans le territoire.

À une courte balade en bateau de Pangnirtung, un joli petit village dans le sud de l'île de Baffin, une excursion extraordinaire attend les randonneurs qui pourront contempler notamment le paysage de fjords et de pics dentelés du parc national d'Auyuittuq. On peut aussi pagayer sur la rivière Soper en passant dans le parc territorial Katannalik, près d'Iqaluit, émaillé de vallées tapissées de fleurs sauvages, où paissaient des caribous et où gambadent toujours des lièvres arctiques. Puis on termine son voyage sur la côte, dans la communauté de Kimmurut, célèbre pour ses sculptures en stéatite.

Le printemps dans le Nord est tout simplement fabuleux. Le soleil brille presque 24 heures par jour et la température monte suffisamment pour permettre des sorties en traîneaux à chien. Depuis Iqaluit, on peut faire des balades d'une ou de plusieurs journées.

C'est aussi le temps de faire des excursions à la limite de dislocation de la banquise, en particulier à l'extrémité nord de l'île de Baffin. Quand la glace recouvrant l'océan commence à craquer, les narvals et les bélugas viennent se nourrir dans les espaces dégagés qui attirent aussi des millions d'oiseaux de mer. Quelques-uns d'entre nous avons quitté Arctic Bay en traîneaux tirés par des motoneiges pour aller camper sur la glace et observer les espèces sauvages. Un véritable safari, version nordique.
Je me souviens d'une randonnée dans le parc national du Canada Quttinirpaaq (l'île-d'Ellesmere), à 700 kilomètres du pôle Nord, en plein mois de juillet. Des papillons voltigeaient autour de moi alors que je marchais dans les fleurs sauvages jusqu'aux genoux. Je me souviens aussi de ce nid de petits harfangs des neiges dans les îles Belcher, ou encore de cette nuit d'hiver à Hall Beach où les aurores boréales déchiraient le ciel de larges bandeaux verts et rouges si brillants que j'avais l'impression de les entendre grésiller.

Et je n'oublierai jamais cette petite Inuite, rencontrée à Resolute. Nous regardions la météo à la télévision quand elle s'est approchée de l'écran, montrant du doigt l'espace au-dessus du téléviseur. « J'habite là-haut, dit-elle fièrement, sur cette partie de la carte qu'on ne voit pas. » « À l'extérieur de la carte », voilà une expression qui décrit bien le Nunavut.

Terre d'une beauté inouïe qui promet un voyage mémorable empreint de magie, le Nunavut séduira à coup sûr les voyageurs qui aiment découvrir des paysages sauvages à l'état pur. Et une chose est certaine : les souvenirs de ce voyage peu commun resteront longtemps gravés dans leur mémoire.
Pour de plus amples renseignements sur cette destination ou sur d'autres destinations canadiennes, visitez le site de la Commission canadienne du tourisme à www.voyagecanada.ca.

Le Massif : une montagne née pour être dévalée

Certaines des 36 pentes du Massif s'insinuent dans de splendides sous-bois.

Un site époustouflant, une montagne éclatante de beauté, du ski décoiffant et des activités des plus débridées : le Massif de Petite-Rivière-Saint-François, dans Charlevoix, est le centre de ski le plus jouissif de l'est de l'Amérique du Nord. À vos planches!

PAR HUGO PARADIS

Je me rappelle encore de l'ère des autobus, dans les années 80. À l'époque, à ses débuts, le Massif était une montagne vierge et sauvage, sillonnée par quelques pistes tracées sommairement pour permettre à tous les mangeurs de poudre du Québec de s'en mettre plein la bouille.

Aucune remontée mécanique ne grimpait alors sur le dos des pentes, et tous les skieurs devaient emprunter une navette - nom fallacieux décrivant ce qui était, en fait, un vieil autobus scolaire - pour regagner le sommet. Au mieux, en descendant rapidement, on pouvait s'offrir cinq descentes par jour, pas plus.

Pour ajouter au charme de l'expérience, les sorties s'effectuaient avec un guide afin de ne pas trop s'écarter des pistes battues, ou plutôt de ce qui en tenait lieu, car aucune dameuse ne travaillait les pentes. Et comme des tombereaux de neige s'entassaient sur les pistes très tôt en saison, le Massif devenait alors un pactole de poudreuse, surtout quand une bordée de cristaux frais venait tout juste de tomber du ciel.
En ces temps-là, le surf des neiges était plancha non grata dans tous les centres de ski de la province, sauf au Massif. Pour moi et les premiers adeptes québécois qui pratiquions ce sport tout neuf, c'était le nirvana. Non seulement pouvait-on dévaler des pentes bourrées de poudre pendant 45 minutes sans remonter, mais cette montagne nous acceptait comme nous étions, à savoir de drôles d'hurluberlus qui se prenaient pour des surfeurs mais qui préféraient les lames de neige aux rouleaux d'écume.

Une montagne sur mer

Aujourd'hui, le Massif est encore fréquenté par toutes sortes d'amants de la glisse qui, malgré leurs différences, ont ceci de particulier : ils arborent tous le même regard éberlué de joie. Qu'ils aient les pieds fixés sur une ou deux planches, ou qu'ils passent leur temps à s'agenouiller dans les pentes en y laissant leurs « télé-marques », tous partagent le même enchantement, celui de se retrouver ici, quelque part entre le ciel et la mer, en se demandant sans cesse s'ils ne sont pas en train de glisser sur la ouate des nuages.
Car dans l'est de l'Amérique du Nord, aucun autre centre de ski ne peut se targuer de bénéficier d'un site aussi privilégié. Cette « montagne sur mer », comme on se plaît à la surnommer, se dresse de toute sa superbe devant le fleuve Saint-Laurent, plus majestueux que jamais dans cette bellissime région qu'est Charlevoix. L'endroit est tellement spectaculaire que, parfois, on se demande si la pratique du sport n'est pas superflue, le simple fait de contempler les panoramas étant, en soi, pleinement satisfaisant.
Et puis, aucun autre domaine skiable n'affiche un aussi fort dénivelé (770 m), à l'est des Rocheuses. Pas surprenant que si la candidature de Québec avait été retenue pour les Jeux Olympiques de 2002, c'est ici qu'auraient eu lieu les compétitions de ski. Aujourd'hui, le Centre national d'entraînement de ski demeure par ailleurs unique, dans la province.

Si on trouve bon nombre de pistes familiales - dont une qui déroule lentement son long tapis blanc sur 3,8 kilomètres -, près de la moitié des 42 pentes sont marquées d'un diamant noir (de calibre très difficile) ou d'un double diamant (conditions extrêmes), comme c'est le cas de la sacro-sainte 42, une véritable perle sinueuse et bosselée à souhait, de la Sous-Bois, discrète mais efficace, et de La Charlevoix, seule piste homologuée « Descente coupe du monde femme » de l'est du pays.

Cette dernière est la seule piste, calibre compétition oblige, à s'élargir parfois jusqu'à 100 mètres, toutes les autres ne dépassant jamais 30 mètres afin de prémunir la station de l'érosion et des vents. C'est que le Massif a des comptes à rendre à dame Nature, puisqu'il se trouve en plein cœur d'une Réserve mondiale de la biosphère. On a donc convenu de ne pourvoir à l'enneigement artificiel que dans des proportions qui ne modifieront pas le cycle végétal, et on s'est refusé à construire des sites d'hébergement sur place, entre autres mesures.

Mais voilà que le Massif en est arrivé à une période charnière de son évolution, depuis que le cofondateur et ex-président du Cirque du Soleil, Daniel Gauthier, s'en est porté acquéreur, en 2002. Au cours des prochaines années, celui-ci compte faire de gros investissements afin d'optimiser les infrastructures de la montagne. C'est ainsi qu'au cours de l'année 2004, 5 millions de dollars ont été dépensés pour créer 6 nouvelles pistes, installer une remontée quadruple et déployer 90 nouveaux canons à neige. Pour le reste, nul ne sait jusqu'où ira le développement futur de la station, aucun plan directeur n'ayant été adopté pour le moment.

Une chose est sûre : le nouveau propriétaire aimerait bien faire du Massif une destination récréotouristique de premier plan et ce, l'année durant. Mais qu'on ne s'y trompe pas, car c'est bel et bien autour du ski et des sports d'hiver que Daniel Gauthier prévoit axer son développement. Rien là de plus normal : du haut de son sommet ou vue du fleuve, on voit bien que cette montagne est née pour être dévalée...

Pour de plus amples renseignements sur cette destination ou sur toute destination canadienne, visitez le site de la Commission canadienne du tourisme à l'adresse www.voyagecanada.ca.

lundi, décembre 05, 2005

Agrowebminaires: une technologie Internet pleine de mérite pour la formation en exploitation du patrimoine


J'ai récemment eu l'occasion de donner une formation par Internet sur la mise en scène d'expériences agrotouristiques irrésistibles et je dois avouer que l'expérience a été très concluante.

C'est le Conseil canadien de gestion d'entreprises agricole qui a mené l'initiative par l'entreprise d'une boîte d'Ottawa: Galbraith Communication.

Cory Galbraith et ses collègues ont développé un système de diffusion de conférences par internet qui permet aux participants non seulement de voir et d'entendre le présentateur en temps réel, il permet également de voir les documents powerpoint que le formateur fait défiler à partir de son propre ordinateur. C'est impresssionnant.

Les participants à la conférence peuve poser des questions en utilisant le clavier de leur ordinateur et le formateur y répond pour le bénéfice de tous.

Évidemment, le système peut éprouver des ratés de temps à autres, au rythme des hocquets de l'Internet, mais en général, cela fonctionne bien.

Pour en savoir plus au sujet du système ou vous inscrire gratuitement à une de ces conférences, visitez Farmcentre.com

Le blanc manège des motoneiges


Photo: Tourisme Nouveau-Brunswick

C'est dans le nord du Nouveau-Brunswick et dans la Péninsule acadienne qu'on enregistre les plus fortes chutes de neige de toute la province, pour la plus grande joie des motoneigistes.

Qui a dit que le Nouveau-Brunswick fermait ses portes, durant l'hiver? Parlez-en aux motoneigistes, pour qui cette charmante province des Maritimes devient un fabuleux terrain de jeu, dès lors que s'étale le blanc tapis neigeux...

PAR YVES OUELLET

Dans le nord du Nouveau-Brunswick, dans cette grande région délimitée par les villes de Campbellton, Edmundston, Bathurst et Miramichi, ainsi que dans la péninsule acadienne, on enregistre les plus fortes chutes de neige de toute la province. S'il s'en trouve pour s'en plaindre et considérer l'hiver davantage pénible, d'autres ne peuvent que s'en réjouir.

C'est le cas de tous les férus de motoneige qui prennent d'assaut cet immense territoire de forêts et de bords de mer, à chaque saison hivernale. Non seulement l'épais tapis neigeux leur permet de se déplacer en tout confort, mais encore peuvent-ils délaisser les simples sentiers pour emprunter de véritables boulevards givrés qui traversent des décors vraiment grandioses.

Que ce soit pour une semaine ou un week-end, les grands espaces du Nouveau-Brunswick permettent de réaliser des circuits de motoneige de tout genre. Mais il faut savoir par où commencer. Et à ce titre, la ville de Bathurst constitue un parfait pied-à-terre.

Autour de Bathurst
Le froid donne à la lumière une clarté éclatante et le soleil fait scintiller le couvert de neige jusqu'au fond des forêts sans feuilles. Au fil de cette large piste sur laquelle file ma machine, les plaisirs du sport, le charme de la saison et la beauté du paysage me procurent un rare plaisir.

Directement de mon hôtel, je viens d'emprunter, pour une première journée, des sentiers qui annoncent des heures d'agrément, vers Miramichi. Des autoroutes blanches. Des chemins rectilignes, comme le fameux Piston Alley, mais pas au point d'en être ennuyants. Autrement, je passe de l'ancienne emprise ferroviaire au chemin forestier, puis à la ligne de transport d'électricité avant de m'engager occasionnellement dans des sous-bois plus serrés. Le tout forme une diversité de panoramas et de conduite qui renouvelle continuellement l'intérêt...

Plus souvent qu'autrement, je longe la rivière Nipisiquit et ses cascades qui résistent au gel. Sur ses rives, je croise plusieurs relais chaleureux, comme le Governor's Pool Wilderness Lodge, un camp de bois rond pittoresque tenu par la famille Evans. Là, comme partout ailleurs, la conversation s'engage sans formalité aucune avec les Néo-Brunswickois de la région, de vrais fanatiques de la motoneige.

Les discussions débutent d'ailleurs toutes par : « Comment sont les sentiers ? » Et l'on ne peut que répondre « Super ! », après avoir roulé sur ce « plancher de danse » parfaitement entretenu par le planeur Lawn Track, une fierté régionale conçue et construite au Nouveau-Brunswick. J'en ai d'ailleurs aperçu un, devant un abri chauffé où les motoneigistes arrêtent pour se délier les jambes, brillant de tout son rouge écarlate sous le soleil et entouré d'une horde d'admirateurs. Quand on aime la motoneige, on s'intéresse aussi aux belles machines...

Le retour vers Bathurst n'est que le prolongement de l'excitation ressentie depuis l'amorce de cette randonnée enivrante. Une dernière pause au Club de motoneigistes Chaleur, puis je rentre à l'hôtel Atlantic Host, déjà envahi par les motoneigistes arrivant pour la fin de semaine.

Voilà une superbe excursion à l'intérieur de la province, qui peut facilement s'étirer sur trois ou quatre jours en logeant dans les villes citées plus haut ou en rayonnant autour de Bathurst, point de chute quotidien.

En route pour la péninsule

Quand on aborde la péninsule acadienne, on plonge en plein pays francophone. Pour cette étape, j'ai le privilège d'être accompagné par Jean-Yves Thériault, président du club de motoneigistes de Caraquet, ainsi que par Hédard Vienneau, président du club de Tracadie-Sheila, les Voyageurs sur Neige. Avec ces personnes qui incarnent toute l'hospitalité acadienne, c'est dans la bonne humeur que notre équipée s'amorce en direction de Caraquet, où survient un moment inoubliable.

La forêt devenant plus clairsemée, nous commençons à deviner la mer. Tout d'un coup, voilà qu'apparaît la Baie-des-Chaleurs, dans toute sa superbe. C'est le coup de foudre. « J'ai la chance de vivre droit devant ce paysage fabuleux en constante mouvance, saison après saison », explique Jean-Yves Thériault, en s'arrêtant devant chez lui. Fonçant vers la banquise jusqu'au bout de la pointe continentale, nous traversons ensuite un pont de glace vers les îles de Lamèque et Miscou. Constamment balayées par le vent, les pistes insulaires sont plus difficiles mais l'environnement de ces bastions acadiens demeure d'un pittoresque unique.

Au retour, en passant par Shippagan, nous apercevons maintenant tous les bateaux de pêche au repos, certains prisonniers des glaces, d'autres hissés et alignés sur le rivage. Leurs couleurs, qui évoquent souvent le drapeau acadien, éclatent sous la lueur vive. Il y a là une ambiance incomparable, dépaysante et poignante. Dans le silence de l'hiver et l'immobilité des glaces, on s'imagine mal toute la fébrilité qui s'empare pourtant de la péninsule, à l'approche de la saison de pêche au homard.

Heureusement, on peut toujours se régaler de fruits de mer et de poissons, même en février. C'est ce que nous avons fait dans un charmant pub tout près des quais, le Pirate Maboule, où on prépare plusieurs spécialités locales, dont la « bourrasque aux pétoncles », un sauté de légumes accompagné de ces succulents mollusques à chair tendre.

D'une baie à l'autre, nous roulons ensuite vers Tracadie-Sheila, d'abord jusqu'au Relais des Minique, tout près de notre destination finale. Les motoneigistes s'y retrouvent dans un centre communautaire où tout le monde dévore de petites chaudières de moules simplement apprêtées à l'eau de mer, sans plus. À deux minutes de là, on trouve les Chalets Les Deux Rivières, un refuge tout confort. De par sa situation centrale dans la péninsule acadienne, et compte tenu des services qu'on y trouve, Tracadie-Sheila constitue un autre excellent point de chute pour motoneigistes.

Le lendemain, le périple acadien se termine en beauté par un retour à Bathurst en passant par le relais La Bonne Route. C'est là que je rencontre un nouveau groupe de motoneigistes, des Doiron et des Haché, des pêcheurs qui passent tout naturellement de l'écume au givre, à la saison froide, en gardant le cœur sur la main et leur sens de l'humour intact.

Car ils sont comme ça, les Acadiens : disponibles, chaleureux et accueillants, sur mer ou sur terre, dans leur hiver comme sur leurs chemins de neige...

Pour de plus amples renseignements sur ces destinations ou sur d'autres destinations canadiennes, visitez le site de la Commission canadienne du tourisme à l'adresse www.voyagecanada.ca.

source: Commission Canadienne du tourisme

Cette reproduction n'est pas présentée à titre de version officielle du contenu reproduit, ni dans le cadre d'une affiliation et/ou avec l'appui de la Commission canadienne du tourisme.


samedi, octobre 08, 2005

S'aiguiller sur la voie de la liberté


Photo: Eva Salter, photographe

Au XIXe siècle, un mouvement de réfugiés connu sous le nom de Chemin de fer clandestin a permis à des milliers d'esclaves d'emprunter la voie de la liberté. Aujourd'hui, des sites historiques ontariens rendent hommage au courage dont ont fait preuve tous ceux qui ont milité pour les droits des Noirs.

PAR CATHY STAPELLS

Si les murs pouvaient parler, une minuscule église de St. Catharines, en Ontario, aurait une grande histoire à raconter. La chapelle Salem, de l'Église épiscopale méthodiste britannique, servit jadis de quartier général au Chemin de fer clandestin, un réseau qui permit à des esclaves afro-américains de recouvrer la liberté, au Canada.

Si plusieurs esclaves trouvèrent ainsi refuge dans cette petite église, c'est grâce à Harriet Tubman, qui mena plus de 300 d'entre eux au-delà des frontières américaines, tout au long des huit années qu'elle passa à St. Catharines.

« Tubman fut la plus importante accompagnatrice du Chemin de fer clandestin, raconte Rochelle Bush, directrice historique de la chapelle Salem, construite en 1855 et désignée lieu historique national du Canada. Elle a risqué sa vie plus d'une fois pour aider les esclaves à traverser la frontière. »

Née au Maryland en 1820, madame Tubman échappa elle-même à l'esclavage, en 1849. Surnommée la « Moïse noire », elle retourna 19 fois dans le sud américain pour conduire des esclaves - dont ses propres parents, en 1857 - sur le chemin de la liberté. « Elle vécut à St. Catharines entre 1851 et 1858 et elle fit 11 voyages, malgré le fait que sa tête ait été mise à prix pour 40 000 $ », explique Bush, une descendante d'un de ces esclaves. En 1830, la famille de son père arriva de Richmond, en Virginie, pour s'installer dans la région de Oro/Collingwood. La famille de sa mère arriva de South Columbia, en Caroline du Sud, en 1844, et vécut dans les environs de St. Catharines.

Après la guerre civile américaine, madame Tubman déménagea à Auburn, New York, où elle continua à travailler pour l'avancement des droits des Noirs et des femmes. Elle mourut en 1913, âgée de plus de 90 ans.

L'histoire de cette héroïne, comme celle de tous ceux qui souhaitaient trouver la liberté et fuir les conditions brutales du Sud américain, en est une de désespoir et de sacrifice. Or, le Chemin de fer clandestin arrivait à leur redonner espoir.

Une lutte de longue date
Le mouvement prit racine dans le sud des États-Unis et traça son chemin vers les États du nord et, éventuellement, vers le Canada, où les Noirs pouvaient vivre comme des citoyens libres.

Mis sur pied au début des années 1500 par des sympathisants abolitionnistes (tant des Noirs que des Blancs), le chemin de fer atteignit un sommet entre 1780 et 1865. Enveloppé de secret, peu de faits furent répertoriés. Cependant, des historiens croient qu'environ 40 000 fugitifs arrivèrent au Canada grâce à ce mouvement. Ils s'établirent dans le Haut-Canada, appelé Ontario à la fin du XVIIIe siècle, qui était alors considéré comme un havre sécuritaire pour les Noirs.

En 1793, le lieutenant-gouverneur John Graves Simcoe établit un précédent en déposant un projet de loi pour interdire le trafic d'esclaves dans le Haut-Canada. Car à l'époque, de plus en plus de loyalistes (sujets britanniques qui restèrent loyaux à la Grande-Bretagne après la révolution américaine) venaient au Canada, accompagnés de leurs esclaves.

Après l'adoption, en 1850, de la Loi sur les esclaves fugitifs aux Etats-Unis, laquelle permettait la capture d'esclaves en fuite dans les États du Nord, on chercha plus que jamais à trouver asile dans le Haut-Canada. En 1833, le Parlement britannique adopta l'Acte d'abolition de l'esclavage, qui rendit à tous les esclaves de l'Empire britannique leur liberté.

Les localités de l'Ontario qui ont joué un rôle dans l'aventure du Chemin de fer clandestin sont dispersées dans le sud de l'Ontario, plus précisément de Windsor à Toronto et, au nord, de Fort Erié à Owen Sound, Thornbury et Barrie. En tout, 29 lieux permettent aux visiteurs d'explorer ce chapitre émouvant de l'histoire canadienne.

Vingt-neuf lieux de mémoire
Nombre de ces sites se trouvent dans la région de Niagara/St. Catharines. Le bureau de tourisme de Niagara (Tourism Niagara) a élaboré la Niagara's Freedom Trail le long de laquelle se trouvent sept endroits d'intérêt historique.

À Fort Érié, une plaque, « The Crossing », marque l'endroit où de nombreux esclaves en fuite traversèrent la rivière Niagara, depuis Buffalo et vers le Fort Érié. Certains atteignaient l'autre rive grâce au concours de capitaines abolitionnistes, d'autres attaquaient la traversée à la nage. Ces derniers n'étaient pas tous chanceux. « Les fugitifs ne voyageaient qu'une fois la nuit tombée. C'était une période extrêmement dangereuse », explique Rochelle Bush, porte-parole passionnée de l'histoire du Chemin de fer clandestin.

Toujours à Fort Érié, on peut visiter Bertie Hall, qui abrite aujourd'hui la Galerie Mahoney de maisons de poupée, une collection qui couvre une période de 200 ans. On dit que cette demeure imposante, de style Greek Revival, était utilisée comme installation secrète pour les fugitifs, une fois la rivière Niagara traversée.

Bertie Hall fut construite aux environs de 1830 par William Forsyth Sr., dont les deux fils, Brock et Nelson, étaient des abolitionnistes bien connus. Les esclaves traversaient la rivière la nuit puis ils étaient recueillis à la maison, avant d'être dispersés dans des lieux plus sécuritaires. Bien que ce ne fut jamais prouvé, on dit qu'un tunnel souterrain reliait Bertie Hall à la rivière Niagara. Au sous-sol, les visiteurs peuvent visiter les quartiers reconstitués qui baignaient dans une atmosphère sombre et clandestine.

La piste de la liberté de Niagara s'arrête également au Musée de St. Catharines, installé dans le Welland Canal's Centre. On peut y visiter l'exposition Follow The North Star, qui explore l'histoire du chemin de fer tout en soulignant le riche héritage des Afro-Canadiens.

« Il y a 27 familles noires à Niagara, la majorité se trouvant à St. Catharines, explique madame Bush. Ici, au moins 7 000 personnes peuvent retracer leurs racines jusqu'à l'époque de ces esclaves qui ont fui les États-Unis. »

À l'extérieur de la région de Niagara se trouvent un grand nombre de sites qui valent le détour, le long du chemin de fer clandestin. Le African Canadian Heritage Tour et le Central Ontario Network for Black History, de concert avec le gouvernement de l'Ontario, ont publié un livret décrivant les 29 sites de la province.

La case de l'oncle Tom
Le lieu historique de la Case-de-l'Oncle-Tom et la maison de Josiah Henson, à Dresden, célèbrent les accomplissements de Josiah Henson et de Harriet Beecher Stowe.

Henson échappa à l'esclavage du Kentucky, avec sa femme et ses quatre enfants, puis il s'installa dans le Haut-Canada, où il devint rapidement un membre important du Chemin de fer clandestin. En 1841, près de Dresden, en compagnie d'autres abolitionnistes, il acheta 200 acres de terre et fonda une école pour les réfugiés noirs appelée l'Institut américano-britannique. Bientôt, les résidents mirent leurs talents à profit dans les fermes, les moulins et les industries locales.

À 60 ans, Henson écrivit son autobiographie et ce furent ses mémoires qui inspirèrent Harriet Beecher Stowe pour son roman anti-esclavagiste La Case de l'oncle Tom, lequel se vendit à plus de 300 000 exemplaires au cours de sa première année de publication. Selon le président Abraham Lincoln, le tollé contre l'esclavagisme engendré par son livre fut le catalyseur de la Guerre de Sécession. Henson s'éteignit en 1883 à 94 ans, et il repose désormais au lieu historique Uncle Tom's Cabin.

Les lieux qui émaillent le Chemin de fer clandestin de l'Ontario rendent hommage aux sacrifices de ces gens qui combattirent pour les droits et les libertés des Noirs. C'est une histoire fascinante, digne de celles que l'on devrait enseigner et... que nul ne devrait oublier.

Pour de plus amples renseignements sur cette destination ou sur d'autres destinations canadiennes, visitez le site de la Commission canadienne du tourisme à l'adresse www.voyagecanada.ca.

source: Commission Canadienne du tourisme

Cette reproduction n'est pas présentée à titre de version officielle du contenu reproduit, ni dans le cadre d'une affiliation et/ou avec l'appui de la Commission canadienne du tourisme.

Le cœur gourmand de l'Ontario


Photo: Anita Stewart

Anita Stewart, une des sommités nationales en matière de gastronomie, nous livre ses adresses secrètes glanées dans le charmant village d'Elora et ses environs. But de l'opération? Découvrir les parfums de la cuisine canadienne, la vraie.

PAR ANITA STEWART

Pour moi, Elora est unique. C'est chez moi. Voilà trois décennies que j'aime ce village peuplé d'une foule bigarrée où se mêlent individus chaleureux et merveilleux excentriques.

D'abord il y a son cadre. Planté au cœur de la zone agricole du comté de Wellington, Elora fut érigé dans les années 1800 par des maçons écossais le long de la rivière Grand - inscrite au Réseau des rivières du patrimoine canadien. Le joli cours d'eau s'insinue dans la gorge Elora et se faufile dans un parc de conservation fort populaire auprès des amateurs de pêche à la mouche, d'escalade, de randonnée, de kayak et de vélo de montagne.

Puis, il y a son ambiance. Par exemple, le village est chaque été le cadre du Festival d'Elora qui s'apprête à célébrer sa 26e saison. Tout au long de ce merveilleux happening, les meilleurs musiciens de partout en Amérique du Nord se produisent dans les églises, dans les étables et un peu partout dans la ville.

Rayon cuisine, la région est riche, tant sur le plan historique qu'en produits du terroir. Dans un périmètre de quelques kilomètres, on trouve des petites pâtisseries, une bonne charcuterie et quatre marchés ouverts à l'année, truffés de produits variés, du saucisson demi-sec aux confiseries dorées typiques de la cuisine mennonite.

Ajoutons à cela les fermes biologiques qui font la livraison à domicile ; une boutique d'articles de cuisine qui peut rivaliser avec tous les commerces du genre à des kilomètres à la ronde ; et I Love Chocolate (128 St. Andrew Street West, (519) 843-7906), dans la ville voisine de Fergus, une des meilleures chocolateries de l'Ontario. À proximité, l'Université de Guelph est reconnue partout au pays pour sa faculté agroalimentaire et abrite une ferme de recherche qui mène chaque année des dizaines de milliers d'expériences de toute sorte.

À table
En poussant la porte de l'Elora General Store and Café (15 Mill St. East, [519] 846-2600 ou www.elorageneralstore.com), on pénètre dans l'antre de Barbara Lee et de Rhoda Lipton. L'endroit, décontracté et distrayant, est tout indiqué pour déguster un lunch entre copines. Ici, on cause bien - surtout si Rhoda est présente - et on déguste soupes maison, sandwiches et desserts exquis. Les tartes au beurre et les gâteaux Eccles maison, pâtisseries anglaises fourrées aux raisins secs et saupoudrées de sucre, valent à eux seuls le détour.

La glace biologique de Mapleton - la meilleure du sud de l'Ontario - est préparée à quelques pas de là et les propriétaires ont été les premières de la région à la servir. Les pains sont toujours frais, les sandwiches, généreux et originaux. Pour envelopper vos fins d'après-midi de douceur, offrez-vous un véritable thé anglais, avec scones savoureux tartinés allègrement de confitures bien épaisses et de crème fraîche.

Du vrai Dufau
D'origine basque, le chef Roger Dufau est reconnu pour avoir introduit à Toronto, dans les années 1970, la cuisine typique des bistrots français avec un savoir-faire indéniable. C'est à cette époque qu'il achète son domaine d'Elora, la Drew House (120 Mill St. East, [519] 846-2226 ou www.drewhouse.com), jadis érigée par un ancien lieutenant-gouverneur de l'Ontario.

Après près de deux décennies passées en Australie, plus précisément en Tasmanie, Dufau est de retour au Canada et offre occasionnellement des week-ends de cours de cuisine gastronomique, qu'il mène avec grand art et toute la générosité qu'on lui connaît. Pour dire vrai, s'il devait ouvrir, aujourd'hui, un nouveau restaurant dans le sud de l'Ontario, il aurait peu de compétition. Mais en attendant, il faut se contenter de ses petits-déjeuners divins.

En 2003, Resa Lent, la propriétaire du Desert Rose Café (130 Metcalfe St., [519] 846-0433), le plus ancien et le meilleur restaurant végétarien de la région, célébrait ses 25 ans de vie professionnelle. Après qu'un incendie eut détruit son premier restaurant dans Mill Street, elle déménage à quelques pâtés de maisons dans un local plus joli où elle cuisine depuis de somptueux repas.

Fermé entre janvier et le 1er avril (période au cours de laquelle Resa parcourt la planète), l'établissement est réputé pour son menu composé d'éléments éprouvés, considérés avant-gardistes il y a 20 ans mais devenus des classiques au fil du temps, comme des nachos et des burritos. Laissez-vous tenter par ses rouleaux de printemps ou ses sandwiches chauds à l'avocat. Ses soupes sont renversantes et personne ne fait un aussi bon gâteau au chocolat.

Si le temps vous le permet, faites un arrêt chez Marj's Village Kitchen (Elora Street, Alma, [519] 846-0706). Ici, on sert le petit-déjeuner tout au long de la journée et on prépare une cuisine traditionnelle des plus authentiques. Si la soupe au bœuf et à l'orge est au menu, n'hésitez pas. La carte décline des plats simples et succulents comme les saucisses en coiffe accompagnées de pommes mousseline ou servies en sandwich ; la salade de chou maison ; et le foie poêlé aux oignons. Les tartes méritent à elles seules qu'on s'y attarde : à la crème aux framboises, aux baies de sureau, aux pommes et à la noix de coco. Impossible de réserver, mais se glisser dans la file d'attente - inévitable les week-ends - aux côtés des gens d'ici est en soi une fabuleuse expérience.

Si vous aimez autant cuisiner que manger, poussez la porte de Penhaligan's (10 Mill St. East, [519] 846-2356 ou www.penhaligans.ca). Ici, les propriétaires Philip et Nancy Jardim, véritables puristes en la matière, alignent sur leurs tablettes les ustensiles de cuisine les plus intéressants de la région. Parmi ceux-ci, soulignons une collection de mortiers et de pilons - dont un broyeur en pierre fabriqué en Inde, rapporté par Nancy lors de son séjour en Guyane britannique ; des linges à vaisselle en coton et en lin de Provence ; de la porcelaine française colorée ; et des tire-bouchons Laguiole, qui figurent parmi les meilleurs au monde, selon le célèbre auteur Peter Mayle.

On y trouve également du café torréfié français ; de petits paquets d'épices fraîches et piquantes; du gingembre confit dans le sirop et des boîtes de poudre de moutarde canadienne. Une tablette complète est réservée à la fleur de sel, le sel le plus exquis du monde; une autre, aux couteaux Wüsthof-Trident. Laissez-vous aller! Puis faites des réserves de repas surgelés préparés par Desert Rose. Penhaligan's est le seul endroit, outre le café lui-même, à les vendre...

Pour de plus amples renseignements sur cette destination ou sur d'autres destinations canadiennes, visitez le site de la Commission canadienne du tourisme à l'adresse www.voyagecanada.ca.

source: Commission Canadienne du tourisme

Cette reproduction n'est pas présentée à titre de version officielle du contenu reproduit, ni dans le cadre d'une affiliation et/ou avec l'appui de la Commission canadienne du tourisme.

Hamilton : d'espace et d'air pur


Photo: Hamilton Conservation Authority

Celle que l'on surnomme Steeltown s'est refait une beauté... toute naturelle ! Il s'agit de regarder au-delà du Skyway Bridge pour découvrir de grands espaces où les occasions d'activités de plein air sont légion.

PAR JOHN KERNAGHAN

Quand on pense à Hamilton, l'image qui nous vient instantanément à l'esprit est celle de la vue qui se déploie depuis le Skyway Bridge lorsqu'il enjambe la baie de Burlington. Au premier coup d'œil, cette imposante cité industrielle, avec ses moulins sidérurgiques et ses usines, n'a rien d'un paradis du plein air. Et pourtant...

Au rancart les préjugés ! Au cours des deux dernières décennies, Hamilton s'est drôlement embellie. Mais impossible d'en détecter les nuances en filant en trombe sur le pont.

Cet aspect est pourtant réellement présent : l'endroit jouit d'un nombre impressionnant de zones protégées et récréatives qui invitent à la randonnée, au vélo, au patin à roulettes, à la natation, à la navigation de plaisance, à l'observation d'oiseaux, à la pêche, ainsi qu'à une ribambelle de sports d'hiver. Et Hamilton pourrait très bien aspirer au titre de Capitale canadienne des chutes. En tout, 36 chutes ont été recensées parmi les nombreux cours d'eau qui déboulent de l'escarpement de Niagara.

« Il n'existe aucun tableau qui évalue le pourcentage de terrain récréatif que comportent les villes canadiennes, mais si un tel tableau existait, nous sommes persuadés que nous serions en tête de liste, affirme Garnet Cowsill de la Hamilton Conservation Authority (HCA). Nous croyons que nous pouvons nous comparer très favorablement avec d'autres villes en termes d'espaces verts. » Dans et autour de Hamilton, quelque 6 353 hectares de terrain de propriété publique - ce qui équivaut à 14 pour cent de bassin hydrologique comprenant 280 kilomètres carrés de terrain -, consacrés à un éventail d'activités récréatives.

L'une des installations les plus récentes est située presque directement sous le Skyway Bridge. La Beach Strip Trail, une allée asphaltée de 10 kilomètres qui longe le lac Ontario, inaugurée en mai dernier, redonne au public l'accès au lac. Une des sections du sentier remplace l'ancienne Beach Strip Promenade, une esplanade fort populaire à la fin des années 1800 et au début des années 1900, lorsque la région était une destination estivale courue.

Dans le Confederation Park, la Beach Strip Trail mène également aux Wild Waterworks qui proposent des glissoires, une piscine à vagues, des restaurants, des cages d'exercice au bâton, des karts et des aires de pique-nique agréables ainsi qu'une promenade le long du lac. La nouvelle piste fut tracée trois ans après l'ouverture de la Hamilton Harbour Waterfront Trail, un sentier de 10 kilomètres qui attire randonneurs et joggers.

Des douzaines de pistes supplémentaires se faufilent dans des aires de conservation. Puis, bien sûr, le célèbre sentier Bruce qui coupe la ville en deux parties égales le long de l'escarpement de Niagara. Le sentier file sans interruption le long de l'escarpement, entre Queenston Heights, près des chutes Niagara, et Tobermory, sur le lac Huron.

Et on continue à tracer des sentiers. La Lafarge 2000 Trail, par exemple, est l'un des deux projets du millénaire de la HCA. La route de 22 kilomètres, dans la banlieue de Flamborough, donnera accès à des zones protégées et se rendra ultimement jusqu'aux sentiers du port de Hamilton et du front de mer du lac Ontario. L'autre projet du millénaire, la Dofasco 2000 Trail, un sentier de 11,5 km, reliera la Devil's Punch Bowl Conservation Area avec les Vinemount Wetlands et le sentier Bruce, tout en continuant vers un secteur sauvegardé le long du lac Ontario.

Un des circuits les plus appréciés des cyclistes est l'ancien chemin de fer qui relie Hamilton et Brantford, une piste à usages multiples de 32 kilomètres qui file de l'ouest de Hamilton jusqu'à Brantford. Ce premier réseau de sentiers interurbains parfaitement développé au Canada est également partie intégrante du Sentier transcanadien. Si on compte les ramifications qui vont jusqu'à Paris et Cambridge, le sentier fait 80 kilomètres. Et, de l'excellente qualité de cette route et des sentiers qui relient Paris à Ancaster, une banlieue de Hamilton, est née la Paris to Ancaster Classic, une manifestation de cyclisme annuelle, véritable test d'endurance de 60 kilomètres qui attire environ 1 000 cyclistes et qui a été remportée par les médaillés d'argent des Jeux du Commonwealth, Susan Palmer-Komar et Seamus McGrath.

On trouve également un réseau de 40 kilomètres dans la Dundas Valley Conservation Area et d'autres de 10 kilomètres dans les aires de conservation de Valens et de Christie Lake. Tous sont également damés pour le ski de fond, l'hiver venu. À Valens, des eaux chlorées, séparées du lac grâce à un écran spécial, permettent la baignade. On peut y camper l'année durant avec accès à des toilettes et des douches modernes. Mais il vaut mieux réserver.

La Christie Lake Conservation Area offre aussi des occasions de baignade sécuritaire dans un cadre idyllique. Comme à Valens, une plage d'eau chlorée séparée du reste du lac par un écran accueille les baigneurs. Neuf étangs dans la zone protégée sont gorgés de truites arc-en-ciel de la fin d'avril au début de juillet, mais on peut pêcher jusqu'en septembre.

Entre-temps, à la Fifty Point Conservation Area, les amateurs de pêche peuvent taquiner le poisson dans le lac Ontario - des excursions de pêche au saumon sont organisées à la marina - ou accrocher truites et achigans à l'hameçon dans l'étang empoissonné. Fifty Point abrite également l'une des plages les plus chaudes et les plus propres du lac Ontario.

Il est possible de faire de la navigation de plaisance à Valens, Christie Lake et Fifty Point. À Christie Lake et Valens on peut louer des canots, des pédalos et des vélos aquatiques ainsi que des rampes de mise à l'eau, quoique seuls les bateaux à propulsion électrique soient permis. À Fifty Point, la marina est l'une des meilleures sur la rive ouest du lac Ontario et présente une rampe double avec assez d'espace pour accueillir 312 embarcations.

Rayon sports d'hiver, la Dundas Valley Conservation Area est un endroit rêvé pour les fondeurs; le réseau de pistes de 40 kilomètres propose une variété stimulante de terrains pour les skieurs expérimentés. Ceux qui préfèrent les surfaces plus douces choisiront la Hamilton-Brantford Rail Trail qui file dans la vallée.

L'ornithologie n'est pas en reste dans la région. En tout, 23 sites dans et autour de Hamilton feront le bonheur des amateurs. La Beamer Memorial Conservation Area permet d'entrevoir, de mars au début de mai, des éperviers, des faucons et des aigles, particulièrement lorsque le temps est ensoleillé et que les vents soufflent du sud-ouest. Pour sa part, Luther Marsh abrite de la sauvagine, des balbuzards pêcheurs, des grues du Canada et des cormorans, au printemps et à l'été. En plein cœur de la ville, dans la Red Hill Valley, on peut aussi voir, en hiver, des hiboux moyens-ducs et des roselins, et au printemps et en été, des zones caroliniennes de reproduction d'oiseaux chanteurs.

En fait, toutes ces fabuleuses occasions de plein air proposées à Hamilton commencent à modifier le tableau de cette ville industrielle. Alors, la prochaine fois que vous passerez par là, arrêtez-vous : vous risquez d'être fort agréablement surpris...

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source: Commission Canadienne du tourisme

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Radium: Un havre de paix dans les Rocheuses


En vous prélassant dans les eaux thermales de Radium, vous aurez l'impression d'être une perle que l'on aurait déposée dans un écrin de montagnes. Divin!

PAR TAMARA NOWAKOWSKY

A priori, en arrivant dans un établissement thermal, vous ne vous attendez pas à une véritable fête des sens. Mais si vous goûtez à tout ce que les sources thermales Radium ont à offrir, vous atteindrez un certain nirvana.

L'expérience commence par la balade qui mène aux sources. En arrivant de Banff, deux factions se disputent votre attention : les paysages époustouflants dont la mission est de vous préparer à vivre une expérience euphorisante en faisant le vide dans votre esprit, et les animaux qui forment un véritable comité d'accueil. D'ailleurs, le défilé régulier de cerfs de Virginie, de cerfs mulets, d'orignaux, d'ours, de chèvres de montagne et autres animaux sauvages, force les voitures à ralentir et à faire des appels de phares pour avertir amicalement les autres automobilistes.

L'autoroute zigzague dans un corridor montagneux le long duquel se succèdent - outre les petites bêtes - marécages, forêts et rivières, avant d'arriver à un étroit passage en pierre, sorte de portail naturel du site. Le col dentelé, brutalement défriché à la dynamite au début des années 1900, s'ouvre sur la ville de Radium Hot Springs, une petite localité accueillante nichée au cœur des pics du parc national Kootenay, en Colombie-Britannique.

Les sources elles-mêmes, découvertes en 1841, se trouvent au pied du canyon Sinclair. Ce sont les petites traces de radon que l'on trouve dans l'eau qui ont valu aux sources thermales leur nom de Radium. Mais n'ayez crainte : la quantité de radiation est inoffensive, nettement moins importante en fait que celle émise par une montre-bracelet! À Radium, l'eau est inodore car l'hydrogène sulfuré qui confère à la plupart des sources chaudes une odeur d'œufs pourris se dissipe avant même d'émerger. Au début des années 1900, on a même pensé à embouteiller et à vendre cette eau de source car on croyait qu'elle avait des vertus thérapeutiques et médicinales.

Un conseil d'amie : si vous commencez avec une baignade dans la piscine plus fraîche (27 à 29 °C) et que vous vous forcez à faire quelques longueurs, vous serez d'autant ravi de vous glisser dans la plus grande piscine d'eau chaude du Canada. Là, vous pourrez vraiment commencer à relaxer.
Au milieu de la piscine, une petite aire circulaire permet aux visiteurs de s'asseoir et de profiter de la vue spectaculaire de 360 degrés.

Ken Fisher, chef de l'exploitation des sources thermales des Rocheuses canadiennes, qui travaille dans la région depuis six ans, croit que Radium est résolument différente des autres sources des Rocheuses. Le cadre, fait-il remarquer, est unique. « On a l'impression de se trouver bercé par la montagne plutôt que de la voir en toile de fond », explique-t-il. En effet, les parois montagneuses sont si proches que vous pouvez littéralement vous étirer et y toucher.

Si le paysage et l'eau chaude dans laquelle vous prendrez plaisir à faire fondre votre stress ne sont pas assez apaisants à votre goût, ajoutez à l'expérience un soin corporel au spa Pleiades. Vous vous élèverez alors à un niveau de détente inégalé.

La sensation de nager en plein confort se prolonge dans le spa. Ici, on a recréé le type de services jadis offerts à Radium. Si le décor moderne rappelle celui des meilleurs spas européens et nord-américains, il se marie parfaitement au cadre historique (le bâtiment compte 52 printemps). Le spa offre des massages à la pierre chaude, des exfoliations au sel et une variété de soins aux huiles parfumées artisanales dans des salles de soins baignées de lumière naturelle. Pour la touche finale, plongez dans un bassin chaud ou dans un bain de vapeur aromatique. Sommet de relaxation assuré!

Vous trouverez très probablement difficile de grimper l'escalier dans cet état nébuleux, mais si vous arrivez à trouver l'énergie nécessaire, vous ne serez pas déçu : l'exposition dans le hall du bassin vaut amplement l'effort. Cet automne, jusqu'au 13 octobre, la seconde Exposition d'œuvres d'art en verre présente des artistes de l'Ouest canadien qui font une interprétation des Merveilles de l'eau avec des objets d'art en verre étonnants aux couleurs et aux textures extraordinaires. Les visiteurs sont invités à décerner le prix du public en votant pour leur œuvre préférée.

Histoire de terminer la journée en beauté, pourquoi ne pas ratisser la boutique de cadeaux ou acheter, au petit café, un goûter et un cappuccino que vous dégusterez en plein air, sur une table de pique-nique, pour profiter jusqu'à la dernière minute du paysage fantasmagorique.

Il est rare que l'on soit enveloppé à ce point de douceur et que l'on puisse satisfaire tous ses sens dans un seul et même lieu. Une journée de baignade, de soins, d'art et de bons repas aux sources thermales Radium vous laissera non seulement ravi mais totalement reposé et parfaitement satisfait.

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Yellowknife, capitale nord-américaine du diamant

Yellowknife ne brille pas que sous le soleil de minuit ou aux lueurs fantasmagoriques des aurores boréales. Ses entrailles recèlent les plus étincelants joyaux qui soient : de magnifiques diamants qui attirent des visiteurs venus des quatre coins du monde.

PAR DONALD TELFER

Si les ragoûts, soupes-repas et truites bien fraîches figurent au menu du légendaire Wildcat Cafe, ce sont résolument les hamburgers au caribou sauvage qui continuent d'y attirer les foules.

Cette authentique halte frontalière, et sans doute la plus célèbre cabane en bois rond qui soit, propose des plats exquis. Ici, on s'assoit sur un siège un peu bancal devant une table en bois fendu, en compagnie de parfaits étrangers... qui ne le resteront pas bien longtemps. Géologues, marchands de diamants new-yorkais et autres touristes forment une faune hétéroclite qui finit par se mêler joyeusement au cœur du plus ancien restaurant de la ville.

Un siècle après la glorieuse époque de la ruée vers l'or, Yellowknife brille à nouveau de mille feux. Dans cette nouvelle « capitale nord-américaine du diamant », les bijoutiers proposent aux visiteurs étrangers des pierres précieuses qui ont été extraites, taillées et polies sur place.

« J'ai vendu des bagues, des pendentifs et divers bijoux uniques à des personnes venues spécialement à Yellowknife pour se les procurer, » raconte Margaret Baile, une résidente de longue date qui a ouvert récemment sa bijouterie, Arctic Diamonds. La petite ville de 18 000 habitants compte huit diamantaires. C'est tout dire!

Chaque diamant extrait des mines des Territoires du Nord-Ouest porte la signature du premier ministre Stephen Kakfwi, membre de la Nation dénée et originaire de Fort Good Hope. Chaque diamant est également accompagné d'un certificat garantissant sa qualité et sa couleur. « Les diamants ajoutent encore plus à notre valeur touristique, » explique Mme Baile.

Yellowknife bénéficie d'un ensoleillement estival supérieur à celui de toute autre ville canadienne. En automne et en hiver, les cieux de la lointaine cité servent de toile au fabuleux spectacle des magnifiques aurores boréales, qui attirent chaque année bon nombre de spectateurs - dont quelque 15 000 visiteurs du Japon et de la Corée seulement.

Perchée sur le littoral rocheux du Grand lac des Esclaves, la capitale des Territoires du Nord-Ouest a bien changé depuis la rude époque de la découverte des premiers gisements d'or.
Fondée en 1789 par Alexander Mackenzie, la colonie avait été baptisée du nom d'une tribu autochtone (les Couteaux-Jaunes) dont les membres utilisaient des couteaux de chasse aux lames de cuivre.
Un siècle plus tard, les chercheurs d'or, attirés par le Klondike, y trouvèrent un peu du précieux minerai mais ce n'est qu'en 1934 qu'eut lieu la véritable « ruée ». Deux ans plus tard, Yellowknife était devenue une véritable ville-champignon.

Blotti autour de Back Bay, le quartier historique (Old Town) semble s'enfoncer dans les eaux claires, froides et profondes du splendide Grand lac des Esclaves, où sont rassemblés pontons colorés, voiliers proprets... et hydravions tapageurs. Dans le silence glacé de l'hiver, on peut entendre résonner les halètements des chiens qui filent allègrement en tirant les traîneaux sur le lac gelé.
Old Town est parsemée de vieux édifices datant de la ruée vers l'or et d'habitations dénées aux couleurs vibrantes. Dans le secteur de Woodyard, autrefois site d'un prospère dépôt de carburant, se trouve la fameuse Ragged Ass Road, rue qui rappelle le souvenir d'une mine éteinte et des chercheurs d'or qui s'y sont esquintés en vain.

En empruntant Ingraham Drive, on passe au-dessus d'un terrain abrupt appelé « The Rock », où les premiers mineurs dressèrent leurs tentes en 1934. Un escalier mène à un monument érigé en l'honneur des pilotes de brousse, qui contribuèrent pour beaucoup au développement du Nord. Au sommet du promontoire, la vue sur Yellowknife et sur le lac est absolument grandiose.

Les amateurs d'histoire peuvent visiter à pied les différents sites patrimoniaux de Yellowknife à l'aide d'un guide magnifiquement illustré, décrivant tous les points d'intérêt de la ville.

Avec ses boutiques à la mode, ses restaurants, ses édifices à bureaux et ses tours d'habitation, New Town - la partie « moderne » de la ville - offre un contraste saisissant par rapport à Old Town. On peut facilement flâner des heures durant dans Franklin Avenue, l'artère principale.

Tout à côté se trouve le Prince of Wales Northern Heritage Centre. Ce musée est l'endroit idéal pour s'initier au Grand Nord; on peut notamment y admirer une défense de mammouth, des vêtements perlés confectionnés par les Dénés et des sculptures inuites. Une exposition porte entre autres sur la recherche du passage du Nord-Ouest; une salle est également consacrée aux pilotes de brousse.

Non loin du musée qui fait face au lac Frame, l'un des nombreux plans d'eau de Yellowknife, on peut admirer l'édifice de l'Assemblée législative coiffé d'un dôme de verre. Nichée dans la forêt boréale, cette construction unique a été conçue pour accueillir le gouvernement de cette région nordique.

Ornée de peintures et de décorations inuites, une immense table ovale trône au milieu de la chambre où les représentants élus ont droit de parole d'égal à égal, selon la tradition autochtone. Tout autour de la salle, des cabines sont réservées aux interprètes qui assurent le déroulement des débats dans les neuf langues officielles.

Mais il ne faut pas chercher la traduction du mot « diamant » en chippewyan, en dogrib ou en inuvialukton. Même au Wildcat Cafe, personne ne semble guère s'en soucier. Parce qu'à Yellowknife, les diamants font désormais partie du paysage.

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Prendre les eaux à Banff


Se la couler douce dans les sources thermales de Upper Hot Springs, à Banff, avec, pour toile de fond, une féerie de pics dentelés tient du plus pur bonheur!

PAR TAMARA NOWAKOWSKY

Selon A.P. Coleman, célèbre géologue canadien du XIXe siècle, on a l'impression, en arrivant à Banff, de prendre Dame nature en flagrant délit de création tant l'endroit respire la pureté, la dignité et une paix immense.

1884. On est à construire le chemin de fer qui allait relier les deux côtes canadiennes, lorsque William McCardell et Frank McCabe, deux employés du Canadien Pacifique, découvrent par hasard une grotte abritant des sources chaudes sur les versants est des Rocheuses de l'Alberta. Avant cette date, seuls les Assiniboines connaissaient les eaux. Pour eux, elles étaient sacrées et possédaient des propriétés curatives.

Suite à leur découverte, les ouvriers se mirent à élaborer les projets les plus fous. Ils avaient pour ambition de transformer les lieux en destination touristique, et convoitaient déjà les touristes européens, habitués aux bienfaits des eaux thermales. En fait ce fut le conflit entourant l'administration de ces sources qui donna naissance à Banff, le premier parc national canadien, en 1885.

Les sources thermales de Cave et Basin, situées au pied du mont Sulphur, sont aujourd'hui un lieu historique national. C'est pourquoi la plupart des visiteurs du parc - qu'ils soient ici pour profiter des activités de plein air, participer à un congrès ou à un des nombreux festivals qui s'y tiennent - se baignent au site actuel, soit les sources thermales Upper Hot Springs de Banff.

On dit encore aujourd'hui que les sources ont des propriétés curatives. Les explorateurs des temps modernes peuvent profiter des mêmes bienfaits que leurs prédécesseurs, bien qu'il soit difficile de déterminer ce qui joue le plus grand rôle dans les prétendues guérisons : les eaux ou le paysage. Déjà que changer de rythme et passer du temps dans une piscine entourée de pics dentelés a un effet relaxant inestimable. Dans ce cadre onirique, goûter à la vue en marinant dans les eaux permet de chasser les tensions du quotidien. Un lieu aussi revivifiant serti dans un écrin aussi fabuleux est quelque chose d'unique.

Les sources thermales Upper Hot Springs de Banff sont ouvertes l'année durant, et toutes les saisons comportent leur charme. Mais il faut bien dire que l'hiver offre un cadre particulièrement fantastique. L'air frais et les flocons qui se posent doucement sur le visage tandis que vous vous prélassez dans l'eau tiède ajoute un zeste de magie à l'expérience.

L'histoire fascinante de Banff fait partie de son arsenal de séduction. Pour vivre la totale, arrêtez-vous d'abord à Cave et Basin avant de filer vers Upper Hot Springs.

En visitant le lieu historique national de Cave & Basin, on peut faire une courte promenade dans un tunnel rocheux au terme de laquelle on arrive au premier site jamais développé. Vous ne pouvez vous baigner dans cette eau. Même que tremper le bout de son doigt est fortement déconseillé, afin de sauvegarder l'habitat d'une espèce menacée, l'escargot des sources thermales de Banff, une minuscule créature qui ne se trouve nulle part ailleurs dans le monde.

Ce petit escargot menacé (Physella johnsoni) vit dans cinq sources thermales du parc national Banff. Le plus gros des escargots est à peu près de la taille d'un ongle de petit doigt. Ils vivent dans l'eau chaude et adhèrent aux algues à la surface de l'eau. Le lieu historique national Cave & Basin abrite une section protégée pour les escargots. On y apprend que « si les gens se baignent dans les eaux thermales ou trempent tout juste les mains dans l'eau, ils produisent des vagues qui perturbent les voiles d'algues sur lesquelles les escargots se nourrissent et pondent leurs oeufs. Les produits chimiques, les déodorants et les insectifuges présents sur la peau nuisent également aux escargots et à leur habitat naturel. »
À l'extérieur de l'édifice d'exposition, l'histoire prend vie. Car franchir le seuil de la section du bassin-miroir et de la fontaine du Pavillon de bain d'époque nous fait remonter le temps. Ce bâtiment aux arches en pierre et aux fenêtres avec vue sur un paysage sublime nous fait rêver d'une époque lointaine. En admirant des photos d'antan, on a parfois l'impression d'entendre des éclats de rire surgis du passé.
Le lieu moderne des bains se trouve à quelques minutes du lieu historique national Cave & Basin. L'édifice principal des sources thermales Upper Hot Springs de Banff fut rénové en 1995, pour lui redonner son aspect original de 1932. On y trouve notamment des expositions d'interprétation, un restaurant et une boutique, ainsi que le centre de santé Pleiades récemment rénové. Les employés du Pleiades n'utilisent que des produits artisanaux, totalement naturels pour les massages, les soins du visage, les exfoliations et autres douceurs.

Lorsque vous finissez par vous immerger dans les sources chaudes, vous découvrez que, bien que le monde moderne évolue à un rythme rapide, les montagnes entourant le site, elles, sont sans âge et l'expérience des eaux, intemporelle.

Les mots de A.P. Coleman sonnent encore vrai dans ce petit coin du monde. Aux sources thermales Upper Hot Springs de Banff, Parcs Canada a trouvé la façon d'assurer la pérennité de la pureté, la dignité et la paix infinie dont parlait Coleman il y a plus de 120 ans déjà.

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source: Commission Canadienne du tourisme

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Des poissons denses en ligne


Photo: David Smallwood

Des gros, des géants, des surprenants... Le nord de la Saskatchewan regorge de sites où la pêche est si exceptionnelle qu'elle est presque miraculeuse. Et ce n'est pas une histoire de pêcheur.

PAR DAVID SMALLWOOD

En Saskatchewan, l'automne est gage des plus belles prises de pêche à la mouche dont le Canada a le secret. Il faut dire que dans cette province des Prairies, le touladi, la truite arc-en-ciel, le doré et le grand brochet atteignent des dimensions fabuleuses.

Le lac Tobin, à 275 kilomètres à l'est de Saskatoon, est l'une des destinations par excellence pour la pêche aux poissons-trophées. Issu de la construction du barrage hydroélectrique EB Campbell dans les années 60, le lac est devenu depuis un site de prédilection pour la pêche au doré.

Le record actuel y est de 8,2 kilos pour le doré et de 17,1 kilos pour le brochet; les pêcheurs peuvent donc avoir bon espoir d'y capturer sans peine des dorés de 5 kilos et plus. Quelques suggestions de mouches pour accroître vos chances de réussite : la « Clouser Minnow », les imitations d'écrevisses et la « Grey Ghost ».

Si vous trouvez le doré lent à répondre à vos avances, vous pouvez toujours vous rabattre sur le grand brochet. Le Nipawin Great Northern Pike Festival, qui se déroule sur le lac Tobin jusqu'au 4 octobre, invite les amateurs à pêcher (et à remettre à l'eau) un des grands brochets préalablement marqués. Au total, des prix d'une valeur totalisant 70 000 $ sont remis aux plus habiles... ou aux plus chanceux.

Pour changer de décor, vous pouvez également mettre le cap sur les collines Pasquia, au sud du lac Tobin. Cette magnifique région sauvage, qui déploie, l'automne venu, un kaléidoscope de couleurs, se laisse découvrir de délicieuse façon au fil d'une balade à cheval. Le Eastview Wilderness Guest Ranch, notamment, propose des randonnées équestres dans l'arrière-pays.

Le parc provincial Narrow Hills est un autre de ces endroits qu'on rêverait d'explorer à cheval, sinon à pied... à condition d'être bien chaussé. Situé à quelque 170 kilomètres par la route au nord-ouest des collines Pasquia, le parc regorge de lacs et de poissons à taquiner, dont le saumon kokani. Les eaux du parc ne sont pas facilement accessibles, mais si vous apportez un petit canot ou un pneumatique de pêcheur, vous aurez tous ces lacs isolés rien que pour vous, ou presque. Ici, mon appât préféré est une nymphe « G.R. Hare's Ear » de grosseur 14 à 16.

Le Rainbow Lodge est un arrêt obligé pour tout pêcheur désireux de faire provision de mouches et d'équipement ou de connaître les conditions locales de pêche à la minute près. Situé aux limites nord-ouest du parc, au bord du lac Piprell (détenteur du record provincial de truite arc-en-ciel et de truite brune), l'établissement donne accès - dans un rayon de 24 kilomètres - à 45 lacs où vivent 15 espèces différentes de poissons.

À l'entrée sud du parc, le sinueux chemin Esker, tout en gravier, mène les randonneurs dans les hauteurs, à travers une forêt de pins gris. Le sentier du lac Island, long de 9,5 kilomètres, se rend jusqu'à une série de lacs, véritables joyaux offrant une magnifique toile de fond pour le camping sauvage d'automne. Collectivement appelés lacs Gem (Jade, Opal, Sapphire, Diamond et Pearl), ces plans d'eau foisonnent de truites.

Toutefois, si vous comptez capturer un touladi géant, filez vers le nord, en direction du parc provincial Lac La Ronge. Chemin faisant, vous croiserez le plus récent parc provincial de la Saskatchewan, celui de Clarence-Steepbank Lakes, où les possibilités de pêche et de randonnée abondent, dans un paysage agréablement vallonné.

La région correspond à peu près au centre géographique de la Saskatchewan et témoigne éloquemment de l'immensité du territoire naturel de la province (environ 326 000 kilomètres carrés). Le parcours permet également d'admirer un microcosme du paysage contrasté caractéristique de la province, comme les falaises Nipekamew, escarpements de grès hauts de quelque 25 mètres.

À une heure au nord-ouest des falaises, l'immense parc provincial Lac La Ronge se déploie sur plus de 3 300 kilomètres carrés tapissés de forêts féeriques et constellés d'une centaine de lacs d'eau douce. Sans compter que la rivière Churchill poursuit son cours dans le parc. Le lac La Ronge lui-même est considéré depuis des décennies comme un haut lieu de la pêche au touladi géant. Comme c'est un poisson d'eaux froides, le touladi préfère normalement nager en profondeur, mais il migre vers les petits fonds à l'automne, lorsque le mercure descend et que l'eau refroidit.

C'est du côté de la baie Hunter, sur la rive est du lac, que l'on trouve le plus grand nombre de touladis de grande taille. Le littoral rocailleux et le fond parsemé de grosses roches attirent les poissons en grand nombre, lorsque les conditions sont favorables. Le pêcheur avisé optera pour de grosses mouches imitant la forme de petits poissons (5 à 12 centimètres de long) et pour des soies plongeantes lourdes.

Pour ceux et celles qui aimeraient passer quelques jours dans les environs, la baie Hunter compte quelques pourvoiries et on peut louer une péniche à Eagle Point Resort, dans la baie McGibbon, du côté ouest du lac. Voilà d'ailleurs un excellent moyen d'explorer le lac ; un petit bateau ou un canot remorqué à l'arrière est idéal pour faire ici et là des excursions le long du rivage.

Randonneurs et cyclistes ont rendez-vous à Nut Point, du côté est de la baie McGibbon, où un superbe sentier de 15 kilomètres parcourt la péninsule. Mais attention, nous sommes ici en milieu sauvage, alors préparez-vous en conséquence. À 20 kilomètres au nord de La Ronge, le Don Allen Nordic Ski Area constitue une zone idéale pour la randonnée et le vélo de montagne, avec ses deux parcours de 5 kilomètres en boucle où se succèdent affleurements rocheux, ruisseaux, marécages et nombre d'autres curiosités de la nature.

Pêche, randonnée, cyclisme et navigation de plaisance au cœur d'une terre sauvage... Le nord de la Saskatchewan est un véritable paradis du plein air!

Pour de plus amples renseignements sur cette destination ou sur d'autres destinations canadiennes, visitez le site de la Commission canadienne du tourisme à www.voyagecanada.ca.

source: Commission Canadienne du tourisme

Cette reproduction n'est pas présentée à titre de version officielle du contenu reproduit, ni dans le cadre d'une affiliation et/ou avec l'appui de la Commission canadienne du tourisme.

Whitehorse : tout un filon!


Photo: Robin Armour

Des mines d'or aux touristes, la capitale du Yukon est un excellent filon pour qui aime l'aventure.

PAR TOBY SALTZMAN

Il fut un temps - l'époque mouvementée de la ruée vers l'or de 1896, pour être précis - où Whitehorse était qualifiée d'« étape pour laver ses chaussettes ». Un simple arrêt sur la route menant à Skagway ou à Dawson City, destinations porteuses de promesses dorées. Pour les milliers de prospecteurs, entrepreneurs et aventuriers qui ont survécu aux rapides menaçants du canyon Miles, « à l'écume aussi blanche que la crinière d'un cheval sauvage », la ville était synonyme de plaisir, d'enivrantes boissons, de danseuses de music-hall et d'un lieu où il faisait bon partager avec d'autres chercheurs d'or ses rêves tissés de pépites.

Les légendes allaient bon cours dans cette localité qui voyait sa population passer du jour au lendemain de 500 à 25 000 habitants. Histoires de survivance, de témérité et d'horreur. Histoires d'hommes noyés dans le canyon Miles, à quelques kilomètres seulement d'un endroit sûr ; d'hommes découvrant un filon d'or ; de Néo-Yukonnais (les nouveaux habitants du Yukon) qui devinrent vite de véritables Yukonnais en restant plus longtemps que prévu.

Lorsque le White Pass and Yukon Route Railway (WP&YR) fut construit, en 1900, Whitehorse devint la plaque tournante du transport au Yukon, parce que d'une part, elle abritait le terminus ferroviaire et que d'autre part, elle se trouvait à la source des voies navigables du fleuve Yukon.

Avec à leur bord passagers et marchandise, les trains de la WP&YR roulaient toute l'année sur des rails étroits entre le port de Skagway, en Alaska, et Whitehorse, en passant par des gorges profondes et des forêts touffues. L'été venu, les bateaux à aubes glissaient direction nord sur le fleuve Yukon jusqu'aux mines d'or du Klondike. L'hiver, on foulait la Overland Trail à bord de carrioles, entassés sous des peaux de bison, avec des haltes dans des cabines le long de la route, histoire d'emmagasiner un peu de chaleur.

Lorsque prit fin la ruée vers l'or, le nombre de résidents diminua considérablement. En 1929, les provinces de l'Ouest et l'Alaska commençaient à sentir le besoin d'une route qui mettrait fin à leur isolement. Le projet se concrétisa après l'attaque des Japonais sur Pearl Harbour en 1941 et l'engagement des Américains dans la Seconde Guerre mondiale. Les États-Unis avaient besoin d'un axe de ravitaillement terrestre (moins exposée que la voie maritime) pour défendre leur côte ouest. C'est ainsi que Whitehorse, avec ses lignes d'alimentation solidement implantées, servit de base nordique à l'armée américaine pour l'élaboration de différents projets. La ville connut alors une autre ruée : celle des équipes d'ingénieurs de l'armée américaine venues s'y installer pour travailler à la construction de la route de l'Alaska. Les travaux achevés, la population s'évanouit encore une fois comme une peau de chagrin. Mais la nouvelle capitale du Yukon ne connut plus jamais le calme plat.

Aujourd'hui, Whitehorse fait face à un autre type d'affluence : celui des visiteurs amateurs de plein air.

Grâce au livret-guide publié par le Yukon Historical and Museums Association, Whitehorse se laisse facilement découvrir à pied. La ville se déploie de Main Street, la rue principale historique, jusqu'à la vieille gare WP&YR et la rive du fleuve. Le peu qu'il reste de l'architecture de l'époque du Klondike vaut le détour : petites maisons aux charpentes en bois (dont la maison familiale de l'auteur Pierre Berton) dans Wood Street, ainsi que quelques « gratte-ciel » en bois rond dans Lambert Street. En s'arrêtant au musée Old Log Church, les amateurs de cinéma pourront s'entendre conter l'histoire qui inspira à Charlie Chaplin une scène du film The Gold Rush (1925), soit celle de l'« évêque qui mangea ses bottes ». Avec sa structure en bois joliment travaillée, le SS Klondike, le seul bateau à aubes restauré du Yukon en cale sèche sur la rive ouest du fleuve, évoque le savoir-faire des artisans de l'époque.

Bien que Whitehorse soit aujourd'hui la capitale du Yukon, elle a gardé son charme de petite ville. Et son pouvoir de séduction réside principalement dans le fait qu'elle soit sertie dans un fabuleux écrin naturel qui invite aux excursions de toutes sortes.

Pour tous ceux et celles qui en sont à leur première visite, un détour par le Yukon Visitor Centre, au centre-ville, s'impose. On y trouve une mine de renseignements sur ce qui se passe en ville, des attraits touristiques aux manifestations en passant par les coordonnées des voyagistes offrant des excursions d'une journée. Ratisser les musées permet de parfaire ses connaissances historiques. On peut admirer différents objets évoquant l'époque de la ruée vers l'or au MacBride Museum ainsi que diverses expositions notamment sur la Police montée du Nord-Ouest. On peut même visiter la cabane de Sam McGee, immortalisée dans le célèbre poème de Robert William Service.

Le Beringia Interpretive Centre lève le voile sur l'époque lointaine de la Béringie, bande de terre préhistorique, non glaciée, véritable pont reliant la Sibérie à l'Alaska qui s'est liquéfié durant la dernière période glaciaire. On apprend à connaître des espèces depuis longtemps disparues comme le mammouth de Sibérie, le bison priscus, le castor géant et le chat des cavernes ainsi que les premiers humains d'Amérique du Nord, ancêtres des gens des Premières nations qui s'installèrent au Yukon il y a quelque 24 000 ans.

Miles Canyon se trouve à quelque dix kilomètres de Whitehorse. Ses eaux sont plus calmes depuis qu'un barrage a fait disparaître les rapides White Horse. La région invite aujourd'hui aux randonnées tranquilles, au vélo tout-terrain et à la plaisance.

En amont, la ville abandonnée de Canyon City est un fouillis de souches d'arbres rongées par les castors jonchées de boîtes de conserve rouillées. Escale sur la route des prospecteurs du Klondike entre 1897 et 1900, Canyon City ne fut peuplée que pendant ces trois courtes années. Mais, selon l'archéologue yukonnaise Ruth Gotthard, cette mince couche de débris historiques cache des traces plus profondes d'un ancien camp de pêche des Tutchone du Sud, peuple autrefois prospère dans la région. Les signes d'une présence humaine datant de 2 500 ans sont subtils : buttes de terre qui suggèrent la présence des fondations et trous où furent découverts outils de pierre et fragments d'os. Et pour ce qui est des boîtes de conserve, « leurs techniques de scellage permettent de dater très précisément une période ».

« Le Yukon est le seul endroit où je voulais travailler, affirme Mme Gotthard. Au milieu des années 1990, un mineur trouva une peau de cheval préhistorique datant du Pléistocène vieille de 26 000 ans, à laquelle étaient encore attachées une longue crinière et une queue. Une surprise, car nous avions toujours cru qu'il avait une crinière courte. » Les plus récentes découvertes résultant des excavations réalisées à Canyon City sont décrites dans une publication disponible dans le site Internet du gouvernement du Yukon : www.yukonheritage.com. L'été venu, la Yukon Conservation Society propose des randonnées vers le site du Miles Canyon, une excursion facile de deux kilomètres le long de sentiers et de l'ancien lit du tramway qui borde le fleuve Yukon.

L'attrait le plus spectaculaire du Yukon est sans conteste le parc national Kluane, situé à environ deux heures de route à l'ouest de Whitehorse sur la route de l'Alaska. Classé site du patrimoine mondial de l'Unesco, le parc abrite la chaîne de montagnes St. Elias, l'un des plus importants massifs du monde qui compte au nombre de ses pics le plus haut sommet du pays, le mont Logan, qui s'élève à 5 950 mètres. Au cœur de ces montagnes s'étendent les plus grands champs de glace non polaires de la planète, legs de la période glaciaire. Et, ourlant la lisière de glace, se déploient une flore et une faune parmi les plus variées au nord du 60e parallèle. Les visiteurs peuvent apercevoir des mouflons de Dall aux cornes recourbées, des faucons pèlerins et des troupeaux de caribous et d'orignaux.

Les randonneurs qui ont foulé la toundra alpine pour admirer l'imposant glacier Donjek reviennent invariablement de Kluane avec des récits grisants plein la tête.

Kluane, qui signifie « un endroit riche en poissons », déborde en effet de touladis, d'ombles de l'Arctique et de truites arc-en-ciel dans ses lacs. Il est grisant de pêcher à bord d'un bateau, mais on dissuade les sorties en canot à cause des grands vents imprévisibles qui soufflent sur la région.

Réserve naturelle oblige, on ne trouve que peu d'installations ou de routes dans le parc. Ainsi, on demande à tout le monde de s'inscrire au centre d'accueil. Les visiteurs de partout dans le monde se donnent rendez-vous ici, l'été, pour profiter du soleil de minuit et, de l'automne au printemps, pour admirer les aurores boréales qui zèbrent le ciel nocturne.

Une brochette de voyagistes spécialisés en plein air permet à Whitehorse d'offrir des activités toute l'année. Du printemps à l'automne, on choisit les excursions de pêche, de randonnée, de canot, de descente en eaux vives et de camping. D'autres attraits populaires comprennent des croisières sur le fleuve Yukon à bord du MV Schwatka, le spectacle de music-hall Frantic Follies présenté au Westmark Whitehorse Hotel, la réserve faunique du Yukon, l'échelle à poissons de Whitehorse et les Takhini Hot Springs. Pour les amateurs de sports extrêmes, la Yukon Wild, un consortium de voyagistes, propose un peu de tout, de la randonnée héliportée au camping sauvage sous une yourte (tente de feutre ou de peau supportée par une armature de bois), tandis que les aventures d'hiver comprennent le traîneau à chiens, le ski de fond et la motoneige dans la toundra gelée.

Un siècle après la ruée vers l'or, Whitehorse demeure une excellente porte d'entrée pour le Yukon. Mais aujourd'hui, les férus d'aventure s'arrêtent un bon moment avant de repartir.

Pour de plus amples renseignements sur ces destinations ou sur toute destination canadienne, visitez le site de la Commission canadienne du tourisme à l'adresse www.voyagecanada.ca

source: Commission Canadienne du tourisme

Cette reproduction n'est pas présentée à titre de version officielle du contenu reproduit, ni dans le cadre d'une affiliation et/ou avec l'appui de la Commission canadienne du tourisme.

vendredi, septembre 09, 2005

Indexperience: Tourisme Montreal évalue l'expérience touristique qu'offre la ville

Mon ami Ernest Labrèque de la Commission canadienne du tourisme m'informe ce matin d'une initiative très intéressante:

TOURISME MONTRÉAL ET SES PARTENAIRES REMPORTENT UN PRIX PRESTIGIEUX

Tourisme Montréal, au nom de l'ensemble de ses partenaires, a reçu en juin dernier, le Tourism Research Grant du Travel Tourism Research Association pour son projet de recherche innovateur Indexpérience. Il s'agit d'une des distinctions de recherche en tourisme des plus prestigieuses. Cela illustre encore une fois le leadership de Tourisme Montréal en matière de recherche et la pertinence de ce projet innovateur. Depuis plusieurs années déjà, cet organisme tente de vendre la ville sous un nouvel angle, celui de l'expérience touristique.

La nouvelle Politique touristique du Québec, lancée en mai dernier, mise d'ailleurs, pour le développement de l'offre touristique, sur une gamme d'expériences attrayantes et des produits de qualité authentiques, durables et novateurs, et ce, sur l'ensemble du territoire. La ministre du Tourisme, madame Françoise Gauthier, tient à féliciter Tourisme Montréal pour cette admirable distinction. « Indexpérience, j'en suis convaincue, permettra à la région de Montréal de mieux évaluer les retombées liées à ses efforts de développement auprès de diverses clientèles, ce qui l'aidera assurément à améliorer son offre touristique. Bravo à Tourisme Montréal pour ce projet de recherche unique en son genre, qui pourra éventuellement servir aux besoins spécifiques d'autres régions! »

Selon Charles Lapointe, président-directeur général à Tourisme Montréal ,« Tourisme Montréal et l'industrie touristique canadienne se doivent de mesurer les résultats des efforts de vente, à l'étranger, de notre expérience touristique unique. En ce sens, il s'agit d'un projet de recherche novateur, très important pour notre destination ».

La présidente-directrice générale de la Commission canadienne du tourisme (CCT), Mme Michele McKenzie, a notamment affirmé que « La mesure quantitative et qualitative de l'expérience touristique constitue une avancée en matière de recherche de marché touristique. La CCT est heureuse de féliciter Tourisme Montréal pour ce prix prestigieux et la réalisation de cette étude novatrice qui saura appuyer la compétitivité du Canada sur la scène internationale. »

INDEXPERIENCE

Cette étude consiste à développer une méthodologie d'évaluation de l'expérience touristique des visiteurs à Montréal. Il s'agit de mieux comprendre le consommateur et de savoir si le produit (destination) promis répond réellement à ses attentes. Elle comporte trois phases de développement.

La première s'est déroulée au printemps 2004 : il s'agissait d'une revue de littérature portant sur l'expérience touristique et la recherche de projet semblable. La deuxième phase a porté sur le développement d'une méthodologie permettant de mesurer l'expérience touristique, le retour sur l'investissement d'une telle démarche et la création d'un index comparable. La troisième phase, la réalisation du projet pilote, est présentement en cours. Il s'agit de tester la méthodologie auprès des touristes montréalais.

Cette démarche de recherche est rendue possible grâce à un partenariat financier entre Tourisme Montréal, le ministère du Tourisme du Québec, la Commission canadienne du tourisme (CCT), l'Agence Parcs Canada et la Société des casinos du Québec. Les phases 2 et 3 de l'étude sont réalisées par la firme SECOR Conseil.

Source :
Pierre Bellerose, Vice-président
Relations publiques, Recherche et développement du produit
Tourisme Montréal
(514)-844-2404
bellerose.pierre@tourisme-montreal.org

lundi, septembre 05, 2005

Ottawa, Ontario


Photo: Pierre St. Jacques/Tourisme Ottawa

Derrière des apparences tranquilles, la capitale canadienne recèle nombre d'histoires de fantômes qu'on peut découvrir lors d'une balade en compagnie des guides de La Marche hantée d'Ottawa.

Ottawa, Ontario


Photo: Ontario Tourism

Tranquille, la capitale fédérale ? En plein jour, peut-être, mais à l'intérieur de ses bâtiments publics, la nuit, c'est moins sûr. Parlez-en aux organisateurs de La Marche hantée d'Ottawa.

Musée Bytown, Ottawa, Ontario


Photo: Tourisme Ottawa

Glen Shackleton, fondateur de La Marche hantée d'Ottawa, est convaincu que le fantôme de Duncan McNab, un ancien gardien des lieux, hante le musée Bytown d'Ottawa.

Ottawa : la foire aux fantômes

Le moins qu'on puisse dire, c'est qu'elle cache bien son jeu, la capitale fédérale. Car sous ses airs de ville docile et tranquille, Ottawa recèle un côté sombre, celui d'une cité hantée par de nombreuses âmes errantes. Enfin, c'est ce qu'affirment le plus sérieusement du monde Glen Shackleton et ses acolytes de La Marche hantée d'Ottawa...

PAR HUGO PARADIS

Sûr qu'il s'en trouve pour pouffer de rire, en apprenant l'existence de ces circuits. D'autres sont plus cavaliers et les traitent carrément d'hurluberlus, voire de charlatans. Eux, ils s'en foutent, car ils croient dur comme fer en ce qu'ils font et, surtout, en ce qu'ils racontent.

Car tout ce que les guides de La Marche hantée d'Ottawa débitent, que ce soit au fil des venelles, lanterne à la main, ou debout entre les tombes, tout cela a été vérifié deux fois plutôt qu'une, témoignages ou documents à l'appui. « Chacune de nos histoires fait toujours l'objet de recherches approfondies et de vérifications fouillées, assure Glen Shackleton, fondateur de La Marche hantée d'Ottawa. Avant de traiter d'une nouvelle anecdote, nous cherchons toujours à trouver assez de preuves pour étayer sa crédibilité. »

Depuis 1995, cet amateur de récits lugubres et ses acolytes parcourent les rues de Sandy Hill et d'autres quartiers de la capitale fédérale, en compagnie de petits groupes intrigués puis bientôt troublés par tout ce qu'ils entendent. En 2004, pas moins de 30 000 d'entre eux ont ainsi pris part à l'un ou l'autre des nombreux itinéraires orchestrés par ces Ghost Busters sans armes ni lasers.

Certains voulaient en savoir plus sur cette histoire de l'aile ouest du quatrième étage du Musée canadien de la nature, qui serait toujours vide parce que hantée; d'autres avaient eu vent des séances de spiritisme de l'ex-premier ministre McKenzie King; d'autres encore s'interrogeaient sur le bien-fondé des apparitions répétées de Mgr Joseph-Eugène Guigues évêque d'Ottawa et fondateur de l'université d'Ottawa... Mais il y avait plus!

On n'est pas sorti de l'auberge

De toutes les histoires de revenants relatées lors des circuits de La Marche hantée d'Ottawa, celle de l'Auberge de jeunesse, située dans l'ex-prison Carlton, glace particulièrement le sang.
Il n'y a pas si longtemps, on proposait aux gens qui y séjournaient de dormir dans l'ancien couloir de la mort, là où logeaient jadis ceux qui étaient condamnés à mourir. On promettait une nuit gratuite à quiconque parviendrait à y demeurer jusqu'à l'aube.

Or, personne n'a jamais réussi! Un client jurait avoir senti la lourdeur d'un corps sur ses jambes, un autre, avoir perçu tellement de coups de pieds sous son lit qu'il détala comme un lapin. Sans compter tous ces clients qui dévalaient les escaliers en hurlant, catastrophés, avant de quitter l'Auberge...

Pour éviter que quelqu'un ne se blesse, on a préféré abandonner cette pratique qui était, à l'époque, un des musts de l'Auberge. Mais on peut encore visiter, le jour, ce huitième étage où fut incarcéré le présumé assassin de Thomas D'Arcy-McGee, Patrick James Whelan, lequel a toujours clamé son innocence avant de passer de vie à trépas.

« Les histoires entourant Patrick Whelan sont nombreuses, raconte Glen Shackleton. Un jour, deux jeunes garçons, qui se moquaient de lui au-dessus de sa tombe, se sont mis à saigner simultanément du nez. Et bien, à trois reprises, tandis qu'un de nos guides relatait cette même histoire, un membre de l'un de nos groupes a subi le même sort. »

La capitale du crime

Mais comment se fait-il qu'on retrouve autant d'histoires de fantômes dans cette ville proprette et plutôt peinarde? « C'est peut-être qu'il y a beaucoup de bâtiments publics, et que les revenants aiment être vus par un grand nombre de personnes », badine Glen. « Ou peut-être est-ce parce qu'à une certaine époque, Ottawa était la capitale nord-américaine du crime... », avance-t-il plus sérieusement.

De fait, les 40 premières années de son existence, Ottawa était une ville sans foi, ni loi, ni corps policier. La criminalité y était galopante et les meurtres, nombreux. « Quand on a choisi cette ville comme capitale fédérale, c'était la risée : on se demandait comment les députés allaient pouvoir survivre dans un environnement aussi hostile! », de railler Glen.

Au surplus, avant 1809, la législation britannique en vigueur au pays donnait au moins une bonne centaine de raisons pour pendre haut et court quiconque enfreignait la loi. Alors, peut-être les limbes ontariennes sont-elles peuplées d'âmes errantes toujours courroucées d'être passées dans l'autre monde pour des broutilles?

Quoi qu'il en soit, chaque année enrichit La Marche hantée d'Ottawa de son lot de nouvelles histoires d'épouvante. « Les clients eux-mêmes sont d'excellentes sources de renseignements : plusieurs d'entre eux, intrigués par ce qu'ils vivent, participent à l'une des tournées et confient leurs histoires à nos guides, qui les vérifient, les authentifient et... les intègrent à leur carnet de route! », explique Glen, qui a lui-même déjà rencontré un fantôme ou, du moins, vécu une expérience paranormale.

« C'était au Musée de Bytown, dit-il, où je préside le conseil d'administration. Nous étions quatre, nous quittions le musée et il n'y avait plus personne derrière nous. Après avoir été dûment fermée, une porte coulissante s'est mise à vibrer si fortement qu'on aurait dit que quelqu'un frappait de l'autre côté. Or, s'il y avait eu quelqu'un, la caméra de surveillance l'aurait capté. Mais il n'y avait personne, même si on a pu ensuite entendre des pas lourds qui s'éloignaient... » Glen croit qu'il pourrait s'agir du fantôme de Duncan McNab, jadis gardien de ce bâtiment, et joueur de tours réputé...

Brrr... Qu'on soit sceptique ou pas, qu'on croie ou non aux fantômes, et que ces histoires soient ou non fondées, il reste que le simple fait de prendre part à l'un des nombreux circuits de La Marche hantée d'Ottawa est, en soi, une attrayante incursion dans un autre monde, un monde d'épouvante, de mystère, d'inexpliqué...

Pour de plus amples renseignements sur cette destination ou sur d'autres destinations canadiennes, visitez le site de la Commission canadienne du tourisme à l'adresse www.voyagecanada.ca.

source: Commission Canadienne du tourisme

Cette reproduction n'est pas présentée à titre de version officielle du contenu reproduit, ni dans le cadre d'une affiliation et/ou avec l'appui de la Commission canadienne du tourisme.